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Sommaire :

Prise en charge des empierrements urétéraux (EU) après lithotritie extracorporelle (LEC) par urétéroscopie. Étude analytique uni- et multivariée
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 753

Objectifs : Apprécier l’efficacité de l’urétéroscopie dans le traitement des EU post-LEC pour des lithiases rénales.
Méthodes : De janvier 2008 à mars 2015, 35 EU, survenus dans les suites de 1130 LEC pour calculs rénaux [âge moyen : 46,7 ans (extrêmes : 20–74 ans), hommes : 11, EVA moyen : 4,8 (extrêmes : 3–8), longueur moyenne de l’empierrement : 45 mm (extrêmes : 30–120 mm)], ont été traités par urétéroscopie (URS) (urétéroscope semi-rigide et souple, lithotriteur à énergie balistique et LASER). L’EU était classé en 3 types selon la classification de Coptcoat. Le taux de succès thérapeutique était défini par la disparition durable de la douleur et élimination complète des fragments lithiasiques 3 mois après URS. Il était analysé en fonction des différentes caractéristiques de l’empierrement urétéral.
Résultats : Le délai moyen de survenu de l’EU était de 7 jours (extrêmes : 1–10 j). Le siège pelvien était le plus fréquent (pelvien : 76,9 %, ilio-pelvien 13,1 %). La répartition en fonction de la classification de Coptcoat a noté : type 1 (15,3 %), type 2 (76,9 %), type 3 (7,6 %). Le taux global de succès était de 57,7 %, une réponse partielle a été observée chez 9 patients (34,6 %). L’efficacité de l’URS était significativement plus élevée dans le type 1 par rapport aux types 2 et 3, (100 % vs 55 vs 0 % ; p = 0,001). Les taux de succès les plus élevés ont été observés avec les calculs de moins de 30 mm (30 mm : 92,8 %, 30–60 mm : 20 %, > 60 mm : 0 % ; p = 0,001). Les taux de succès pour les lithiases pelviennes et d’iliaques étaient de respectivement 60 % et 50 % (p = 0,9).
Conclusion : L’incidence des EU post-LEC était rare. L’efficacité de l’urétéroscopie était moyenne. Les facteurs prédictifs d’échec étaient la taille de l’EU de plus de 30 mm ainsi que les types 2 et 3.

Quels sont les facteurs prédictifs de la douleur lors du traitement des calculs rénaux par lithotritie extracorporelle ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 753-754

Objectifs : Identifier les facteurs prédictifs de la douleur au cours de la lithotripsie extracorporelle (LEC), permettant de sélectionner les patients qui nécessiteront une analgésie.
Méthodes : Étude prospective réalisée sur une période de 13 mois, auprès de 100 patients, porteurs des lithiases rénales, traitées par un lithotripteur électromagnétique (siemens ; lithoskop). Pour l’étude de la douleur subjective provoquée par la LEC aux différents temps de la séance, une échelle visuelle analogique a été utilisée aux différents temps de la séance (T0 avant la séance, T1 à 500 coups et T2 à 1500 coups, T3 fin de traitement). Une séance est considérée non douloureuse si EVA ≤ 3. Pour identifier les facteurs prédictifs, on a étudié les corrélations entre la douleur et les différentes caractéristiques des patients, des calculs rénaux et de l’onde de choc.
Résultats : L’étude analytique a montré que la douleur a été corrélée au sexe féminin, au score de l’anxiété, à la distance peau calcul, a la distance pariétale et à l’énergie de l’onde de choc. Alors que l’âge, le tour de taille, la projection du calcul sur la cote et le nombre des coups n’avaient pas d’incidence sur le niveau de douleur.
Conclusion : Notre étude a montré que même avec un lithotriteur électromagnétique de troisième génération ; la LEC est encore douloureuse menant à l’arrêt de la séance dans 29 % des cas. Quatre facteurs prédictifs majeurs de la douleur ont été identifiés pourront prévoir le recours à la sédoanalgésie dès le début de la séance.

Intérêt de la lomboscopie dans le traitement des calculs de l’uretère lombaire
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 754

Objectifs : La chirurgie ouverte reste encore indiquée pour le traitement des calculs de l’uretère volumineux et impactés pour lesquels le traitement endoscopique est fastidieux ou après échec de la lithotritie extracorporelle (LEC) ou de l’urétéroscopie. L’urétérolithotomie laparoscopique est une alternative séduisante, moins invasive que la chirurgie à ciel ouvert. Notre objectif est de démontrer l’intérêt de l’approche lomboscopique dans le traitement des calculs de l’uretère lombaire.
Méthodes : Étude rétrospective descriptive monocentrique. Quatre-vingt-dix-neuf patients ont été opérés de 100 calculs urétéraux lombaires par urétérolithotomie lomboscopique entre janvier 2006 et décembre 2014. La technique opératoire consistait en un abord conventionnel à 3 trocarts du rétropéritoine. L’urétérotomie était réalisée de haut en bas sur calcul billot L’uretère était suturé à chaque fois par des points séparés endocorporels extramuqueux au Vicryl™ 4/0. Un drain non aspiratif était mis en place par l’orifice du trocart antérieur en fin d’intervention. Tous les patients ont eu un contrôle échographique ou tomodensitométrique à distance de l’intervention.
Résultats : L’âge moyen des patients était de 45 ans [19–80 ans]. L’indication opératoire était posée devant un calcul urétéral lombaire obstructif de taille supérieure à 15 mm dans 90 % des cas. Le calcul a été complètement enlevé par voie lomboscopique dans 91 % des cas. La durée opératoire moyenne était de 116 min [35–360 min]. Une conversion chirurgicale a été nécessaire dans 9 % des cas. Un seul patient a nécessité une transfusion sanguine suite à une plaie de l’aorte. La durée moyenne de l’hospitalisation était de 3 jours [2–22 jours]. Une fistule urinaire nécessitant un drainage par une endoprothèse double J est survenue dans 12 % des cas. Le recul moyen était de 31 mois [2–95 mois]. L’imagerie de contrôle n’a décelé aucun cas de sténose urétérale secondaire.
Conclusion : L’urétérolithotomie lomboscopique est une excellente alternative technique pour le traitement des calculs volumineux de l’uretère offrant les avantages de l’abord laparoscopique. La fistule urinaire est la principale complication post-opératoire ; elle est évitée par l’acquisition d’une meilleure technique d’urétérorraphie et prévenue par un drainage peropératoire de la voie excrétrice. À distance, la sténose urétérale est la principale complication à dépister.

Laparoscopie transpéritonéale pour calculs de la voie excrétrice urinaire supérieure : 67 cas
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 754

Objectifs : Mettre en exergue la place de la laparoscopie et son intérêt comme alternative dans la prise en charge des calculs de la voie excrétrice urinaire supérieure.
Méthodes : Étude rétrospective monocentrique à propos de 67 cas de laparoscopie transpéritonéale pour cure de calculs de l’uretère et du pyélon sur une période de 9 ans (janvier 2006–décembre 2014) par trois opérateurs.
Résultats : L’âge moyen était de 40 ans ± 15,65. Le côté gauche abordé chez 39 patients (calcul urétéral : 17 ; pyélique : 22), le côté droit chez 28 patients (urétéral : 12 ; pyélique : 16). Leurs axes variaient pour les calculs urétéraux 19 × 11 mm (32 × 14–14 × 16 mm), ceux des calculs pyéliques étaient de 23 × 18 mm (34 × 22–9 × 6 mm). L’abord transpéritonéal était la voie exclusive utilisant 4 trocarts (2 de 10 mm et 2 de 5 mm). L’utilisation d’une endoprothèse type JJ faite par voie rétrograde chez 44 patients et par voie antégrade chez 23 patients. Le succès complet stone free noté chez 100 % des patients pour les calculs urétéraux. Douze patients ont nécessité un complément par lithotritie extracorporelle pour des calculs caliciels. La conversion chirurgicale était nécessaire dans 2 cas pour pyonephrose avec plaie colique et une désinsertion urétérale. La durée de séjour était 6,63 jours (3–10 j).
Conclusion : La laparoscopie transpéritonéale est une alternative pour la cure des calculs de la voie excrétrice urinaire supérieure dans les pays en voie de développement vu la taille de calculs. Ses indications sont rares à l’heure actuelle et peu documentées. Cela explique probablement le faible nombre de cas publiés.

Âge, comorbidités et cancer de la prostate : où en est-on du sur-diagnostic en Midi-Pyrénées ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 755-756

Objectifs : Observer l’influence auprès des urologues de l’âge et des comorbidités sur la sélection des patients éligibles au diagnostic de cancer de la prostate, destinée à limiter le sur-diagnostic en accord avec les recommandations de l’AFU (Fig. 1).
Méthodes : La probabilité de réalisation d’un PSA et de biopsies prostatiques a été observée en fonction des caractéristiques épidémiologiques d’une population sélectionnée rétrospectivement à partir du registre des cancers de Midi-Pyrénées sur l’année 2011. Afin d’évaluer une sélection des patients destinée à limiter le sur-diagnostic, le score de Charlson ajusté sur l’âge mesuré dans la population diagnostiquée d’un cancer de la prostate (n = 633), a été comparés à celui d’une population de référence issue d’un dépistage de masse (patients atteints d’un cancer colorectal diagnostiqué sur la même période, n = 611), population pour laquelle on émet l’hypothèse que la distribution des comorbidités est comparable à la population générale.
Résultats : L’avancée en âge et en comorbidités était significativement associée à une moindre réalisation d’un PSA (HR = 0,88 ; IC95 % {0,82–0,95} ; HR = 0,55 ; IC95 % {0,37–0,81}) et de biopsies (HR = 0,66 ; IC95 % {0,51–0,85} ; HR = 0,92 ; IC95 % {0,88–0,95}). L’âge moyen au diagnostic des cancers colorectaux était de 70,5 ans et de 69,3 ans pour les cancers de la prostate. La comparaison des deux effectifs retrouvait une plus grande fréquence des cancers prostatiques entre 60 et 79 ans et une moindre fréquence de ceux ci aux âges extrêmes (< 60 ans, > 80 ans) (p < 0,001). En analyse multivariée, indépendamment de l’âge les cancers de la prostate lors de leur diagnostic présentaient moins de comorbidités que les cancers colorectaux (p < 0,001) (Fig. 2).
Conclusion : Les praticiens réalisent significativement moins de PSA et de biopsies prostatiques lorsque l’âge et les comorbidités augmentent. Les patients diagnostiqués présentent également significativement moins de comorbidités que ceux de la population témoin. Il y a donc de nos jours dans la région Midi-Pyrénées, une limitation objective du sur-diagnostic potentiel que pourrait provoquer un dépistage individuel non réfléchi.

Exposition au chlordécone et cancer de la prostate. Interactions avec les gènes codants pour les œstrogènes
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 755

Objectifs : Étudier les interactions entre l’exposition au chlordécone, un insecticide avec des propriétés hormonales œstrogéniques, et les polymorphismes fonctionnels des gènes codants pour les œstrogènes et le risque de survenue de cancer de la prostate.
Méthodes : Étude cas-témoins, incluant 498 cas incidents de cancer de la prostate et 565 témoins. L’exposition au chlordécone a été évaluée par son dosage dans le sang. Les polymorphismes de cinq gènes, impliqués dans le métabolisme des œstrogènes, CYP17 (rs743572), CYP19 (rs60271534), COMT (rs4680), CYP1B1 (rs1056836) et UGT1A1 (*28) ont été caractérisés selon la méthode SNaPshot (pour les SNPs) ou par analyse de la taille des produits de PCR (pour les STRs). Les sujets ont été classés par quartiles d’exposition au chlordécone en fonction de la distribution chez les témoins. Les interactions ont été estimées par régression logistique, en stratifiant en fonction des allèles.
Résultats : Les sujets classés dans le 4e quartile d’exposition et porteurs d’un nombre de répétitions (TTTA)n > 7 pour CYP19 présentent un risque significativement augmenté de cancer de la prostate (odds ratio [OR] : 3,2 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95 %] : 1,5–6,9) alors que les porteurs d’un nombre de répétitions < 7 ne présentent pas de risque augmenté (OR : 1,2 ; IC95 % : 0,8–1,7).
Conclusion : L’association entre l’exposition au chlordécone et le risque de survenue de cancer de la prostate apparaît modulée par la présence du variant fonctionnel rs60271534 du gène codant pour l’aromatase. Ce variant, caractérisé par un nombre élevé de répétitions, confère à l’aromatase un pouvoir catalytique accru. Ces résultats soutiennent le rôle des œstrogènes, dans la survenue du cancer de la prostate.

Polymorphismes de gènes liés au métabolisme des œstrogènes et le risque de cancer de la prostate dans deux populations d’ascendance africaine
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 755

Objectifs : Nous avons étudié les polymorphismes fonctionnels de CYP17(rs743572), CYP19(rs60271534), CYP1B1(rs1056836), COMT(rs4680) et UGT1A1 (*28) et le risque de cancer de la prostate dans deux populations différentes d’ascendance africaine.
Méthodes : Étude cas-témoins en population générale de la Guadeloupe, incluant 498 cas incidents de cancer de la prostate et 565 témoins. À Kinshasa (République démocratique du Congo), 162 patients atteints de cancer de la prostate ont été comparés à 144 témoins. Les polymorphismes génétiques ont été déterminés par la technique de SNaPshot (pour les SNPs) et par analyse de la taille des produits de PCR (pour les STRs). La régression logistique a été utilisée pour estimer l’odds ratio (OR) et les intervalles de confiance à 95 % (IC95 %).
Résultats : Le génotype AA et l’allèle de rs4680 (COMT) semblent être inversement associée au risque de cancer de la prostate dans les modèles ajustés pour les hommes africains (OR : 0,26 [IC95 % : 0,08–0,83], p = 0,003) et Afro-caribéens (OR : 0,53 [IC95 % : 0,32–0,86], p = 0,04). Pour l’allèle A, une association inverse significative a été observée parmi les cas de bas grade scores de Gleason et le stade clinique localisée, dans les deux populations. Les longues répétitions (TA) n (n > 6) de rs8175347 (UGT1A1) étaient significativement associées aux hauts grades (OR : 1,41 [IC95 % : 1,00–2,00]) et au stade clinique avancé de cancer de la prostate (OR : 1,56 [IC95 % : 1,02–2,37]) chez les hommes afro-caribéennes.
Conclusion : Nos résultats soutiennent l’hypothèse que les polymorphismes des gènes codant pour des enzymes impliquées dans le métabolisme des œstrogènes modulent le risque de cancer de la prostate chez les populations d’origine africaine.

Les déterminants de la récidive biologique après prostatectomie radicale
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 756-757

Objectifs : Étudier les déterminants de la récidive biologique après prostatectomie radicale au sein d’une population afro-caribéenne.
Méthodes : Neuf cent soixante-quatre patients consécutifs ont été inclus entre le 1er avril 2000 et le 31 décembre 2010. La récidive biologique est définie par le dosage de 2 PSA successifs supérieurs à 0,2 ng/mL après prostatectomie radicale et avec au moins un PSA post-opératoire indosable. Les analyses statistiques ont été réalisées selon 2 modèles. Le premier modèle permet de calculer le hazard ratio en utilisant la méthodologie des imputations multiples et le second modèle utilise la méthodologie innovante dite de bootstrap.
Résultats : Le taux de récidive est de 26,7 % avec un suivi médian de 4,8 ans. En analyse univariée, le diabète de type 2 est associé de manière significative à une augmentation du risque de récidive (HR : 1,35 [1,00–1,81]). Les données préopératoires que sont : le PSA, le score de Gleason, le pourcentage de longueur de biopsies positives et le stade clinique sont associés à une augmentation du risque de récidive (Tableau 1). De même, concernant les données post-opératoires à savoir : le stade pathologique et le Gleason de la pièce histologique, la présence de marges positives, le volume tumoral et les pertes sanguines sont associés à une augmentation du risqué de récidive (Tableau 2).
Conclusion : Cette étude est l’une des plus importantes en terme de nombre de patients inclus dans une population afro-caribéenne. Elle est originale par son approche statistique innovante. Les déterminants de la récidive semblent similaires à ce que l’on retrouve dans les populations caucasiennes hormis le diabète de type 2.

Sur-traitement et sous traitement du cancer de la prostate en Midi-Pyrénées
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 756

Objectifs : Évaluer la proportion des patients sur-traités ou sous-traités pour un cancer de la prostate en Midi-Pyrénées en fonction de la survie non spécifique théorique, corrélée à leurs comorbidités ajustées sur l’âge (Fig. 1).
Méthodes : Cinq cent onze patients présentant un cancer de la prostate au stade localisé ont été inclus via le dossier communicant en cancérologie (DCC) de Midi-Pyrénées en 2011. Les patients étaient considérés en sur-traitement lorsqu’un traitement curatif était entreprit malgré une survie non spécifique théorique < 10 ans (patients < 75 ans + Charlson ≥ 2 ou > 75 ans + Charlson ≥ 1), et en sous traitement lorsqu’une surveillance était décidée pour une tumeur à risque évolutif intermédiaire ou élevé malgré une survie non spécifique théorique > 10 ans (patients < 75 ans + Charlson ≤ 1 et patients > 75 ans + Charlson 0).
Résultats : Les deux seuls paramètres intervenant comme facteurs indépendants significativement associés à la décision thérapeutique étaient l’âge et le risque évolutif chez les patients < 75 ans (p < 0,001). Le taux de sur-traitement potentiel sur l’ensemble de la population était de 12 % (79/633), avec 11 % (44/396) de patients traités de parmi les < 75 ans présentant un score de Charlson ≥ 2, et 20 % (32/155) pour les > 75 ans présentant un score de Charlson ≥ 1. Parmi les patients < 75 ans présentant un risque évolutif intermédiaire ou élevé et un score de Charlson ≤ 1, 4,3 % (17/396) ont été placés sous surveillance simple. Enfin, 19,3 % (30/155) des patients de plus de 75 ans non traités présentaient une maladie à risque intermédiaire ou élevé et aucune comorbidité, dont 16 % (25/155) parmi les 75–85 ans.
Conclusion : L’âge reste le seul élément impactant la décision de traitement curatif, entraînant chez les plus jeunes un sur-traitement non négligeable. Une meilleure prise en compte des comorbidités permettrait de réduire ce sur-traitement et de la même façon le sous traitement potentiel notamment chez les patients de plus de 75 ans en très bon état général.

Cancer de prostate en Martinique chez les sujets jeune : un cancer très agressif
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 757-758

Objectifs : Le cancer de la prostate en Martinique avec 2593 nouveaux cas recensés entre 2006 et 2010, représente la localisation des tumeurs solides la plus fréquemment diagnostiquée (62,4 %). Les cancers de la prostate chez les sujets de moins de 50 ans restent rares et mais sont plus fréquents qu’en métropole. Le but de ce travail rétrospectif est de d’évaluer les particularités des ces cancers.
Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective des cancers de la prostate prouvés histologiquement, chez les patients de 50 ans ou moins entre 2006 et 2010, à partir des bases de données des services de pathologie et du registre du cancer.
Résultats : L’étude a porté sur 130 patients de moins de 50 ans, avec un taux des PSA de 0,81 à 1800 ng/mL, présentant une lésion localisée (T1 ou T2) dans 57 % des cas, et une maladie localement avancée (T3) dans 2 % des cas. 11,8 % des patients avaient d’emblée des métastases ganglionnaires et 8,9 % des métastases viscérales. L’évaluation du risque selon d’Amico retrouvait 46 % de bas risque, 23 % de risque intermédiaire et 30 % de haut risque. Le traitement a consisté dans 49 % à une chirurgie, dans 26 % des cas à une curiethérapie et dans 24 % à une radiothérapie ± hormonothérapie. Le suivi moyen de 50 mois (3–156) chez 79 patients, a permis d’observer une récidive biologique dans 12,6 % des cas, 6 patients sont décédés dont 5 du fait de leur évolution cancéreuse.
Conclusion : Bien que les cancers de prostate chez les sujets de moins de 50 ans en Martinique correspondent dans la majorité des cas à des cancers localisés, on retrouve un nombre de cancers métastatiques (11 % de N+ et 8,9 % de M+) nettement plus élevé que les 5,5 % habituellement rapportés dans la littérature, témoignant d’une agressivité particulière (Tableau 1).

Étude de la marque H3K27me3 à l’échelle du génome : mise en place d’un profil épigénétique en fonction de l’agressivité du cancer de la prostate
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 757

Objectifs : Les modifications épigénétiques contribuent à la tumorogenèse par l’activation ou la répression des gènes. Parmi ces modifications, la triméthylation de la lysine 27 de l’histone H3 (H3K27me3) participe à l’inactivation de la transcription de gènes cibles. Le but de cette étude a été d’analyser la distribution de la marque H3K27me3 à l’échelle du génome afin d’établir un profil épigénétique en fonction de l’agressivité du cancer.
Méthodes : L’analyse de la marque H3K27me3 dans la progression du cancer de la prostate a été menée par des analyses à grande échelle par immunoprécipitation de la chromatine suivie d’une hybridation sur puce promoteur (ChIP-on-chips) qui ont été réalisée sur 34 biopsies de prostate humaines.
Résultats : La marque H3K27me3 est fortement représentée au niveau des promoteurs de 8230 gènes dans les tissus avec un score de Gleason > 7 contre 5454 avec un score de Gleason ≤ 7 et 5026 dans le groupe témoin. Une analyse par classification hiérarchique a ensuite été réalisée afin de ressortir les gènes différentiellement enrichis entre les patients. Des profils de gènes en fonction du score de Gleason ont été identifiés. De plus, des gènes tels que TMPRSS6, MGMT, IRX1, CNTNAP5 et U2AF2 sont particulièrement retrouvés enrichis en H3K27me3 dans le groupe avec un score de Gleason > 7 comparé au tissu sain.
Conclusion : La marque H3K27me3 semble permettre d’identifier des profils de gènes en fonction du score de Gleason. Il serait intéressant de préciser le rôle des gènes identifiés dans la progression du cancer de la prostate.

