Base bibliographique

Bilharziome rénal : à propos d’une observation
Renal bilharzioma: A case report
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 226-228

Le bilharziome rénal est une pseudotumeur bénigne rare. Il est secondaire à la localisation de la bilharziose urogénitale au niveau des reins. Les auteurs rapportent un cas de bilharziome rénal chez une patiente de sept ans. Elle a été adressée pour suspicion d’un néphroblastome. Le bilan avait objectivé une volumineuse masse abdominale de nature tissulaire étiquetée néphroblastome. Elle a subi des séances de chimiothérapie et une néphrectomie élargie a été réalisée. C’est l’examen anatomopathologique qui a permis de poser le diagnostic. Les auteurs soulignent la difficulté du diagnostic différentiel avec le néphroblastome d’où un diagnostic souvent fait en post-opératoire par examen anatomopathologique de la pièce opératoire.

Renal bilharzioma is an exceptional localization that occurs as a complication of urogenital bilharzioma. The authors report the case of a renal bilharzioma, in a 7-year-old patient, being considered as a nephroblastoma. The investigations revealed a large abdominal mass with solid component. She underwent neoadjuvant chemotherapy and radical nephrectomy. The histological examination of the specimen concluded to renal bilharzioma. The authors underline the difficulty of differential diagnosis with nephroblastoma. The diagnosis is often made after surgery by histological examination of the specimen.

Mots clés:
Bilharziome / Rein / Tumeur / Bénin / Néphrectomie
Mots-clés:
Bilharzioma / Kidney / tumor / Benign / nephrectomy
Cicatrisation et thérapies ciblées : quelles précautions en période périopératoire ?
Healing and targeted therapies: Management in perioperative period?
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 166-172

Introduction : À l’ère des nouvelles thérapies ciblées et des stratégies néo-adjuvantes, cet article se propose de faire une mise au point sur le rôle de l’angiogenèse dans le processus de cicatrisation physiologique avec une revue de la littérature concernant les complications pariétales sous thérapies anti-angiogéniques.
Méthodes : Une recherche bibliographique sur Medline a été réalisée en utilisant les termes renal cell carcinoma, angiogenesis, wound healing, targeted therapies, et complications.
Résultats : La fréquence des complications pariétales varie de 5 et 50 % selon les études. La survenue de ces complications dépend de la demi-vie de la molécule et des précautions en période périopératoire (délai d’arrêt avant chirurgie et délai de reprise après chirurgie).
Conclusion : En l’absence de recommandations actuelles, il est conseillé d’arrêter le bevacizumab au minimum cinq semaines avant l’acte chirurgical et de le reprendre quatre semaines après. Pour les inhibiteurs de tyrosine kinases, le traitement peut être arrêté 24 à 48 heures avant l’acte et repris trois à quatre semaines après. Enfin, pour les inhibiteurs de mTOR, il est conseillé d’arrêter le traitement sept à dix jours avant et de le reprendre au minimum trois semaines après chirurgie.

Introduction: In the era of new-targeted therapies and neoadjuvant strategies, this article highlights the role of angiogenesis in the process of physiological wound healing with a review of literature about parietal complications under anti-angiogenic therapies.
Methods: Research on Medline was carried out using the terms renal cell carcinoma, angiogenesis, wound healing, targeted therapies, and complications.
Results: The frequency of these complications varies between 5 and 50% in recent series. These results depend on half-lives of each drug and perioperative management (before and after surgical procedure).
Conclusion: In the absence of current recommendations, it is advised to stop bevacizumab at least five weeks before a surgical intervention and to take it back 4 weeks later. For the tyrosine kinase inhibitors, the treatment can be stopped 24–48 hours before the surgery and taken back 3–4 weeks later. Finally, for the mTOR inhibitors, it is advised to stop the treatment 7–10 days before and to take back it at least 3 weeks later.

