Base bibliographique

Sommaire :

Prélèvement laparoscopique du rein de donneur vivant : résultats et aspects chirurgicaux
Laparoscopic live donor nephrectomy: surgical technique and results.
2006
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 336-342

But : Rapporter les résultats de la néphrectomie laparoscopique pour dons de rein donneurs vivants apparentés (NLDV) et décrire nos particularités techniques.
Matériel et Méthodes : Nous avons colligé, rétrospectivement, de janvier 1999 à juillet 2005, 47 cas de donneurs vivants prélevés par laparoscopie. Plusieurs paramètres ont été étudiés : les caractéristiques cliniques des donneurs, les complications per et post-opératoires, le temps opératoire et la durée d'ischémie chaude.
Il s'agissait de 26 femmes (55.31%) et 21 hommes (44.68%). La moyenne d'âge était de 48 ± 20 ans. Le prélèvement a intéressé majoritairement le rein gauche (85,37%). Il a été réalisé par lomboscopie dans les 20 premiers cas et par laparoscopie dans 27 cas. L'extraction du rein a été faite à travers une incision entre deux orifices de trocarts pour les premiers prélèvements et par incision iliaque pour les 18 derniers cas.
Résultats : Le temps opératoire moyen était de 189 min avec un saignement moyen de 127 ml. La durée moyenne d'ischémie chaude a été de 6 minutes. Nous avons converti en chirurgie ouverte deux cas : un cas de plaie de la veine rénale et l'autre chez un donneur obèse avec des difficultés de dissection. Une seule reprise chirurgicale a été notée (hémopéritoine secondaire à une plaie de la veine génitale). Un abcès sur l'orifice d'un trocart a été noté dans un cas et un iléus prolongé dans 2 cas.
Chez le receveur, une fistule urinaire anastomotique a été notée secondaire à une nécrose ischémique du segment distal de l'uretère. Les complications tardives étaient surtout vasculaires (19,14%). Un greffon droit a été perdu par erreur de compatibilité. La créatininémie moyenne était de 132 ± 6,5 µmol/l à 3 mois pour les autres receveurs.
Conclusion : Notre expérience confirme la faisabilité et l'efficacité de la laparoscopie pour le prélèvement des reins de donneurs vivants. Les complications per et post-opératoires et le risque de conversion sont faibles. Chez le receveur, le délai de reprise de la fonction rénale est court. La morbidité est faible. Cependant, en début d'expérience le risque de complications vasculaires est élevé.

Objective: To report the results of laparoscopic live donor nephrectomy (LLDN) and to describe our technique.

Material and Methods: We retrospectively reviewed 47 laparoscopic live donor nephrectomies performed between January 1999 and July 2005. Several parameters were studied: donor clinical characteristics, intraoperative and postoperative complications, operating time and warm ischaemia time. This series comprised 26 women (55.31%) and 21 men (44.68%) with a mean age of 48 ± 20 years. Donor nephrectomy was mainly performed on the left kidney (85.37%). It was performed by lumbar endoscopy in the first 20 cases and by laparoscopy in 27 cases. Kidney extraction was performed via an incision between two trocar orifices for the first cases and via an iliac incision for the last 18 cases.

Results: The mean operating time was 189 min with a mean blood loss of 127 ml. Warm ischemia time was 6 minutes. Open conversion was required in two cases: renal vein injury in one case and an obese donor with difficulties of dissection in the other case. Surgical revision was required in only one case (haemoperitoneum secondary to genital vein injury). A trocar orifice abscess was observed in one case and prolonged ileus was reported in 2 cases. In the recipient, a urinary anastomotic fistula was observed secondary to ischaemic necrosis of the distal segment of the ureter. Late complications were essentially vascular (19.14%). A right renal graft was lost due to an error of compatibility. Mean serum creatinine was 132 ± 6.5 µmol/l at 3 months for the other recipients.

Conclusion: Our experience confirms the feasibility and efficacy of laparoscopic live donor nephrectomy. Intraoperative and postoperative complications and the conversion rate were low. Renal function was rapidly restored in the recipient. The morbidity of this technique is low, but there is a high risk of vascular complications at the beginning of the operator's experience.

Mots clés:
Transplantation rénale / Rein / Coelioscopie / technique chirurgicale.Niveau de preuve : 5
Mots-clés:
renal transplantation / Kidney / Laparoscopy / surgical technique.
Etude des tumeurs urothéliales de vessie chez les transplantés rénaux
Study of urothelial bladder tumours in renal transplant recipients.
2006
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 343-346

But : Etudier la prévalence, les traitements et l'évolution des tumeurs urothéliales de vessie (TUV) chez les transplantés rénaux.
Patients et Méthodes : Etude rétrospective multicentrique réalisée en 2004 par questionnaire auprès des membres du Comité Transplantation de l'AFU.
Résultat : 7 centres ont répondus, totalisant 32 TUV chez 21 hommes et 3 femmes, âgés de 63,2±10,1 ans, sans antécédent de TUV. L'incidence a été de 255 pour 100 000. Le délai médian entre la transplantation et la TUV a été de 60 mois (5 à 259 mois). 72% des TUV étaient de stade pT?1 et 63% étaient de grade 3. Du CIS existait dans 20% des cas. 25% des patients étaient N+. En complément de la résection de la TUV, 3 patients ont eu de l'Amétycine et 1 du BCG. 7 patients ont eu une cystectomie dont 42% à but palliatif associée à une radio-chimiothérapie (2/3) ou chimiothérapie seule (1/3). Le traitement immunosupresseur a été allégé dans 50% des cas. 6 (25%) des patients sont morts de leur cancer de vessie, 25% ont récidivé avec un taux de progression tumorale de 50%. 46% des patients ont été en rémission de leur TUV. 4% sont décédés d'une cause intercurrente. 76% des patients survivants ont gardé un transplant fonctionnel sans altération de la créatininémie.
Conclusion : Les TUV chez les transplantés rénaux sont d'incidence augmentée et ont une agressivité et une mortalité augmentées par rapport à la population générale. Une surveillance accrue et un traitement agressif semblent justifiés.

Objective: To study the prevalence, treatment and outcome of urothelial bladder tumours (UBT) in renal transplant recipients.

Patients and Methods: Multicentre retrospective study performed in 2004 by questionnaire sent to members of the AFU Transplantation Committee.

Result: Seven centres returned the questionnaire with a total of 32 UBTs in 21 males and 3 females with a mean age of 63.2 ± 10.1 years, with no history of UBT. The incidence was 255 per 100,000. The median interval between transplantation and UBT was 60 months (range: 5 to 259 months). 72% of UBTs were stage pT ? 1 and 63% were grade 3. CIS was present in 20% of cases. 25% of patients were N+. In addition to resection of the UBT, 3 patients were also treated with mitomycin C and 1 was treated with BCG. 7 patients underwent cystectomy, with a palliative objective in 42% of cases, associated with radiotherapy-chemotherapy (2/3) or chemotherapy alone (1/3). Immunosuppressive therapy was decreased in 50% of cases. Six patients (25%) died from bladder cancer, 25% relapsed with a tumour progression rate of 50%. 46% of patients were in remission of their UBT. 4% died from an intercurrent cause. 76% of survivors have a functional graft with no alteration of serum creatinine.

Conclusion: Renal transplant recipients have an increased incidence of UBT, which are more aggressive and associated with a higher mortality compared to the general population. Increased surveillance and aggressive treatment therefore appear to be justified.

Mots clés:
Cancer de vessie / Transplantation rénale / Épidémiologie / pronostic. Niveau de preuve : 5
Mots-clés:
Bladder cancer / renal transplantation / epidemiology / prognosis.
Etude d'acceptabilité du set de sondage SpeediCath® Set comparativement à Actreen® Set chez des patients pratiquant l'autosondage
Comparative study of the acceptability of the SpeediCath® Set and Actreen® Set catheterization sets in patients performing self-catheterization.
2006
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 347-351

Objectif : Comparer SpeediCath® Set à Actreen® Set, en termes de performance, acceptabilité et tolérance, chez des patients pratiquant l'autosondage.
Matériel et Méthodes : Cette étude était multicentrique, randomisée en "cross-over". Quatre questionnaires ont été complétés : initial, après avoir testé chacun des deux produits, et de préférence en fin d'étude.
Résultats : L'analyse a porté sur 29 hommes pratiquant l'autosondage. Speedicath® Set a démontré sa supériorité contre Actreen® Set en termes de facilité d'introduction (p=0,0065), facilité de vidange (p=0,0157), qualité du lubrifiant (p<0.0001), tolérance urétrale et performance du sondage au lit (p=0,0157).
L'appréciation globale par les patients était nettement en faveur de SpeediCath® Set (7,0 ± 2,3 contre 5,7 ± 2,5; p=0.0156) et 65,5% des patients ont souhaité utiliser SpeediCath® Set à l'avenir.
Conclusion : SpeediCath® Set facilite le sondage et améliore la tolérance urétrale comparé à Actreen’Äö Set, avec une préférence des patients nettement en sa faveur.

Objective: To compare SpeediCath® Set to Actreen® Set in terms of performance, acceptability and safety, in patients performing self-catheterization.

Material and Methods: Four questionnaires were completed during this multicentre, randomized, crossover study: initial, after having tested each of the two products and patient preference at the end of the study.

Results: Analysis was based on 29 men performing self-catheterization. The SpeediCath® Set was found to be superior to the Actreen® Set in terms of ease of introduction (p=0.0055), ease of emptying (p=0.0157), quality of lubricant (p<0.0001), urethral tolerance and possibility of catheterization in bed (p=0.0157). The patients' global assessment was clearly in favour of SpeediCath® Set (70 ¬± 2.3 versus 5.7 ¬± 2.5; p=0.0156) and 65.5% of patients preferred to use SpeediCath® Set in the future.

Conclusion: SpeediCath® Set facilitates catheterization and improves the urethral tolerance compared to Actreen® Set, with a marked patient preference in favour of SpeediCath® Set.