Association entre les variants de PDL1 et le pronostic des tumeurs de vessie non invasive du muscle : résultats issus d’une cohorte de cancers de vessie prospective multicentrique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 758-759

Objectifs : La réponse immunitaire de l’hôte impacte le développement et la progression des tumeurs. Les thérapeutiques ciblant les check point immunitaires (anti-PDL1) ont montré des résultats encourageant dans le cancer de vessie métastatique. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’association entre les variants dans le gène de PDL1 (single nucleotide polymophisms [SNPs]) et le pronostic des tumeurs de vessie non invasives du muscle (TVNIM).
Méthodes : Les données de génotypage du gène PDL1 étaient disponibles pour 822 TVNIM (538 bas risques (PUNLMP/Ta BG WHO 2004) et 284 hauts risques [Ta HG, T1 et CIS]) issues d’une cohorte prospective de cancer de vessie inclus sur la période 1997–2001 et suivis pendant plus de 10 ans. L’association des variants du gène PDL1 avec le risque de récidive et de progression a été évaluée à l’aide d’un modèle de Cox ajustés pour les variables clinico-pathologiques de l’EORTC. Les données du « cancer genome atlas » (TCGA) ont été explorées pour évaluer la couverture du gène et la fonctionnalité de ces variants.
Résultats : Deux cent soixante-huit récidives et 76 progression ont été observées au cours d’un suivi moyen de 82,7 mois (2,5–117,6 mois). La couverture du gène par les SNPs était de 55 %. rs17804441 était associé au risque de récidive (HR = 0,83, p = 0,05) et au risque de progression des TVNIM à bas risques (HR = 0,49, p = 0,05). rs1536926 était associé au risque de récidive (HR = 1,22, p = 0,01) et rs2297137 au risque de progression des TVNIM à bas risque (HR = 2,08, p = 0,04). Des 3 SNPs significatifs, rs17804441 et rs2297137 se sont avérés associés à l’expression du gène PDL1 (p = 0,04 et p = 0,0002, respectivement). Aucune association n’a été mise en évidence avec la réponse au traitement par BCG.
Conclusion : Nos résultats pointent une association entre les variants de PDL1 et le risque de récidive et de progression des TVNIM. La prise en compte des variations de PDL1 pourrait être intéressante pour l’évaluation de la réponse aux anti-PDL1. Une validation externe des résultats et une couverture plus large du gène sont indispensable.

Pratique quotidienne et suivi des recommandations pour la prise en charge des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle : résultats d’une enquête du CCAFU auprès des urologues français
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 758

Objectifs : Décrire les pratiques des urologues français en termes de diagnostic, traitement et suivi des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle (TVNIM). Évaluer la concordance des pratiques avec les recommandations des associations européenne (EAU) et française d’urologie (AFU).
Méthodes : Une étude en ligne a été conduite par l’institut de sondage IPSOS auprès de 498 urologues européens entre septembre et octobre 2013. Les urologues étaient interrogés sur l’utilisation de la stratification par risque, les pratiques de résection et l’utilisation de la lumière bleue, les options de traitement choisies et le suivi. Un intérêt particulier était porté au suivi des recommandations.
Résultats : Les urologues français ont déclaré à 96 % suivre les recommandations du CCAFU et à 38 % les recommandations de l’EAU. Faible risque : tous les urologues identifiaient correctement les tumeurs Ta, de bas grade, uniques comme à faible risque. Pour la première résection, 87 % n’utilisaient que la lumière blanche. Une IPOP d’Amétycine était pratiquée par 38 % des urologues. Les faibles risques étaient exagérément surveillées avec 70 % des urologues réalisant des cystoscopies tous les 3 mois la première année. Haut risque : Les tumeurs G3, de plus de 3 cm ou le CIS étaient systématiquement associés au haut risque. Cependant 19 % classaient les T1 comme des bas risques. La re-résection était pratiquée par 76 % des urologues dont 32 % en lumière bleue. Un traitement d’entretien par BCG 3 ans était pratiqué par 57 % des urologues.
Conclusion : Les urologues français déclaraient suivre principalement les recommandations du CCAFU. La stratification par risque et la re-résection sont entrées dans les pratiques. L’application des recommandations de traitement et de suivi étaient plus hétérogène.

Évaluation prospective de la prévalence des mutations du promoteur du gène TERT dans le cancer de la vessie
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 759

Objectifs : L’activité de la transcriptase inverse de la télomérase (TERT) est élevée chez les cellules au potentiel de division illimité. Des mutations récurrentes du promoteur de TERT ont été retrouvées sur différents néoplasies, nous nous intéressons ici à leurs implications dans le cancer de la vessie. Évaluer la prévalence des mutations du promoteur de TERT par l’analyse moléculaire d’urines de patients atteints d’un cancer de vessie.
Méthodes : Il s’agissait une étude prospective monocentrique. Les patients inclus entre 2010 et 2015 étaient hospitalisés pour une résection de vessie au cours de laquelle on réalisait un prélèvement d’urine au début du geste. Une recherche de mutation C228T et C250T promoteur du gène TERT était réalisée par PCR sur le culot cellulaire des urines. Les patients avec un autre néoplasie synchrone des voies urinaires étaient exclus. Le groupe contrôle était constitué de patients sains, de patients atteints d’une infection urinaire et de patients présentant une « vessie neurologique ».
Résultats : Quatre-vingt-quinze patients atteints d’une tumeur de vessie, 21 avec des urines saines, 35 avec des urines infectées et 46 avec une vessie neurologique ont été inclus ; 77,9 % (n = 74) des patients avec une tumeur de vessie avaient une mutation (65,6 % C228T et 12,5 % C250T). Aucun des patients sains ou avec une infection urinaire ne présentait de mutation. La comparaison des urines présentant une mutation avec les résultats anatomopathologiques des résections retrouvait 82,5 % de mutation chez les patients avec une TVNIM (52/63), 82,4 % de mutation chez les patients avec une TVIM (14/17) et 80 % de mutation chez les patients avec un CIS (4/5). La comparaison avec les cytologies urinaires révèle 66,7 % de mutation (10/15) lorsque la cytologie retrouvait du bas grade et 88,6 % (31/35) lorsque la cytologie retrouvait du haut grade.
Conclusion : L’étude permet de mettre en évidence un taux de prévalence très élevé des mutations du promoteur de TERT dans les tumeurs de vessie. Nous évaluerons dans une prochaine étude diagnostic, l’apport de la recherche des mutations du promoteur de TERT en tant que marqueur diagnostic comparé à la cytologie urinaire (Tableaux 1 et 2).

Le rapport neutrophiles/lymphocytes est un facteur prédictif indépendant de récidive et de progression dans les tumeurs de vessie non infiltrantes
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 759-760

Objectifs : Le rapport neutrophiles/lymphocytes (NLR) est un marqueur d’inflammation systémique associé à une diminution de la survie dans les tumeurs infiltrantes de vessie. Peu d’études ont évalué l’intérêt de NLR dans les tumeurs de vessie non infiltrantes (TVNIM). Notre objectif était d’évaluer la valeur pronostique de NLR concernant les survies sans récidive et sans progression dans une cohorte multicentrique internationale de patients traités pour une TVNIM.
Méthodes : Les données de 1117 patients issus de 4 centres et traités par RTUV entre 1996 et 2007 pour une TVNIM ont été recueillies. La valeur-seuil choisie était NLR ≥ 2,5. Les courbes de survies ont été analysées selon la méthode de Kaplan-Meier et comparées selon le test du Log rank. L’association entre survies et NLR a été évaluée par analyses uni- et multivariées incluant un risque compétitif (basé sur la récidive ou la progression tumorale) selon la méthode de Fine et Gray.
Résultats : Au total, 360 (32,2 %) patients avaient un NLR élevé. NLR était associé de façon significative à un stade pathologique T1 (p = 0,03) et à un tabagisme (p < 0,001). Avec un suivi médian de 64 mois (EI = 26–100), 299 (26,8 %) patients sont décédés dont 113 sans récidive et 234 sans progression tumorale. La survie sans récidive tumorale à 5 ans était de 51,8 % (IC95 % = 44,9 %–57,8 %) pour les patients avec un NLR élevé et de 56,3 % (IC95 % = 51,4 %–60,0 %) pour les patients avec un NLR normal (p = 0,018). La survie sans progression tumorale à 5 ans était de 83,5 % (IC95 % = 77,7–87,9) et de 89,3 % (IC95 % = 85,8 %–92,1 %), respectivement (p = 0,016). En analyse multivariée, NLR était associé de façon significative à la récidive (SHR = 1,28, IC95 % = 1,06–1,54, p = 0,01) et à la progression tumorale (SHR = 1,66, IC95 % = 1,11–2,46, p = 0,013).
Conclusion : Un NLR préopératoire élevé est un facteur prédictif indépendant de progression et de récidive dans les tumeurs non infiltrantes de vessie. D’autres investigations sont nécessaires afin de déterminer prospectivement son intérêt pronostique et d’évaluer l’intérêt de NLR durant le suivi (Fig. 1 et 2).

Évaluation des sous-stadifications T1a/b et T1m/e dans la prédiction du devenir oncologique des patients présentant une tumeur de vessie n’infiltrant pas le muscle
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 760

Objectifs : Le pronostic des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle est hétérogène. De nombreux facteurs prédictifs de récidive et de progression ont été proposés y compris la sous-stadification du stade pT1 (T1a/b et T1m/e). Nous avons voulu mener une étude monocentrique de validation externe de ces sous-stadifications dans une cohorte française.
Méthodes : Les lames de 174 patients atteints de tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle pT1 ont été relues par deux anatomopathologistes indépendants. Les deux sous-stadifications T1 ont été rapportées, en fonction de l’invasion de la lamina propria (T1a/T1b) et en utilisant la nouvelle classification distinguant T1micro (T1m) et T1étendu (T1e). Des analyses uni- et multivariées ont permis d’évaluer l’association entre l’une et l’autre des classifications et la survenue d’une récidive et/ou d’une progression tumorale.
Résultats : Le suivi moyen était de cinq ans. Cent onze tumeurs étaient classées T1a (64 %) et 11 tumeurs étaient classées T1m (6 %). Cinquante-huit patients (33 %) ont présenté une récidive tumorale et 26 (15 %) ont progressé vers une tumeur de vessie infiltrant le muscle. En analyse multivariée, les stades T1b et T1e étaient prédictifs de récidive tumorale et de progression (p < 0,05).
Conclusion : Cette étudie confirme que l’utilisation de ces sous-classifications est fiable pour la prédiction du devenir oncologique des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle T1.

Faut-il proposer une seconde résection systématique pour toutes les tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle vésical à risque élevé ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 761

Objectifs : Évaluer, par la pratique systématique d’une deuxième résection, le taux de tumeur résiduelle chez les patients pTa haut grade versus pT1 haut grade.
Méthodes : Entre janvier 2010 et juillet 2013, 53 patients ayant une tumeur de vessie n’infiltrant pas le muscle vésical (TVNIM) à risque élevé de récidive et de progression ont eu une re-résection systématique, selon les recommandations actuelles du CCAFU.
Résultats : Parmi les 53 patients ayant une TVNIM à risque élevé, l’examen anatomopathologique de la résection initiale a identifié : 17 lésions pTa haut grade (32,1 %) et 36 lésions pT1 haut grade (67,9 %). Il existait une différence significative entre les 2 groupes de patients (Ta haut grade versus T1 haut grade) concernant le taux de tumeur résiduelle à la seconde résection (11,8 % versus 66,7 % ; p = 0,0002). Les facteurs prédictifs de tumeur résiduelle à la seconde résection étaient le stade T1 (p = 0,0002), la multifocalité tumorale (p = 0,02) et le Cis associé (p = 0,0005).
Conclusion : Le taux élevé de tumeur résiduelle dans notre série a souligné l’intérêt d’une re-résection systématique pour les TVNIM à risque élevé. Cependant, pour les tumeurs de stade initial pTa sans Cis associé, l’intérêt de cette re-résection a semblé moindre.

Mesure de l’association entre variants inflammatoires et pronostic des tumeurs de vessie non invasives du muscle : comparaison de méthodes statistiques classiques et innovantes
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 761-762

Objectifs : L’environnement immunologique impacte le pronostic des tumeurs. Cet effet pourrait être partiellement dépendant du contexte génétique de l’hôte. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’association entre les variants génétiques dans les gènes de l’inflammation et le pronostic des tumeurs de vessie non invasives du muscle (TVNIM).
Méthodes : Les données de génotypages de 1679 variants dans 259 gênes impliquées dans le processus inflammatoire étaient disponibles pour 822 TVNIM (538 bas risques [PUNLMP/Ta BG WHO 2004] et 284 hauts risques [Ta HG, T1 et CIS]) issues d’une cohorte prospective suivie pendant plus de 10 ans. Des approches statistiques classique (modèle de Cox) et innovantes (Bayesian Lasso [BL] et Bayes A [BA], association mesurée en pourcentage) ont été appliquées pour évaluer l’association des variants avec le risque de récidive et de progression. La capacité discriminative des modèles a été évaluée avec l’index de concordance (c-index).
Résultats : Deux cent soixante-huit récidives et 76 progression ont été observées au cours d’un suivi moyen de 82,7 mois (2,5–117,6 mois). Récidive : aucune association n’a été identifiée avec le Cox. Trois variants dans les gènes TNIP1, CD5 et JAK3 ont montré une très forte association avec le risque de récidive avec les méthodes BL et BA (> 90 %). Progression : un variant dans le gène CD3G était significativement associé au risque de progression avec la méthode de Cox (HR = 2,69 ; p = 1,55 × 10−5) et deux variants dans MASP1 et AIRE étaient fortement associés en utilisant BA et BL (> 80 %). Apres validation interne, l’ajout des variants a augmenté la capacité discriminative des variables cliniques de 58,4 % à 60,5 % et de 72,1 % à 72,8 % pour le risque de récidive et de progression respectivement.
Conclusion : L’utilisation de méthodes statistiques innovantes a permis l’identification d’une association entre variants des gènes de l’inflammation et pronostic des TVNIM. Bien qu’une validation externe soit indispensable, l’ajout des variants a permis d’améliorer la capacité discriminative des modèles cliniques.

Résection bipolaire « en bloc » au plasma des tumeurs vésicales - la technologie à l’épreuve
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 761

Objectifs : Une étude pilote, expérience initiale, visait évaluation des résultats de la résection des tumeurs vésicales, en bloc, en utilisant l’électrode de vaporisation au plasma en cas de tumeurs vésicales papillaires non invasive de la musculaire (TVNIM), du point de vue de la sécurité et de l’efficacité chirurgicale, de la morbidité périopératoire ainsi que l’évaluation histologique et du résultat oncologique à court terme.
Méthodes : Cinquante-cinq patients avec TVNIM supérieures à 1 cm préalablement diagnostiqués par l’échographie abdominale, le scanner avec contraste et la cystoscopie flexible, ont été inclus dans l’essai. Les critères d’exclusion ont été : les tumeurs solides, les lésions sessiles situés dans la région du col vésical et les tumeurs impliquant l’orifice urétéral. La résection de la tumeur en bloc en utilisant la technique de la vaporisation au plasma a été appliquée dans tous les cas inscrits. La base de la tumeur a été ultérieurement biopsiée par une résection standard, suivie par l’hémostase au plasma. La première cystoscopie du suivi a été réalisée après 3 mois.
Résultats : Toutes les procédures ont été effectuées avec succès, conduisant à l’ablation visuelle complète de la tumeur. Le diamètre moyen des tumeurs était de 1,8 cm (1 à 4 cm). Aucun évènement de perforation de la paroi vésicale ou des réflexes indésirables du nerf obturateur n’a été rencontré. On n’a pas constaté d’hématurie significative postopératoire. La durée moyenne de cathétérisme a été de 1,6 jours (1 à 2,5 jours) et la durée moyenne d’hospitalisation a été de 2,1 jours (1 à 3 jours). L’examen histologique a confirmé la présence de muscle détrussor dans les échantillons de biopsie réséqués pour tous les patients inclus, ce qui a permis un diagnostic histologique complet. On a décrit une seule lésion résiduelle avec une autre localisation vésicale.
Conclusion : La résection de la tumeur en bloc utilisant, la technologie bipolaire au plasma a été confirmée par cette première étude, comme une approche endoscopique prometteuse dans les cas de tumeurs papillaires de la vessie. Le résultat oncologique à court terme confirme la fiabilité de la technique.

Implication de la voie PD1/PDL1 et de la voie CTLA4/CD80 dans les tumeurs urothéliales
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 762

Objectifs : L’immunothérapie dans le cancer de vessie semble donner des résultats prometteurs. Le but de cette étude est d’évaluer l’implication éventuelle des voies PD1/PDL1 et CTLA4 dans la réponse immunitaire au cours de la carcinogenèse urothéliale vésicale, en comparant les tumeurs non infiltrant le muscle (TVNIM) et les tumeurs infiltrantes (TVIM).
Méthodes : Les niveaux d’expression des récepteurs et ligands de la voie PD1/PDL1 (PD1, PDL1 et PDL2) et de la voie CTLA4 (CTLA4, CD28, CD80 et CD86) ont été analysés par RT-PCR quantitative en temps réel, sur une série consécutive de 174 échantillons de tumeurs de vessie (89 TVNIM et 85 TVIM) et 20 témoins (tissu vésical normal). Les prélèvements tissulaires ont été effectués par résection trans-uréthrale de vessie ou sur pièce de cystectomie, chez des patients opérés entre 2001 et 2006. Tous les patients ont signé un consentement éclairé. Les résultats de l’analyse moléculaire ont été confirmés par immuno-histochimie et couplés à une analyse de survie.
Résultats : PD1 était sur-exprimé dans 18 % des TVNIM et 58 % des TVIM. Les 2 ligands PDL1 et PDL2 étaient sur-exprimés respectivement dans 57 % et 19 % des TVIM, sans sur-expression significative dans le groupe des TVNIM. CTLA4 était sur-exprimé dans 36 % des TVNIM et 83 % des TVIM, avec une sur-expression associée du ligand CD80 (dans 46 % des TVNIM et 93 % des TVIM). Ces résultats ont été confirmés en immuno-histochimie. Il n’y avait pas de corrélation entre le niveau d’expression des gènes et le pronostic en termes de récidive/progression pour les TVNIM et en termes de survie globale et sans récidive pour les TVIM.
Conclusion : La voie CTLA4 semble être dérégulée au même titre que la voie PD1/PDL1 confirmant le rôle majeur des molécules immunorégulatrices dans la carcinogenèse vésicale et ouvrant de nouvelles perspectives thérapeutiques, notamment pour les tumeurs infiltrantes.

Tolérance de la BCG thérapie chez les patients de plus de 78 ans
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 762

Objectifs : La toxicité locale et systémique de la BCG thérapie intravésicale est la principale cause de non prescription chez le patient âgé. Nous présentons une analyse détaillée des symptômes locaux et systémiques relevés par auto-questionnaires hebdomadaires et leur impact sur le risque de toxicité de grade III et IV chez les patients de plus de 78 ans.
Méthodes : Étude de cohorte de patients consécutifs (groupe I < 78 ans, groupe II ≥ 78 ans) traités par BCG thérapie de janvier 2009 à janvier 2013. La toxicité locale et systémique était identifiée par auto-questionnaire avant la cure et après chaque instillation. Le critère de jugement principal était la survenue d’évènement indésirable grave (EIG), les critères secondaires étaient l’abandon de la cure, et la récurrence de la toxicité locale et systémique. L’analyse statistique comprenait le calcul des fréquences des toxicités locale et systémique, calcul des corrélations par les tests de Spearman et une analyse multivariée pour déterminer les risques de SAE.
Résultats : Deux cent vingt patients consécutifs ont été inclus dont 65 dans le groupe II. Le Tableau 1 résume la toxicité locale et systémique. Le taux global d’évènement indésirables grave (EIG) était 9 % (20 pts) et le taux global d’abandon de cure (AC) (induction et entretien) était de 44 % (97 pts) ; EIG et AC étaient corrélés au niveau d’EI relevé par auto-questionnaire (RR 17,8). Dans les deux groupes, la fréquence des toxicités locales et systémiques diminue avec le nombre d’instillation, et est associée à la toxicité observée lors de la cure d’induction (rho : 0,66, p < 0,001). Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes I et II pour l’ensemble des variables.
Conclusion : Cette étude rétrospective ne montre pas d’altération de la tolérance aux instillations de BCG chez les patients âgés de plus de 78 ans. L’âge ne doit pas être un facteur limitant pour l’indication du traitement par instillation de BCG qui comprend un traitement d’entretien sur au moins 12 mois.

Caractérisation des cellules souches mésenchymateuses du tissu adipeux porcin et de leurs effets sur la reprise de fonction des greffons rénaux dans un modèle préclinique porcin d’auto-transplantation mimant les conditions des donneurs décédés
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 763

Objectifs : Le phénomène d’ischémie-reperfusion (IR) est un processus central impliqué dans la dysfonction aiguë et chronique du greffon rénal. L’objectif de cette étude était de caractériser les cellules souches mésenchymateuses du tissu adipeux (TA) porcin (pASC) et leurs capacités à améliorer la reprise de fonction des greffons dans des conditions mimant la situation des donneurs décédés après arrêt cardiaque (DDAC).
Méthodes : La morphologie, la prolifération, le phénotype en cytométrie de flux et le profil métabolique en résonance magnétique nucléaire (RMN) des pASC ont été déterminés. Leur résistance à une séquence d’hypoxie-réoxygénation (HR) a été évaluée en analysant leur viabilité cellulaire et leur profil métabolique en RMN. La faisabilité, les résultats fonctionnels et histologiques d’une injection autologue de 106 pASC/kg dans l’artère rénale de 3 greffons rénaux autotransplantés (après 1 h d’ischémie chaude et 24 h de conservation à 4 °C dans la solution UW et néphrectomie controlatérale – groupe pASC-AUTO) ont été comparés à un groupe de porcs autotransplantés sans injection de pASC – groupe AUTO-T.
Résultats : La technique d’extraction cellulaire est reproductible et permet d’obtenir suffisamment de pASC ayant les caractéristiques de cellules souches mésenchymateuses. Leur profil métabolique en RMN n’était pas modifié avec les passages, caractérisant la stabilité des lignées. Leur viabilité après HR était supérieure à 70 %. L’injection de 106 pASC/kg est réalisable 15 jours après le prélèvement du TA. À j7, la créatininémie moyenne du groupe pASC-AUTO était de 298 ± 33,8 versus 997,6 ± 170,6 μmol/L pour le groupe AUTO-T (p = 0,04). La reprise de fonction était significativement améliorée et les lésions histologiques réduites dans le groupe pASC-AUTO.
Conclusion : L’injection de pASC à la reperfusion des greffons dans un modèle porcin mimant la situation des DDAC semble améliorer la reprise de fonction et limiter les lésions tubulaires liées à l’ischémie-reperfusion des greffons à j7. Ces potentialités thérapeutiques devront être confirmées par des études complémentaires à la fin du suivi de 6 animaux à 3 mois.