Mots clés:
cancer du rein / angiogenèse / Cicatrisation / Thérapies ciblées
Mots-clés:
Renal cell carcinoma / Angiogenesis / Wound healing / Targeted therapies
Diagnostic anatomopathologique et prise en charge clinique des lésions planes urothéliales détectées à l’aide de l’acide aminolevulinique (Hexvix®)
Pathologic diagnosis and management of flat lesions of urothelium detected with aminolevulinic acid (Hexvix<sup>®</sup>)
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 157-165

Introduction : L’objectif de ce travail était de présenter une revue des lésions planes les plus communes, en soulignant les difficultés de classement de certaines d’entre elles, afin d’établir les limites de l’analyse histologique et les implications de ces diagnostics sur la prise en charge des patients.
Matériels et Méthodes : Les données sur les carcinomes urothéliaux et les lésions planes ainsi que la fluorescence ont été explorées dans Medline en utilisant les mots-clés suivants : cystoscopie ; fluorescence ; lésions planes ; carcinome in situ ; métaplasie ; cancer de vessie.
Résultats : Il n’y avait pas de données de niveau de preuve 1. Les lésions planes constituent un nouveau défi en pathologie et urologie. Ainsi, alors qu’elles sont plus facilement mises en évidence par les urologues grâce à la lumière fluorescente en lumière bleue (Hexvix®), les pathologistes sont confrontés à des lésions dont les caractéristiques morphologiques sont difficiles d’interprétation et pour lesquelles le consensus inter-observateurs n’est pas toujours établi.
Conclusion : Il apparaît important d’avoir une définition anatomopathologique précise de ces lésions planes de la vessie. Des études avec de très larges cohortes sont nécessaires pour valider les résultats préliminaires obtenus à l’aide de la fluorescence et pour améliorer notre connaissance de l’histoire naturelle de ces tumeurs.

Introduction: The aim of the study was to review the most important flat lesions, to demonstrate the difficulty of classifying several lesions, to introduce to urologists the new problems linked to FD and to suggest new models for accurate analysis.
Materials and Methods: Data about urothelial carcinomas and flat lesions and fluorescence were searched on MEDLINE by using the following keywords: cystoscopy; fluorescence; flat lesion; carcinoma in situ; metaplasia; bladder carcinoma.
Results: No evidence 1 level data was available. Flat lesions are a new challenge in pathology and urology. As urologists have a better sight of bladder lesions with fluorescence diagnosis (Hexvix®), pathologists will be asked in the future to evaluate more frequently flat lesions, which are sometimes difficult to classify and for which interobserver agreement is not always evident.
Conclusion: It is essential to determine accurate histologic criteria, able to recognize flat lesions of the bladder and permitting adequate patients’ treatment. Further studies with larger cohort of patients are needed to validate preliminary results obtained with fluorescence and to improve our knowledge of the natural history of these tumours.

Mots clés:
(MeSH) / cystoscopie / Fluorescence / Lésions planes / Carcinome in situ
Mots-clés:
(MeSH) / Cystoscopy / fluorescence / Flat lesion / Carcinoma in situ
Diverticule de l’urètre féminin contenant de multiples calculs
Female urethral diverticulum containing multiple calculi
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 229-232

Le diverticule de l’urètre féminin est une pathologie rare, souvent découverte à l’occasion de complications. Nous rapportons un cas de diverticule de l’urètre féminin contenant de multiples calculs chez une femme de 52 ans, multipare, qui a consulté pour dysurie et masse périurétrale dure et douloureuse à la face antérieure du vagin. Le diagnostic a été facilement établi à l’examen puis confirmé par la radiographie sans préparation du bas appareil urinaire et l’échographie endovaginale. La patiente a subi une diverticulectomie avec succès.

Diverticulum of female urethra is rare, often discovered during complications. We report a case of diverticulum of female urethra containing multiple calculi in a multiparous woman of 52 years old. She has consulted for dysuria and a hard painful periurethral mass in the anterior vagina wall. The diagnosis was easily established by physical examination and confirmed by plain radiographs of the lower urinary tract and endovaginal ultrasound. The patient was treated successfully by diverticulectomy.