Mots clés:
vessie neurologique / cathéter urinaire / autosondage.Niveau de preuve : 2
Mots-clés:
Neurogenic bladder / urinary catheterization / self-catheterization.
Mise au point et validation d'un modèle d'entraînement à domicile à la laparoscopie
Development and validation of a model of training at home to the laparoscopy.
2006
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 352-355

Introduction et Objectifs : L'entraïnement sur pelvi-trainer est une étape incontournable de la formation des chirurgiens à la laparoscopie. La plupart des services universitaires sont équipés de ce type de modèle, mais il s'agit d'un équipement onéreux, encombrant et souvent difficile d'accès. Nous proposons l'utilisation d'un nouveau modèle d'entraïnement à la laparoscopie : un modèle d'entraïnement à domicile. Nous comparons ses performances avec le modèle d'entraïnement de référence.
Matériel et Méthode : Le modèle d'entraïnement à domicile à la laparoscopie se compose d'un ordinateur portable, d'une Web Cam et d'une boite en plastique translucide. Dix opérateurs à différents niveaux de leur formation sont chronométrés lors de la réalisation de 4 exercices simples dans le modèle d'entraïnement à domicile. Ils sont ensuite chronométrés lors de la réalisation de 6 points séparés dans le modèle et dans un pelvi-trainer.
Résultats : Tous les opérateurs ont réussi à réaliser les exercices proposés. La vitesse moyenne de réalisation dépend du niveau de formation (35 minutes contre 15 minutes pour les 3 plus expérimentés). La vitesse de réalisation de la suture est comparable dans le home-trainer (14 minutes) et dans le pelvi-trainer (13 minutes). Le modèle d'entraïnement à domicile est moins onéreux (75 euros), plus facile d'accès et plus rapide à installer (3 minutes) que le pelvi-trainer. Il peut être utilisé en dehors de toute structure médicalisée.
Conclusion : Il est possible de s'entraïner à domicile à la pratique de la laparoscopie. Un matériel simple suffit à la fabrication d'un "Home-trainer". Les capacités d'entraïnement de ce modèle sont similaires à celles d'un pelvi-trainer mais il est moins encombrant, moins cher et plus facilement disponible. Ce type de modèle pourrait être utilisé par chaque opérateur à son domicile pour améliorer ses performances et accélérer sa formation.




Introduction and objectives: Practice on a Pelvitrainer training is an essential part of the training of surgeons in laparoscopy. Most university departments are equipped with this type of model, but this equipment is expensive, cumbersome and often poorly accessible. The authors propose a new laparoscopy home training model and compare its performances with those of the reference training model.

Material and Method: The laparoscopy home training model is composed of a laptop computer, a Web Cam and a translucent plastic box. Ten operators with various levels of training were timed during 4 simple exercises performed on the home training model and were then timed when performing 6 interrupted sutures with this model and with a Pelvitrainer.

Results: All operators successfully performed the proposed exercises. The mean operating time was correlated with the level of training (35 minutes versus 15 minutes for the 3 most experienced operators). The suture time was comparable with the home trainer (14 minutes) and the Pelvitrainer (13 minutes). The home training model is less expensive (75 euros), more accessible and easier to install (3 minutes) than the Pelvitrainer and can be used outside of medicalized structures.

Conclusion: Trainee operators can practice laparoscopy at home. The manufacture of a Home-trainer requires simple material. The training capacities of this model are similar to those of a Pelvitrainer, but it is less cumbersome, less expensive and more readily available. This type of model could be used by each operator at home to improve his/her performances and to accelerate training.

Mots clés:
laparoscopie / enseignement / modèle d'entraïnement.Niveau de preuve : 3
Mots-clés:
Laparoscopy / Education / educational model.
Comment anticiper la filiarisation à l'Examen National Classant pour motiver les internes vers l'urologie?
How to anticipate specialization at the Examen National Classant (National Entrance Examination) to encourage interns to choose urology.
2006
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 356-360

Objectifs : Etudier l'intérêt d'un stage d'initiation à l'urologie pour recruter les internes à l'issue de l'Examen National Classant (ENC) afin d'anticiper la filiarisation des disciplines chirurgicales.
Matériels et Méthodes : Pendant 2 ans, les internes nommés en chirurgie à Paris ont participé à un stage d'initiation à l'urologie avant de prendre leur fonction. Un questionnaire relevait au début du stage: âge, sexe, CHU d'origine, stage d'externat en urologie et orientation souhaitée parmi les disciplines chirurgicales à l'ENC. Les items relatifs à l'orientation professionnelle étaient à nouveau soumis aux internes en fin de stage.
Résultats : 166 internes ont participé dont 98 femmes (59%) et 68 hommes (41%). L'âge moyen était de 24,8 ± 5 ans (22-31). 110 internes étaient issus d'un CHU parisien (66,2%) et 56 (33,8%) d'un CHU de province. 31 internes (18,7%) avaient effectué au moins un stage dans un service d'urologie pendant leur externat. L'orthopédie a été le plus souvent citée (n=48 ; 28,9%). L'urologie a été choisie par 19 internes (11,4%) qui avaient effectué un stage d'externe dans la spécialité dans 17 cas. A la fin du stage d'initiation, 15 autres internes initialement orientés vers d'autres spécialités étaient tentés par l'urologie.
Conclusion : La filiarisation de certaines disciplines chirurgicales d'internat pourrait être inéluctable à moyen terme. Dans ce cas, l'organisation nationale de sessions d'initiation à l'urologie dans chaque région d'affectation de l'ENC serait une solution pour inciter les internes motivés à s'engager d'emblée vers l'urologie et à choisir leur spécialité par goût plus que par défaut.

Objectives: To analyse the value of an introduction to urology session to recruit interns following the Examen National Classant (ENC) (National Entrance Examination).

Materials and Methods: Over a 2-year period, interns appointed to surgery in Paris participated in a one-day introduction to urology session before starting work as surgical interns. A questionnaire at the beginning of internship recorded: age, gender, teaching hospital, student attachment in urology and desired specialization as a function of the surgical training programmes proposed by the ENC. Items concerning the desired specialization were resubmitted to the interns at the end of the session.

Results: Population. 166 interns, 98 females (59%) and 68 males (41%) with a mean age of 24.8 ± 5 years (range: 22-31) participated in this study. 110 interns had trained at a Parisian teaching hospital (66.2%) and 56 (33.8%) had trained at a provincial teaching hospital. 31 interns (18.7%) had completed at least one urology attachment during their medical training. Desired specialization: Orthopaedics was the discipline most frequently cited (n=48; 28.9%). Urology was selected by 19 interns (11.4%), 17 of whom had completed an urology attachment during their medical training. At the end of the introduction to urology session, another 15 interns initially oriented towards other specializations were interested in urology training.

Conclusion: Specialization of certain surgical disciplines during internship could become inevitable in the medium term. In this case, the organization of national introduction to urology sessions in each ENC allocation region would be a solution to encourage motivated interns to immediately choose urology as their surgical speciality by preference rather than by default.

Mots clés:
Internat / Chirurgie / urologie / enseignement / formation.Niveau de preuve : 3
Mots-clés:
Internship / surgery / Urology / teaching / training.
Prolapsus vaginal et incontinence urinaire d'effort : traitement combiné par une prothèse unique
Vaginal prolapse and stress urinary incontinence: combined treatment by a single prosthesis.
2006
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 361-367

Objectifs : Le but de cette présentation était d'évaluer l'efficacité et les éventuelles complications à court et moyen terme de la chirurgie vaginale prothétique avec amarrage transobturateur pour traiter en une seule séquence opératoire, un prolapsus et l'incontinence urinaire d'effort (IUE) souvent associée.
Matériel et Méthode : Du mois de février 2002 au mois d'août 2004, 45 patientes d'une moyenne d'âge de 66 ± 11 ans ayant une cystocèle de stades 3 ou 4 essentiellement, associée à une IUE (avérée pour 40 d'entre elles et démasquée après manoeuvre de réintégration du prolapsus pour les cinq autres) ont été opérées selon la technique du hamac transobturateur infracoccygien.
Résultats : Avec un recul moyen de 31 ± 9 mois, le taux de succès de la technique était estimé à 98% sur le plan anatomique (un seul échec) et à 91% sur le plan urinaire (73% des patientes étaient guéries, 18% améliorées et 9% en échec). Aucune patiente n'a eu de rétention urinaire excepté une patiente avec un hématome pelvien surinfecté nécessitant son évacuation et l'ablation partielle de la prothèse. Le résidu post-mictionnel moyen à la sortie était de 83 ml. Deux patientes ont développé une hyperactivité vésicale de novo. Le taux d'exposition des prothèses était de 18%.
Conclusion : Le traitement combiné des prolapsus vaginaux et d'une incontinence urinaire associée est possible grâce à la mise en place d'une prothèse unique par voie vaginale. Les résultats anatomiques sont bons à moyen terme. Les résultats pour la continence sont bons et pour les échecs ou les améliorations insuffisantes, un geste spécifique ultérieur est toujours possible. Le taux d'exposition des prothèses reste conforme à ceux observés lors de l'utilisation de prothèse synthétique par voie vaginale.

Objectives: To evaluate the efficacy and possible short-term and medium-term complications of vaginal prosthetic surgery with transobturator fixation to treat prolapse and stress urinary incontinence (SUI) that are often associated in a single operation.

Material and Method: From February 2002 to August 2004, 45 patients with a mean age of 66 ± 11 years presenting essentially stage 3 or 4 cystocele associated with SUI (documented for 40 cases and revealed by reduction of the prolapse for the other five) were operated according to the transobturator infracoccygeal sling technique.

Results: With a mean follow-up of 31 ± 9 months, the success rate of the technique was estimated to be 98% anatomically (only one failure) and 91% in terms of urinary symptoms (73% of patients were cured, 18% were improved and 9% failed). No cases of urinary retention were observed, except for one patient with a secondarily infected pelvic haematoma requiring evacuation and the partial removal of the prosthesis. The mean residual urine on discharge was 83 ml. Two patients developed de novo overactive bladder. The prostheses exposure rate was 18%.