Impact sur les greffons de la colonisation du liquide de conservation
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 763-764

Objectifs : Alors que la colonisation fongique des liquides de conservation en transplantation et ses conséquences septiques ont plusieurs fois été décrites, la colonisation bactérienne reste peu abordée, notamment en transplantation rénale. Notre objectif était d’évaluer s’il existe un lien entre la colonisation bactérienne du liquide de conservation des greffons rénaux et l’apparition d’une pyélonéphrite dans l’année suivant la transplantation.
Méthodes : Il s’agit d’une analyse monocentrique de données recueillies prospectivement. Quatre cent vingt-quatre patients transplantés rénaux entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2013 ont été inclus notre l’étude. Deux prélèvements ont été réalisés sur chaque liquide de conservation, et envoyés en bactériologie et en mycologie pour analyse. Le suivi des patients a duré 1 an à partir de la date de leur transplantation. La pyélonéphrite du greffon a été définie par la positivité d’un examen cytobactériologique des urines en présence d’une fièvre supérieure à 38,5 °C. Les données qualitatives ont été comparées par le test de Chi2 et les données quantitatives par le test de Student.
Résultats : Deux cent huit liquides de conservation sont revenus positifs parmi les 424 envoyés pour analyse (49 %). Quarante-quatre patients ont développé une pyélonéphrite de leur greffon dans l’année suivant leur transplantation (10,1 %). Sur ces 44 patients, 21 avaient un liquide de conservation colonisé lors de leur transplantation (48,8 %) alors que 23 avaient un liquide de conservation stérile (52,2 %). Cette différence n’était pas significative (p = 0,852).
Conclusion : Il ne semble pas y avoir de lien entre la colonisation des liquides de conservation en transplantation rénale et le développement d’une pyélonéphrite dans l’année suivant la greffe.

Transplantation rénale ABO incompatible : existe t-il un risque hémorragique majoré ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 763

Objectifs : Évaluer le risque hémorragique des transplantations rénales ABO incompatibles suite à une néphrectomie sur donneur vivant (DV).
Méthodes : Une étude rétrospective portant sur les transplantations rénales non cadavériques a été menée dans un centre hospitalo-universitaire. Les complications hémorragiques et la nécessité de transfusion per- et postopératoires ont été colligées. Une analyse en fonction du caractère ABO compatible/incompatible, des complications hémorragiques fut réalisée. Les valeurs qualitatives et quantitatives étaient comparées par un test de Chi2 et un test de Student pour l’analyse univariée, ensuite une régression logistique était réalisée. Le seuil de significativité utilisé était p ≤ 0,05.
Résultats : Entre 2006 et 2014, 195 patients avaient des données per- et postopératoires exploitables et 40 (20,5 %) ont eu une transplantation ABO incompatible. L’âge moyen des patients transplantés était de 45 ± 14,3 ans. Il y avait 124 (63,5 %) hommes et 71 (36,5 %) femmes. Les complications hémorragiques ayant nécessité une reprise chirurgicale étaient significativement plus élevées dans le groupe ABO incompatible par rapport au groupe ABO compatible (10 % vs 3,2 %, p < 0,05), ainsi que le recours à la transfusion en postopératoire (72,5 vs 33,5 %, p < 0,001) (Tableau 1). Après régression logistique avec l’âge ainsi que le sexe du receveur, le nombre de transplantations antérieures et la compatibilité HLA donneur–receveur, l’incompatibilité ABO apparaissait comme un facteur indépendant associé à la nécessité de transfusion (per- et postopératoire) (OR = 6,24, IC95 % : 2,78–15,03, p < 0,001).
Conclusion : Dans notre série de 40 transplantations rénales à partir de donneurs vivants ABO incompatibles, le risque hémorragique avec nécessité de transfusion était majoré par rapport aux transplantations ABO compatibles.

Facteurs de risque d’éventration après transplantation ranale : étude rétrospective cas témoins bicentrique sur 230 patients
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 764

Objectifs : Peu de données sont présentes dans la littérature médicale concernant les facteurs de risque d’éventration chez les patients transplantés rénaux. L’objectif de cette étude était d’étudier l’incidence des éventrations et de rechercher les facteurs de risque spécifiques d’éventration chez les patients transplantés rénaux.
Méthodes : Cette étude rétrospective cas témoins bicentrique a porté sur 230 patients transplantés rénaux au sein de 2 centres hospitalo-universitaires français (Tours et Saint-Louis à Paris) de 1995 à 2014, et de 2000 à 2014 respectivement. Quarante-six patients ont développé une éventration après transplantation rénale et ont été appariés à 184 témoins, à raison de 4 témoins par cas. Le critère de jugement principal était la survenue d’une éventration après greffe rénale. L’analyse statistique a consisté à réaliser une analyse univariée selon le modèle de Cox, et une régression logistique avec analyse multivariée.
Résultats : Quarante-cinq patients (1 %) ont été opérés d’une cure d’éventration après transplantation rénale parmi les 4348 patients greffés pendant cette période. Le suivi médian était de 55,5 mois. En analyse univariée, le tabagisme, la survenue d’une lymphocèle et la fermeture pariétale en un seul plan aponévrotique lors de la greffe étaient associés de façon significative à la survenue d’une éventration après transplantation rénale. L’absence de traitement, le drainage ou la marsupialisation de la lymphocèle n’influaient pas sur le risque de survenue d’éventration. Le tabagisme ancien sevré ou actif (OR = 2,32, p = 0,0370), une lymphocèle (OR = 4,3903, p = 0,0018) et la fermeture pariétale en 1 seul plan aponévrotique (OR = 3,37, p = 0,0088) augmentaient significativement le risque d’éventration après greffe rénale en analyse multivariée.
Conclusion : Cette étude représente la plus grande série actuelle de patients éventrés après greffe rénale. Le tabagisme ancien sevré ou actif, la survenue d’une lymphocèle et la fermeture pariétale en un seul plan aponévrotique lors de la greffe étaient des facteurs de risque indépendants d’éventration dans les suites de la transplantation rénale.

Quelle valeur accorder à l’IMC dans l’évaluation de la morbidité périopératoire de la transplantation rénale ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 764-765

Objectifs : La prévalence du surpoids est en constante progression dans les pays industrialisés. L’obésité chez le receveur, entraîne pour le chirurgien transplanteur une difficulté technique subjectivement reconnue de tous et à ce titre, l’indice de masse corporelle (IMC) est un critère pris en compte pour l’inscription sur liste de transplantation. Notre objectif était d’évaluer la morbidité périopératoire en fonction de l’IMC du transplanté.
Méthodes : Nous avons analysé rétrospectivement toutes les greffes rénales réalisées entre janvier 2006 et décembre 2011 dans notre centre. Les données recueillies concernaient les caractéristiques des patients, la procédure chirurgicale, les complications périopératoires et la reprise de fonction rénale. L’IMC a été testé en analyse uni puis multivariée (régression logistique) comme variable explicative de la survenue de complications périopératoires et de retard à la reprise fonctionnelle du greffon. L’IMC a été considéré comme variable catégorielle (maigreur [IMC < 18,5], poids normal [18,5 < IMC < 25], surpoids [25 < IMC < 30] et obésité [IMC > 30]), puis continue afin de définir des seuils de risque (RCSpline).
Résultats : Six cent quatre-vingt-quatorze patients d’âge moyen 50,7 ± 13 ans ont été inclus, dont 360 (51,87 %) avaient un IMC normal, 51 (7,35 %) étaient maigres, 218 (31,41 %) en surpoids et 65 (9,37 %) obèses. Les durées opératoire et d’hospitalisation moyennes étaient respectivement de 157 minutes et de 17 jours. Deux cent dix-huit patients (32 %) ont eu un retard à la reprise de fonction rénale, 30 (4,4 %) ont présenté un hématome de paroi et 80 (12 %) une éventration. En analyse multivariée, l’obésité était significativement associée à un risque de saignement peropératoire accru de 88,34 mL (IC95 % [9,05–168]) et de complications pariétales telles qu’hématome de paroi (OR 3,35 ; IC95 % [1,02–11,03]) ou éventration (OR 4,18 ; IC95 % [1,83–9,56]). Les IMC déterminés comme seuils d’accroissement du risque de saignement peropératoire, d’hématome pariétal et d’éventration étaient respectivement de 32, 34 et 26.
Conclusion : La morbidité périopératoire de la greffe rénale est significativement influencée par l’IMC et la détermination de seuils d’accroissement des risques pourrait permettre d’argumenter l’objectif de réduction pondérale avant transplantation (Fig. 1 et 2).

Cure de reflux vésico-urétéral par réfection du trajet sous-muqueux chez le transplanté rénal : résultats à long terme chez 22 patients
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 765-766

Objectifs : Les infections urinaires fébriles compliquant un reflux vésico-urétéral (RVU) chez le greffé rénal sont une importante cause de morbidité voire de perte prématurée du greffon. Le traitement des reflux de haut grade ou en échec de traitement endoscopique repose sur une anastomose pyélo-urétérale ou réimplantation urétéro-vésicale. Nous présentons les résultats d’une alternative chirurgicale reposant sur un allongement du trajet sous-muqueux sans ouverture des voies urinaires.
Méthodes : Une étude prospective monocentrique a été réalisée d’octobre 2007 à décembre 2014. Les patients transplantés rénaux ayant un RVU symptomatique avec au moins deux infections urinaires fébriles du greffon ont été inclus. L’existence d’un RVU était confirmée par cystographie. En cas de reflux de haut grade (3 à 4) ou d’échec d’un traitement endoscopique premier, une cure de reflux par allongement du trajet sous-muqueux était réalisée reposant sur une dissection urétérale et vésicale pour allonger le trajet anti-reflux. Une cystographie rétrograde à 3 mois postopératoire était réalisée pour évaluer l’efficacité du traitement. Nous présentons les résultats à moyen et long terme.
Résultats : Vingt-deux patients ont été inclus. Le suivi médian était de 36 [8–86] mois. L’anastomose urétéro-vésicale initiale avait été réalisée selon Lich-Gregoire. Dix patients (45 %) avaient eu un échec d’injection de macroplastique pour un reflux grades 1–2 et 12 patients avaient un reflux ≥ grade 3. Une diminution significative des infections fébriles du greffon (2,75 vs 0,2 par an ; p < 0,01) a été retrouvée, ainsi que la disparition du RVU sur les cystographies postopératoires chez 17 patients (77,5 %) et la persistance d’un reflux grade 1 pour cinq patients (22,5 %). Il n’y avait pas de modification de la créatininémie en postopératoire. La durée opératoire médiane était de 120 minutes (80–200). Un patient (5,5 %) à nécessité une reprise chirurgicale pour fistule urinaire (Clavien-Dindo IIIb).
conclusion : La technique chirurgicale d’allongement du trajet sous-muqueux permet une correction du RVU haut grade et la baisse significative des infections urinaires fébriles du greffon. Nos résultats montrent que cette technique pourrait être une alternative chirurgicale intéressante avec l’avantage de l’absence d’ouverture des voies urinaires.

Les cathéters cicatriciels permettent de réduire avec efficacité les douleurs pariétales postopératoires après transplantation rénale
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 765

Objectifs : Les douleurs cicatricielles après transplantation rénale sont sources d’altération de la qualité de vie et favorisent les complications de décubitus. Nous avons évaluer dans une enquête cas témoins les conséquences cliniques de la mise en place de cathéters cicatricielles pour la prévention des douleurs pariétales postopératoire chez les transplanté rénaux.
Méthodes : Entre 2011 et 2014, 54 transplantés rénaux âgé de (53 ans ± 16) ont eu un cathéter cicatriciel de 12 cm posé en fin d’intervention après fermeture de l’aponévrose des muscles obliques. Le cathéter diffusait pendant 48 heures de la Naropeine 2 mg/mL. Nous avons évalué les douleurs pendant les 48 heures post-transplantation à l’aide d’échelle visuelles analogique (EVA), la consommation morphinique et le délai entre l’intervention et la reprise de transit. Les résultats ont été comparés à une cohorte témoins de 54 patients n’ayant pas eu de cathéter cicatriciel (50 ans ± 16).
Résultats : La douleur jugée par l’EVA j0 moyen 2,4 pour les deux, EVA j1 moyen (1,6 cathéters cicatriciels) et (2,1 sans cathéter), EVA j2 moyen (0,8 cathéters cicatriciels) et (1,2 sans cathéter), la consommation morphinique (Topalgic 18 mg/jour avec cathéters cicatriciels) et (20,5 mg/jour sans cathéter), (Acupan : 64,6 mg/jour avec cathéters cicatriciels et 81,7 mg/jour sans cathéters cicatriciels) étaient significativement plus faible chez les patients ayant eu un cacheter cicatriciel. La reprise du transit était aussi significativement plus rapide (j2 75 % avec cathéters cicatriciels et 18 % sans cathéters cicatriciels). Aucune complication pariétale ou liée à la toxicité du cathéter n’a été observée au cours de cette étude.
Conclusion : La mise en place de cathéter cicatriciel devrait être systématique après transplantation rénale, réduisant ainsi les conséquences des douleurs postopératoires.

Étude multicentrique sur les traitements conservateurs des tumeurs du greffon : vers les traitements ablatifs ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 766

Objectifs : Décrire l’expérience française des traitements conservateurs (néphrectomie partielle, radiofréquence et cryoablation) des tumeurs du greffon rénal.
Méthodes : Étude rétrospective, nationale, multicentrique basée sur les données recueillies dans 32 centres de transplantation en France. De janvier 1988 à décembre 2013, les patients traités par traitements conservateurs pour tumeur d’un greffon fonctionnel ont été inclus. Cent seize tumeurs du greffon ont été diagnostiquées.
Résultats : Quarante-huit patients ont eu un traitement par néphrectomie partielle, 11 par radiofréquence et 3 par cryoablation. Les tumeurs traitées par néphrectomie élargie étaient plus souvent symptomatiques par rapport aux autres traitements (p = 0,019). L’analyse anatomopathologique après néphrectomie partielle retrouvait 27 carcinomes papillaires, 19 carcinomes à cellules claires, 1 tumeur mixte et 2 oncocytomes sans différence significative par rapport aux traitements ablatifs. La taille moyenne tumorale était de 24,9 mm sans différence par rapport aux traitements ablatifs (p = 0,3). Neuf patients ont eu des complications postopératoires (20,9 %), quatre nécessitant une reprise chirurgicale (Clavien IIIb). Aucun des patients traités par radiothérapie ou cryoablation n’ont eu de complications. La durée moyenne de suivi était de 44,9 mois. Cinquante-neuf (95,1 %) patients avaient un greffon fonctionnel au long terme. La survie spécifique était de 100 %.
Conclusion : La néphrectomie partielle a prouvé son efficacité dans le traitement des petites tumeurs de-novo du greffon rénal avec des résultats oncologiques et fonctionnels à long terme satisfaisants. Chez des patients sélectionnés, la cryoablation et la radiofréquence peuvent être des alternatives thérapeutiques avec également de bons résultats.

Néphrectomie laparoscopique pour reins polykystiques : comparaison des voies transpéritonéales et rétropéritonéales
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 766-767

Objectifs : La néphrectomie peut être nécessaire chez les patients qui ont une polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD) (préparation à la transplantation, infection de kyste, douleurs). Plusieurs équipes ont décrit la faisabilité de la néphrectomie laparoscopique (NL) pour rein polykystique. Notre objectif était de comparer les résultats des voies transpéritonéale et rétropéritonéale chez les patients PKRAD.
Méthodes : Les données des patients PKRAD ayant eu une NL entre 2000 et 2012 dans deux services ont été analysés rétrospectivement. La voie transpéritonéale était utilisée systématiquement dans un centre tandis que la voie rétropéritonéale était préférée dans l’autre. Toutes les interventions ont été réalisées par 2 chirurgiens expérimentés qui avaient déjà chacun effectué plus de 50 interventions par voie laparoscopique avant le début de l’étude. Les complications majeures étaient définies comme des complications classées Clavien ≥ 3. Les paramètres périopératoires des groupes transpéritonéale et rétropéritonéale ont été comparées.
Résultats : Quatre-vingt deux patients ont été inclus : 43 dans le groupe transpéritonéal et 39 dans le groupe rétropéritonéal. Soixante-sept patients étaient en dialyse (81 %). Les taux de complications (25,6 % vs. 33,3 %, p = 0,44), de complications majeures (11,6 % vs. 12,8 % ; p = 0,87), de transfusion (11,6 % vs. 20,5 % ; p = 0,27) et de conversion en laparotomie (4,6 % vs. 7,7 % ; p = 0,56) étaient similaires entre les 2 groupes. En revanche, la durée opératoire était plus courte dans le groupe transpéritonéal (172 vs. 213 min ; p = 0,001) et les patients dans ce groupe avaient une durée d’hospitalisation plus courte (5,3 jours vs. 9,3 jours ; p = 0,0009). Il y avait aussi une tendance à une durée entre la chirurgie et la greffe plus courte dans ce groupe (7,6 vs. 14,7 mois ; p = 0,05).
Conclusion : La NL pour rein polykystique donne des résultats périopératoires satisfaisants qu’elle soit faite par voie transpéritonéale ou rétropéritonéale. L’abord transpéritonéal pourrait diminuer la durée opératoire et la durée d’hospitalisation (Tableau 1).

Intérêt du système Ligasure® dans la cystectomie pour cancer : une étude contrôlée non randomisée
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 767-768

Objectifs : Le système de thermocoagulation Ligasure® a été adopté par la plupart des urologues pour faciliter la réalisation de la cystectomie pour cancer. Cependant, aucune étude n’a cherché à évaluer son efficacité ou ses complications potentielles dans cette indication. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’efficacité et les complications potentielles du système Ligasure® dans la cystectomie pour cancer.
Méthodes : Les données de l’ensemble des patients traités par cystectomie pour tumeur dans un service universitaire entre janvier 1995 et janvier 2012 ont été revues rétrospectivement. Les cystectomies partielles et les patients pour lesquels l’utilisation ou non du Ligasure® n’était pas clairement stipulée dans le compte rendu opératoire ont été exclus. Testé pour la première fois en 2002, l’utilisation du Ligasure® est devenue systématique en 2006. Les caractéristiques des tumeurs, des patients et des chirurgiens, les pertes sanguines, la durée opératoire, les transfusions périopératoires, les complications postopératoires et les taux de continence et d’érection ont été comparés entre les groupes avec Ligasure® (AL) et sans Ligasure® (SL).
Résultats : Trois cent onze patients ont été inclus dont 82 % d’hommes soit 255 cystoprostatectomies et 56 pelvectomies antérieures. Le Ligasure a été utilisé chez 95 patients (30,5 %). Les chirurgiens du groupe Ligasure® étaient moins expérimentés (< 10 procédures : AL = 29,5 % vs SL = 17 % ; p = 0,04) et le taux de N+ était plus important dans le groupe AL (28,4 % vs 16,6 % ; p = 0,04). L’utilisation du Ligasure® était associée à une durée opératoire plus courte (264 vs 318 min ; p < 0,0001), des pertes sanguines (704 vs 1032 mL ; p = 0,009) et un taux de transfusions plus faibles (34 % vs 49 % ; p = 0,03). Le taux de continence urinaire complète était similaire entre les 2 groupes (28,2 % vs 24,7 % ; p = 0,56) mais le taux d’impuissance était plus important dans le groupe Ligasure® (100 % vs 82 % ; p = 0,03).
Conclusion : Ce travail est le premier à mettre en évidence le bénéfice du Ligasure® dans la cystectomie pour cancer : diminution de la durée opératoire, des pertes sanguines et des transfusions (Tableau 1).

L’intervalle entre le diagnostic et la cystectomie totale n’a pas d’impact sur le devenir oncologique des patients traités par chimiothérapie néoadjuvante
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 767

Objectifs : La chimiothérapie néoadjuvante n’a pas été adoptée par la communauté uro-oncologique. Une des raisons de cette pratique est dû au délai augmenté entre le diagnostic et la chirurgie. Nous avons cherché à déterminer si l’ancien délai de 12 semaines entre le diagnostic et la cystectomie totale (de l’ère pré-chimiothérapie néoadjuvante) reste un prédicteur des résultats oncologiques dans l’ère de la chimiothérapie néoadjuvante.
Méthodes : Nous avons revu rétrospectivement les dossiers de 971 patients atteints tumeurs de vessie cT2-4aN0-3M0 qui ont reçu au moins 3 cycles de chimiothérapie néoadjuvante et ont bénéficié d’une cystectomie totale à 19 établissements entre 2000 et 2013. La survie globale a été comparée en utilisant différents intervalles entre diagnostic et cystectomie (12, 16, 20 et 24 semaines) en utilisant le test du log-rank. Un modèle de régression de Cox multivarié ajustant pour les facteurs cliniques et anatomopathologiques standards a évalué l’association de cet intervalle et la mortalité globale.
Résultats : Le délai moyen entre RTUV et cystectomie était de 23 semaines (EIQ : 19–29). Cinq cent soixante-trois patients (58 %) ont reçu au moins 4 cycles de chimiothérapie néoadjuvante, avec gemcitabine-cisplatine étant la combinaison la plus fréquente (55 %). Le stade pathologique était pT0 chez 223 patients (22,9 %). Avec un suivi moyen de 15 mois (EIQ : 6–34), 337 patients (34,7 %) sont décédés. En stratifiant la cohorte par l’intervalle de temps entre diagnostic et cystectomie, aucune différence n’a été mise en évidence en termes de survie globale en utilisant les seuils de 12, 16 et 20 semaines. Un intervalle supérieur à 24 semaines a été associée à un risque plus élevé de mortalité globale (p = 0,01). Cependant, en analyse multivariée, l’intervalle supérieur à 24 semaines n’était pas associé à la mortalité globale (p = 0,13).
Conclusion : Un intervalle de plus de 12 semaines entre le diagnostic et la cystectomie totale a été associé à la mortalité globale dans l’ère pré-chimiothérapie néoadjuvante. Cet intervalle ne semble pas influer sur les résultats oncologiques des patients traités par chimiothérapie néoadjuvante. Ainsi, cette étude est en faveur de la chimiothérapie néoadjuvante dans les tumeurs de vessie cT2-4aN0-3M0.