Mots clés:
Urètre féminin / Diverticule urétral / Calculs
Mots-clés:
Female urethra / Urethral diverticulum / Calculi
La colique néphrétique « ischémique » de l’infarctus rénal : plaidoyer pour la tomodensitométrie hélicoïdale systématique en urgence
Renal colic “ischemic” of renal infarction: A plea for routine helical CT in emergency
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 184-190

Objectifs : À travers une série rétrospective, analyser les facteurs étiologiques de l’infarctus rénal et sa prise en charge thérapeutique spécifique. Rappeler la nécessité de pratiquer une tomodensitométrie (TDM) devant toute douleur lombaire évocatrice d’une colique néphrétique pouvant masquer un infarctus rénal.
Méthode : Sur une période de 24 mois (2008–2009), nous avons colligé six patients admis pour douleur lombaire aiguë rapportée à une colique néphrétique et présentant un infarctus rénal. Nous avons rapporté les facteurs de risque cardiovasculaire, la présentation clinique et biologique, et l’intérêt d’une héparinothérapie débutée précocement sur la récupération de la fonction rénale. Nous avons insisté sur la nécessité d’une TDM abdominopelvienne en urgence devant une douleur de colique néphrétique associée à l’injection de produit de contraste si aucun obstacle lithiasique n’était identifié.
Résultats : Cinq patients avaient des facteurs de risque cardiovasculaires dont un des antécédents personnels de thrombose veineuse profonde et d’embolie pulmonaire et deux, des antécédents familiaux d’infarctus du myocarde. Cinq patients ont été traités précocement par héparinothérapie de bas poids moléculaire (HBPM), dans le dernier cas, l’héparinothérapie n’a été débutée qu’à 72 heures du début des signes. Dans tous les cas, aucune conséquence sur la fonction rénale n’était notée.
Conclusion : L’infarctus rénal a été une pathologie rare mais sans doute sous-estimée, survenant sur un terrain cardiovasculaire connu le plus souvent. La TDM abdominopelvienne sans injection étant de plus en plus pratiquée devant des syndromes abdominaux douloureux, il nous a semblé impératif de compléter l’examen par l’injection de produit de contraste en cas d’obstacle lithiasique non confirmé. Sa prise en charge précoce par héparinothérapie peut améliorer la restauration complète de la fonction rénale.

Objectives: Through a retrospective cohort, to analyse causative factors of acute renal infarction and specific therapeutic. Recall the need to carry a computerised tomoraphy (CT) in any flank pain suggestive of renal colic can hide a renal infarct.
Method: Over a period of 24 months (2008–2009), we have compiled six patients admitted for acute lumbar pain reported in renal colic and showing a renal infarction. We report the risk factors for cardiovascular disease, the clinical presentation, and the interest of heparin therapy started early in the recovery of renal function. We emphasise the need for abdominal-pelvic CT in emergency before a renal colic pain associated with injection of contrast medium if no stone obstacle is identified.
Results: Five patients had risk factors for cardiovascular disease including one personal history of deep vein thrombosis and pulmonary embolism and two, a family history of myocardial infarction. Five patients were treated early with LMWH, and for one the herapin was started at 72 hours of onset of symptoms. In all cases, no effect on renal function was noted.
Conclusion: Renal infarction is a rare but probably underestimated, occurring on land known cardiovascular often. The abdominopelvic CT without injection is increasingly practiced in front of abdominal pain syndromes, it seems imperative to complete the review by the injection of contrast material if stone obstruction is unconfirmed. Early management by herapin appears to improve the complete recovery of renal function.

Mots clés:
Colique néphrétique / Infarctus rénal / tomodensitométrie hélicoïdale
Mots-clés:
Renal colic / Renal infarct / Helical CT
Les lymphomes primitifs urogénitaux : l’expérience du service d’urologie de l’hôpital Central de Yaoundé (Cameroun)
Primary lymphomas of the urinary in the urological service of the Yaounde Central Hospital
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 198-202