Conclusion: Combined treatment of vaginal prolapse and associated urinary incontinence is possible by the use of a single transvaginal prosthesis. The medium-term anatomical results are very good. The results on continence are good and a subsequent specific procedure is always possible in the case of failure or insufficient improvement. The prostheses exposure rate is similar to that observed with synthetic transvaginal prostheses.

Mots clés:
Chirurgie vaginale / incontinence urinaire / prolapsus / prothèse.Niveau de preuve : 5
Mots-clés:
Vaginal surgery / Urinary incontinence / prosthesis / Prolapse.
Prise en charge chirurgicale des douleurs chroniques rebelles survenues après cure d'incontinence urinaire d'effort selon la technique TVT
Surgical management of chronic refractory pain after TVTTM treatment for stress urinary incontinence.
2006
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 368-371

Objectif : Evaluer le résultat du traitement chirurgical des douleurs pelvi périnéales iatrogènes, développées après cure d'incontinence urinaire d'effort (IUE) selon la technique TVT.
Matériel et Méthodes : 8 patientes ayant développé des douleurs chroniques après TVT ont été prises en charge. La douleur était caractérisée à l'interrogatoire, à l'examen clinique et rebelle au traitement médical symptomatique. Un bilan étiologique permettait d'incriminer la bandelette dans la genèse de la douleur. L'exérèse était réalisée à ciel ouvert ou par coelioscopie. La douleur et la continence étaient évaluées en post opératoire.
Résultats : L'exérèse était complète (n=3) ou partielle (n=5). Avec un recul moyen de 31 mois, aucune patiente n'a présenté de récidive douloureuse. Cinq patientes sont restées continentes et 3 patientes ont été prises en charge pour une incontinence urinaire récidivée.
Conclusion : Si le traitement médical est décevant, l'exérèse chirurgicale offre de bons résultats sur les douleurs "rebelles". Toutefois la préservation de la continence est inconstante.

Objective: To evaluate the results of surgical treatment of iatrogenic pelviperineal pain following TVT treatment for stress urinary incontinence (SUI).

Material and Methods: Eight patients developed chronic pain after TVT that was refractory to symptomatic medical treatment. Pain was characterized by clinical interview and clinical examination and an aetiological assessment demonstrated the role of TVTTM in pathogenesis of the pain. TVTTM was removed by open surgery or by laparoscopy. Pain and continence were evaluated postoperatively.

Results: TVTTM was completely (n = 3) or partially (n = 5) removed. With a mean follow-up of 31 months, no patient has experienced pain recurrence. Five patients have remained continent and 3 patients were treated for recurrent urinary incontinence.

Conclusion: Although medical treatment may be disappointing, surgical resection provides good results on refractory pain, but preservation of continence is inconstant.

Mots clés:
Douleurs pelvi-périnéales / TVTTM / Incontinence / chirurgie vaginale.Niveau de preuve : 5
Mots-clés:
Pelviperineal pain / TVTTM / Incontinence / vaginal surgery.
Une image à retenir : Tabac et cancer de vessie
2006
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 372-372

Garcia-Closas M et al: NAT2 slow acetylation, GSTM1 null genotype, and risk of bladder cancer: results from the Spanish Bladder Cancer Study and meta-analyses. Lancet. 2005 Aug 20-26;366(9486):649-59.

Mots clés:
Cancer de vessie / facteurs de risque
Embolisation simultanée d'une large fistule artério-veineuse et d'un pseudo-anévrysme rénal
Simultaneous embolization of a large arteriovenous fistula and a renal pseudoaneurysm.
2006
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 373-375

Les auteurs rapportent le cas d'une patiente de 41 ans ayant présenté une large fistule artério-veineuse entre une branche de l'artère rénale et la veine rénale principale au niveau du hile et un faux anévrysme périphérique secondaires à une plaie rénale par arme blanche. Le traitement par embolisation des branches artérielles lésées avait été réalisé avec succès. A travers cette observation, nous montrons la possibilité de réaliser plus d'une embolisation sur le même rein et mettons l'accent sur le fait de pouvoir accomplir avec succès l'embolisation d'une large fistule artério-veineuse à haut débit.

The authors report the cases of a 41-year-old woman with a large arteriovenous fistula between a branch of the renal artery and the main renal vein in the renal hilum and a peripheral pseudoaneurysm secondary to a knife wound to the kidney. These lesions were successfully treated by embolization. In the light of this case, the authors illustrate the possibility of performing more than one embolization on the same kidney and emphasize the successful embolization of a large, high-flow arteriovenous fistula.

Mots clés:
Fistule artério-veineuse / pseudo-anévrysme / Rein / embolisation.
Mots-clés:
Arteriovenous fistula / pseudoaneurysm / Kidney / embolization.
Néoplasie endocrinienne multiple de type 1 : une cause possible de maladie lithiasique rénale sévère et récidivante
Multiple endocrine neoplasia type 1: a possible cause of severe and recurrent urolithiasis.
2006
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 376-377

Les néoplasies endocriniennes multiples (NEM) se définissent, chez un même sujet, par l'atteinte d'au moins deux glandes endocrines sans lien fonctionnel entre elles. Il en existe 3 types. La NEM de type 1 (ou syndrome de Wermer) est une association lésionnelle héréditaire à transmission autosomique dominante.
Au travers d'une observation, nous rappelons les caractéristiques de la NEM de type 1 à l'origine d'une maladie lithiasique sévère et récidivante et nous insistons sur la réalisation systématique d'un bilan étiologique pour tout patient lithiasique dès le premier épisode selon les recommandations du Comité Lithiase de l'Association Française d'Urologie (CLAFU).

Multiple endocrine neoplasia (MEN) is defined by the presence of at least two functionally unrelated endocrine gland tumours in the same subject. There are three types of MEN. MEN type 1 (or Wermer syndrome) is an autosomal dominant cancer syndrome. In the light of a case report, the authors recall the characteristics of MEN type 1 responsible for severe and recurrent urolithiasis and emphasize the need for systematic aetiological work-up for all patients presenting a first episode of urolithiasis according to the guidelines of the Association Française d'Urologie Stone Committee (CLAFU).

Mots clés:
Lithiase / Calcul / hyperparathyroidie / acromégalie / calcium.
Mots-clés:
Urolithiasis / Calculi / hyperparathyroidism / acromegaly / calcium.
Carcinome sarcomatoide de vessie à différenciation ostéosarcomateuse
Sarcomatoid carcinoma with heterologous osteoid differentiation
2006
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 378-380

Les carcinomes sarcomatoides de vessie à différenciation ostéosarcomateuse sont des tumeurs exceptionnelles, agressives et de mauvais pronostic. Nous en rapportons un nouveau cas, et discutons les caractéristiques cliniques et histologiques de cette tumeur.

Sarcomatoid carcinomas of the bladder with heterologous osteoid differentiation are exceptional, aggressive tumors with a poor prognosis. We report a new case, and discuss the clinical and pathological characteristics of this tumor.

Mots clés:
Tumeur de vessie / sarcome / Traitement / pronostic.
Mots-clés:
bladder tumour / Sarcoma / treatment / prognosis.
Sarcome stromal de la prostate
Prostatic stromal sarcoma.
2006
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 381-383

Le sarcome de la prostate est une tumeur très rare, naissant du stroma spécialisé du parenchyme prostatique. Les aspects cliniques et histologiques de cette entité ainsi que son comportement biologique sont, à l'état actuel des connaissances, peu connus. Les auteurs rapportent l'observation d'un sarcome stromal de la prostate survenu chez un patient âgé de 47 ans ayant consulté pour une rétention vésicale complète avec un taux de PSA de 0,5 ng/ml. Le diagnostic d'adénome prostatique a été retenu et le patient a eu une adénomectomie par voie sus pubienne sans autre traitement complémentaire et l'examen anatomopathologique avait conclu à une tumeur neuroectodermique primitive (PNET). Le patient avait été perdu de vue et n'a reconsulté que 22 mois plus tard pour une hématurie. Le toucher rectal notait une prostate hypertrophiée de consistance molle avec un poids échographique estimé à 83 grammes. Le patient a eu une résection endoscopique transurétrale. L'examen histologique du matériel de résection et la relecture des lames de la tumeur primitive montraient des aspects microscopiques et immunohistochimiques identiques répondant à un sarcome stromal. Le patient a eu une radiothérapie locorégionale (60 Grays). Après un recul de 36 mois, il présente une symptomatologie urinaire sans extension locorégionale ni métastase.

Prostatic sarcoma is a very rare tumour arising from the specialized stroma of the prostatic parenchyma. The clinical and histological features and biological behaviour of this entity are poorly elucidated at the present time. The authors report a case of prostatic stromal sarcoma in a 47-year-old man presenting with complete bladder retention. The initial diagnosis was that of benign prostatic hyperplasia and the patient was treated by suprapubic prostatectomy with no other complementary treatment. Histological examination demonstrated primary neuroectodermal tumour (PNET). The patient was subsequently lost to follow-up and was only reviewed 22 months later in a context of haematuria. Digital rectal examination revealed a large, soft prostate with an estimated weight of 83 grams on ultrasound. Transurethral resection was performed and histological examination of the resection material and review of the slides of the primary tumour showed identical microscopic and immunohistochemical features, corresponding to stromal sarcoma. The patient was treated by local and regional radiotherapy (60 Grays). With a follow-up of 36 months, he presents urinary symptoms with no signs of local extension or metastasis.