Cystectomie radicale ouverte versus cystectomie radicale robot-assistée avec dérivation urinaire intra-corporéale : une étude de cohorte appareillée par coefficient de propension
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 768

Objectifs : La cystectomie robot-assistée avec dérivation urinaire intra-corporéale (icCRRA) est une nouvelle approche mini invasive dans le traitement du cancer de la vessie. Notre objectif était de comparer les résultats à cours terme de cette nouvelle approche à l’approche standard par voie ouverte (CRO).
Méthodes : Entre janvier 2011 et juillet 2104, 133 patients qui ont eu une CRO ont été comparés à 70 patients consécutifs qui ont eu une icCRRA dans une même institution. Les patients ont eu tous un curage ganglionnaire associé à la cystectomie. Les patients ont été appareillés par coefficient de propension ajusté sur les caractéristiques démographique et de la maladie au diagnostic (Logiciel R). Après appareillement, 70 patients comparables ont été affectés à chaque groupe. Les paramètres chirurgicaux (durée opératoires, pertes sanguines,) et les résultats postopératoires à court terme (durée d’hospitalisation, réalimentation, les taux de complications à 90 jours, le taux de ré-hospitalisation et de réintervention).
Résultats : Après appareillement, l’âge moyen (63 ± 13 vs. 64 ± 12 ans ; p = 0,90), les scores ASA (p = 0,38) et de Charlson (0,47) étaient similaires dans les deux groupes. Les indications de la cystectomie étaient des TVNIM dans 53 % vs. 57 % et des TVIM 47 % vs. 43 % respectivement dans les groupes ORC et icCRRA. De même 23 % vs. 25 % (p = 0,69) des patients avaient reçu une chimiothérapie néoadjuvante. Le type dérivation urinaire était des urétérostomies trans-iléales (Bricker) dans 82 % vs. 75 % respectivement dans les groupes ORC et icCRRA. Les comparaisons des paramètres opératoires et les résultats postopératoires sont résumés dans le Tableau 1.
Conclusion : Cette étude est la première cohorte monocentrique qui a comparé la cystectomie voie ouverte et la voie intra-corporéale robot-assistée dans le traitement du cancer de la vessie par coefficient de propension. Elle a montré certains bénéfices per- et postopératoire sans majorer les complications au détriment d’une durée opératoire plus prolongée.

Résultats oncologiques et périopératoires de la cystoprostatectomie robot-assistée pour cancer : résultats préliminaires d’une étude prospective monocentrique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 768-769

Objectifs : La cystectomie radicale robotique fait actuellement l’objet de controverses en terme de bénéfices périopératoires en comparaison à la chirurgie ouverte, et du risque de carcinose péritonéale. L’objectif était donc de rapporter les résultats périopératoires et oncologiques de la RARC dans une série monocentrique prospective.
Méthodes : Entre mars 2012 et mars 2015, 32 patients opérés d’une RARC pour une TVIM ont été inclus prospectivement. Les données pré-, per- et postopératoires ont été recueillies. La survie a été évaluée à la date du dernier suivi. Les résultats sont exprimés en moyenne pour les variables quantitatives continues, en médiane pour les variables quantitatives discontinues et en proportion pour les variables qualitatives. Les survies sans récidive, spécifique et globale ont été estimées selon la méthode de Kaplan-Meier.
Résultats : L’âge moyen était de 66,5 ans ; 84,6 % des patients ont eu une chimiothérapie néoadjuvante. La durée d’intervention était en moyenne de 323 minutes (± 95,8). Les pertes sanguines moyennes étaient de 658,6 mL (± 297,6). Le nombre de ganglions prélevés par curage était en moyenne de 15,7 (± 10,3). Toutes les RARC réalisées l’ont été en marges saines. La durée moyenne d’hospitalisation était de 12,3 jours (± 9,3). Le taux de complications postopératoires était de 44 %, toute gravité confondue. Le suivi moyen était de 10,8 mois (± 8). Les survies globale, spécifique et sans récidive étaient respectivement de 75,6 %, 82,2 % et 79,2 % à 1 an, 48,6 %, 70,4 % et 46,8 % à 2 ans. Un cas isolé de carcinose péritonéale a été relaté, dans un contexte de progression multimétastatique.
Conclusion : Dans cette série monocentrique, la RARC était associée à des résultats péri-opératoires et oncologiques comparables à la chirurgie ouverte. Des résultats à long terme sont nécessaires pour confirmer ces données (Fig. 1 et 2, Tableau 1).

Cystectomie laparoscopique pour cancer de vessie : résultats oncologiques à 72 mois
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 769-770

Objectifs : Évaluer les résultats oncologiques de la cystectomie laparoscopique transpéritonéale pour cancer de vessie à 72 mois.
Méthodes : Étude unicentrique prospective réalisée de mars 2003 à avril 2014 sur une série consécutive de 54 cystectomies laparoscopiques associées à un curage ilio-obturateur pour tumeur de vessie. Les données préopératoires (âge, score ASA, IMC), les résultats anatomopathologiques, les données opératoires (durée, type de dérivation urinaire) et postopératoires étaient collectées de façon prospective. Le suivi oncologique du patient (date d’apparition des métastases), le statut vivant/décédé (cause et date), les taux de survies globale, spécifique, non spécifique et la survie sans récidive ont été représenté par des courbes de Kaplan-Meier.
Résultats : Les caractéristiques de la population sont rapportées dans le Tableau 1. L’indication de la cystectomie cœlioscopique était une TVIM dans 79,6 % (n = X43) et une TVNIM résistant aux traitements conservateurs dans 20,4 % (n = 11). Le suivi médian était de 70,5 mois (1–129,7). Au terme du suivi, 19 patients (35,2 %) étaient vivants et ne présentaient pas de récidive tumorale. Trente et un patients (57,4 %) étaient décédés : 19 (61,3 %) d’une évolution métastatique et 12 (38,7 %) décès non spécifiques. Aucun des patients métastatiques de notre étude n’a évolué vers la carcinose péritonéale. Les taux de survie spécifique et globale à 7 ans étaient de 61,6 % et 49,3 %. Les médianes de survie globale et spécifique étaient 82,9 et 101,3 mois (Fig. 1). La médiane de survie sans récidive tumorale était de 69,5 mois.
Conclusion : La cystectomie par voie laparoscopique est une technique mini-invasive permettant un bon contrôle carcinologique, offrant une alternative efficace au traitement chirurgical de référence qui reste la cystectomie par laparotomie. Contrairement aux données récentes de la littérature, la cœlioscopie n’était pas dans notre étude un facteur de risque de carcinose péritonéale.

Optimisation de la transcription des résultats de la cystectomie totale : vers la définition d’un Trifecta et d’un Pentafecta
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 770

Objectifs : La cystectomie totale est le traitement de référence des tumeurs de vessie infiltrant le muscle. Elle est associée à des résultats fonctionnels et oncologiques hétérogènes. Le but de cette étude était de générer un score Trifecta et un score Pentafecta d’optimisation de la transcription de ces résultats.
Méthodes : Nous avons interrogé 50 experts internationaux pour examiner un groupe virtuel de patients (âge ≤ 75 ans, score ASA ≤ 3) subissant une cystectomie pour une tumeur urothéliale cT2 et dont l’anatomopathologie finale est ≤ pT3pN0M0 et définir les critères de succès chirurgical. Un classement a été généré pour les trois et cinq critères avec le plus grand nombre de citations. Par la suite, ces critères ont été appliqués sur une série de patients issus d’une banque de données multi-institutionnelle.
Résultats : Les critères avec le plus grand nombre de citations étaient la présence de marges chirurgicales négatives, le nombre de ganglions examinés (au moins 16 ganglions), l’absence de complications de grades 3–5 dans les 90 jours selon Clavien-Dindo, l’intervalle entre diagnostic et cystectomie < 3 mois et l’absence de récidive locale/pelvienne ≤ 12 mois. Les trois premiers critères forment ainsi le score Trifecta, et tous les cinq critères forment le score Pentafecta. Sur 334 patients inclus, les scores Trifecta et Pentafecta étaient de 35,3 et 29 %, respectivement.
Conclusion : Les scores Trifecta et Pentafecta incorporent des critères essentiels des résultats fonctionnels et oncologiques après cystectomie totale pour une tumeur de vessie infiltrant le muscle. Ils pourraient être utiles à l’optimisation de la transcription des résultats après cystectomie totale.

Valeur pronostique de la présence d’emboles vasculaires tumoraux sur la pièce de cystectomie totale
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 770-771

Objectifs : La présence d’emboles vasculaires (EV) sur les copeaux de résection des tumeurs de vessie est un facteur de mauvais pronostique établi. Cette étude compare la survie sans récidive des patients après cystectomies sans chimiothérapie adjuvante pour des tumeurs urothéliales de stade pT ≤ 3a N0 M0 en fonction de la présence ou non d’EV sur la pièce de cystectomie.
Méthodes : Étude rétrospective de 328 cas de cystectomies sans chimiothérapie adjuvante réalisées entre 6/2001 et 3/2014, dont le stade pathologique était pT ≤ 3a N0 M0, chez 276 hommes (84 %) et 52 femmes (16 %), âgés de 67,8 ± 10,2 ans. Indication de cytstectomie posée devant une TVIM ou une TVNIM réfractaire aux traitements conservateurs dans 257 (78 %) et 71 (22 %) cas, respectivement. Suivi médian de 60,7 (de 1,5 à 164,8) mois.
Résultats : Des EV ont été observés chez 59 patients (18 %). Les patients avec EV+ avait plus fréquemment une indication de cystectomie pour une TVIM (91 % vs 76 %, p = 0,008) et des tumeurs de stade plus avancée (Tableau 1). La fréquence des récidives n’a pas été significativement supérieure chez les patients avec EV+ et la survie sans récidive était comparable (Fig. 1). En analyse multivariée, la présence d’EV n’était pas associé au risque de récidive, contrairement au stade (HR = 2,29 [1,20–4,61], p = 0,008) et à l’indication de cystectomie (HR = 1,50 [1,07–2,04], p = 0,033).
Conclusion : La présence d’EV sur la pièce de cystectomie n’est associée à une survie sans récidive significativement inférieure. De plus, la présence d’EV est corrélée au stade et n’est ainsi pas un facteur de risque indépendant récidive après cystectomie totale.

Étude prospective multicentrique comparant la qualité de vie des patients dérivés par urétérostomie cutanée trans-iléale ou par entérocystoplastie (néovessie) après cystectomie pour tumeur de vessie
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 771

Objectifs : Le but de cette étude prospective multicentrique était d’évaluer la qualité de vie des patients ayant eu une dérivation soit par néovessie (néoV) soit par urétérostomie cutanée trans-iléale de type Bricker (Br).
Méthodes : Après consentement éclairé, les patients prévus pour avoir une cystectomie pour tumeur vésicale ont été inclus dans 8 centres entre 05/2012 et 11/2013. L’évaluation faite en préop puis à M6 et à M12 comprenait l’auto-questionnaire validé BCI (domaines urinaire 9 items ; digestif 6 ; sexuel 6 ; image corporelle 10/bien-être physique-social-affectif-fonctionnel 40 questions/mode de vie : 8 questions) et une échelle visuelle analogique (EVA).
Résultats : En préopératoire : 71 patients/106 ont renvoyé un questionnaire (Tableau 1). BCI : limitation des activités physiques plus marquée dans le groupe Br. À M6 : questionnaire renvoyé par 58 patients (Br = 30 ; néoV = 18). Différences significatives en faveur du groupe : – Br pour les items correspondant au contrôle urinaire ; – néoV pour l’image corporelle, l’absence de douleur urinaire (stomie) et de constipation. À M12 : questionnaire renvoyé par 34 patients (Br = 19 ; néoV = 15). Avantages maintenus concernant le contrôle urinaire en faveur du Br et l’image corporelle en faveur de la néoV. Fréquence supérieure de selles liquides dans le groupe néoV. Tous les patients rapportent une vie sexuelle médiocre. Pas de différence significative entre les groupes pour la durée d’hospitalisation/fréquence des complications/scores EVA/10 de satisfaction de la dérivation (Tableau 2).
Conclusion : Même si une partie des résultats reflète la différence d’âge entre les groupes, il ressort un avantage pour la néoV en ce qui concerne l’image corporelle et un avantage pour le Br en ce qui concerne le contrôle urinaire. Un niveau élevé de satisfaction est rapporté par les patients quel que soit le type de dérivation.

Évaluation de la fonction rénale après cystectomie totale et dérivation urinaire : quelle formule choisir entre Cockroft-Gault, MDRD et CKD-EPI ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 771-772

Objectifs : Évaluer la précision de calcul du débit de filtration glomérulaire (DFG) par les formules Cockroft-Gault, modification of diet in renal disease (MDRD) et chronic kidney disease epidemiologic collaboration (CKD-EPI) chez les patients traités par cystectomie totale et dérivation urinaire pour un cancer de la vessie localisé.
Méthodes : Analyse prospective de la fonction rénale avant cystectomie totale et à 6 mois postopératoire par les équations Cockroft-Gault, MDRD, CKD-EPI comparée à la valeur réelle du DFG mesurée par la clairance urinaire à l’(51) Cr-EDTA.
Résultats : Vingt-six patients ont été inclus. Leur âge médian était de 69 ans (54 ; 87). Le stade pathologique était de 9 pT0/pTis/pT1 (35 %), 5 pT2 (19 %), 12 pT3/pT4 (46 %) ; 6 patients (23 %) avaient un envahissement métastatique ganglionnaire. Dix-sept patients (65 %) ont eu une dérivation par entérocystoplastie et 9 patients (35 %) une dérivation par Bricker. Quinze patients (58 %) étaient traités par chimiothérapie périopératoire. À 6 mois, on observait une stabilité ou une augmentation du DFG chez 14 patients (54 %). En revanche, il existait une diminution du DFG chez 12 patients (46 %). Le coefficient de corrélation entre les valeurs calculées et la valeur réelle mesurée du DFG était de 0,92 (IC95 % 0,84–0,97), 0,83 (IC95 % 0,66–0,92) et 0,76 (IC95 % 0,53–0,89) respectivement selon les formules CKD-EPI, MDRD et Cockroft-Gault.
Conclusion : La formule CKD-EPI permet de monitorer de manière plus précise la fonction rénale après cystectomie totale et dérivation urinaire par entérocystoplastie ou Bricker. Cette formule permet un dépistage plus précoce d’une altération de la fonction rénale et devrait remplacer à terme l’évaluation de la fonction rénale par MDRD (Tableau 1).

Fracture de la verge : pourquoi ne pas opérer tard ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 772

Objectifs : La fracture des corps caverneux est une urgence urologique rare due à un faux mouvement de la verge en érection. L’objectif de ce travail est d’étudier l’impact du délai de consultation sur les résultats du traitement chirurgical.
Méthodes : Entre janvier 2000 et janvier 2014, 46 patients ont été opérés pour une fracture de la verge dans notre centre. Les patients ont été subdivisés en deux groupes selon le délai de présentation au service des urgences : un délai ≤ 24 heures (groupe 1, n = 35) ou > 24 heures (groupe 2, n = 11). Les résultats et les complications à long terme ont été évalués et comparés entre les deux groupes : la fonction érectile évaluée par l’index international de la fonction érectile (IIFE), l’incurvation de la verge et la présence de douleur au cours du rapport sexuel.
Résultats : L’âge moyen des patients a été de 42 ans (17–72 ans). Le délai de présentation au service des urgences a été de 12 heures en moyenne (1–24 heures) dans le groupe 1 et de 46,5 heures (32 heures–5 jours) dans le groupe 2. Le mécanisme de la fracture a été un faux pas du coït dans 38 cas et une auto-manipulation de la verge dans 8 cas. Les patients ont été opérés immédiatement après leur consultation dans les deux groupes. La durée moyenne de suivi a été de 72 et 74 mois dans les groupes 1 et 2, respectivement. Des complications ont été notées dans 9 cas (19,5 %), toutes du côté du groupe 2 : 4 cas d’incurvation de la verge et 5 cas de douleur au moment des pénétrations.
Conclusion : La fracture de la verge est une urgence urologique qui doit être opérée dans les plus brefs délais durant les premières 24 heures afin de prévenir les complications.

Fracture des corps caverneux : présentations cliniques, apports radiologiques et résultats postopératoire sur 10 ans d’activité
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 772

Objectifs : La fracture des corps caverneux est une pathologie rare survenant par courbure forcéelors d’un coït le plus souvent. Dans cette étude rétrospective sur 10 ans, nous nous intéressons aux éléments cliniques, à l’apport des examens d’imagerie ainsi qu’aux complications postopératoires de la fracture des corps caverneux.
Méthodes : Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique de 2005 à 2015. Les patients inclus présentaient une fracture des corps caverneux confirmée lors de l’exploration chirurgicale. Une imagerie par échographie ou IRM étaient réalisé en cas de doute diagnostique en fonction de la disponibilité. Un traitement chirurgical par incision coronale associé à un dégantage, recherche de lésions urétrale et suture du trait de fracture était réalisé. Les patients présentant une fracture de la veine dorsale ou un hématome sans fracture des corps caverneux étaient exclus.
Résultats : Vingt-cinq patients consécutifs étaient inclus. En moyenne, l’âge était de 41,1 ans (22–69), la durée d’hospitalisation de 2,4 jours (1–4) et le délai de prise en charge de 1,8 jours (3 h–7 jours). Un craquement était audible chez 69 % des patients, 60 % décrivaient une détumescence immédiate et 12,5 % une urétroragie. Une échographie était réalisée chez 37,5 % des patients permettant la localisation de la fracture dans 33 %, un patient a eu une IRM localisant le trait de fracture. Une atteinte bilatérale a été recensée dans 12,5 % et une atteinte urétrale dans 6 %. La plaie du corps caverneux était en moyenne de 1,6 cm (0,5–3 cm). Une reprise chirurgicale précoce a été nécessaire pour une urétrorragie. Environ 90 % des patients décrivaient des érections permettant des relations sexuelles satisfaisantes et 2 patients ont développé une courbure légère.
Conclusion : La réparation chirurgicale par incision coronale dans les délais les plus brefs permet l’absence de répercussion sur l’activité sexuelle dans la très grande majorité des cas et un résultat esthétique satisfaisant. L’échographie est utile pour repérer le trait de fracture et orienter le diagnostic en cas de doute.

Contusion sur rein pathologique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 773-774

Objectifs : La contusion sur rein pathologique est une entité particulière du traumatisme rénal et représente 5 à 17 % des contusions du rein. Les lésions congénitales ou acquises modifient le tableau clinique, l’image radiologique et la prise en charge. Cette situation est souvent source de problèmes médico-légaux. Notre objectif est d’étudier les différents aspects épidémiologiques, cliniques, radiologiques, thérapeutiques et évolutifs de cette entité.
Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective de 23 observations colligées sur une période de 16 ans allant de janvier 1992 à juillet 2014. Tous les cas ont été explorés par une échographie rénale et un uroscanner. Tous les cas ont été classés selon la classification de Châtelain.
Résultats : L’âge moyen était de 29 ans et le sex-ratio de 3,6. Les causes du traumatisme les plus fréquentes étaient les accidents domestiques et les actes de violence. Les uropathies sous-jacentes les plus fréquentes étaient par ordre de fréquence : les AJPU (34,78 %), la lithiase rénale (30,34 %), l’ectopie rénale associée à une AJPU (17,39 %), et le reste un cas isolé de tumeur rénale, de rein transplanté, de rein kystique, de méga-uretère et d’anévrisme rénal. Douze cas ont été classés type I (52,17 %), 9 type II (39,13 %) et 2 type III (8,69 %). L’abstention chirurgicale était préconisée dans 10 cas, une néphrectomie a été réalisée en urgence pour un état de choc hémorragique, 6 néphrectomie ont été réalisées à froid, la cure de l’uropathie a été réalisée à distance de 3 mois.
Conclusion : Le rein pathologique est plus sensible au traumatisme. L’uroscanner est la clé du diagnostic. Les contusions sont souvent bénignes contrastant avec le taux de néphrectomie (25 à 45 %) et qui est dû dans la plupart des cas à uropathie sous-jacentes (Fig. 1 et 2).

Dysfonction érectile après traitement chirurgical de la fracture de la verge
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 773

Objectifs : La rupture de l’albuginée des corps caverneux est une urgence urologique rare qui reste toutefois assez fréquente dans les pays du Maghreb. Peu d’études se sont intéressées à la qualité de la fonction sexuelle après traitement chirurgical de la fracture de la verge. Notre objectif était d’évaluer la fonction érectile chez des patients opérés pour une fracture de la verge.
Méthodes : Étude transversale monocentrique. Nous avons colligé 165 cas de fracture de la verge opérés entre janvier 2000 et décembre 2014. Nous avons relevé le mécanisme de la fracture, le délai de consultation, les données de l’examen clinique, le délai du traitement chirurgical, la technique chirurgicale et les suites postopératoires. Afin d’évaluer la fonction érectile après traitement chirurgical, nous avons réalisé une enquête téléphonique en utilisant 2 questionnaires validés : l’International Index of Erection Function (IIEF-5) et l’Erection Hardness Grading Scale (EHGS). Les patients étaient également interrogés sur l’existence de douleur à l’érection et sur l’existence d’une courbure de la verge.
Résultats : L’âge moyen des patients était de 41 ans [19–68]. Un facteur de risque de dysfonction érectile indépendant de la fracture de la verge était retrouvé chez 78 patients (47,2 % des cas). Nous avons pu contacter 112 patients (67 %), 102 (61,8 %) ont accepté de répondre aux questionnaires. La fonction érectile était normale chez 79,4 % des patients (IIEF-5 > 20). La dysfonction érectile était légère dans 15,6 % des cas, modérée dans 3,9 % des cas et sévère dans 0,9 % des cas. Concernant le score EHGS, 50,9 % des patients avaient un score de 4 points, 45 % avaient un score de 3 points, 2,9 % un score de 2 points et 0,9 % un score de 1 point. Une érection douloureuse était rapportée par 19,6 % des patients. Une courbure de la verge était rapportée par 28,4 % des patients.
Conclusion : Avec plus de 19 % de dysfonction érectile, d’érection douloureuse et de courbure de la verge, la fonction sexuelle est certes compromise. L’incrimination de la fracture elle-même ou du traitement chirurgical reste à clarifier.

Quel mode de réalignement de l’urètre faut-il préconiser dans le traitement des ruptures post-traumatiques de l’urètre ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 773

Objectifs : Les ruptures post-traumatiques de l’urètre postérieur sont graves par leurs conséquences néfastes surtout quand ils touchent des sujets jeunes et actifs. Le réalignement endoscopique est actuellement de plus en plus utilisé. L’objectif est de comparer les résultats du réalignement endoscopique et ceux de l’urètrorraphie termino-terminale sur le plan mictionnel et sexuel.
Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective concernant 45 patients traités pour une rupture post-traumatique de l’urètre. Le succès de la technique est défini par la reprise d’une miction après chirurgie, et l’absence de recours à l’urètrorraphie temino-terminale en cas de réalignement endoscopique. Les résultats fonctionnels concernant la qualité de la miction ont été évalués moyennant la débimétrie, la recherche d’une incontinence urinaire et le calcul du score IIEF5. Une miction satisfaisante est définie par un débit urinaire maximal supérieur à 15 mL/s.
Résultats : Un réalignement endoscopique a été pratiqué chez 22 patients. Nous rapportons 3 échecs de cette technique nécessitant une urètrorraphie termino-terminale (une immédiate et deux en urgence différée). Une miction satisfaisante a été rapportée chez 15 patients (68,18 %). Le recours à l’urètrotomie interne après réalignement a été rapporté chez 5 patients (22,72 %). Aucun patient n’a rapporté une incontinence urinaire. Le score IIEF5 moyen était de 22. L’urètrorraphie termino-terminale a été pratiquée chez 23 patients. Un patient a présenté un lâchage anastomotique occasionnant un choc septique et le décès. Une miction satisfaisante était notée chez 16 patients (69,56 %). Un patient a présenté une incontinence urinaire traitée. Le recours à l’urétrotomie interne après chirurgie a été rapporté chez 4 patients. Le score IIEF5 moyen était de 18.
Conclusion : Les résultats sur le plan mictionnel sont comparables pour les 2 techniques, sans survenue d’incontinence urinaire. Le risque de dysfonction érectile est moindre en cas de traitement endoscopique. Cette technique n’a pas coupé les ponts avec une urètrorraphie termino-terminale. Nous concluons que le réalignement endoscopique peut être indiqué en première intention, pourvu que certaines conditions soient satisfaites.