Objectifs : Nos objectifs consistaient à recenser et présenter les aspects épidémiocliniques, histologiques et thérapeutiques des lymphomes urogénitaux au Cameroun.
Moyens et méthodes : Il s’agissait d’une étude rétrospective de dix ans (1999–2008) faite à partir des dossiers cliniques du service d’urologie de l’hôpital Central de Yaoundé. Étaient pris en compte le sexe, l’âge, le mode de présentation clinique, les aspects histologiques. Le traitement avait associé la chirurgie d’exérèse et la chimiothérapie (antimitotique et anticancéreuse).
Résultats : Vingt cas furent colligés au cours de cette étude. L’âge des patients variait de six à 60 ans avec une moyenne de 35 ans. Il y avait 19 hommes et une femme. La localisation était testiculaire (18 cas), rénale (un cas) et pénienne (un cas). Il y avait 19 cas de lymphome de Burkitt, un cas de lymphome diffus à grandes cellules B de la verge. Trois patients avaient un BW positif et deux autres une sérologie LAV positive. Tous les patients avaient eu une rémission à l’issue du traitement mais une récidive était survenue après six à neuf mois.
Conclusion : Le lymphome de Burkitt est la première cause de tumeur du testicule chez le Camerounais. La consultation tardive et l’insuffisance des moyens thérapeutiques étaient responsables du mauvais pronostic.

Objective: The objective of this study were to recruit and present epidemiological, clinical, histological and therapeutic aspects of primary lymphomas of the urogenital tract in Cameroon.
Material and method: This was a retrospective study over a 10-year period (1999–2008) done on clinical records of the Urological Unit of the Yaounde Central Hospital. From these records, we noted the age and the sex of the patients, their clinical presentation and histological aspect. The patients were treated by surgical resection and chemotherapy.
Results: Twenty cases were recruited between this period of the study. The age of the patients varied from 6 to 60 years with a mean age of 35 years. There were 19 men and one woman. Eighteen cases involved the testis, one case the kidney and one penile involvement. On histology, there were 19 cases of Burkitt's lymphoma and one case of large B cell lymphoma involving the penis. Three patients had positive syphilis serology and two other were HIV positive. All the patients in this series had a complete remission after treatment but the tumour recurs after 6 to 9 months.
Conclusion: Burkitt's lymphoma is the first malignant tumour of the testis in Cameroonian. Unfortunately, patients consult late, there are no supports for the treatment and this will lead to a poor prognosis.

Mots clés:
Lymphome primitifs / Tumeur / Appareil urogénital
Mots-clés:
Primary lymphomas / tumour / Genito-urinary system
Néphrectomie partielle pour cancer et biopsie percutanée : résultats oncologiques
Partial nephrectomy for cancer and percutaneous biopsy: Oncologic results
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 177-183

Objectifs : Évaluer les résultats de la néphrectomie partielle (NP) pour cancer chez 60 patients sélectionnés par la biopsie de la tumeur en analysant les indications et le suivi carcinologique.
Patients : Il s’agissait d’une étude de cohorte unicentrique, rétrospective, de 1994 à 2006. La biopsie a été systématique pour les patients candidats à une NP élective. Les critères d’indications des NP électives étaient les tumeurs de moins de 4 cm, de faible grade de Fuhrman (I et II). Les tumeurs tubulopapillaires (tbp) à la biopsie étaient exclues des indications électives. Les paramètres étudiés ont été les données de la biopsie, la survie globale, la survie sans récidive.
Résultats : L’âge médian était de 59 ans (32–79 ans) et 69 % des tumeurs de découverte fortuite. Les indications de nécessité représentaient 30 % des cas (rein unique, tumeurs bilatérales et insuffisance rénale chronique [IRC]). La biopsie permettait un diagnostic dans 89 % des cas. Il y a eu un décès spécifique en postopératoire immédiat. À l’histologie définitive il y avait 75 % de carcinome à cellules claires, 13,3 % de chromophobe et 11,7 % de tbp, 96,6 % de T1a dont 86,6 % de faible grade et aucune marge chirurgicale. Le suivi médian était de 49 mois avec 98,5 % de survie spécifique à cinq ans, une récidive locale (totalisation de la néphrectomie) et aucune récidive générale.
Conclusion : L’étude a permis de montrer que la sélection des patients par la biopsie donne des résultats carcinologiques satisfaisants avec 98,5 % de survie spécifique au terme du suivi ; elle est comprise entre 89 et 100 % dans la littérature.