Mots clés:
prostate / sarcome stromal / tumeur prostatique.
Mots-clés:
prostate / stromal sarcoma / prostatic tumour.
Sténose uréthro-cervicale post prostatectomie radicale secondaire à la migration d'un clip métallique
Vesicourethral anastomotic stricture after radical prostatectomy secondary to migration of a metal clip.
2006
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 384-385

La fréquence de la sténose urétro cervicale après prostatectomie est évaluée à 14%, en moyenne 3 mois après l'opération. Nous rapportons le cas d'un homme de 61 ans opéré d'un cancer localisé de la prostate par prostatectomie radicale. Les suites ont été marquées par des rétentions urinaires à répétition et les urétrotomies réalisées n'avaient pas permis de retrouver des mictions spontanées. Un clip a finalement été visualisé et retiré par endoscopie. Le patient n'a pas eu de nouvel épisode de rétention.
Il s'agit du premier cas publié de migration de clip associée à une sténose de l'anastomose après prostatectomie radicale. Il faut évoquer ce diagnostic en cas de rétentions itératives post-opératoires.

The frequency of vesicourethral anastomotic stricture after prostatectomy is estimated to be 14%, an average of 3 months after the operation. The authors report the cases of a 61-year-old man undergoing radical prostatectomy for localized prostate cancer. The postoperative course was marked by recurrent urinary retention and several urethrotomies failed to restore spontaneous voiding. A clip was finally visualized and removed by endoscopy. The patient has not experienced any further episodes of retention. This is the first published cases of clip migration responsible for anastomotic stricture after radical prostatectomy. This diagnosis must be considered in the case of repeated postoperative retention.

Mots clés:
prostate / Prostatectomie / Incontinence / sténose.
Mots-clés:
prostate / Prostatectomy / Incontinence / stenosis.
A propos d'un cas de duplication urétrale chez un adulte
Urethral duplication in an adult. A case report.
2006
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 386-389

Les duplications urétrales sont des malformations rares et leur diagnostic chez l'adulte encore plus. Les formes anatomiques sont nombreuses comme les classifications les décrivant. Cette observation rapporte un cas peu fréquent de duplication urétrale incomplète dans un plan sagittal avec un extrémité proximale borgne intra prostatique. L'intérêt d'une IRM prostatique et pelvienne est discuté dans le cadre du bilan morphologique d'une telle pathologie.

Urethral duplication is a rare congenital anomaly, essentially diagnosed during adulthood. There are many anatomical variants and many different classifications. This case report presents an uncommon form of incomplete sagittal urethral duplication with a blind intraprostatic proximal extremity. The authors discuss the value of pelvic and prostatic NMR in the work-up of this anomaly.

Mots clés:
Urètre / duplication / adulte / IRM.
Mots-clés:
Urethra / duplication / adult / MRI.
Le léiomyosarcome du cordon spermatique
Leiomyosarcoma of the spermatic cord.
2006
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 390-393

Les léiomyosarcomes du cordon spermatique sont des tumeurs rares. Nous rapportons le cas d'un patient de 65 ans qui consultait pour une augmentation douloureuse du volume de sa bourse gauche avec ulcération scrotale. Une orchidectomie gauche par voie inguinale associée à une hémiscrotectomie gauche fut réalisée et l'examen anatomo-pathologique de la pièce opératoire révéla un léiomyosarcome du cordon spermatique. L'examen tomodensitométrique thoraco-abdomino-pelvien ne retrouvait pas de métastases. Un mois après la sortie de l'hôpital, le patient revint consulter pour un retard de cicatrisation au niveau de la bourse. Une résection scrotale plus élargie fut alors réalisée associée à de la radiothérapie loco-régionale à visée adjuvante.
L'envahissement loco-régional est fréquent dans les léiomyosarcomes du cordon spermatique. En raison de ce risque élevé, le traitement passe par la chirurgie élargie et consistera en une orchidectomie par voie inguinale avec ligature haute du cordon. Les cas les plus à risque de rechute : tumeur de grande taille, récidive locale précoce, marges positives après résection chirurgicale pourront bénéficier d'une radiothérapie adjuvante.

Leiomyosarcomas of the spermatic cord are rare tumours. The authors report the case of a 65-year-old man presenting with painful mass of the left side of the scrotum with scrotal ulceration. Left transinguinal orchidectomy and left hemiscrotectomy were performed and histological examination of the operative specimen revealed leiomyosarcoma of the spermatic cord. No metastases were observed on thoracoabdominopelvic CT. One month after discharge from hospital, the patient presented with delayed healing and complementary scrotal resection and adjuvant radiotherapy were performed.
Local and regional extension is frequently observed in leiomyosarcoma of the spermatic cord, justifying radical transinguinal orchidectomy with high ligation of the cord. Cases at greatest risk of recurrence (large tumour, early local recurrence, positive surgical margins) should be identified by multidisciplinary committees and may be eligible for adjuvant radiotherapy.

Mots clés:
léiomyosarcome / cordon spermatique / radiothérapie adjuvante.
Mots-clés:
leiomyosarcoma / Spermatic cord / adjuvant radiotherapy.
Lettre à la Rédaction
2006
- Point de vue, interview
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 394-395

Réponse à l'article: " Place actuelle de la chimiothérapie dans le traitement du cancer de la prostate métastatique hormonorésistant" de Xavier BRETON, Eric LECHEVALLIER, Christian COULANGE, Prog. Urol. 2005, 15, 398-404

QCM Progrès en Urologie - Juin 2006
2006
- Enseignement, Pédagogie
- Réf : Prog Urol, 2006, 16, 3, 396-398
  • Reproductibilité du grade nucléaire de Fuhrman. Avantages d'un regroupement en deux grades (P. 281)
    Concernant le grade nucléaire de Fuhrman
    (1 réponse fausse)
  • C'est un facteur histo-pronostique pour le carcinome à cellules rénales.
  • Mots clés:
    QCM / Évaluation / questions
    Editorial - Les niveaux de preuve
    2006
    - Enseignement, Pédagogie
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 257-257

    Niveau de preuve d'un essai clinique
    1- essai contrôlé randomisé avec résultats indiscutables (méthodologie), de grande puissance (risques alpha et béta faibles), ou méta-analyse
    2- essai contrôlé randomisé de faible puissance (alpha et béta élevés), ou non randomisé bien conduit
    3- essai prospectif non contrôlé bien mené (ex : suivi de cohorte)
    4- étude cas témoin : essai contrôlé avec biais, ou essai comparatif avec série historique
    5- étude rétrospective, cas cliniques (séries de malades), toute étude fortement biaisée

    Mots clés:
    Niveaux de preuve
    Toxines botuliques : applications urologiques
    Urological applications of botulinum toxins.
    2006
    - Synthèse thématique
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 263-274

    Les toxines botuliques (TBs) sont parmi les plus puissants des poisons naturels responsables des botulismes humains et arme chimique potentielle, elle sont pourtant utilisées comme agent thérapeutique. Des injections sphinctériennes, vésicales et prostatiques ont été décrites dans des indications urologiques aussi diverses que la dyssynergie vésico-sphinctérienne et l'hyperactivité détrusorienne neurogénes, les symptômes hyperactivité vésicale idiopathique, la cystite interstitielle, les troubles mictionnels obstructifs liés à l'hypertrophie bénigne de la prostate ou aux prostatites chroniques, et les récidives de sténoses de l'urétre.
    Cette revue de la littérature présente les résultats et le niveau de preuve soutenant l'usage des TBs dans les indications urologiques.
    Les injections détrusoriennes de TB-A constituent une alternative conservatrice efficaces à court terme (6-12 mois) à l'échec des anticholinergiques pour traiter l'hyperactivité détrusorienne neurogéne (niveau 1b). Les injections sphinctériennes sont efficaces à court terme dans le traitement de la dyssynergie vésico-sphinctérienne neurogène (niveau 1c), l'efficacité observée, au cours d'études cliniques préliminaires, des injections détrusoriennes de TB-A pour symptômes d'hyperactivité vésicale idiopathique ou pour cystite interstitielle (niveau 4) et des injections prostatiques pour obstruction liée à l'HBP (niveau 1c) justifie l'intérêt majeur suscité par cette nouvelle voie thérapeutique. Cependant une confirmation par des études comparatives, portant sur un nombre suffisant de patients avec un recul prolongé est nécessaire avant d'envisager un usage clinique courant.

    Botulinum toxins (BT) are one of the most powerful poisons in nature. They are responsible for human botulism and constitute a potential chemical weapon, but can also be used as a therapeutic agent. Sphincter, bladder and prostatic injections have been described in urological indications as varied as detrusor-sphincter dyssynergia and neurogenic detrusor hyperactivity, idiopathic overactive bladder symptoms, interstitial cystitis, obstructive voiding disorders related to benign prostatic hyperplasia or chronic prostatitis, and recurrent urethral stricture. This review of the literature presents the results and level of evicence in support of the use of BT in urological indications. Detrusor injections of BT-A constitute an alternative conservative treatment that is effective in the short term (6-12 months) after failure of anticholinergic agents to treat neurogenic detrusor hyperactivity (level 1b). Sphincter injections are effective in the short-term treatment of neurogenic detrusor-sphincter dyssynergia (level 1c). The efficacy observed during preliminary clinical trials of detrusor injections of BT-A for idiopathic overactive bladder symptoms or interstitial cystitis (level 4) and prostatic injections for obstruction related to BPH (level 1c) justifies the major interest raised by this new therapeutic approach. However, these preliminary results must be confirmed by comparative studies on a sufficient number of patients with long-term follow-up before considering the use of this technique in routine clinical practice.

    Mots clés:
    Toxine botulique / Incontinence / rétention urinaire / hypertrophie bénigne de la prostate / vessie neurologique.
    Mots-clés:
    Botulinum toxin / Incontinence / Urinary retention / Benign prostatic hyperplasia / neurogenic bladder.
    Place de l'imagerie de contraste dans la détection du cancer de prostate
    Place of contrast imaging in prostate cancer detection
    2006
    - Synthèse thématique
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 275-280

    L'imagerie de contraste de la prostate repose sur l'IRM avec séquences rapide après injection dynamique de Gadolinium et l'échographie de contraste après injection de microbulles. L'IRM est réalisable en routine sur tous les appareils disponibles. L'échographie de contraste nécessite un logiciel d'échographie spécifique non encore disponible sur la totalité des équipements. Les deux techniques ont pour but d'améliorer la fiabilité de l'imagerie, en complément de la spectroscopie, pour localiser le cancer de prostate. L'IRM peut détecter un rehaussement suspect dans la zone périphérique mais surtout dans la zone de transition après une ou série de biopsies postérieures négatives pour cibler la nouvelle série de prélèvements. La sensibilité et la spécificité de la technique sont à préciser. L'objectif de l'échographie de contraste est d'améliorer la détection du cancer à l'occasion de la première série de prélèvements en multipliant les prélèvements dans les sextants ou la cinétique du contraste évoque une lésion primitive. Cependant son application ne peut encore être recommandée, car les modalités d'injection des microbulles de dernière génération (bolus ou perfusion) ont besoin d'être évaluées.