Traumatismes rénaux de haut grade : qui opérer ? Facteurs prédictifs de chirurgie et résultats fonctionnels à long terme après traitement conservateur : étude prospective monocentrique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 774

Objectifs : Introduction : la prise en charge des traumatismes rénaux de haut gade à évolué cette dernière décennie en faveur d’une approche non chirurgicale. Pourtant, certaines situations nécessitent toujours un recours à la chirurgie. L’objectif est ici d’évaluer les facteurs prédictifs de chirurgie ainsi que les résultats fonctionnels à long terme après traitement conservateur dans un trauma center de niveau 1.
Méthodes : De janvier 2004 à mars 2015, nous avons collecté de manière prospective et unicentrique les données cliniques et paracliniques des patients admis pour traumatisme rénal de haut grade. Les patients ne nécessitant pas d’exploration chirurgicale pour cause rénale étaient considérés comme ayant bénéficié d’un traitement non chirurgical. Il en était de même en cas d’embolisation ou de traitement endoscopique. Les caractéristiques des traumatismes, la gestion initiale des patients, les facteurs amenant à la chirurgie ont été analysés. La fonction rénale à long terme était évaluée par scintigraphie rénale au dimercapto-succinic acid (DMSA) 6 mois après le traumatisme, chez les patients ayant bénéficié d’un traitement conservateur.
Résultats : Parmi les 306 patients présentant un traumatisme rénal, 151 avaient un haut grade. Un traitement non chirurgical a été possible pour 110/124 (88,7 %) grades IV et 14/27 (51,9 %) grades V. Un mécanisme de décélération (p = 0,03), les lésions associées (p = 0,001), le pourcentage de dévascularisation parenchymateuse (p = 0,012), la nécessité d’une embolisation (p < 0,001), l’instabilité hémodynamique (p < 0,001) et un faible taux d’hémoglobine (p = 0,001) étaient significativement plus fréquent chez les patients chirurgicaux. En analyse multivariée, le grade (OR 7,36, p = 0,01) et l’instabilité hémodynamique (OR 4,18, p = 0,04) étaient les seuls facteurs prédictifs d’un recours à la chirurgie. Le suivi à long terme retrouvait une fonction rénale relative résiduelle de 40 % pour les grades IV et 0 % pour les grades V. Seule une dévascularisation > 25 % du rein traumatisé était prédictif de la fonction rénale au long cours.
Conclusion : Un traitement non chirurgical peut et doit être envisagé pour tous les patients présentant un traumatisme rénal de grade IV, avec une fonction résiduelle importante des reins conservés. Cette approche devrait aussi être initiée en cas de traumatisme de grade V, bien que la néphrectomie, en cas d’évolution défavorable, garde une place pour ces reins à la valeur résiduelle nulle (Tableaux 1 et 2).

Concentrations plasmatiques et intra-prostatiques d’ertapénème après administration préopératoire : expérience prospective monocentrique – étude ERTAPRO
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 775

Objectifs : L’incidence des infections urinaires à germes producteurs de bêtalactamase à spectre étendu (BLSE) est en augmentation. Elles sont associées à une hospitalisation prolongée pour les patients (Pts) nécessitant des interventions chirurgicales urologiques. L’objectif de cette étude était de démontrer qu’une diffusion intra-prostatique significative d’ertapénème était obtenue après une seule administration intraveineuse (IV) avant chirurgie prostatique.
Méthodes : Vingt Pts avec indication de chirurgie pour hyperplasie bénigne de prostate étaient inclus prospectivement et divisés en 2 groupes ; 19 Pts étaient analysés. Les Pts recevaient une dose d’1 gramme IV d’ertapénème 1 heure (n = 10, groupe A) ou 12 heures (n = 9, groupe B) avant prélèvements sanguins et prostatiques (copeaux de résection) (Fig. 1). Les concentrations plasmatiques et intra-prostatiques d’ertapénème étaient mesurées par chromatographie en phase liquide couplée à la spectrométrie de masse tandem (LC-MS/MS). Les concentrations intra-prostatiques étaient considérées comme satisfaisantes si elles étaient supérieures aux concentrations minimales inhibitrices90 (CMI90) des pathogènes cibles urinaires. Un test de Wilcoxon et un modèle prédictif pharmacocinétique étaient utilisés.
Résultats : Les concentrations plasmatiques médianes d’ertapénème étaient de 144,3 mg/L (IC95 % ; 126,5–157,9) dans le groupe A et de 30,7 mg/L (IC95 % ; 22,9–36,4) dans le groupe B (p < 0,001). Les concentrations intra-prostatiques médianes étaient de 16,6 mg/L (IC95 % ; 13,3–31,4) dans le groupe A et de 4,2 mg/L (IC95 % ; 3,1–4,9) dans le groupe B (p < 0,001), supérieures à la CMI90 des pathogènes cibles dont les bactéries productrices de BLSE, la CMI90 de l’ertapénème étant comprise entre 0,03 mg/L (contre P. vulgaris) et 1 mg/L (contre Enterobacter spp) (Fig. 2). Le rapport concentration plasmatique sur concentration intra-prostatique n’était pas significativement différent entre les groupes (p = 0,97), en faveur d’une diffusion intra-prostatique similaire indépendamment de l’intervalle de temps entre administration et chirurgie. Les analyses pharmacocinétiques retrouvaient une demi-vie de 4,8 h pour l’ertapénème comparable à la littérature.
Conclusion : Une seule dose d’ertapénème administrée en préopératoire 1 heure avant l’intervention en IV permet d’obtenir des concentrations plasmatiques et intra-prostatiques satisfaisantes. Ces résultats suggèrent qu’il pourrait s’agit d’une stratégie prophylactique intéressante pour les Pts porteurs de BLSE nécessitant des interventions sur les voies urinaires. Ces résultats nécessitent d’être confirmés dans de futurs essais prospectifs.

Étude prospective randomisée sur l’intérêt du sondage vésical en système clos au bloc opératoire : résultats préliminaires
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 775-776

Objectifs : Il n’existe à ce jour aucune étude randomisée comparant l’intérêt de la pose de sonde vésicale en système clos lors du cathétérisme vésical au bloc opératoire. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact du sondage vésical en système clos au bloc opératoire sur le taux de bactériurie postopératoire et de survenue de signes cliniques d’infection urinaire comparativement au sondage en système ouvert.
Méthodes : Tous les malades dont l’intervention nécessitait la mise en place d’une sonde vésicale en début d’intervention ont été inclus de manière prospective monocentrique à partir d’avril 2014. Les participants à l’étude devaient avoir un ECBU préopératoire stérile et étaient repartis dans 2 groupes de manière randomisée à l’inclusion. Les patients opérés d’une cystectomie, d’une prostatectomie ou d’une adénomectomie étaient exclus. Des ECBU étaient réalisés lors de la mise en place de la sonde, puis à j1, j3, j7 et lors de l’ablation de la sonde. Le critère de jugement principal était le taux de bactériurie postopératoire défini comme significatif si > 105/mL.
Résultats : Sur 128 patients inclus, 52 étaient exclus pour données manquantes ou pour une déconnexion accidentelle du système clos. L’âge moyen des 43 hommes et 33 femmes était de 61,5 ans. Les malades étaient comparables dans les 2 groupes (40 malades dans le groupe non-clos et 36 pour le groupe clos). La durée moyenne de sondage, la durée opératoire moyenne et la durée moyenne de séjour étaient respectivement dans les groupes non-clos et clos de 2,1 contre 2 jours ; de 149 contre 168 minutes et de 4,5 contre 4,1 jours. Dans le groupe non-clos, 13 patients (32,5 %) avaient des antécédents d’infection urinaire contre 9 (25 %) dans le groupe clos. Quatre patients (10 %) avaient une bactériurie significative en postopératoire dans le groupe non-clos contre 5 (13,9 %) dans le groupe clos (p = 0,728).
Conclusion : La pose de sonde vésicale au bloc opératoire en système dit « clos » ne semble pas réduire le taux de bactériurie postopératoire ainsi que le taux d’infection urinaire symptomatique versus le sondage en système dit « ouvert ».

Controverse sur l’antibioprophylaxie lors des néphrectomies
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 776-777

Objectifs : L’actualisation 2010 de la conférence de consensus de la SFAR a établi que l’antibioprophylaxie (ATBP) n’était plus indiquée lors de la néphrectomie. Cette étude a pour but d’analyser les répercussions pratiques de ce changement d’attitude.
Méthodes : Étude rétrospective des dossiers des patients sans (année 2010) et avec (année 2013) ATBP (Céfazoline 2 g), qui ont subi une néphrectomie quelle que soit l’indication. Il a été effectué une analyse des infections du site opératoire (définition INCISO 2015). Pour chaque patient, la durée opératoire, le score ASA et la classe de contamination d’Altemeier ont été relevés afin de calculer le score National Nosocomial Infection Surveillance (NNIS). Ont également été étudiés : âge, HTA, diabète, tabac, immunodépression, IMC, durées d’hospitalisation opératoires.
Résultats : Au total, 135 pts et 148 pts ont subi une néphrectomie (élargie ou partielle) respectivement en 2010 et 2013. Le taux d’ISO pour 2010 était 2,4 % versus 9,5 % pour 2013 (p < 0,022). Pas de différence significative pour les critères suivant : HTA, ASA, tabac, immunodépression, IMC, âge, classe Altemeier et durées d’hospitalisation. A l’opposé, le diabète (p = 0,035), la durée d’intervention (p < 0,001), le NNIS (p = 0,017) sont significativement différents.
Conclusion : Depuis l’arrêt de l’ATBP, il a été noté une hausse significative du taux d’ISO, néanmoins, concomitamment, il a été constaté une augmentation de la durée d’intervention probablement due à l’introduction des techniques mini-invasives (néphrectomie partielle au robot). Ce travail doit donc être poursuivi afin d’identifier et classer par ordre d’importance tous les facteurs intervenant sur le taux d’ISO. Cela permettra probablement de confirmer l’intérêt de l’ATBP. Cette donnée sera à verser au dossier pour la SFAR.

Écologie et profils de résistance des infections bactériennes sur sondes urinaires chez le patient hospitalisé
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 776

Objectifs : Déterminer l’écologie et les profils de résistances aux antibiotiques des germes responsables d’infections urinaires fébriles chez les patients hospitalisés et porteurs de sonde vésicale. Proposer une antibiothérapie optimale de première intention.
Méthodes : Étude rétrospective (janvier–novembre 2014) réalisée chez des patients hospitalisés entre dans un service de chirurgie et ayant bénéficiés d’un ECBU avec antibiogramme pour suspicion d’infection urinaire fébrile sur sonde vésicale.
Résultats : Cent quatre-vingt-cinq patients ont été identifiés, parmi lesquels 179 ont pu être analysés. L’âge moyen était de 73,4 ans [16–99], 71 femmes et 108 hommes. Les espèces bactériennes les plus fréquentes étaient Escherichia coli, Enterococcus faecalis, Pseudomonas aeruginosa et Klebsiella pneumoniae (les autres germes étant présents dans moins de 5 % des cas). Les profils de résistances étaient synthétisés dans le Tableau 1.
Conclusion : L’infection fébrile sur sonde vésicale, en milieu chirurgical, est le plus souvent liée à l’E. coli et à l’E. faecalis. L’utilisation des fluoroquinolones en première intention doit être proscrite du fait des résistances. L’utilisation des C3G pourrait être limitée dans l’avenir par l’augmentation des souches BLSE (proche de 5 %).

Enquête de prévalence sur le sondage urinaire dans un centre hospitalo-universitaire
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 776

Objectifs : L’infection urinaire est la première cause d’infection nosocomiale et le sondage urinaire en est le principal facteur de risque. Nous avons évalué au sein de notre institution les pratiques liées au sondage urinaire (SU).
Méthodes : Une enquête de prévalence du SU, répartie sur une semaine, a été effectuée en septembre 2014 dans l’ensemble des services adultes de notre institution. Nous avons étudié les indications de SU, la durée de SU, et la présence de bactériurie sur sonde. Un test de Chi2 a été utilisé pour comparer les variables quantitatives et un test de Student pour les variables qualitatives. Nous avons audité 1046 patients, parmi lesquels 127 (12,1 %) étaient sondés. L’âge moyen des patients était de 72 ans [18–101].
Résultats : La prévalence du SU était plus importante en réanimation médicale (91 %), réanimation chirurgicale (88 %), urologie (55 %), gériatrie (18 %) et soins de suite (18 %). La durée moyenne de sondage était de 7,79 jours et était plus courte en chirurgie qu’en médecine (3,67 vs 9,63 jours ; p < 0,001). La SU était présente depuis plus de 4 jours dans 60 % des cas. La rétention aiguë d’urine était l’indication la plus fréquente (44 %) et concernait significativement plus de patients de médecine que de chirurgie (67 % vs 24 %). Les autres motifs étaient le périopératoire (20 %), la quantification de diurèse (13,7 %) et l’immobilisation stricte (8 %). Les indications non reconnues ou poses pour confort du personnel représentaient 2 % des patients. Parmi les patients sondés, 10 % présentaient une infection urinaire, majoritairement en médecine (30 % vs 8 %).
Conclusion : La prévalence de notre centre est près d’une fois et demie supérieur à la prévalence nationale (8,1 %), même s’il reste en-dessous de la moyenne européenne (17,2 %). La maîtrise du risque d’infection passe par le respect des indications de pose et la réduction des durées de sondage. Le respect des ces règles est impératif pour diminuer les infections nosocomiales d’origine urinaire.

Résistance aux fluoroquinolones en urologie : prévalence, évolution et alternatives thérapeutiques à propos des principaux germes uropathogènes retrouvés entre 2004 et 2014
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 777-778

Objectifs : Introduction : les fluoroquinolones occupent une place privilégiée parmi les molécules prescrites dans le traitement des infections du tractus urinaire. L’augmentation de résistance à cette famille d’antibiotique parmi les différentes souches bactériennes soulève la problématique de son utilisation large en urologie. But : décrire l’évolution du profil de résistance aux fluoroquinolones au sein du service d’urologie pour les germes les plus fréquents en milieu hospitalier.
Méthodes : Nous avons mené une étude rétrospective sur 11 ans de janvier 2004 à décembre 2014 au service d’urologie dans un centre hospitalier universitaire, nous avons exploité le profil de résistance des principaux germes retrouvés aux fluoroquinolones à partir des prélèvements urinaires positifs.
Résultats : Sur 1141 échantillons analysés, l’étude du comportement des germes aux fluoroquinolones avait objectivé une nette augmentation de la résistance aux différentes molécules notamment la ciprofloxacine ; ainsi la résistance de l’Escherichia coli est passé de 28 % à 83 %, pour Staphylococcus aureus 25 % à 50 %, pour Klebsiella pneumoniae de 11 % à 58 %, pour Pseudomonas aeruginosa de 39 % à 40 % et l’Enterobacter cloacae de 20 % à 25 % (Fig. 1) 66 % de la résistance à la ciprofloxacine est due à des germes nosocomiaux. La même évolution s’applique pour l’ofloxacine, ainsi la résistance d’E. coli à celle-ci est passée de 39 % à 80 % et de 25 % à 40 % pour K. pneumoniae entre 2004 et 2014.
Conclusion : L’évidente augmentation de résistance aux fluoroquinolones nous expose à une limitation des choix d’antibiotiques. La relation entre l’augmentation de la consommation de ces molécules et l’augmentation de la résistance n’est plus à démontrer. Quelles autres alternatives nous reste-il ?

Une antibioprohylaxie diminue le risque d’infection du site opératoire après prostatectomie radicale
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 777

Objectifs : Peu d’études ont évalué l’intérêt d’une antibioprophylaxie (AP) lors d’une prostatectomie radicale (PR) et les recommandations françaises et européennes divergent. Notre objectif était d’évaluer les facteurs prédictifs d’infections du site opératoire (ISS) et l’impact d’une AP dans une large cohorte de patients traités par PR.
Méthodes : Dans cette étude rétrospective monocentrique, les données de 295 patients traitées consécutivement par PR dans un centre universitaire entre janvier 2010 et décembre 2013 ont été collectées. Les complications postopératoires ont été classées selon Clavien et les ISS selon la classification du « Centers for Diseases Control ». Les groupes de patients sans et avec AP ont été comparés avec les tests de Chi2 et de Student. Une analyse uni- puis multivariée a été réalisée afin d’identifier les facteurs prédictifs d’ISS.
Résultats : L’âge médian était de 62 ans (45–76). Les durées opératoires moyennes et les pertes sanguines moyennes étaient respectivement de 200 min (115–480) et de 500 mL (100–1800). Quarante patients (13,8 %) ont été traités par laparoscopie et 248 (85,8 %) par voie robotique. Cent sept (36,1 %) patients ont reçu une AP. Cinquante-trois patients (18 %) ont présenté une ISS correspondant à une infection superficielle (n = 28) ou une infection d’organe/du site opératoire (n = 27). Dans le groupe des patients ayant reçu une AP, il était observé une diminution significative d’ISS (11,3 % vs 21,8 %, p = 0,025). En analyse multivariée, une AP (p = 0,015, HR = 0,4) et la survenue d’autres complications chirurgicales (p = 0,045, HR = 2,8) étaient des facteurs prédictifs indépendants d’ISS.
Conclusion : Une antibioprophylaxie diminue significativement le nombre d’ISS après prostatectomie radicale. Ces résultats sont donc en faveur d’une adaptation des recommandations françaises sur l’utilisation d’une antibioprophylaxie lors d’une prostatectomie radicale.

Comparaison de l’effet ex vivo des différents lasers sur les tissus : étude appliquée à l’énucléation et à la vaporisation prostatique au laser
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 778

Objectifs : Différents lasers sont utilisés pour l’énucléation et la vaporisation prostatique endoscopique. L’objectif était de comparer objectivement l’effet ex vivo des différents lasers disponibles sur les tissus.
Méthodes : Une évaluation in vitro des lasers de 3 constructeurs (Holmium:YAG Versapulse de Lumenis, Thulium:YAG Revolix de Lisa et KTP-Neodymium:YAG Greenlight de AMS) a été conduite. Les gestes techniques de coagulation, section et vaporisation ont été pratiqué sur des tissus musculaires cadavériques à l’état frais en immersion dans du sérum physiologique avec chacun des lasers avec différents paramètres de puissance. Pour chaque geste pratiqué, la profondeur de coagulation, la profondeur sectionnée ou vaporisée (en mm) et l’aspect ont été évalués. Les mesures de profondeur réalisées ont été comparées à puissance d’usage maximale entre chaque laser à l’aide du test de Kruskal-Wallis.
Résultats : Au total 45 gestes ont été réalisés in vitro avec les 3 lasers. La coagulation aux laser KTP (80 W) et Holmium (60 W) était plus profonde que celle au laser Thulium (30 W), en moyenne 6 mm et 4 mm vs 1 mm (p = 0,04) sans provoquer plus d’effet de vaporisation. La section aux lasers Thulium (30 W) et Holmium (120 W) était plus nette qu’avec le laser KTP (180 W) qui provoquait une tranchée de vaporisation sans réelle section. La profondeur vaporisée au laser KTP (180 W) était supérieure à celles des laser Holmium (120 W) et Thulium (70 W), en moyenne 5 mm vs 2 mm et 2 mm (p = 0,03). La profondeur coagulée au cours de la vaporisation au laser KTP (180 W) était supérieure à celles des laser Holmium (120 W) et Thulium (70 W), en moyenne 20 mm vs 6 mm vs 3 mm (p = 0,01).
Conclusion : La laser KTP (180 W) est le laser avec la capacité de vaporisation et de coagulation la plus importante. Sa profondeur de coagulation doit être prise en considération lors de son utilisation à moins de 2 cm d’une structure fonctionnelle. Le laser Holmium (120 W) a des propriétés de coagulation adaptée au travail de section à proximité des structures fonctionnelles.

Y a-t-il un intérêt à l’utilisation de l’échographie peropératoire lors de la photo-vaporisation prostatique au laser ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 778-779

Objectifs : La photo-vaporisation prostatique (PVP) pour hypertrophie bénigne est une méthode de plus en plus répandue. L’utilisation d’une sonde d’échographie per-procédure a été rapportée comme moyen d’évaluer les limites de la vaporisation et guider l’opérateur. Notre objectif était de comparer les résultats à court terme de la PVP avec ou sans utilisation de la sonde d’échographie endorectale en début d’expérience.
Méthodes : Les données pré-, per- et postopératoires de 556 patients opérés par PVP (Greenlight™ AMS, États-Unis) dans deux institutions ont été collectées. Pour chaque opérateur, seuls les patients traités en début d’expérience (moins de 100 procédures) ont été inclus dans l’analyse. La cohorte a été divisée en deux groupes en fonction de l’utilisation (n = 362) ou non (n = 184) d’une sonde endorectale pendant l’intervention. Les tests de Student et de Chi2 ont été respectivement utilisés pour comparer les variables continues et catégorielles avec le logiciel IPSS™ (IBM™, États-Unis) version 20.
Résultats : Les deux groupes étaient comparables en termes d’âge, de PSA, et de paramètres fonctionnels (débimétrie, IPSS et QdV) préopératoires. Le volume prostatique était plus important dans le groupe opéré avec échographie (Tableau 1). Les durées d’interventions et l’énergie laser délivrée étaient significativement augmentées lors des procédures réalisées avec l’aide d’une échographie. En postopératoire, le taux de complications mineures était plus important dans le groupe « avec échographie » (14,3 % vs 7 %, p < 0,05) alors que le taux de complications majeures était similaire (3 % vs 3 %). À 3 mois, aucune différence significative n’était observée en termes de scores IPSS, QdV et de débit maximum (Tableau 1).
Conclusion : L’utilisation en début d’expérience d’une sonde d’échographie per-procédure durant une photo-vaporisation prostatique est associée à une augmentation du temps d’intervention et de l’énergie délivrée sans modification des résultats fonctionnels à court terme. Le bénéfice fonctionnel à long terme et notamment le taux de retraitement est à évaluer.