Objectives: To evaluate the results of partial nephrectomy (NP) for cancer in 60 patients selected by the biopsy of the tumor by analyzing the information, oncologic follow-up.
Patients: It was a cohort study unicenter retrospective from 1994 to 2006. The biopsy was systematically done for patients who were candidates for elective NP. The criteria for elective indications NP tumors were less than 4 cm, low grade Fuhrman (I and II). The tubulopapillary tumors (TBP) on biopsy were excluded from the elective indications. The parameters studied were the biopsy data, overall survival, disease-free survival.
Results: The median age was 59 years (32–79 years) and 69% of tumor were fortuitous discovery. Indications of need accounted for 30% of cases (single kidney, bilateral tumors and chronic renal failure [CRF]). Biopsy allowed a diagnosis in 89% of cases. There was one death in specific postoperative immediately. A final histology was 75% of clear cell carcinoma, 13.3% of chromophobe and 11.7% of TBP, 96.6% of T1a including 86.6% of low grade and no surgical margin. The median follow-up was 49 months with 98.5% of specific survival at 5 years, one local recurrence and no general recurrence.
Conclusion: The study has shown that the selection of patients by biopsy gives satisfactory carcinologic results with 98.5% specific survival at the end of follow-up; it is between 89 and 100% in the literature.

Mots clés:
Néphrectomie partielle / Cancer / Rein / Biopsie / Tumeur
Mots-clés:
Partial nephrectomy / Renal cell carcinoma / Tumor biopsy
Neuromodulation sacrée avec le système InterStim™ : résultats du registre national français
Sacral neuromodulation with InterStim™ system: Results from the French national register
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 209-217

But : Analyser les pratiques courantes d’indication et évaluer l’efficacité (à long terme) et les évènements indésirables de la neuromodulation sacrée avec la thérapie InterStim™ basée sur les données collectées dans un registre national et discuter les points forts et les points faibles de ce dernier.
Patients et méthodes : Une étude observationnelle prospective multicentrique française de patients porteurs d’un implant permanent (2003–2009) a été réalisée. Les variables du calendrier mictionnel journalier et la satisfaction du patient ont été analysées en se basant sur la dernière visite de suivi depuis la mise en place du système InterStim™.
Résultats : Mille quatre cent dix-huit patients (âge médian : 63 ans) ont été inclus dans la base de données (suivi médian : 12 mois). Mille quatre-vingt-neuf patients présentaient des pathologies non neurologiques. Le diagnostic principal était le syndrome d’hyperactivité vésicale (n = 1170) et la rétention (n = 151). L’implantation a été effectuée chez 1358 patients ; 1172 patients avaient au moins un suivi enregistré. Lors du suivi de 12 mois une amélioration clinique supérieure ou égale à 50 % a été constatée chez 447 patients sur 527 présentant une hyperactivité vésicale et chez 42 patients sur 54 des patients présentant une rétention. L’amélioration clinique s’est maintenue relativement stable jusqu’à 60 mois. La satisfaction médiane du patient avec le traitement était comprise entre 60 et 80 %.
Conclusion : Au travers de l’analyse de cette base de données unique, la neuromodulation sacrée par la thérapie InterStim™ apparaît comme un traitement valide sur le long terme (jusqu’à 60 mois) chez des patients réfractaires au traitement médical.

Aim: To analyse current practice patterns and to evaluate (long-term) effectiveness and adverse events of sacral neuromodulation with InterStim™ Therapy based on data collected in a national register and to discuss the strengths and weaknesses of the register.
Patients and methods: This is a French multicenter prospective observational trial including patients with a permanent implant (2003–2009). Voiding diary variables and patient satisfaction were analysed based on last follow-up visit since implantation.
Results: One thousand four hundred and eighteen patients (median age: 63 years, 1206 females) were included in the database (median follow-up: 12 months). One thousand and eighty-nine patients had non-neurological disease. The principal diagnosis was overactive bladder syndrome ([OAB], n = 1170) and retention (n = 151). Implantation occurred in 1358 patients; 1172 patients had greater than or equal to one registered follow-up. Clinical improvement of greater than or equal to 50% was seen in 447/527 patients with OAB at 12 months follow-up (median number of voids per 24 hours decreased from 15 at baseline to 8 at 12 months) and in 42/54 of patients with retention (median number of catheterization per 24 hours dropped from 5 at baseline to 0 at 12 months). Clinical improvement remained relatively stable up to 60 months. Median patient satisfaction with treatment was between 60 and 80%. Five hundred and twenty-four patients had at least one adverse event; loss of efficacy (n = 244) occurred most frequently.
Conclusions: In this large database sacral neuromodulation with InterStim™ Therapy seems to be an effective treatment through routine practice in the long-term (up to 60 months) for patients refractory to medical treatment.