    Contrast imaging of the prostate is based on rapid-sequence MRI after dynamic Gadolinium injection and contrast ultrasound after injection of microbubbles. MRI can be performed routinely on all available machines. Contrast ultrasound requires specific software not yet available on all machines. The two techniques are designed to improve the reliability of imaging, as a complement to MR spectroscopy, to localize prostate cancer. MRI can detect suspicious enhancement in the peripheral zone, but especially in the transitional zone after one or a series of negative posterior biopsies to target a new series of biopsies. The sensitivity and specificity of the technique have yet to be determined. The objective of contrast ultrasound is to improve cancer detection on the first series of biopsies by multiplying sextant biopsies in sites where the contrast kinetics are suggestive of a primary lesion. However, this technique cannot yet be recommended in routine practice, as the modalities of injection of the latest generation of microbubbles (bolus or infusion) need to be evaluated.

    Mots clés:
    cancer de prostate / Détection / IRM / échographie / produit de contraste.
    Mots-clés:
    Prostate cancer / detection / MRI / Ultrasound / Contrast agent.
    Reproductibilité du grade nucléaire de Fuhrman - Avantages d'un regroupement en deux grades
    Reproducibility of Fuhrman nuclear grade: advantages of a two-grade system.
    2006
    - Synthèse thématique
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 281-285

    Le grade nucléaire de Fuhrman est le grade histo-pronostique de référence utilisé en routine à travers le monde pour le carcinome à cellules rénales. Les études mesurant la concordance de lecture inter-observateurs et intra-observateur du grade de Fuhrman montrent de mauvais résultats en terme de reproductibilité et de répétabilité. Ces variations sont expliquées par une certaine subjectivité du pathologiste dans l'application de la définition d'un grade tumoral, et plus particulièrement pour le grade nucléaire. Les éléments pouvant expliquer cette subjectivité dans le carcinome à cellules rénales sont précisés à partir de la littérature. Pour améliorer la fiabilité des grades nucléaires il faut préciser le territoire occupé par le grade le plus élevé et vraisemblablement regrouper les grades. A l'heure actuelle le regroupement des tumeurs de grade 1 et 2 en un bas grade et les tumeurs de grades 3 et 4 en un haut grade, semblerait permettre d'obtenir une meilleure reproductibilité tout en conservant une valeur pronostique pour la survie globale. L'arrivée des nouvelles thérapeutiques et leur utilisation en adjuvant impliquera l'utilisation de facteurs histo-pronostiques fiables pour préciser les indications.

    The Fuhrman nuclear grade is the reference histoprognostic grading system routinely used all over the world for renal cell carcinoma. Studies measuring the inter-observer and intra-observer concordance of Fuhrman grade show poor results in terms of reproducibility and repeatability. These variations are due to a certain degree of subjectivity of the pathologist in application of the definition of tumour grade, particularly nuclear grade. Elements able to account for this subjectivity in renal cell carcinoma are identified from a review of the literature. To improve the reliability of nuclear grade, the territory occupied by the highest grade must be specified and the grades should probably be combined. At the present time, regrouping of grade 1 and 2 tumours as low grade and grade 3 and 4 tumours as high grade would achieve better reproducibility, while preserving the prognostic value for overall survival. The development of new treatment modalities and their use in adjuvant situations will imply the use of reliable histoprognostic factors to specify indications.

    Mots clés:
    carcinome à cellules rénales / grade de Führman / Facteur pronostique / pathologie.
    Mots-clés:
    Renal cell carcinoma / Führman grade / Prognostic factor / pathology.
    Prise en charge des marges positives après prostatectomie totale pour cancer localisé de la prostate
    Management of positive margins after total prostatectomy for localized prostate cancer.
    2006
    - Synthèse thématique
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 286-291

    Les marges positives après prostatectomie totale sont une situation anatomo-pathologique fréquente (10 à 40%) dans la pratique quotidienne des urologues en charge du cancer de la prostate. La présence de marges positives est corrélé à la présence de tumeur résiduelle dans environ 50% des cas. La grande hétérogénéité des données de la littérature sur la signification et le pronostic des marges positives rend la conduite à tenir difficile à préciser clairement. L'objectif de cette mise au point était de faire une analyse des différents aspects de cette situation et de proposer une prise en charge pratique. L'analyse s'est basée sur les données bibliographiques recueillies par la source Medline.
    En pratique, il s'avère indispensable de mieux qualifier le concept des marges positives sur le plan anatomo-pathologique en précisant l'uni- ou la multifocalité, la longueur totale des marges et leur siège. La discussion d'un traitement adjuvant ou différé s'appuie sur ces éléments histopathologiques couplés aux autres critères pronostiques recueillis après la prostatectomie totale, le stade et le score de Gleason pathologiques, le volume tumoral et le taux de PSA post-opératoire.

    Positive margins after total prostatectomy are frequently observed (10% to 40% of cases) in the everyday practice of urologists treating prostate cancer. The presence of positive margins is correlated with the presence of residual tumour in about 50% of cases. It is difficult to clearly define optimal management in view of the marked heterogeneity of the published data concerning the significance and prognosis of positive margins. The objective of this review article was to analyse the various aspects of this situation and to propose practical management guidelines. This analysis was based on data of the literature derived from Medline. In practice, it is essential to more precisely define the concept of positive margins in histological terms by specifying the unifocal or multifocal nature, the total length of positive margins and their site. The decision to perform adjuvant or deferred therapy is based on these histopathological elements together with other prognostic criteria determined after total prostatectomy: pathological stage and Gleason score, tumour volume and postoperative PSA.

    Mots clés:
    Cancer de la prostate localisé / Prostatectomie totale / marges chirurgicales positives.
    Mots-clés:
    Localized prostate cancer / total prostatectomy / positive surgical margins.
    Kystes atypiques et risque de cancer du rein. Intérêt et "danger" de la classification de Bosniak
    Atypical cysts and risk of renal cancer: Value and danger of the Bosniak classification.
    2006
    - Article original
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 292-296

    Objectif de l'étude : L'objectif de cette étude a été d'évaluer le risque de cancers rénaux chez les patients porteurs de kystes atypiques du rein et de confronter les données radiologiques permettant d'établir une classification selon Bosniak aux données cliniques ou histologiques.
    Matériel et Méthode : Nous avons réalisé une étude rétrospective portant sur 37 patients pris en charge dans notre établissement pour un kyste atypique du rein entre janvier 1995 à avril 2003. Les critères analysés ont été: le sexe, l'âge, l'examen clinique et les circonstances de découverte, les résultats de l'imagerie, la classification de Bosniak, les modalités de traitement et les donnés du suivi. Ces critères ont été comparés dans deux populations en fonction de la présence ou non d'un cancer du rein associé.
    Résultats : Dans notre série, 6 patients présentaient un kyste de stade II. Aucun cancer n'a été mis en évidence dans ces kystes. Dix patients présentaient un kyste de stade IIF au sein desquels nous avons recensé 2 cancers soit 20%. Quatorze patients présentaient un kyste de stade III dont 4 comportaient des lésions cancéreuses (30%) et enfin 7 patients avaient un kyste de stade IV comportant 6 cancers soit 86%.
    Conclusion : La classification de Bosniak est actuellement la classification de référence dans le diagnostic d'une masse kystique du rein. Si les stades I et II (kystes peu remaniés qui ne nécessitent pas de surveillance) et les stades III et IV (kystes suspects de malignité qui nécessitent une exploration chirurgical) posent peu de problèmes diagnostics, le stade IIF (kyste remanié nécessitant une surveillance radiologique) peut être source de difficultés diagnostiques et de méconnaissance d'un cancer rénal associé.




    Objective: The objective of this study was to devaluate the risk of renal cancer in patients with atypical renal cysts and to compare radiological data used to establish the Bosniak classification with clinical or histological data.

    Material and Method: We performed a retrospective study on 37 patients managed in our establishment for atypical renal cyst between January 1995 and April 2003. The following criteria were analysed: gender, age, clinical examination and circumstances of discovery, imaging findings, Bosniak classification, treatment modalities and follow-up data. These criteria were compared in two populations according to the presence or absence of associated renal cancer.

    Results: In this series, 6 patients presented a stage II cyst. No cancer was demonstrated in this group of cysts. Ten patients presented a stage IIF cyst and 2 cancers were detected in this group (i.e. 20%). Fourteen patients presented a stage III cyst, with a cancer in 4 cases (30%) and 7 patients presented a stage IV cyst with 6 cancers (86%).

    Conclusion: The Bosniak classification is currently the reference classification for the diagnosis of cystic diseases of the kidney. Although stages I and II (cysts with minor changes not requiring surveillance) and stages III and IV (suspicious malignant cysts which require surgical exploration) raise few diagnostic problems, stage IIF (indeterminate cyst requiring radiological surveillance) may be the source of diagnostic difficulties with a risk of missing an associated renal cancer.