Apprentissage de l’HOLEP : vers une formation standardisée et une stratégie d’équipe
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 779

Objectifs : La courbe d’apprentissage de l’énucléation prostatique par laser Holmium (HOLEP) est réputée difficile. Un tutorat pour les premiers cas est conseillé. Notre objectif était d’évaluer l’intérêt de la mise en place d’un tutorat séquentiel en 2 étapes dans le processus de formation à la procédure au sein d’un centre universitaire.
Méthodes : Étude de cohorte monocentrique rétrospective des 82 premières procédures HoLEP opérées consécutivement par le même opérateur ayant suivi une formation spécifique avec un tutorat en début d’expérience puis après 41 cas. Pour tous les patients, ont été mesurés : vitesse opératoire (g/min), pourcentage d’adénome énucléé (poids énucléé/poids échographique préopératoire), morbidité périopératoire (classification de Clavien), durée d’hospitalisation et de sondage postopératoire et résultats fonctionnels à court terme (débit maximum, résidu post-mictionnel, scores de qualité de vie et IPSS en préop, à 3 et 6 mois). Les patients ont été répartis en deux groupes de 41 selon qu’ils étaient traités en première ou 2e partie d’expérience.
Résultats : La vitesse d’intervention était significativement augmentée en 2e partie d’expérience (0,44 vs. 0,62 g/min ; p < 0,0001) avec une amélioration significative des vitesses d’énucléation (0,56 vs. 0,87 g/min ; p < 0,0001) et de morcellation (3,37 vs 4,2 g/min ; p = 0,038). Le volume prostatique était, également, significativement plus élevé (43,5 vs 68,1 mL ; p = 0,0001) ainsi que le pourcentage d’adénome énuclée (69,5 % vs 80,4 % ; p = 0,03). La durée d’hospitalisation (3,7 vs 3,02 jours) et de sondage, les scores de qualité de vie, d’IPSS, le débit maximum et le résidu post-mictionnel à 3 et 6 mois n’étaient pas significativement différents de même que les taux de complication per- (1 conversion pour plaie vésicale vs 0 dans le groupe 2) et postopératoires (Clavien 3 : 7 vs 3 patients, Clavien 2 : 4 vs 3 patients ; p = 0,009).
Conclusion : La période d’apprentissage n’a pas influencé les résultats fonctionnels. En 2e partie d’expérience, nous avons constaté une amélioration de la vitesse d’intervention et un élargissement des indications en terme de volume prostatique. Une seconde visite d’expert nous a semblée essentielle pour améliorer les performances opératoires. Ces données soulignent l’intérêt d’une réflexion pédagogique pour une formation à l’HoLEP structurée et standardisée.

Énucléation de la prostate au laser Holmium (HoLEP) : expérience monocentrique après 400 procédures avec 1 an de recul
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 779-780

Objectifs : L’HoLEP est une alternative aux techniques chirurgicales conventionnelles dont la courbe d’apprentissage est décrite comme difficile et peu reproductible. Nous présentons ici les résultats périopératoires, les complications et les résultats fonctionnels des 400 premiers patients consécutifs opérés dans notre service.
Méthodes : Quatre cent patients ont été opérés sur une période de 22 mois par 9 opérateurs d’un même centre hospitalier universitaire (CHU). Les données cliniques et paracliniques (PSA, volume prostatique, débitmétrie urinaire) ainsi que les complications per- et postopératoires étaient recueillies de manière prospective chez tous les patients. Des auto-questionnaires standardisés étaient utilisés pour évaluer les symptômes urinaires et sexuels (IPSS, IIEF-5). Les complications peropératoires et postopératoires précoces et tardives ont également été recueillies et classées selon la classification de Clavien-Dindo. Nous présentons ici une analyse rétrospective descriptive des résultats à 1 an pour l’ensemble de ces patients.
Résultats : Les caractéristiques de la population sont présentées dans le Tableau 1. En moyenne, la durée opératoire était de 94,2 minutes, le volume prostatique réséqué de 44 g et la durée d’hospitalisation de 2,1 nuits postopératoires. Six interventions (1,5 %) n’ont pas été menées à leur terme : 3 conversions en RTUP, 2 énucléations incomplètes et 1 morcellation incomplète. Trois complications peropératoires sévères sont survenues : 2 coagulations des méats urétéraux et 1 décollement sous trigonal. À 1 an, 29 patients avaient présenté une complication de grade de Clavien 3 (7,0 %), dont 21 correspondaient à des re-traitements (5 %) (Tableau 2). À 3 mois, 16 % des patients présentaient une incontinence urinaire d’effort. À 1 an, 10 patients (2,5 %) restaient incontinents, dont 3 avaient nécessité une prise en charge chirurgicale.
Conclusion : L’HoLEP est une technique chirurgicale reproductible qui peut être enseignée au sein d’un CHU avec des résultats fonctionnels satisfaisants et sans risque de complication majeure.

Effet de l’énucléation de la prostate au laser Holmium (HoLEP) sur la fonction sexuelle : à propos de 100 patients
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 780

Objectifs : Évaluer les effets de l’énucléation de la prostate au laser Holmium (HoLEP) sur la fonction sexuelle.
Méthodes : Réalisation d’une étude rétrospective sur 100 patients ayant bénéficié d’une HoLEP divisés en quatre groupes selon les scores IIEF-5 (groupe I = dysfonction érectile sévère, groupe II = dysfonction érectile modérée, groupe III = dysfonction érectile légère et groupe IV = fonction érectile normale). Les patients ont été évalués en préopératoire et en postopératoire à 3, 6 et 12 mois. Les paramètres de l’évaluation sont le débit urinaire, le résidu post-mictionnel et les questionnaires de symptômes scores (IPSS, QoL et IIEF-5).
Résultats : L’âge moyen dans les groupes I, II, III et IV est respectivement 73, 71, 67 et 62 ans. Bien qu’il n’existe pas de différence significative entre les résultats des scores IIEF-5 pré- et postopératoires dans le groupe IV, 12 % des patients ont vu leur score s’améliorer et 14 % ont vu leur score diminuer à 1 an de l’intervention. Le Tableau 1 résume l’évolution des scores IIEF-5. À 12 mois postopératoire, 70 % des patients déclarent une éjaculation rétrograde et 16 % une diminution notoire de l’éjaculation. Tous les groupes ont vu une amélioration significative des questionnaires IPSS et QoL.
Conclusion : Cette étude montre que l’HoLEP n’affecte pas la fonction érectile si ce n’est, comme attendu, l’éjaculation. Ce travail confirme également une satisfaction de la sexualité proportionnelle à l’amélioration des symptômes urinaires du bas appareil.

Utilisation du Greenlight® en France dans la prise en charge chirurgical de l’HBP au cours des 10 dernières années
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 780-781

Objectifs : Très peu de données ont été publiées sur les techniques chirurgicales employées dans la prise en charge chirurgicale de l’hyperplasie bénigne de prostate (HBP) depuis l’émergence des techniques laser. L’objectif de ce travail était de rapporter l’évolution dans la prise en charge chirugicale de l’HBP en France au cours des 10 dernières années.
Méthodes : Pour évaluer les changements dans la chirurgie de l’HBP et l’utilisation du Greenlight® en France au cours des 10 dernières années, nous avons analysé les données de la base nationale PMSI concernant la RTUP et l’adénomectomie voie haute. Nous avons ensuite obtenu les données de la société commercialisant le laser Geenlight® (American Medical Systems, Minnetonka, MN, États-Unis) pour obtenir le nombre de photovaporisation prostatique (PVP) annuel depuis 10 ans.
Résultats : Le nombre total de chirurgies de l’HBP est resté stable au cours des 10 dernières années puisqu’il était de 61 993 en 2005 contre 60 184 en 2014. Durant cette période, la part du Greenlight® est passée de 0,2 % de l’ensemble des chirurgies de l’HBP en 2005 à 22,9 % en 2014, tandis que le nombre de résection transuréthrale de prostate (RTUP) et d’adénomectomie voie haute par an ont diminué de 52 828 à 40 436 et de 9069 à 5948, respectivement. En 2014, la RTUP, l’adénomectomie voie haute et la PVP au Greenlight® représentaient ainsi respectivement 67,9 %, 9,9 % et 22,9 % du nombre total de chirurgies de l’HBP.
Conclusion : L’utilisation du laser Greenlight® en France a nettement augmenté au cours des 10 dernières années passant de 0,2 % à 22,9 % du nombre total de chirurgies de l’HBP et s’accompagnant d’une diminution des RTUP et adénomectomies voie haute. Cette augmentation de l’utilisation du Greenlight® a été surtout notable à partir de 2010 et la commercialisation de la fibre XPS-180W (Fig. 1).

La photovaporisation transurétrale de prostate par GreenLight 180W permet-elle de désonder précocement les patients opérés de leur adénome ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 781-782

Objectifs : La durée de sondage a en moyenne été réduite à 1 jour avec la photovaporisation transurétrale de prostate (PVP) du fait de la diminution des hématuries macroscopiques postopératoires. En l’absence de contre-indication, nous avons voulu évaluer la faisabilité d’un désondage précoce le jour même de la PVP.
Méthodes : Suivant un protocole d’anesthésie avec objectif d’épargne morphinique pour éviter les rétentions postopératoires, nous avons mesuré le taux d’échec de désondage à 3 heures post-PVP, chez des patients consentants successifs opérés dans un seul centre entre 2014 et 2015. Les critères d’inclusions étaient : 45 > âge > 85 ans, volume prostatique > 30 cm3, IPSS ≥ 15 en échec thérapeutique, PSA ≤ 4 ng/mL ou biopsie négative inférieure à 6 mois. L’échec était défini par une contre-indication au désondage à 3 h (fièvre > 38,5 °C ou hématurie macroscopique) ou par un resondage dans les 24 h. Les patients restaient hospitalisés une nuit postopératoire et suivis un mois.
Résultats : Au total, 51 patients ont eu une PVP, 21 étaient éligibles, 5 ont été exclus pour non respect du protocole anesthésique. Le taux d’échec de désondage était de 31 % (n = 5) pour cause de rétention aigue d’urine douloureuse avec résidu post-mictionnel > 500 mL. Aucun patient ne présentait de contre-indication au désondage à 3 h. L’âge moyen était de 68 ans, le volume prostatique initial moyen de 52 cm3. La durée opératoire était de 47 min, celle du laser 22 min avec une quantité d’énergie délivrée de 153 kJ et une réduction moyenne IPSS -9. En analyse univariée, la durée d’intervention et la quantité d’énergie présentaient respectivement une tendance plus élevée (56 vs 43 min) et plus faible (131 vs 164,7 kJ) dans le groupe échec mais non significative (p = 0,26 et p = 0,10).
Conclusion : La PVP permet de réaliser un désondage précoce à 3 h postopératoire dans deux-tiers des cas. Des facteurs de risque d’échecs de cette technique doivent être mise en évidence sur une plus grande cohorte (Tableaux 1 et 2).

Résultats fonctionnels après traitement de l’HBP par laser Greenlight XPS : étude prospective multicentrique (575 patients)
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 781

Objectifs : La photovaporisation prostatique par laser Greenlight est une alternative à la résection endoscopique. Depuis 2010, le laser Greenlight XPS et la fibre MoXy en constituent la dernière évolution technologique. Nous rapportons les résultats fonctionnels à court et moyen terme de cette technique dans une large cohorte prospective multicentrique.
Méthodes : Entre septembre 2010 et avril 2014, 575 patients avec HBP symptomatique ont été opérés par laser Greenlight XPS par 20 opérateurs dans 4 centres différents. Les données préopératoires, opératoires et postopératoires ont été recueillies prospectivement. Une évaluation des scores IPSS et IIEF5, de la débitmétrie et du résidu post-mictionnel (RPM) a été réalisée à 1 ou 3 mois, puis à 12 mois.
Résultats : L’âge moyen était de 69 ± 8 ans, le PSA moyen de 5,7 ± 6,6 ng/mL, le volume prostatique moyen de 64 ± 36 g. Vingt-six pour cent des patients étaient en rétention préopératoire, 41 % sous antiagrégants, 8 % sous anticoagulants. La durée opératoire moyenne était de 78 ± 35 min, dont 46 ± 24 min de vaporisation (soit 59 %), pour une énergie moyenne délivrée de 306 ± 195 kJ, soit 4,8 kJ/g. L’analyse des données postopératoires a montré une amélioration significative de l’IPSS et du score de qualité de vie, du Qmax et du RPM à 1 ou 3 mois ainsi qu’à 12 mois (Tableau 1 et Fig. 1). Il n’y avait pas de variation significative du score IIEF5 à 3 mois (p = 0,24) ou à 12 mois (p = 0,97). Dans le groupe des patients en rétention préopératoire, 88 % des patients ont repris des mictions.
Conclusion : La photovaporisation prostatique par laser Greenlight XPS dans le traitement de l’HBP est une technique sûre et efficace, avec des résultats fonctionnels reproductibles et stables à 1 an.

Facteurs prédictifs de complications postopératoires après vaporisation prostatique au laser Greenlight XPS-180W : une étude prospective bicentrique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 782-783

Objectifs : La vaporisation prostatique au laser Greenlight XPS-180W est une alternative à la résection transuréthrale de prostate dans le traitement chirurgical de l’hyperplasie bénigne de prostate (HBP). L’objectif de cette étude est d’évaluer les complications postopératoires de cette technique et d’en identifier les facteurs prédictifs.
Méthodes : Entre septembre 2010 et avril 2014, 589 patients ont été opérés dans deux centres français par six opérateurs expérimentés (au minimum 30 interventions réalisées) par laser Greenlight XPS-180W pour une HBP symptomatique. Les complications dans les 30 jours postopératoires ont été rapportées selon les classifications Clavien-Dindo et groupe d’utilisateurs du Greenlight (GUGL). Les facteurs prédictifs de complication ont été identifiés en analyse uni- puis multivariée.
Résultats : L’âge moyen était de 70,2 ans (45–95), le volume prostatique de 62,6 mL (7–270). Cent quatre-vingt-douze patients (32,6 %) étaient sondés en préopératoire. Cent quarante-cinq étaient sous antiagrégants plaquettaires (AAP, 24,6 %) et 54 sous anticoagulant oraux (9,2 %). En analyse multivariée, les facteurs prédictifs de complications Clavien ≥ II étaient un traitement AAP (p = 0,001), un traitement anticoagulant (p = 0,043), une bactériurie préopératoire (p = 0,022) et la durée d’intervention (p = 0,007). Les complications hémorragiques (Clavien ≥ II) concernaient 4,2 % des patients (n = 25) (Tableaux 1 et 2). En analyse multivariée, les facteurs prédictifs de complications hémorragiques étaient un traitement AAP et anticoagulant (p = 0,015 et p = 0,016, respectivement) et le volume prostatique (p = 0,002). Les complications infectieuses concernaient 8,2 % des patients (n = 45) (Tableaux 1 et 2). En analyse multivariée, une bactériurie préopératoire était le seul facteur prédictif de complication infectieuse (p < 0,0001).
Conclusion : La vaporisation prostatique au laser Greenlight XPS-180W est une technique sûre avec un faible taux de complications majeurs postopératoires. Différents facteurs prédictifs de complications postopératoires globales, hémorragiques et infectieuses ont été identifiés.

Recherche de facteurs prédictifs de récidive de la lithiase phosphocalcique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 783

Objectifs : Rechercher des facteurs prédictifs de récidive chez les patients lithiasiques phosphocalcique et établir un modèle prédictif de récidive.
Méthodes : Étude rétrospective incluant des patients ayant un calcul de phosphate de calcium (> 50 %) et recueilli au moins deux urines des 24 heures. Ceux-ci étaient classés en Progresseurs (P) ou Non Progresseurs (NP). La progression était définie par la formation d’un nouveau calcul ou l’augmentation de taille d’au moins 2 mm de calcul(s) préexistant(s). Ont été comparés les différents paramètres biochimiques urinaires des urines des 24 h aux moments : T1 avant toute intervention thérapeutique médicale, T2 lors de la première collection après recommandations diététiques avec ou sans introduction d’un traitement médicamenteux, T3 lors de la progression ou de la dernière analyse disponible en cas de non progression.
Résultats : Quarante patients ont été inclus, 21 P et 19 NP (Tableau 1). Parmi les différents paramètres analysés, le volume total, la calciurie en mg/J, les saturations et supersaturations en brushite ajustées à un volume fixe d’urine étaient significativement plus élevées chez les P que les NP au temps T1. Au temps T2, aucune différence entre les groupes n’a été observée. Au temps T3, le pH, les saturations et supersaturations en brushite ajustées selon le volume d’urine étaient significativement plus élevés dans le groupe P par rapport aux NP (Tableau 2). En vue d’établir un modèle prédictif, seule la saturation ajustée au volume permettait de prédire une récidive avec une aire sous la courbe de 0,78 en modèle univarié (Fig. 1).
Conclusion : La saturation en brushite ajustée à un volume urinaire fixe apparaît être le meilleur facteur prédictif de récidive de la lithiase phosphocalcique.

Lithiase urinaire et ostéopénie : rôle de la citraturie et la magnésurie
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 784

Objectifs : La relation entre les calculs rénaux, l’hypercalciurie, et la diminution de la densité minérale osseuse est bien reconnue. L’objectif de cette étude était d’identifier une corrélation entre les anomalies biologiques urinaires (autres que la calciurie) et la survenue d’une ostéopénie précoce.
Méthodes : Une étude de la densité minérale osseuse a été réalisée chez 46 patients adressés pour exploration d’une maladie lithiasique calcique. Nous avons recherché les déterminants biologiques poussant à recherche une maladie osseuse. Les patients avec hyperparathyroïdie primaire ont été exclus.
Résultats : Cinquante-quatre pour cent des patients avaient des calculs d’oxalate de calcium, 26 % des calculs de phosphate de calcium. Les anomalies urinaires les plus fréquentes retrouvées étaient l’hypercalciurie (50 %), l’hypomagnésiurie (38,5 %), et l’hypocitraturie (21 %). Cinquante-six pour cent des patients étaient ostéopéniques (âge de 45 ± 16 ans). La calciurie des 24 h était à 0,1 ± 0,4 g/kg/j. La citraturie était à 1,2 ± 0,5 mmol/L, la magnésurie à 2,5 ± 2,3 mmol/L. L’hypocitraturie était fortement corrélée à la diminution de la densité minérale osseuse (p = 0,011) au niveau lombaire, p = 0,009 au niveau fémoral. L’hypomagnésiurie était également corrélée à la moyenne du Tscore (p = 0,04). Comparé au groupe de patient sans anomalie osseuse, la citraturie et la magnésurie était plus basse dans le groupe ostéopénique (p = 0,01 et p = 0,02).
Conclusion : Les patients présentant une lithiase urinaire active de nature calcique sont à risque de déminéralisation osseuse. Il est donc important de réaliser un bilan de lithiase et de savoir sélectionner les patients chez qui il faudra réaliser une ostéodensitométrie. Excepté l’hypercalciurie, l’hypomagnésiurie et l’hypocitraturie sont également des facteurs de risques d’ostéopénie qui peuvent orienter dans la réalisation de cette ostéodensitométrie.

Recherche d’arguments en faveur de la présence d’inhibiteurs ou promoteurs de la lithogenèse urique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 784-785

Objectifs : Rechercher des arguments en faveur de la présence d’inhibiteurs ou promoteurs de la lithogenèse urique.
Méthodes : Étude prospective incluant 53 patients répartis en 3 groupes : groupe 1 = 30 patients lithiasiques urique, groupe 2 = 9 patients non lithiasiques avec IMC > 30 kg/m2, groupe 3 (témoin) = 12 patients non lithiasiques avec IMC < 25 kg/m2. À partir d’échantillons d’urines fraîches des 24 heures collectées sous régime métabolique et dont le pH a été ajusté à 5,0 en début d’expérimentation (pH auquel la majeure partie de l’acide urique se trouve sous forme non dissociée), ont été évalués la concentration et la saturation en acide urique (SIAU) aux temps T1 = 0, T2 = 3 h, T3 = 6 h lors de différentes phases expérimentales : nucléation spontanée, croissance cristalline et état métastable.
Résultats : Avant ajustement du pH à 5,0, le pH initial était statistiquement plus bas et la SIAU statistiquement plus haute dans le groupe 1 par rapport aux groupes 2 et 3 respectivement. La concentration en acide urique était significativement plus basse dans le groupe 3 comparé au groupe 2. La chute de la concentration en acide urique, reflet indirect de l’activité promotrice ou inhibitrice, n’était pas statistiquement différente entre les trois groupes lors de la phase de nucléation. La chute d’acide urique était significativement plus importante dans le groupe 2 par rapport au groupe 3 aux temps T2 et T3 lors de la phase état métastable et à T3 lors la phase de croissance cristalline (Tableau 1 et Fig. 1).
Conclusion : Les résultats présentés ne permettent pas de conclure à une activité promotrice ou inhibitrice différente entre les différents groupes dans la lithogenèse urique. Ces données suggèrent plutôt le rôle principal joué par l’acidité urinaire sur la saturation en acide urique à l’origine la lithogenèse urique.