Mots clés:
hyperactivité vésicale / Incontinence par impériosité / rétention urinaire / Qualité de vie / Registres
Mots-clés:
Urinary bladder / Overactive / Urinary incontinence / Urge / Urinary retention
Résultats fonctionnels et complications du sphincter urinaire artificiel AMS 800 : à propos de 84 cas
Functional results and complications of artificial urinary sphincter AMS 800: About 84 cases
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 203-208

But : Vérifier l’efficacité et la tolérance du sphincter urinaire artificiel (SUA) AMS 800™ dans la prise en charge de l’incontinence urinaire par insuffisance sphinctérienne.
Patients et méthodes : Étude rétrospective des patients ayant été implantés avec un SUA par le même opérateur entre 1992 et 2006. Cinquante-sept hommes et 27 femmes dont l’âge moyen était de 61 ans (22–82) souffraient d’incontinence par insuffisance sphinctérienne : après prostatectomie radicale (46 %), primitive d’effort ou mixte (21,4 %), après résection transurétrale de prostate (9,5 %), d’atteintes neurologiques et malformatives (9,5 %), après traumatismes pelviens ou urétraux (7,1 %), après chirurgie rectale (3,6 %), après adénomectomie voie haute (2,4 %). L’évaluation fonctionnelle a été réalisée par contact téléphonique à partir d’un questionnaire comportant 23 items (Annexe 2).
Résultats : Le suivi moyen était de 52,6 mois (5,3–187,1) : 64 % avaient leur SUA primitif, il a fallut 50 réinterventions pour 30 patients avec 6,6 % d’atrophies urétrales, 13,1 % de complications mécaniques, 13,9 % de complications infectieuses, 2,5 % d’échecs et 9 % d’explantations définitives. La demi-vie sans révisions était de 8,3 ans. Soixante-sept pour cent des patients ont été contacté pour l’évaluation fonctionnelle : 77 % de succès (inférieure ou égale à une protection), 85 % de patients améliorés, 87 % satisfaits ou très satisfaits et 94 % referaient la même intervention.
Conclusion : Le SUA AMS 800™ reste la référence dans la prise en charge de l’incontinence urinaire par insuffisance sphinctérienne en améliorant la qualité de vie des patients implantés mais au prix d’un taux de révisions important et de fréquentes fuites résiduelles.

Purpose: To verify the effectiveness and safetiness of artificial urinary sphincter (SUA) AMS 800™ in the management of urinary incontinence by sphincter incompetence.
Patients and methods: Retrospective study of patients who received SUA by the same operator between 1992 and 2006. Fifty-seven men and 27 women whose average age was 61 years (22–82) suffered from incontinence by sphincter incompetence: after radical prostatectomy (46%), primary stress or mixed incontinence (21.4%), transurethral resection of prostate (9.5%), injury and neurological malformations (9.5%), pelvic or urethral trauma (7.1%), rectal surgery (3.6%), adenomectomy (2.4%). Functional assessment was made by telephone based on a 23-item questionnaire (Appendix 2).
Results: The mean follow-up was 52.6 months (5.3–187.1): 64% had their original SUA, 50 re-interventions were necessary for 30 patients with 13.1% mechanical complications, 6.6% urethral atrophy, and 13.9% infectious complications, 2.5% failures and 9% definitive explant. The half-time survival without revision was 8.3 years. Sixty-seven percent of patients were contacted for the functional assessment: 77% success rate (≤1 protection), 85% of patients improved, 87% satisfied or very satisfied and 94% would go again through the same operation.
Conclusion: The artificial urinary sphincter AMS 800™ remains still the reference in the management of urinary incontinence by sphincter incompetence in improving the quality of life of patients implanted at the cost of a significant revision rate and frequent residual leaks.