    Mots clés:
    Rein / Tumeur / Kyste / imagerie / cancer.Niveau de preuve : 5
    Mots-clés:
    Kidney / tumour / Cyst / imaging / cancer.
    Résultats de la néphrectomie pour cancer du rein avec avec thrombus tumoral dans la veine cave inférieure
    Oncological results of renal cancer with inferior vena cava thrombosis after nephrectomy.
    2006
    - Article original
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 297-302

    Objectif : Le but de notre étude a été d'évaluer la survie et le risque de récidive des patients opérés dans notre service d'une néphrectomie avec exérèse d'un thrombus tumoral dans la veine cave inférieure.
    Matériel et Méthodes : De juin 1991 à mars 2003, 40 patients ont eu une néphrectomie élargie avec exérèse d'un thrombus veineux tumoral s'étendant dans la veine cave inférieure. La limite supérieure du thrombus tumoral a été au-dessous des veines sus-hépatiques dans 21 cas (52,5%) et au-dessus des veines sus-hépatiques dans 19 cas (47,5%) dont 6 (15%) dans l'oreillette droite. Une circulation extra-corporelle (CEC) a été utilisée chez 12 patients (30%).
    Résultats : Avec un recul moyen de 28,5 ± 36,8 mois (0-150), 22 patients (55%) sont décédés. La survie globale à 2 et 5 ans a été de 45,2% et 38,7%, respectivement. Une récidive locale et/ou métastatique a été notée chez 28 patients (70 %) dans un délai moyen de 18 ± 22,9 mois (1-104). Les patients ayant un thrombus tumoral provenant du rein gauche ont eu plus de récidive locale que ceux provenant du rein droit (p=0,0194). La survie sans récidive à 2 et 5 ans a été de 28,3% et 8,9%, respectivement. Seul le stade pN a eu une valeur pronostique statistiquement significative sur la survie globale mais non sur la survie sans récidive. A la fin de l'étude, seulement 1 patient (2,5%) peut être considéré comme étant guéri sans progression de la maladie avec un recul suffisant (52 mois) après la néphrectomie
    Conclusion : La néphrectomie avec exérèse d'un thrombus tumoral dans la veine cave inférieure apporte un gain sur la survie à moyen terme. Dans la majorité des cas les patients ne sont pas guéris par cette chirurgie lourde. Seul le statut ganglionnaire a une valeur pronostique.

    Objective :The objective of this study was to evaluate survival and risk of recurrence in patients undergoing nephrectomy with resection of inferior vena cava tumour thrombus in our department.

    Material and Methods: From June 1991 to March 2003, 40 patients underwent radical nephrectomy with resection of inferior vena cava tumour thrombus. The upper limit of the tumour thrombus was below the hepatic veins in 21 cases (52.5%) and above the hepatic veins in 19 cases (47.5%), with thrombus in the right atrium in 6 cases (15%). Cardiopulmonary bypass (CPB) was used in 12 patients (30%)

    Results: With a mean follow-up of 28.5 ± 36.8 months (range: 0-150), 22 patients (55%) have died. The 2- and 5-year overall survival rates were 45.2% and 38.7%, respectively. Local and/or metastatic recurrence was observed in 28 patients (70%) after a mean interval of 18 ± 22.9 months (range: 1-104). Patients with tumour thrombus derived from the left kidney had a higher local recurrence rate than patients with thrombus derived from the right kidney (p = 0.0194). The 2- and 5-year recurrence-free survival rates were 28.3% and 8.9%, respectively. Only stage pN had a statistically significant prognostic value on overall survival, but not on recurrence-free survival. At the end of the study, only 1 patient (2.5%) can be considered to be cured with no disease progression with a sufficient follow-up (52 months) after nephrectomy.

    Conclusion: Nephrectomy with resection of tumour thrombus from the inferior vena cava provides a gain in terms of medium-term survival, but the majority of patients are not cured by this major surgery. Only lymph node status has a prognostic value.

    Mots clés:
    cancer du rein / thrombus / Veine cave inférieure / Survie / récidive. Niveau de preuve : 5
    Mots-clés:
    Renal cancer / thrombus / Inferior vena cava / Survival / recurrence.
    Etude cas-témoins des gènes des récepteurs des androgènes, de la vitamine-D et de la 5-alpharéductase dans une population afro-antillaise de cancer de prostate
    Case-control study of the genes of receptors of the androgens of vitamin-D and of 5-alphareductase in a population of Afro-Caribbean population with prostate cancer.
    2006
    - Article original
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 303-310

    Objectif : La prolifération des cellules prostatiques serait influencée par deux hormones d'origine stéroidienne: la testostérone et la vitamine-D. Leur action serait médiée par leur récepteur respectif. Les gènes qui codent pour ces deux récepteurs et celui codant pour la 5-alpha-réductase (enzyme impliquée dans le métabolisme de la testostérone), ont été reconnus pour être des gènes candidats à la prédisposition au cancer de la prostate. Les études épidémiologiques et de susceptibilité génétique réalisées antérieurement, ont montré des résultats controversés quant au rôle de ces gènes sur l'incidence de cancer de la prostate selon les populations. Notre objectif a été de déterminer l'association éventuelle dans cette population, entre les polymorphismes de ces gènes, le stade anatomo-clinique et le grade du cancer de la prostate.
    Méthodologie : Notre étude épidémio-génétique de type cas témoin a porté sur 253 individus vivant en Martinique. Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme et la première cause de décès par cancer en Martinique. Son incidence est de 80/100 000 habitants (taux standardisés population mondiale). Ce nombre situe la Martinique parmi les régions les plus touchées au monde avec une incidence proche des populations noires américaines. Les cas et les témoins ont été recrutés dans la population hospitalière et générale. Les polymorphismes portant sur les gènes ont concernés l'évaluation suivante :
    - Pour le récepteur aux androgènes (AR) cette étude a été réalisée grâce à des microsatellites du domaine de la répartition codon CAG.
    - Pour le gène de la vitamine-D (VDR) l'étude a porté sur les séquences poly(A) de la région 3'-UTR.
    - Pour la 5-alpharéductase-II (SRD5A2), nous avons utilisé des microsatellites de type poly(TA).
    Nous avons estimé les odds-ratio (OR) en utilisant une régression logistique avec intégration des paramètres biologiques et cliniques.
    Résultats : Pour le récepteur aux androgènes, nos résultats ont montré une association entre la présence d'un nombre de répétitions de CAG supérieur à 20 et les formes localisées ou de bas grade. Un risque en rapport avec l'allèle lourd du VDR a été observé dans les formes avancées et de bas grade (PSA-T > 20 ng/ml).
    Enfin, concernant la 5-alpha-réductase nous n'avons pas observé de polymorphisme différenciant les cas et les témoins.
    Conclusion : L'analyse de cette étude a conduit à des résultats différents de ceux observés pour d'autres populations d'origine ethnique proche. Pour les gènes du AR et du VDR, la présence d'un allèle lourd, confèrerait un risque accru de développer un cancer de la prostate et de pronostic péjoratif. Le polymorphisme du gène de la 5-alpharéductase n'a pas permis d'identifier un groupe à risque.

    Objective: The proliferation of prostate cells appears to be influenced by two steroidal hormones: testosterone and vitamin D, whose action appears to mediated by their respective receptors. The genes coding for these two receptors and the gene coding for 5-alpha-reductase (enzyme involved in testosterone metabolism) have been identified as candidate genes for prostate cancer predisposition. Previous epidemiological and genetic susceptibility studies have reported controversial results concerning the role of these genes on prostate cancer incidence in various populations. The objective of this study was to determine the possible association in this population between polymorphisms of these genes, and the clinical and pathological stage and grade of prostate cancer.

    Methodology: This case-control epidemiogenetic study was based on 253 subjects living in Martinique. Prostate cancer is the most frequent cancer in men and the leading cause of cancer death in Martinique. Its incidence is 80 per 100,000 inhabitants (world population standardized rates), which makes Martinique one of the most severely affected regions in the world with an incidence close to that of Afro-Americans. Cases and controls were recruited from the hospital and general populations. The following gene polymorphisms were evaluated:
    - the androgen receptor (AR) was studied by microsatellites of the CAG codon repeat domain;
    - the vitamin D receptor (VDR) gene was studied on poly(A) sequences of the 3'-UTR region;
    - 5a-reductase II (SRD5A2) was studied by poly(TA) microsatellites.
    The odds-ratio (OR) was estimated by logistic regression with integration of clinical and biological parameters.

    Results: Our results for the androgen receptor showed an association between the presence of more than 20 CAG repeats and localized or low-grade forms. A risk related to the heavy allele of VDR was observed in advanced and low-grade forms (PSA-T > 20 ng/ml). Lastly, no 5a-reductase polymorphism distinguishing cases from controls was observed.

    Conclusion: This study demonstrated results that differ from those observed for other populations with a similar ethnic origin. For AR and VDR genes, the presence of a heavy allele is associated with an increased risk of developing prostate cancer with a poor prognosis. No high-risk group was identified according to 5a-reductase gene polymorphism.

    Mots clés:
    Cancer / récepteurs aux androgènes / récepteurs à la vitamine D 5-alpharéductase / population antillaise.Niveau de preuve : 3
    Mots-clés:
    Cancer / androgen receptors / 5-alphareductase D vitamin receptors / Afro-Caribbean population.
    La longueur moyenne des biopsies prostatiques : un critère de qualité objectif
    Mean biopsy length: an objective criterion of the quality of prostatic biopsies.
    2006
    - Article original
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 311-315

    Objectif : Evaluer la qualité des biopsies prostatiques (BP) par l'étude de la longueur moyenne des prélèvements (Lm) et son influence sur le résultat.
    Matériels et Méthode : Etude prospective portant sur 78 BP consécutives (protocole étendu à 10 biopsies) effectuées pour un PSA > 4 et 12 ng/ml. Les comptes rendus sont standardisés et informatisés et mentionnent un critère de qualité global des BP et la Lm. Les biopsies sont classées par Lm. On étudie dans chaque groupe la présence de carcinome.
    Résultats : L'âge moyen est de 67,5 ans (50 - 80). La Lm moyenne des BP qualifiées de "bonne" qualité (46,15%) est de 11,8 mm (8,5 - 13,8) contre 6,6 mm (2,1 - 10,7) pour les autres (53,85%) (p < 0,001). 38% des BP ont une Lm < 8 mm, 23% ont une Lm 12 mm. 31,8% des BP avec Lm < 10 mm détectent un cancer contre 41,2% si Lm 10 mm (p > 0,1). La longueur cumulée moyenne des foyers carcinomateux des BP positives avec Lm < 10 mm est de 9,42 mm (1-39) contre 18,42 mm (1-60) si Lm 10 mm (p < 0,001).
    Conclusions : Un protocole standardisé ne garantit pas la qualité des BP. La Lm est un critère objectif indicatif de qualité globale des BP. Une Lm < 10 mm sous-estime la détection d'un cancer. Les BP doivent être interprétées en fonction d'un critère objectif de qualité figurant dans la conclusion du compte rendu.