Étude de l’irradiation transmise par radiofluoroscopie aux patients et au chirurgien pendant une chirurgie endoscopique du calcul avec une approche d’optimisation des mesures de radioprotection
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 786

Objectifs : L’évaluation de l’irradiation des patients opérés par voie endoscopique pour un calcul des voies urinaires et celle des chirurgiens est mal évaluée et la législation relative à la protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants mal connue Nous avons relevé les doses reçues à l’aide de dosimètres actifs par le chirurgien et le patient pendant une procédure en optimisant le temps de radiofluoroscopie.
Méthodes : Tous les patients hospitalisés entre janvier et mars 2015 consécutivement en urgence pour colique néphrétique ou vus en consultation et justifiant une chirurgie endoscopique étaient opérés par 2 opérateurs dans un seul centre en limitant au maximum l’utilisation de la radiofluoroscopie. Nous avons relevé prospectivement, le mode d’hospitalisation le nombre de clichés, le temps de scopie, le type d’urétéroscopie, le dose moyenne d’irradiation à l’aide d’un dosimètre passif placé sur le sternum du patient et de l’opérateur et la dose efficace (scopie). Nous avons analysé l’influence de ces 2 derniers facteurs sur le risque d’irradiation ainsi que le taux de succès (TDM normal).
Résultats : Vingt et un patients ont été opérés, 13 urétéroscopie rigides en urgence et 8 urétéroscopies souples en ambulatoire. La dose efficace moyenne d’irradiation était de 3,82 cgay/cm2 (1,48–5,62) avec une moyenne de 1,61 clichés par patient. La dosimétrie active relevée auprès du chirurgien et du patient était de 0. Le temps moyen de radiofluoroscopies était < 1 minute. Le taux de succès était de 81 %. La durée moyenne de suivi était de 24 j (14–90) avec aucune réhospitalisation pour complication avant le retrait définitif de la double J. Les patients avaient un âge moyen de 52 ans (32–81). Les calculs ont été extraits dans 86 %. En analyse univariée, ni le mode d’hospitalisation urgent, ni le mode d’urétéroscopie souple ou rigide n’était associé à un risque significativement plus élevé d’irradiation.
Conclusion : L’optimisation des mesures de radioprotection par une approche visant à minimiser le temps de radiofluoroscocopie au cours d’une chirurgie endoscopique du calcul quel que soit le mode d’hospitalisation et d’urétéroscopie est possible. Cette approche qui s intègre dans la radioprotection limite l’irradiation des patients qui est méconnue mais réelle dans le contexte du caractère récidivant de la maladie lithiasique (Tableaux 1 et 2).

Place des alpha-bloqueurs versus les anticholinergiques versus phytothérapie dans l’amélioration de la tolérance de la sonde urétérale type « JJ » : étude prospective randomisée et contrôlée
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 786

Objectifs : Évaluer la place du traitement médical dans l’amélioration des symptômes liés à la mise en place d’une endoprothèse urétérale autostatique type JJ.
Méthodes : Il s’agit d’une étude prospective randomisée contrôlée menée entre décembre 2012 et avril 2015. Les critères d’inclusion sont : homme ou femme jeune ou adulte, hospitalisé pendant la période sus-citée ayant eu une URS sous anesthésie générale pour calcul urétéral unilatéral de localisation pelvienne de < 15 mm de grand axe. Il s’agit d’une étude prospective randomisée contrôlée menée entre décembre 2012 et avril 2015. Les critères d’évaluation des résultats des traitements sont : International Prostate Symptom Score/Quality of life (IPSS/Qol) et l’EVA pour la douleur à j1, j14 et j30 postopératoire. Les critères d’exclusion sont : des troubles urinaires fonctionnels ou organiques.
Résultats : À j14, nous avons objectivé une amélioration statistiquement significative du score IPSS total entre le groupe témoin (G IV) et les trois autres groupes : le score moyen de l’IPSS total est, respectivement de 6,12 ± 2,455 (GI alpha-bloqueur) vs 5,12 ± 1,509 (GII phytothérapie) vs 5 ± 1,383 (GIII anticholinergique) vs 9,28 ± 5,69 (G IV) (p < 0,000). De même, nous avons noté une différence statistiquement significative à j30 du score IPSS total en comparant le groupe IV vs les trois autres groupes : le score d’IPSS total était respectivement de 6,46 ± 2,978 (GI) vs 5,6 ± 2,708 (GII) vs 4,71 ± 0,908 (GIII) vs 9,54 ± 6,318 (G IV) (p < 0,0063). La moyenne de l’EVA était statistiquement moins importante dans le groupe II (GII) à j14 et j30 postopératoire comparativement aux autres groupes (respectivement p = 0,012 ; p = 0,033).
Conclusion : À la lumière de nos résultats, il semble que l’alpha-bloqueur, la phytothérapie et les anticholinergiques ont un impact positif sur la tolérance de la sonde JJ ; mais les anticholinergiques peuvent être indiqués surtout en cas de symptômes irritatifs prédominent, alors que la phytothérapie essentiellement en cas de symptomatologie douloureuse.

Intérêt de l’hypnose sur la douleur dans le traitement de la lithiase rénale par lithotrisie extracorporelle (LEC)
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 787

Objectifs : Évaluer l’efficacité et la tolérance de l’hypnose dans le contrôle de la douleur lors d’une séance de lithotripsie extracorporelle pour le traitement de la lithiase du haut appareil.
Méthodes : Entre juin 2013 et juin 2014, étude prospective, monocentrique et non randomisée sur 90 patients consécutifs porteurs de lithiases rénales et divisés en 3 groupes de 30 patients. Le groupe 1 a bénéficié d’une séance d’hypnose par une infirmière, le groupe 2 a reçu un comprimé d’hydroxyzine 50 mg et le groupe 3 n’a rien reçu. La douleur a été évaluée sur une échelle visuelle analogique (EVA). L’âge, la taille des lithiases, la localisation des lithiases, la durée, le nombre de chocs administrés et le niveau d’énergie moyen (Kv) ont été enregistrés. Les effets indésirables et la satisfaction des patients ont également été évalués.
Résultats : Les paramètres démographiques des trois groupes sont similaires. Les résultats sont résumés dans le Tableau 1. Pas de différence significative entre les groupes concernant les antalgiques supplémentaires et les effets indésirables. Par contre, il existe une différence statistiquement significative entre les groupes I et III en terme d’EVA (p = 0,01). Le taux de satisfaction des patients dans le groupe « hypnose » est de 100 % et la perception de la durée de la séance dans ce groupe est en moyenne de 21 minutes pour un temps moyen réel de 43 minutes.
Conclusion : Alors qu’aucune méthode idéale d’anesthésie n’a été standardisée dans le traitement de la douleur lors d’une séance de LEC, l’usage d’hypnose permet un excellent contrôle de la douleur et augmente le taux de succès de la LEC, offrant ainsi à cette technique une place de choix dans l’arsenal thérapeutique.

L’urétéroscopie sous anesthésie locale : quels avantages ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 787

Objectifs : L’urétéroscopie sous anesthésie locale, avec ou sans sédation, est devenue une option viable pour un pourcentage élevé de patients correctement sélectionnés, sans compromettre les chances de réussite du geste.
Méthodes : Nous rapportons notre expérience sur la pratique de l’urétéroscopie sous anesthésie locale. Nous avons réalisé 25 urétéroscopies semi-rigides sous anesthésie locale (19 femmes/6 hommes) sur une période de 24 mois. Ces patients n’ont reçu qu’une instillation endo-uréthrale de gel de lidocaïne.
Résultats : Les indications des urétéroscopies ont été : – ablation d’une sonde double J ayant migré dans l’uretère : 18 cas ; – extraction de fragments de calculs résiduels du bas uretère : 7 cas. Les résultats de cette étude : – une bonne tolérance chez 22/25 patients, sous anesthésie locale exclusive ; – trois (3) patients ont nécessité une sédation supplémentaire ; – aucune complication per- ou postopératoire a été révélée.
Conclusion : Les résultats de cette étude suggèrent que le fait de réaliser les uretéroscopies sans anesthésie générale ou loco-régionale n’augmente pas le nombre des complications et ne compromet pas les chances de succès du traitement chez certains patients sélectionnes.

Posturothérapie : résultats monocentrique à 2 ans dans le traitement des calculs caliciels de moins de 5 mm
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 787

Objectifs : La lithotripsie extra corporelle (LEC) et l’urétéroscopie souple (URSS) pour calculs rénaux peuvent laisser des fragments résiduels caliciels. Nous avons mis en place dans notre centre depuis 2 ans la posturothérapie pour les calculs/fragments de moins de 5 mm. Nous rapportons notre expérience monocentrique de posturothérapie avec 2 ans de recul.
Méthodes : Quarante-deux patients, âgés de 30 à 75 ans, ayant des calculs caliciels inférieurs ou moyens de moins de 5 mm, résiduels après URSS/LEC ont été inclus de mai 2013 à mai 2015. Le protocole défini de posturothérapie était : 4 séances minimum de posturothérapie à 15 jours d intervalle. Chaque séance était composée de kinésithérapie (15 min en proclive de 30° avec vibration lombaire homolatérale) associée a une hyperdiurèse (1 L de boisson 1 h avant) Les patients étaient revus en consultation un mois après la dernière séance avec ASP et échographie.
Résultats : Cent quarante séances ont été réalisées entre mai 2013 et mai 2015. Les patients inclus étaient comparables pour le nombre, la taille des calculs et leurs traitements urologiques antérieurs. À deux ans, 48 (34 %) des séances ont abouti à l’élimination complète des calculs sachant que tous les patients n’ont pas encore été revus en consultation à ce jour. Aucune séance n’a du être interrompue pour mauvaise tolérance. Neuf pour cent (4/42) des patients ont présenté une colique néphrétique pour lesquelles un traitement ambulatoire a suffit ; aucune autre complication, ni effets secondaires. Cette technique n’a nécessité ni hospitalisation, ni anesthésie (locale ou générale).
Conclusion : La posturothérapie a été une technique non invasive, non morbide et bien tolérée. Elle pourrait être une prise en charge complémentaire des fragments résiduels après URSS ou LEC, voire des calculs asymptomatiques de moins de 5 mm.

Priapisme veineux aigu : élaboration et validation d’un algorithme décisionnel dédié aux services d’urgence
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 788

Objectifs : Améliorer la prise en charge initiale par la mise à disposition d’un algorithme adapté à la pratique quotidienne des médecins urgentistes.
Méthodes : Élaboration en 3 étapes : – revue de la littérature sur les différentes conduites à tenir proposées et l’analyse de notre expérience (> 100 cas) ; – rédaction d’un feuillet recto-verso incluant : – critères de gravité, – 2 check-lists (clinique et biologique), – conduite à tenir diagnostique et thérapeutique corrélée à la durée et aux critères de gravité, – place et le rôle respectif de l’urgentiste et de l’urologue, – fiche descriptive du matériel nécessaire et des techniques (ponction et injection intracaverneuse) ; – évaluation et validation par relecture par 3 groupes de professionnels de santé (urgentistes, CAMS de l’AFU et urologues non référents en andrologie).
Résultats : Ce processus d’évaluation a permis de valider après quelques modifications ce nouvel outil. Tous les professionnels interrogés (urgentistes et urologues) ont confirmé sa valeur ajoutée et son utilité adaptée à leur pratique en hiérarchisant les « Que faire ? Comment faire ? Quand faire ? Qui fait ? » basés sur 3 paramètres simples (délai, clinique, gazométrie) permettant de reconnaître : – s’il s’agit d’un priapisme veineux aigu ou non ; – son stade ischémique qui conditionne le degré d’urgence, la conduite à tenir.
Conclusion : Sa diffusion et sa mise à disposition sur support adapté (papier, tablettes) optimisent le parcours de soins et répondent à un réel besoin des urgentistes souvent démunis devant cette pathologie orpheline (Fig. 1 et 2).

Anesthésie locale pour cystoscopie chez l’homme : étude prospective comparant le Xylocaine® gel et l’Instillagel®
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 789

Objectifs : L’anesthésie locale par instillation de gel anesthésiant endo-uréthrale permet de diminuer l’inconfort des patients lors de la cystoscopie. Cette étude était une étude de non-infériorité d’un gel anesthésiant endo-uréthrale l’Instillagel® comparé à un autre gel anesthésiant endo-uréthral le Xylocaine® gel.
Méthodes : Une étude contrôlée randomisée monocentrique a été menée entre juin 2013 et novembre 2014. Les hommes consultant dans un centre hospitalier chez qui l’indication d’une cystoscopie était retenue étaient randomisés en 2 bras : anesthésie locale par instillation endo-uréthrale de Xylocaine® gel ou d’Instillagel®. L’agent topique était instillé 5 minutes avant la cystoscopie. Aucun autre mode d’anesthésie n’était utilisé. Le critère de jugement principal était la douleur pendant la procédure évalué au moyen d’une échelle visuelle analogique (EVA) allant de 0 à 10. Les variables quantitatives continues ont été comparées entre les 2 groupes à l’aide du test de Student.
Résultats : Quatre-cent soixante et un hommes ont été randomisés : 233 dans le groupe Instillagel® et 228 dans le groupe Xylocaine® gel. Les indications de cystoscopie étaient surveillance de tumeurs vésicales dans 54 % des cas, bilan d’hématurie dans 21 % des cas et bilan de troubles mictionnels dans 35 % des cas. L’âge des patients était comparable dans les 2 groupes : 64,5 ans (± 1,1) dans le groupe Instillagel® et 66,2 ans (± 1,1) (p = 0,29). Le critère de non-infériorité était atteint puisque l’EVA moyenne était de 0,8 (± 0,1) dans le groupe Instillagel® et de 0,6 (± 0,1) (p = 0,09 ; Fig. 1).
Conclusion : Dans cette étude randomisée l’Instillagel® n’était pas inférieur au Xylocaine® gel pour l’anesthésie locale par instillation endo-uréthrale lors de la cystoscopie chez l’homme.

Évolution de la prise en charge chirurgicale des obstructions non tumorales de la jonction pyélo-urétérale : analyse des données nationales de codage 2005–2014
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 789

Objectifs : Étudier l’évolution des pratiques chirurgicales concernant le traitement des obstructions de la jonction pyélo-urétérale (JPU) non tumorales au moyen des données nationales du codage.
Méthodes : Nous avons analysé les actes chirurgicaux effectués pour le traitement des obstructions de la JPU non tumorales entre 2005 et 2014 au moyen des données issues de la base de données de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH). La classification commune des actes médicaux (CCAM) a été utilisée pour extraire les codes relatifs à la chirurgie de la JPU. Nous avons relevé les groupes homogènes de malade (GHM) correspondants en excluant ceux qui relevaient d’un diagnostic principal différent des obstructions de la JPU.
Résultats : Le nombre d’actes chirurgicaux effectués pour le traitement des obstructions de la JPU est passé de 2813 à 3012 procédures (+ 7 %) entre 2005 et 2014. Les interventions par abord direct (AD) (plastie ou résection-anastomose du bassinet et de la JPU) ont régressé de 43,8 % entre 2005 et 2014 alors que les interventions par cœlioscopie ou par rétropéritonéoscopie (CO/RPS) ont progressé de 97,8 % sur cette période. En 2005, les interventions par AD représentaient 53 % des interventions chirurgicales (1492 procédures) contre 32,6 % pour la CO/RPS (917 procédures). En 2014, les interventions par AD ne représentaient plus que 27,8 % des procédures (838 actes) contre 60,2 % pour la CO/RPS (1814 actes). La chirurgie par endo-urétéro-pyélotomie est restée stable pendant cette période (12 % des actes).
Conclusion : La chirurgie par CO/RPS des obstructions de la JPU a dépassé en 10 ans la chirurgie par AD (plus de 60 % des interventions). La chirurgie par endo-urétéro-pyélotomie est restée stables et minoritaire pendant cette période (12 % des procédures) (Fig. 1).

Photo-vaporisation de la prostate : plaidoyer pour la chirurgie ambulatoire
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 790-791

Objectifs : La photo-vaporisation de la prostate (PVP) est une option thérapeutique de plus en plus répandue dans la chirurgie mini-invasive de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Notre objectif était de présenter les résultats de la PVP réalisée en chirurgie ambulatoire comparé à celle réalisée en ambulatoire en début d’expérience.
Méthodes : Les données pré-, per- et postopératoires de 531 patients opérés par PVP (Greenlight™ AMS, États-Unis) dans deux institutions ont été collectées. Pour chaque opérateur, seuls les patients traités en début d’expérience (moins de 100 procédures) ont été inclus dans l’analyse. Pour comparer les complications postopératoires de la PVP, deux groupes ont été constitués en fonction de leurs modalités d’hospitalisation : groupe 1 (ambulatoire, n = 66) et groupe 2 (hospitalisation, n = 479). Les tests de Student et de Chi2 ont été respectivement utilisés pour comparer les variables continues et catégorielles avec le logiciel IPSS™ (IBM™, États-Unis) version 20.
Résultats : Les patients opérés en ambulatoire était moins âgés (69 ± 8 vs. 72 ± 9 ans, p = 0,007) et avec moins de comorbidités (ASA : 1,55 ± 0,6 vs. 2,06 ± 0,7 p = 0,001) mais avaient des volumes prostatiques, des débimétrie et scores fonctionnels (IPSS, QdV) similaires. Les durées opératoires sont plus allongées chez les patients hospitalisés (p = 0,001). En revanche, les durée de sondage (p = 0,937), le taux de conversion en monopolaire (p = 0,52), le taux de complications postopératoires (p = 0,32) et le nombre de réintervention (0,97) n’étaient pas statistiquement différents.
Conclusion : La photo-vaporisation de la prostate est réalisable en chirurgie ambulatoire avec une sécurité suffisante même en début d’expérience. Malgré l’âge avancé et les morbidités compétitives qui constituent des freins à la chirurgie ambulatoire, les patients hospitalisés n’avaient ni plus de complications postopératoires ni plus de réinterventions que les patients opérés en ambulatoire.

Rachianesthésie en chirurgie ambulatoire urologique : étude rétrospective
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 790

Objectifs : La rachianesthésie en chirurgie ambulatoire urologique est controversée notamment sur l’allongement de la durée d’hospitalisation et le risque de rétention urinaire. L’objectif de cette étude était d’analyser la durée de séjour dans l’unité de chirurgie ambulatoire (UCA) et les complications des patients opérés sous rachianesthésie en fonction de l’anesthésique local utilisé.
Méthodes : Cette étude rétrospective monocentrique incluait tous les patients opérés en chirurgie ambulatoire urologique sous rachianesthésie entre décembre 2011 et mai 2015. La cohorte a été répartie en deux groupes selon le type d’anesthésique local utilisé : bupivacaïne (B) et chloroprocaïne (C). Les variables quantitatives étaient comparées par test-t de Student (normalité vérifiée par test de Kolmogorov-Smirnov) et les variables qualitatives par test de Chi2. Une valeur de p < 0,05 était considérée comme statistiquement significative.
Résultats : Soixante-quinze patients étaient inclus dont 71 (95 %) sortis à j0. Les contre-indications de sortie étaient : patient seul à domicile (1), caillotage vésical (1), intolérance JJ (1), retard reprise mictionnelle (1). La durée moyenne d’acte était de 27 ± 19 min, celle de SSPI de 55 ± 31 min, celle de séjour de 36 ± 91. Quarante-cinq patients (60 %) ont reçu de la B et 30 (40 %) de la C. La durée de séjour moyenne en SSPI était significativement réduite dans le groupe C (47 ± 24 min vs. 61 ± 34 min, p = 0,04). Un patient a présenté un retard de miction dans le groupe B sans différence significative. Pas de différence significative pour les autres critères étudiés (Tableau 1) en dehors de l’âge moyen qui est plus élevé dans le groupe C (p = 0,02).
Conclusion : La rachianesthésie en chirurgie ambulatoire urologique ne semble pas compromettre la sortie le jour même et ne semple pas induire de rétention urinaire, en particulier avec la chloroprocaïne. L’utilisation de la chloroprocaïne semble diminuer la durée de séjour en SSPI comparée à la bupivacaïne. Ces résultats sont à confirmer par des études prospectives.

Cancer de prostate et sexualité : conception et évaluation d’une action de formation destinée aux médecins généralistes
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 791-792

Objectifs : Comme nombre de professionnels de santé, le médecin généraliste (MG) est encore trop souvent mal à l’aise pour aborder le problème de la sexualité en cas de cancer de prostate (CP). Notre objectif a été double : – mieux identifier ses besoins d’information et de formation ; – mieux préciser sa place et son rôle dans le parcours de soins.
Méthodes : En deux étapes : – élaboration d’un pilote pédagogique de formation incluant comme pré-requis minimum : – sensibiliser à la problématique, – connaître les dysfonctions sexuelles (DS) induites par le CP ou son traitement, – savoir informer, orienter ou prendre en charge (DS simples), – savoir en parler au couple ; – évaluation interactive lors d’une session de 2 h 30 le soir, avec 3 groupes successifs de MG (31 dont 16 F) d’âge et d’exercices représentatifs et un binôme de formateurs (MG sexologue + urologue). Une méthode pédagogique de type constructiviste (jeu de rôle, exposés, atelier…) a été testée avec double évaluation (questionnaire de satisfaction, pré- et post-tests).
Résultats : La comparaison pré-/post-tests montre une progression indéniable : « la santé sexuelle fait partie du soin primaire » (78 vs.100 %), impact sexuel du CP (24 vs. 0 %), prévalence des malades concernés (52 vs.93 %), prise en charge par le MG (33 vs.82 %), recherche des DS (38 % vs.84 %) et conduite d’évitement (17 vs.0 %). Le jeu de rôle met en évidence plusieurs difficultés (sémantiques, attitudes d’évitement, approche du couple et identification de la demande précise). Mais, si 94 % sont satisfaits (particulièrement par la combinaison d’expertise MG + spécialiste), 47 % s’estiment encore insuffisamment formés. Les points faibles relevés à améliorer sont une formation trop courte, un seul cancer abordé, l’absence d’algorithme décisionnel et d’ateliers sur les traitements locaux (notamment les injections intracaverneuses).
Conclusion : Ce pilote a eu un très bon accueil car il améliore clairement la connaissance du rôle et de la place du MG (savoir-être, savoir-faire) lors du parcours de soins. Le nombre de MG proactifs double et l’investissement oncosexologique triple sans aucune attitude d’évitement. Une évaluation complémentaire est néanmoins encore nécessaire pour valider l’outil pédagogique et l’étendre à d’autres cancers.

Le dispositif d’annonce appliqué au cancer localisé de prostate traité par prostatectomie radicale laparoscopique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 791

Objectifs : Le dispositif d’annonce (DA), mesure 40 du 1er plan cancer formalise un ensemble d’éléments opposables aux établissements autorisés en cancérologie. Ce travail se propose d’évaluer les modalités d’application et l’exhaustivité des différents éléments du DA dans le cas particulier des patients traités d’un cancer localisé de prostate par prostatectomie radicale laparoscopique (PRL).
Méthodes : Étude rétrospective réalisée dans un établissement de 100 lits. L’étude est menée d’août 2009 à décembre 2014. Elle porte sur 251 patients consécutifs traités par PRL. Sont évalués : la traçabilité des 2 consultations d’annonce médicale (CAM) : l’annonce du diagnostic et l’annonce du traitement avec remise du programme personnalisé de soins (PPS), la traçabilité du compte rendu de réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), la présentation à la consultation d’annonce infirmière (CAI), les soins de support proposés au patient et le délai entre l’annonce médicale et le traitement, l’évolution dans le temps de ces différents éléments.
Résultats : Le délai médian entre l’examen diagnostic et la PRL est de 105 jours. La CAM du diagnostic est tracée dans 100 % des cas. La CAM avec remise d’un PPS est tracée dans 74,1 %. Parmi les patients, 91,2 % sont présentés en RCP avant le traitement. Les comptes rendus de RCP sont envoyés aux médecins traitant dans tous les cas. Parmi les patients, 58,2 % se sont rendus à la CAI. La nécessité d’un soin de support social est identifié dans 6,8 % (10/146), celui d’un soin de support psychologique dans 16,4 % (24/146). Quarante-cinq pour cent (113/251) des patients ont à la fois, un compte rendu de RCP préopératoire et une CAI et se sont vu remettre un PPS. L’évolution dans le temps des éléments du DA est présentée sur la Fig. 1.
Conclusion : La RCP préopératoire est un élément acquis du DA. Un PPS informatisé, remis au patient lors de la programmation, mentionnant les points clés de l’intervention, facilite le respect de cet élément du DA. Les difficultés rencontrées pour libérer les IDE de leurs activités de soins pour la CAI, expliquent que cet élément majeur du DA, en soit le point faible.