Mots clés:
Sphincter urinaire artificiel / Incontinence / Qualité de vie
Mots-clés:
Urinary artificial sphincter / Urinary incontinence / Quality of life
Traitement de la cystite interstitielle par instillation intravésicale d’acide hyaluronique : étude prospective sur 31 patientes
Treatment of interstitial cystitis by intravesical instillation of hyaluronic acid: A prospective study on 31 patients
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 218-225

Objectif : Évaluer l’efficacité du traitement de la cystite interstitielle par instillation intravésicale de hyaluronate de sodium.
Patientes et méthodes : De mars 2008 à août 2009, une étude prospective, en intention de traiter, a inclus 31 patientes. Les patientes répondaient à la définition de la cystite interstitielle établie par l’ICS en 2002, le bilan comportait un examen des urines, une cystoscopie, un test d’hydrodistension et des biopsies vésicales. Les patientes ont reçu six instillations hebdomadaires de 40 mg (50 ml) de hyaluronate de sodium en intravésical. Nous avons évalué l’efficacité et la tolérance du traitement par deux questionnaires spécifiques de la cystite interstitielle remplis avant et après six semaines de traitement : l’O’Leary-Sant et le pelvic pain and urgency/frequency (PUF).
Résultats : Quatre groupes ont été définis : bonne réponse, réponse partielle, faible réponse, absence de réponse au traitement. Ils étaient composés respectivement de 14 patientes (45 %), deux (7 %), sept (22 %) et huit patientes (26 %). Nous avons obtenu 52 % de réponse positive (bonne réponse et réponse partielle) après six semaines de traitement. Les patients dont la cystoscopie et l’histologie étaient anormales avaient un taux de réponse de 60 %. Aucun effet secondaire grave n’a été observé.
Conclusion : Le hyaluronate de sodium a sa place dans l’arsenal thérapeutique de la cystite interstitielle avec une efficacité comparable aux autres traitements et une bonne tolérance. Le taux de réponse au traitement aurait pu être amélioré par une meilleure sélection des patientes notamment celles dont la cystoscopie comportant un test d’hydrodistension et l’histologie étaient anormales.

Purpose: We evaluate the efficacy of hyaluronate acid instillation for treatment of interstitial cystitis (IC).
Patients and methods: From March 2008 to May 2009, a prospective study included 31 patients. We used the new definition of IC established by the ICS in 2002. Patients have a urinalysis, a cystoscopy, a hydrodistension test and bladder biopsies. The urodynamic evaluation was not systematic. Patients received weekly six instillations of 40 mg (50 ml) intravesical hyaluronate acid. We evaluated the efficacy and safety of treatment with two specific questionnaires of interstitial cystitis filled before and after 6 weeks of treatment: the O’Leary-Sant and Pelvic pain and Urgency/Frequency (PUF).
Results: Four groups were defined: good response, partial response, poor response and no response. They were composed by 14 patients (45%), two (7%), seven (22%) and eight patients (26%). We obtained 52% positive response (good response and partial response) after 6 weeks of treatment. Patients with cystoscopy and histology abnormal had a response rate of 60%. No serious side effects were observed.
Conclusions: Hyaluronate acid has a place in the treatment of interstitial cystitis with an efficiency comparable to other treatments and good tolerance. The response rate to treatment can be improved by better selection of patients, particularly those having a cystoscopy and histology abnormal.

Mots clés:
cystite interstitielle / Acide hyaluronique / Syndrome de la vessie douloureuse
Mots-clés:
Interstitial cystitis / Hyaluronic acid / Painful bladder syndrome
Traitement du cancer localisé de la prostate avec l’appareil Ablatherm Imagerie Intégrée® : résultats carcinologiques et fonctionnels
Outcomes of HIFU for localised prostate cancer using the Ablatherm Integrate Imaging<sup>®</sup> device
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 191-197