    Objective: To evaluate the quality of prostatic biopsies (PB) by studying the mean biopsy length (Lm) and its impact on the result.

    Materials and Method: Prospective study on 78 consecutive PBs (extended 10 biopsy protocol) performed for PSA > 4 and ≤ 12 ng/ml. Biopsy reports were standardized and computerized and indicated a global PB quality criterion and Lm. Biopsies were classified by Lm. The presence of carcinoma was studied in each group.

    Results: The mean age was 67.5 years (50-80). The mean Lm of PB described as good quality (46.15%) was 11.8 mm (8.5-13.8) versus 6.6 mm (2.1-10.7) for the other PBs (53.85%) (p<0.001). Lm was < 8 mm for 38% of PBs and ≥ 12 mm for 23%. 31.8% of PBs with Lm < 10 mm detected a cancer versus 41.2% of PBs with Lm ≥ 10 mm (p>0.1). The mean cumulative length of carcinomatous sites of positive PBs with Lm < 10 mm was 9.42 mm (1-39) versus 18.42 min (1-60) for Lm ≥ 10 mm (p<0.001).

    Conclusions: A standardized protocol does not guarantee the quality of PB. Lm is an objective criterion indicative of the global quality of PB. An Lm < 10 mm underestimates cancer detection. PB must be interpreted according to an objective quality criterion indicated in the conclusion of the report.

    Mots clés:
    Biopsie / prostate / Cancer / diagnostic.Niveau de preuve : 5
    Mots-clés:
    biopsy / prostate / Cancer / diagnosis.
    Prise en charge thérapeutique de l'adénocarcinome de la prostate localement avancé en France. Enquête Observationnelle OCTAVE
    Management of locally advanced prostatic adenocarcinoma in France. OCTAVE Observational Survey.
    2006
    - Article original
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 316-319

    Objectif : Décrire la prise en charge des patients atteints d'un cancer de la prostate localement avancé en France ainsi que son évolution entre les années 2000 et 2003.
    Matériel et Méthodes : Enquête observationnelle auprès d'un échantillon d'urologues et de radiothérapeutes sur toute la France avec 2 volets : un volet rétrospectif (patients diagnostiqués et traités en 2000) et un volet prospectif (patients diagnostiqués en 2003 pendant la période de l'enquête). Les patients éligibles avaient un cancer de prostate localement avancé (T3, pT3 biopsique, T4, N0-N1-Nx , M0), traités en dehors d'un essai thérapeutique. Des données démographiques ont été recueillies, des éléments pronostiques et des traitements de 1ère ligne.
    Résultats : De septembre 2003 à janvier 2004, 1076 patients ont été inclus dans 188 centres. L'âge moyen était de 69,2 ans. Le pourcentage des stades les plus favorables, T3-pT3, N0-Nx, M0 était de 84,6% en 2000 et de 90,6% en 2003. Le PSA médian était de 18 ng/ml et 21% des patients avaient un score de Gleason > 7. Un envahissement ganglionnaire a été mis en évidence chez 9,4 % des patients. L'évolution de la prise en charge thérapeutique entre 2000 et 2003 est marquée par l'augmentation de l'association radiothérapie - hormonothérapie (p < 0,001) au détriment de la radiothérapie exclusive (p < 0,001) et de la prostatectomie totale exclusive ou combinée (p = 0,001). Chez 70% des patients opérés, aucun autre traitement n'était associé à la prostatectomie. Un quart des patients recevait une hormonothérapie exclusive, ce taux restant stable entre 2000 et 2003.
    Conclusion : Les données épidémiologiques de l'enquête concordent avec celles de la littérature avec une migration des stades TNM vers de plus petits stades. Sur le plan thérapeutique, on observe la diffusion de l'indication radiothérapie - hormonothérapie ainsi que la place prépondérante de l'hormonothérapie. L'indication de la prostatectomie semble bien optimisée ; elle constitue le seul acte thérapeutique chez près de 70% des patients opérés.

    Objective: To describe the management of patients with locally advanced prostate cancer in France and the changes in this management between 2000 and 2003.

    Material and Methods: Observational survey on a sample of urologists and radiotherapists throughout France, comprising 2 aspects: a retrospective aspect (patients diagnosed and treated in 2000) and a prospective aspect (patients diagnosed in 2003 during the survey period). Eligible patients presented locally advanced prostate cancer (T3, biopsy pT3, T4, N0-N1-Nx, M0), not treated in the context of a therapeutic trial. Demographic data, prognostic factors and first-line treatments were collected.

    Results: From September 2003 to January 2004, 1,076 patients with a mean age of 69.2 years were included in 188 centres. The percentage of most favourable stages, T3-pT3, N0-Nx, M0 was 84.6% in 2000 and 90.6% in 2003. The median PSA was 18 ng/ml and 21% of patients had a Gleason score > 7. Lymph node invasion was demonstrated in 9.4% of patients. Changing management practices between 2000 and 2003 were marked by an increased use of the radiotherapy/hormonal therapy combination (p<0.001) rather than exclusive radiotherapy (p<0.001) and total prostatectomy either alone or combined with another modality (p=0.001). No other treatment was associated with prostatectomy in 70% of operated patients. One quarter of patients received exclusive hormonal therapy, and this rate remained stable between 2000 and 2003.

    Conclusion: Epidemiological data of the survey are concordant with those of the literature with a migration of TNM stages towards less advanced stages. In terms of treatment, there is a growing use of the radiotherapy-hormonal therapy combination, with a predominant place of hormonal therapy. The indication for prostatectomy appears to be optimized and constitutes the only therapeutic procedure in almost 70% of operated patients.

    Mots clés:
    Cancer / prostate / recommandations / épidémiologie.Niveau de preuve : 3
    Mots-clés:
    Cancer / prostate / Recommendations / epidemiology.
    Chimiothérapie de deuxième ligne après échec d'une chimiothérapie de première ligne dans le cancer de la prostate métastatique hormono-résistant. Pour quel objectif?
    What is the objective of second-line chemotherapy after failure of first-line chemotherapy in hormone-resistant metastatic prostate?
    2006
    - Article original
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 320-323

    Exposé : La chimiothérapie occupe une part grandissante dans la prise en charge du cancer de prostate métastatique hormono-résistant. Le docétaxel a en effet permis, pour la première fois dans cette pathologie, d'augmenter la survie des patients, avec un gain médian modeste, mais certain, d'environ 2 mois. En pratique quotidienne, l'indication d'une chimiothérapie de deuxième ligne, après échec immédiat ou retardé de la première ligne, est parfois envisagée, alors que les données objectives concernant son efficacité sont très limitées. L'objectif de la présente étude a été d'évaluer rétrospectivement les résultats obtenus avec une chimiothérapie de deuxième ligne dans une cohorte de patients pris en charge au Centre Régional de Lutte contre le Cancer de Montpellier.
    Patients et Méthodes : Les caractéristiques cliniques, les traitements délivrés et le devenir de 43 patients ayant reçu deux lignes successives de chimiothérapie ont été rétrospectivement recueillis grâce à un questionnaire standardisé. Trois groupes de patients ont été individualisés en fonction des protocoles de chimiothérapie délivrés : docétaxel seul ou en association, mitoxantrone et autres protocoles ne comportant ni docétaxel ni mitoxantrone. Les réponses à la chimiothérapie ont été analysées selon trois critères : réponses objectives, réponses biologiques et réponses palliatives.
    Résultats : Au moment de la chimiothérapie de deuxième ligne, l'âge médian des patients étaient de 69 ans (extrêmes, 46 à 83). Le temps médian entre la fin de la chimiothérapie de première ligne et le début de la chimiothérapie de deuxième ligne était de 3 mois (extrêmes, 1 à 15). Les protocoles administrés ont comporté le docétaxel seul (12 patients) ou associé au cisplatine (4 patients), la mitoxantrone chez 13 patients, ou d'autres molécules cytotoxiques comme la vinblastine, la doxorubicine ou l'étoposide associé à un sel de platine (14 patients). Le nombre médian de cycles délivrés a été de 4 (extrêmes 1 à 10). Aucune réponse objective n'a été observée. Six (14%) patients ont obtenu une réponse biologique. Une réponse palliative a été observée chez 16 (37%) patients, dont 7 traités par un protocole à base de docétaxel, 6 traités par mitoxantrone et 3 par d'autres protocoles. La durée médiane des réponses palliatives a été de 3 mois (extrêmes, 1 à 6). La survie médiane a été de 8 mois (extrêmes, 1 à 24), sans qu'apparaisse de différence en fonction des protocoles délivrés.
    Conclusion : En 2006, l'objectif d'une chimiothérapie de deuxième ligne chez les patients présentant un cancer de prostate hormono-résistant apparaït purement palliatif. Il n'existe pas de protocole de référence parmi les molécules cytotoxiques actuellement disponibles. L'indication doit donc prendre en compte le rapport bénéfice/risque afin de ne pas compromettre la qualité de vie des patients. Des essais thérapeutiques sont indispensables pour développer de nouvelles molécules efficaces.

    Chemotherapy occupies an increasingly important place in the management of hormone-resistant metastatic prostate cancer. For the first time in this disease, docetaxel increases the survival of patients, with a modest, but definite median gain of about 2 months. In everyday practice, the indication for second-line chemotherapy after immediate or delayed failure of first-line chemotherapy is sometimes considered, although objective data concerning its efficacy are limited. The objective of the present study was to retrospectively evaluate the results obtained with second-line chemotherapy in a patient cohort managed at the Montpellier Regional Cancer Centre.