But : Rapporter les résultats oncologiques et fonctionnels du traitement par ultrasons focalisés (HIFU) réalisé avec l’appareil Ablatherm Imagerie Intégrée®.
Patients et méthode : Les patients diagnostiqués d’un cancer localisé de la prostate, traités entre janvier 2005 et juin 2009 et correspondant aux critères d’inclusion du comité de cancérologie de l’Association française d’urologie (AFU) (CCAFU), ont été inclus dans l’étude. Des questionnaires validés ont été utilisés pour évaluer miction, érections et qualité de vie.
Résultats : Un total de 297 patients non candidats à la chirurgie radicale a été inclus : 149 classés risque faible et 148 risque intermédiaire. Le prostate specific antigen (PSA) nadir médian était de 0,12 ng/ml. Un PSA nadir inférieur à 0,3 ng/ml a été obtenu chez 65 % des patients. Les biopsies de contrôle post-HIFU ont été réalisées chez 175 patients : 89 % de biopsies négatives. Les taux de survie sans progression à 40 mois ont été de 79 % pour les patients à faible risque et de 62 % pour les patients à risque intermédiaire. Des tests statistiques appariés, réalisés chez 140 patients ont mis en évidence l’absence de retentissement significatif du traitement sur les scores International Prostate Symptoms Score (IPSS) et de qualité de vie. En revanche, une différence significative a été observée pour la continence et la fonction érectile.
Conclusion : Le traitement par HIFU réalisé avec l’Ablatherm Imagerie Intégrée® a permis d’obtenir un contrôle local et biologique du cancer de la prostate similaire à celui obtenu par la radiothérapie externe conformationnelle. Le principal risque fonctionnel était la dégradation de la fonction érectile.

Objectives: To report the functional and oncological outcomes of HIFU for prostate cancer using the Ablatherm Integrate Imaging® device.
Methods: Between January 2005 and June 2009, all patients treated with HIFU as a primary care option for localized prostate cancer and fulfilling the French Urological Association (AFU) guideline were included in this study. Validated questionnaires were used to assess continence, potencies and quality of life.
Results: A total of 297 patients met the inclusion criteria: 149 were low risk and 148 were intermediate risk according to d’Amico's risk group. The median prostate specific antigen (PSA) nadir was 0.12ng/ml with 65% of patients reaching a nadir less than 0.3 ng/ml. Systematic control biopsies were performed on 175 patients with 89% of negative biopsies. The disease free survival rate at 40 months was 79% for low risk group and 62% for intermediate risk group. The pre and post-HIFU treatment International Prostate Symptoms Score (IPSS) score and quality of life questionnaire were not statistically different. In the opposite, the pre and post-HIFU erection function and continence status were significantly different.
Conclusion: Local control and Biochemical Free Survival Rate achieved with HIFU were similar to those expected with conformal external radiation beam therapy. Among the functional outcomes, potency was the most impacted by the treatment.

Mots clés:
prostate / Cancer / HIFU / Qualité de vie / effets secondaires
Mots-clés:
prostate / Cancer / HIFU / Functional outcomes / Quality of life
Une technique institutionnelle de transplantation rénale chez le rat
Kidney transplantation in the rat: An institutional technique
2011
- Mise au point
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 3, 173-176

Le modèle de transplantation rénale chez le rat est une méthode classique d’investigation dans le domaine de la transplantation rénale. De nombreuses variantes ont été rapportées sans qu’il n’existe de procédé standard. Nous décrivons une technique institutionnelle simple, utilisée avec succès dans plus de 500 interventions et enseignée à de nombreux étudiants en médecine, internes ou chirurgiens dépourvus d’expérience microchirurgicale antérieure. Notre description illustrée étape par étape devrait permettre une diffusion aisée de cette méthode auprès des étudiants et chercheurs francophones.

Kidney transplantation in rats is a classic experimental model used in transplant research. As several methods have been previously reported without definition of a gold standard, we describe herein a simple institutional technique that has been used in more than 500 procedures and taught to medical students or surgeons without previous microsurgical experience. Our step-by-step illustrated report would allow French-speaking trainees to learn how to perform kidney transplantation in rats in a reproducible manner and add this valuable tool to their research protocols.

Mots clés:
Modèle animal / Microchirurgie / Rats / technique chirurgicale / Transplantation rénale
Mots-clés:
Animals / Kidney transplantation/methods / microsurgery / Rats