    Patients and Methods: Clinical characteristics, treatments delivered and outcome of 43 patients who received two successive lines of chemotherapy were retrospectively collected by means of a standardized questionnaire. Three groups of patients were defined as a function of the chemotherapy protocols delivered: docetaxel alone or in combination, mitoxantrone and other protocols not comprising either docetaxel or mitoxantrone. Responses to chemotherapy were analysed according to three criteria: objective responses, laboratory responses and palliative responses.

    Results: At the time of second-line chemotherapy, the median age of the patients was 69 years (range: 46 to 83). The median interval between the end of first-line chemotherapy and the start of second-line chemotherapy was 3 months (range: 1 to 15). The protocols administered comprised docetaxel alone (12 patients) or in combination with cisplatin (4 patients), mitoxantrone in 13 patients, or other cytotoxic molecules such as vinblastine, doxorubicin or etoposide in combination with a platinum salt (14 patients). The median number of cycles delivered was 4 (range: 1 to 10). No objective response was observed. Six (14%) patients obtained a laboratory response. A palliative response was observed in 16 (37%) patients, 7 of whom were treated with a docetaxel-based protocol, 6 were treated with mitoxantrone and 3 were treated by other protocols. The median duration of palliative response was 3 months (range: 1 to 6). The median survival was 8 months (range: 1 to 24), with no significant difference between the various protocols.

    Conclusion: In 2006, the objective of second-line chemotherapy in patients with hormone-resistant prostate cancer appears to be purely palliative. No reference protocol has been defined among currently available cytotoxic molecules. The indication must therefore take into account the benefit/risk balance to avoid compromising the patient's quality of life. Therapeutic trials are essential to develop effective new molecules.

    Mots clés:
    Cancer de la prostate / Chimiotherapie / Docétaxel / Mitoxantrone.Niveau de preuve : 5
    Mots-clés:
    Prostate cancer / Chemotherapy / Docetaxel / Mitoxantrone.
    La prostate, symbole de la vulnérabilité masculine :une enquête qualitative AFU-IPSOS
    2006
    - Article original
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 324-327

    Introduction : La prostate est le siège de trois grands types de pathologies : hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) prostatite et cancer. Ces pathologies varient en incidence selon l'âge. Huit cent mille hommes environ prennent tous les jours un traitement médical pour soigner des troubles urinaires induits par leur prostate. Les troubles urinaires induits pas la prostate sont une conséquence fréquente du vieillissement. Le cancer de la prostate représente le premier cancer de l'homme en France devant celui du poumon ; cette pathologie fait du dépistage un enjeu décisif de santé publique. Pourtant, le public masculin reste passif et fataliste, et le dépistage précoce spontané et individuel se développe lentement. Pour comprendre ces résistances et révéler des leviers d'information et d'aide à la communication, il faut explorer les enjeux psychologiques inconscients associés à la prostate ; c'est l'objet de l'étude que l'Association Française d'Urologie (A.F.U.) a demandé à Ipsos.
    Matériel et Méthode : L'A.F.U. a commandé à la société Ipsos une étude réalisée selon le protocole qualitatif Krisis. Cette étude a été réalisée en juillet 2005 à l'occasion de la première journée nationale de la prostate du 15 septembre 2005.
    Résultats : Elle révèle que la prostate est au coeur des représentations que l'homme a de sa propre virilité, de son tonus sexuel et de son énergie vitale. Se découvrir une pathologie prostatique, c'est découvrir une vulnérabilité que l'on refuse, parce qu'elle porte atteinte au principe de vie et représente une blessure narcissique profonde. Elle est amplifiée par l'association immédiate au cancer, à des traitements invasifs, à la perspective d'une mort plus ou moins rapide.
    Parallèlement, rien ne semble fait pour inciter les hommes au dépistage, les rassurer ni même les informer : pour les uns, cette pathologie serait héréditaire, pour d'autres, seuls les septuagénaires seraient concernés, ou une bonne hygiène de vie suffirait pour l'éviter. Seule la peur d'être précocement atteint, notamment parce que le père en a souffert, lève les freins liés au geste du dépistage, qui complique encore la démarche dans un contexte de féminisation des médecins généralistes.
    Conclusion : En définitive, les réactions des hommes montrent qu'ils attendent une prise en charge globale de leur capital sexuel et vital, une approche andrologique qui reste à développer.

    Mots clés:
    prostate / HBP / Prostatite / Cancer de la prostate / qualité de vie.Niveau de preuve : 3
    Lithiase urinaire dans l'Ouest algérien : étude de la composition de 1354 calculs urinaires en relation avec leur localisation anatomique, l'âge et le sexe des patients
    Urinary stones in Western Algeria: Study of the composition of 1,354 urinary stones in relation to their anatomical site and the age and gender of the patients.
    2006
    - Article original
    - Réf : Prog Urol, 2006, 16, 328-335

    Introduction : La lithiase urinaire est une pathologie qui évolue avec le niveau socio-économique et sanitaire des populations. Il existe à ce jour peu de données sur les caractéristiques de la lithiase urinaire en Algérie. Notre recrutement de calculs provenant des principaux services d'urologie des CHU de l'Ouest algérien nous offre l'opportunité de préciser le profil de la lithiase dans cette région d'Afrique du Nord et son évolution par rapports aux données antérieures.
    Matériel et Méthode : Une série de 1354 calculs provenant des services d'urologie de l'Ouest algérien a été étudiée par spectroscopie IRTF. L'analyse des résultats a porté sur la composition cristalline des calculs, la localisation anatomique, l'âge et le sexe des patients.
    Résultats et Discussion : La chirurgie classique reste le mode d'extraction le plus utilisé avec 79,7% des interventions contre 0,2% pour la lithotritie extracorporelle. Le rapport homme/femme reste pratiquement constant à 2,23. La localisation anatomique est en évolution vers le haut appareil puisque 77,4% des calculs y sont logés. La whewellite et la weddellite ont augmenté par rapport à notre première série, passant respectivement de 48,1 à 50,3 et de 13,1 à 16,7% alors que les phosphates ont régressé de 24,4 à 16,7%. La présence de struvite n'a pas diminué au cours des dernières années puisque 28,8% des calculs contiennent cette espèce cristalline. L'acide urique anhydre est en légère augmentation avec 8,8% au lieu de 6,2%. L'urate acide d'ammonium et la cystine n'ont pas évolué (1,8 et 0,7% respectivement), mais l'urate d'ammonium forme moins souvent le noyau des calculs qu'auparavant (2% contre 5,8%). L'étude concernant le noyau montre que les phosphates sont majoritaires dans 48,6% des cas contre 35,6% pour les oxalates. La carbapatite et la struvite sont plus fréquents chez la femme, respectivement 50,8% et 6,7% des cas, que chez l'homme, respectivement 44,6 et 3,7%. L'oxalate de calcium se loge préférentiellement dans le haut appareil urinaire avec 70,9% plutôt que dans la vessie (48,3%), quel que soit le sexe des patients. Le phosphate de calcium est plus abondant dans le haut appareil féminin avec 23,7% des cas contre 10,7% au niveau vésical. Il se répartit équitablement entre la vessie et le haut appareil chez l'homme (13,7 et 13,2% respectivement). L'examen de la latéralité des calculs montre une prépondérance du côté gauche dans les deux sexes.
    Conclusion : Il ressort de l'analyse des données que la lithiase urinaire dans l'Ouest algérien a tendance à évoluer dans le même sens que celle des pays industrialisés, mais les infections urinaires restent une cause fréquente de lithiase.

    Introduction: The prevalence of urinary stones runs parallel with the socioeconomic and health level of populations. Few data are currently available concerning the characteristics of urinary stones in Algeria. Based on our recruitment of stones derived from the main teaching hospital urology departments of Western Algeria, we defined the stone profile in this region of North Africa and its changes in relation to previous data.

    Material and Method: A series of 1,354 stones derived from urology departments in Western Algeria was studied by IRTF spectroscopy. Analysis of the results concerned the crystalline composition and anatomical site of the stones and the age and gender of the patients.

    Results and Discussion: Conventional surgery is the method of extraction most frequently used with 79.7% of operations contre 0.2% for extracorporeal lithotripsy. The male/female ratio has remained almost constant at 2.23. The anatomical site has changed with a predominance in the upper tract (77.4% of stones). The proportions of whewellite and weddellite have increased compared to our first series, from 48.1% to 50.3% and 13.1% to 16.7%, respectively, while phosphates decreased from 24.4% to 16.7%. The presence of struvite has not decreased over recent years, as 28.8% of stones contain this type of crystal. Anhydrous uric acid has slightly increased to 8.8% versus 6.2%. The proportions of ammonium urate and cystine have not changed (1.8% and 0.7%, respectively), but ammonium urate forms is less frequently the nucleus of stones than previously (2% versus 5.8%). The study of the nucleus showed that phosphates are predominant in 48.6% of cases versus 35.6% for oxalates. Carbapatite and struvite are more frequent in women, found in 50.8% and 6.7% of cases, respectively, than in man, found in 44.6% and 3.7% of cases, respectively. Calcium oxalate is predominantly found in the upper urinary tract (70.9%) rather than in the bladder (48.3%), regardless of gender. Calcium phosphate is more abundant in the upper tract of females with 23.7% of cases versus 10.7% in the bladder. It is equally distributed between the bladder and the upper tract in males (13.7% and 13.2%, respectively). Examination of the side affected by stones showed a predominance of the left side in both sexes.

    Conclusion: Analysis of these data shows that urinary stones in Western Algeria are tending to evolve in the same direction as in industrialized countries, but urinary tract infection remais a frequent cause of stones.

    Mots clés:
    Calculs urinaires / Spectrophotométrie / Rein / Uretère / infection. Niveau de preuve : 5
    Mots-clés:
    urinary stones / spectrophotometry / Kidney / ureter / infection.