Évaluation des complications en début d’expérience de la prostatectomie radicale par voie robot-assistée
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 792

Objectifs : Nous avons voulu comparer la courbe d’apprentissage ainsi que le taux des complications per- et postopératoires en début d’expérience de prostatectomie radicale par voie robot-assistée, entre le binôme de deux chirurgiens formés initialement la première année de cette activité dans le service et les plus jeunes chirurgiens opérant par la suite avec l’aide d’un des 2 seniors du binôme initial.
Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique de 157 patients consécutifs opérés d’une prostatectomie robot-assistée entre octobre 2011 et décembre 2014, 123 par le binôme initial et 34 par le binôme incluant un junior. Les caractéristiques préopératoires des patients ont été notifiées ainsi que la durée opératoire, les difficultés peropératoires, les pertes sanguines et la nécessité de transfusions, les complications postopératoires qui ont été classées selon la classification de Clavien, la durée d’hospitalisation et les réadmissions et enfin le taux des marges chirurgicales.
Résultats : Aucune différence statistique n’a été retrouvée entre les deux groupes pour les évènements per- et postopératoires, ni pour la courbe d’apprentissage. La durée opératoire moyenne était de 250 minutes, avec dans 17,4 % des cas des difficultés peropératoires. Parmi les patients, 47,8 % ont eu un curage ilio-obturateur. Deux patients (1,3 %) ont nécessité une conversion dont un fut un échec de prostatectomie. Les pertes sanguines moyennes étaient de 460 mL et 5,7 % des patients ont été transfusés. Quarante-huit patients (30,8 %) ont eu une complication postopératoire, 4,3 % Clavien 1, 68,1 % Clavien 2 et 25,5 % Clavien 3. Un patient est décédé en postopératoire d’une cause anesthésique. La durée moyenne d’hospitalisation était de 8,1 jours et 14,7 % des patients ont dû être réadmis. Les marges chirurgicales étaient positives chez 45 patients (29,2 %).
Conclusion : Les jeunes chirurgiens du service, débutant en prostatectomie robot-assistée mais encadrés par un senior expert, n’ont pas eu plus de difficulté opératoire ou de complication postopératoire malgré leur absence de formation spécifique hors centre. Cela montre l’importance en début de chirurgie robotique d’un encadrement par un chirurgien expérimenté, et d’une formation optimale de l’équipe anesthésique et paramédicale.

Prostatectomie totale par voies ouvertes et mini-invasives (étude comparative prospective Propenlap) : résultats carcinologiques
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 792-793

Objectifs : Propenlap (projet IC061626, STIC) est une étude multicentrique (n = 13) prospective avec relecture centralisée des pièces opératoires, comparant la voie rétropubienne à la voie mini-invasive (laparoscopique sans et avec robot assistance), en termes carcinologiques, fonctionnels et économiques. L’objectif principal était de montrer que la voie mini-invasive permettait d’obtenir des résultats carcinologiques non inférieur à ceux de la voie ouverte.
Méthodes : De 2007 à 2011, 612 patients de stade T1c, avec un taux de PSA préopératoire < 20 ng/mL ont été inclus. Le critère d’évaluation principal, critère composite associant taux de récidive biologique (taux de PSA > 0,2 ng/mL) et/ou traitement complémentaire dans les 3 ans après la chirurgie, était comparé par un modèle de Cox ajusté sur les principaux facteurs pronostiques. Les objectifs secondaires carcinologiques concernaient le taux de marges d’exérèse et la morbidité per- et postopératoire.
Résultats : Cinq cent quatre-vingt-six ont pu êtres analysés (240 rétropubiennes, 346 laparoscopiques, dont 110 robots) ; l’âge était de 62 ans, le taux de PSA de 6,3, le score de Gleason biopsique de 6. Le risque selon d’Amico était plus élevé pour la voie ouverte (respectivement faible : 47 vs 58,7 %, intermédiaire : 49,6 vs 38,1 %, élevé : 3,4 vs 3,2 %) en raison d’un PSA plus élevé (> 10,24, 6 vs 12,4 %, p = 0,0001). Il n’y avait aucune différence en terme de durée opératoire, perte sanguine, transfusion, complications médicochirurgicales, durées d’hospitalisation et sondage. Il n’y avait aucune différence pour le score de Gleason du spécimen (score 6 : 16,3 vs 18,8 % ; 7 : 77,4 vs 74,9 % ; ≥ 8 : 6,3 et 6,4 % ; p = 0,58), ni pour le stade (pT2 : 70,3 vs 67,9 % ; pT3a 25,5 vs 27,2 %, pT3b : 4,2 vs 4,9 % ; p = 0,81). Le taux de marges était de 25 vs 26,6 % (p = 0,89), 16,1 vs 18,7 % pour les pT2 (p = 0,49), 46,5 vs 43,2 % pour les pT3 (p = 0,60). À 3 ans de suivi, il y a eu 6 décès non liés à la maladie et 78 (15,2 %) progressions. La survie sans progression ne différait pas selon les groupes (16,2 % vs 14,5 %) avec un HR brut de 0,92 (IC95 %[0,59–1,45], p = 0,73) et de 1,13[0,62–2,05] après ajustement.
Conclusion : La prostatectomie par voie mini-invasive laparoscopique sans ou avec robot n’est pas inférieure au point de vue carcinologique à la voie ouverte rétropubienne.

Étude prospective multicentrique comparant les voies ouverte et mini-invasive de la prostatectomie totale (Propenlap : résultats fonctionnels)
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 793

Objectifs : Propenlap (projet IC061626, STIC) est une étude multicentrique (n = 13) prospective avec lecture centralisée des pièces opératoires, comparant la voie rétropubienne à la voie mini-invasive (laparoscopique sans et avec robot assistance) en termes carcinologiques, fonctionnels et économiques. Nous rapportons ici les résultats fonctionnels.
Méthodes : De 2007 à 2011, 612 patients de stade T1c, avec un taux de PSA préopératoire < 20 ng/mL ont été inclus. Les résultats fonctionnels, continence urinaire, sexualité, qualité de vie évalués prospectivement par auto-questionnaires à j0, 3, 6, 12, 18, 24 et 36 mois après la chirurgie ont été comparés entre les deux voies au moyen de modèles mixtes permettant de prendre en compte, les données à l’inclusion et l’évolution au cours du temps. Les résultats ont été ajustés en fonction de la préservation des bandelettes. La continence était définie par 0 protection, les érections par des érections permettant les rapports sexuels avec pénétration sans injection de prostagalandines.
Résultats : Cinq cent quatre-vingt-six patients ont été analysés (240 rétropubienne et 346 laparoscopique, dont 110 robots). Il y a eu respectivement pour les voies ouvertes et mini-invasives, de préservation bilatérale 62,9 vs 70,4 %, unilatérale 25,7 vs 12,6 % et aucune 11,4 vs 17 % (p < 0,001). La continence à 1, 3, 6, 12, 18, 24 et 36 mois était de 34 %, 58 %, 75 %, 82 %, 82 %, 85 % et 83 % pour la voie ouverte et de 27 %, 55 %, 66 %, 70 %, 75 %, 75 % et 75 % pour la voie mini-invasive (p = 0,027). La préservation des bandelettes était associée à une meilleure continence (p = 0,05). La continence restait moins bonne avec la voie mini-invasive après ajustement sur la préservation des bandelette (OR = 0,57, IC95 %[0,38–0,85], p = 0,005), différence essentiellement liée à la robotique (OR = 0,46, IC95 %[0,27–0,76]). Le taux d’érection à 1, 3, 6, 12, 18, 24, 36 mois était de 13 %, 25 %, 28 %, 38 %, 43 %, 55 % et 50 % pour la voie rétropubienne et de 13 %, 25 %, 28 %, 38 %, 43 %, 55 % et 50 % pour les autres (p = 0,41). En cas d’IIEF5 initial > 15, le score > 15 ne différait pas selon les groupes (ouverte-laparoscopique-robot) 8 %, 14 %, 27 %, 36 %, 42 %, 43 %, et 47 % vs 12 %, 22 %, 30 %, 35 %, 39 %, 37 %, 41,3 % (p = 0,51). La Trifecta à 3 ans était respectivement de 43,3 vs 46 % (p = 0,73). Il n’y avait pas de différence pour l’IPSS, l’IQL, le QLQ-C30 et l’IQV.
Conclusion : La continence par voie ouverte rétropubienne était meilleure que par voie laparoscopique mini-invasive. La puissance sexuelle et la qualité de vie étaient identiques.

Facteurs histologiques associés au pronostic oncologique après prostatectomie robot-assistée
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 793-794

Objectifs : Évaluer la valeur pronostique des embols vasculaires et lymphatiques, du diamètre tumoral maximal, des néoplasies intra-épithéliales de haut grade, des engainements péri-nerveux et de la longueur des marges positives après prostatectomie robot-assistée (PRA) dans une série contemporaine.
Méthodes : Tous les patients traits par PRA dans un centre entre janvier 2005 et juin 2013 ont été inclus prospectivement. Le critère de jugement principal était la survies sans récidive biologique (SSRB). La survie biologique était définie par l’existence de 2 dosages du PSA > 0,2 ng/mL en postopératoire. La SSRB était estimée selon la méthode de Kaplan-Meier et comparé grâce au test de Log-rank. Un modèle de Cox univarié et multivarié a été utilise pour rechercher les facteurs pronostiques associées à la SSRB.
Résultats : Au total, 742 hommes ont été inclus. Après un suivi médian de 31,4 mois, une récidive biologique a été observe chez 80 patients (10,8 %) La SSRB estimée était de 93 %, 87 % et 80,7 % à 1 an, 3 ans et 5 ans respectivement. La progression vers une récidive locale authentifiée par imagerie est survenue chez 49 patients (6,6 %). En analyse multivariée, le score de Gleason était le principal facteur associé à la SSRB (HR = 3,4 ; p < 0,001). Les trois autres facteurs prédictifs de SSRB étaient l’existence d’embols vasculaire et lymphatiques (HR = 7,64 ; p = 0,005) ; le diamètre maximal de la tumeur (HR = 4,04 ; p = 0,009) et une longueur de marges positives ≥ 3 mm (HR = 1,25 ; p = 0,04).
Conclusion : À l’ère de la maturité du dosage du PSA et de la prostatectomie robotique, les embols vasculaires et lymphatiques, le diamètre maximal de la tumeur et une longueur de marges positives ≥ 3 mm sont des facteurs pronostiques associées à la SSRB. Ces facteurs pourraient guider les cliniciens dans la sélection des patients qui pourraient bénéficier de traitements adjuvants (Tableau 1).

Faut-il poursuivre la surveillance urologique après prostatectomie radicale lorsque le PSA est inférieur à 0,2 ng/mL et que les troubles fonctionnels postopératoires ont été corrigés ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 794

Objectifs : Évaluer la fréquence des patients présentant un cancer évolutif avec un PSA indétectable après prostatectomie radicale (PR). Évaluer la durée de suivi urologique liée à la prise en charge des troubles fonctionnels postopératoires (continence et sexualité).
Méthodes : Analyse rétrospective monocentrique, portant sur 351 patients opérés de prostatectomie radicale entre janvier 2000 et décembre 2008. Le succès carcinologique était défini par un PSA de valeur < 0,1 ng/mL, trois mois après prostatectomie radicale. La récidive biologique était définie par une élévation du taux de PSA > 0,2 ng/mL (confirmée par un deuxième dosage de PSA à 3 mois d’intervalle). Étaient considérées comme récidive : toute évolution locale (ex. : récidive anastomotique ou pré-rectale) confirmée histologiquement, toutes métastases osseuses symptomatiques (fractures pathologiques) confirmées histologiquement ou asymptomatiques et évoquées sur un examen complémentaire (TDM, scintigraphie osseuse, PET-TDM).
Résultats : La médiane de suivi était de 61,2 mois [1,2–151,0 mois] ; 88,9 % des patients (n = 312) étaient considérés sans maladie évolutive à la date des dernières nouvelles. La survie actuarielle globale et sans récidive biologique des patients était respectivement de 95,4 % et 87,4 % à 5 ans et 87,8 % et 72,6 % à 10 ans. Trente-neuf patients (11,1 %) ont présenté une progression du PSA. Aucun patient n’a présenté de lésion secondaire symptomatique ou asymptomatique avec un PSA indétectable. Le temps de suivi moyen consacré à la prise en charge des troubles fonctionnels après PR était de 5,7 mois [2,6–66,1]. Après cette phase, 7 consultations urologiques par patient [1–17] auraient pu être évitées si la surveillance avait été confiée au médecin généraliste.
Conclusion : Dans notre expérience, il n’existait pas de progression locale ou métastatique avérée si le PSA restait indétectable. Après la prise en charge des troubles fonctionnels post-PR le suivi pourrait être confié au médecin généraliste (qui s’assurerait que le PSA ne franchisse pas les 0,2 ng/mL), en particulier pour les tumeurs à faible risque de progression avec des marges saines.

Quelle information donner au patient sur la continence après prostatectomie robot-assistée : précocité, complétude, prise en charge
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 794-795

Objectifs : Pouvoir informer au plus près le patient du risque sur la continence après prostatectomie radicale pour cancer localisé de la prostate robot-assistée.
Méthodes : Trois cent cinquante-cinq patients dont 251 patients avec un recul ≥ 1 an, opérés de prostatectomie radicale robotisée pour cancer localisé par un chirurgien sénior. Technique de préservation musculaire périnéo-uréthrale, de la longueur uréthrale, de reconstruction postérieure et du trousseau sphinctérien antérieur. Données recueillies façon prospective : port et nombre de protections de jour comme de nuit, délai d’arrêt du port de protection, présence d’impériosités. Analyse stratifiée selon l’âge, le volume prostatique, le degré de préservation des bandelettes neurovasculaire érectiles (BNV), la présence d’impériosités postopératoires. La continence est définie comme l’absence de protection dans les sous-vêtements.
Résultats : Précocité : continence immédiate (1–3 jours post-ablation de sonde) de 42 %, variant selon l’âge, selon le volume prostatique, la préservation BNV (Tableau 1). Complétude : à 1 an postopératoire, continence de 91 %, variant selon l’âge et le volume prostatique (Tableau 1). Recours aux protections et chirurgie réparatrice : à 1 an postopératoire, recours à 1 protection maximum par jour chez 9 %, variant selon l’âge, le volume prostatique, à un moindre degré la préservation des BNV (Tableau 2). Impact des impériosités postopératoires : à 6 semaines, fréquence des impériosités de 43 %, accentuant le port de protection, majoré avec l’âge, le volume prostatique et la préservation BNV (Tableau 3).
Conclusion : L’information donnée en préalable au patient concerné ne peut plus être globalisante, elle doit tenir compte des caractéristiques du patient (âge, comorbidités), du volume prostatique apprécié en préopératoire, de la préservation des BNV envisagée, la possibilité d’impériosités dans la période de cicatrisation postopératoire, tous facteurs qui vont interférer dans la précocité et la complétude de la récupération d’une continence normale.

Facteurs anatomiques à l’IRM préopératoire prédictifs de l’incontinence urinaire post-prostatectomie radicales pour cancer de prostate
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 795-796

Objectifs : Déterminer les facteurs anatomiques prédictifs à l’IRM prostatique de l’incontinence urinaire postopératoire dans une cohorte de 339 patients opérés d’un cancer de la prostate par voie robotique ou ouverte.
Méthodes : Il s’agit d’une cohorte rétrospective monocentrique de patients opérés d’un cancer de la prostate par voie ouverte ou robotique de janvier 2011 à décembre 2013. Étaient exclus les patients dont les données étaient incomplètes. L’IRM prostatique était réalisée de façon systématique. La mesure de la longueur de l’urètre membraneux, l’épaisseur des releveurs et la forme de l’apex prostatique ont été mesurés en séquence T2 par un seul opérateur. L’incontinence urinaire était décrite à 1 an postopératoire selon un score de 0 à 2 (0, pas de protection, 1 une protection et 2, > 1 protection ou chirurgie). Le score à 2 était considéré comme incontinent.
Résultats : Il y a 339 patients qui ont été opérés sur la période d’évaluation dont 142 présentaient une IRM et des données complètes. Le groupe incontinent (n = 16/142, 11,27 %) présentait une longueur moyenne d’urètre membraneux de 11,27 mm contre 14,16 mm (p value = 0,008) pour le groupe sec (n = 126/142, 88,73 %). La longueur moyenne était de 13,83 mm. Les patients avec une longueur < 11 mm étaient incontinents à 18,60 % et ceux avec une longueur > 15 mm à 1,96 %. Les autres données n’étaient pas significatives que ce soit l’épaisseur des releveurs ou la forme de l’apex.
Conclusion : La mesure de la longueur de l’urètre membraneux à l’IRM semble être une mesure prédictive de l’incontinence post-prostatectomie radicale et pourrait être prise en compte dans le choix du traitement du cancer de prostate (Tableaux 1 et 2).

Détection des marges chirurgicales en imagerie par Cerenkov Luminescence au cours des prostatectomies radicales cœliosocpiques robot-assistées – résultats initiaux de l’étude PRIME
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 796-797

Objectifs : L’imagerie par Cerenkov Luminescence (CLI), basée sur l’imagerie optique de traceurs radioactifs, permet de déterminer, en peropératoire, le statut ganglionnaire et les marges chirurgicales sur une pièce d’exérèse. Ainsi, l’étude PRostate Imaging for Margin Evaluation (PRIME) est en cours pour évaluer la faisabilité et la sécurité de l’utilisation de la 18F-choline CLI dans la chirurgie du cancer de prostate.
Méthodes : L’étude PRIME a inclus 3 patients avec un cancer de prostate à haut risque, programmés pour une prostatectomie radicale cœlioscopique robot-assistée. Après injection intraveineuse de 370 MBq (± 10 %) de 18F-choline, les pièces de prostatectomies et de lymphadénectomies ont été analysées par un CLI specimen-analyser (Lightpoint Medical Ltd, Royaume-Uni) juste après excision (temps d’acquisition 300 secondes, matrix 512 × 512). Pour chaque région d’intérêt, la radiance corrigée (ph/s/cm2/str/MBq) a été calculée et nous reportons le ratio de radiance entre la tumeur et le tissu sain (tumour-to-background ratio [TBR]). Les doses de radioactivité (μSv) reçues par l’équipe chirurgicale ont été mesurées à l’aide de badges-dosimètres.
Résultats : Les images CLI peropératoires des 3 prostatectomies ont montré une radiance élevée avec un TBR de 3,45, 4,90 et 2,49 respectivement pour chaque patient. Pour 2 prostatectomies avec cancer de haut-grade, les analyses CLI et histologiques étaient corrélées, mais la troisième pièce, histologiquement de bas-grade, était discordante. Les pièces de lymphadénectomies obtenues étaient négatives aussi bien en analyse CLI qu’en histologie. Le protocole CLI n’a généré ni temps additionnel de chirurgie ni complications peropératoires spécifiques. Selon la durée de la procédure et la proximité avec le patient, la dose de radiation maximale reçue étaient de 110–180 μSv et 40–80 μSv respectivement pour l’interne et la panseuse. Pour favoriser la décroissance radioactive, des précautions complémentaires ont été prises pour l’environnement chirurgical et les pièces opératoires.
Conclusion : L’analyse peropératoire de pièces d’exérèse par 18 F-choline CLI est une procédure faisable et fiable. Les premiers résultats obtenus dans la chirurgie du cancer de prostate sont encourageants. La sensibilité en profondeur de l’analyse des tissus par CLI étant de quelques millimètres, d’autres développements sont nécessaires pour réduire le signal obtenu à la définition histologique des marges chirurgicales (Fig. 1).

Marges chirurgicales en zone tumorale lors d’une prostatectomie radicale : quelles différences entre les voies d’abord rétropubienne, laparoscopique et robot-assistée ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 796

Objectifs : L’apport de la chirurgie robotique en termes de diminution du risque de marges positives lors d’une prostatectomie radicale reste débattue. Notre objectif était de comparer les marges chirurgicales en zone tumorale lors d’une prostatectomie radicale rétropubienne, laparoscopique ou robot-assistée.
Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 725 patients avec un cancer de prostate traité par prostatectomie radicale ± lymphadenectomie dans un centre universitaire entre 1990 et 2014. Les modalités opératoires, les caractéristiques tumorales ainsi que le statut concernant les marges chirurgicales (localisation, taille, nombre) ont été recueillis. Les groupes de patients sans et avec marges chirurgicales en zone tumorale ont été comparés par les tests de Chi2 et de Student. Les facteurs prédictifs de marges chirurgicales positives ont été analysés par un modèle de régression logistique binaire.
Résultats : Parmi les patients, 44,3 %, 50,3 % et 5,4 % avaient un cancer de prostate de faible risque, risque intermédiaire, et haut risque selon D’Amico. Parmi les patients, 34,9 %, 42,9 % et 22,2 % ont été traités par PRRP, PRL et PRRA. Une marge chirurgicale en zone tumorale a été décrite pour 109 patients (15 %). En fonction de la voie d’abord utilisée, aucune différence significative n’a été observée en termes de taux de marges positives (p = 0,23) ou de taux de marges multifocales ou > 3 mm (p = 0,365). Les taux de marges positives à l’apex étaient respectivement de 12,7 %, 7,84 %, 6,9 % (p = 0,10) après PRRP, PRL et PRRA, et les taux de marges en zone moyenne de 0,64 %, 0,33 % et 2,44 % (p = 0,053). En analyse multivariée, seul le stade tumoral était associé à la présence d’une marge chirurgicale positive (p < 0,05).
Conclusion : Dans notre expérience, le taux global de marges chirurgicales en zone tumorale est identique quelle que soit la technique de PR. Cependant, comparé aux autres techniques, le taux de marges positives pourrait être supérieur à l’apex avec la PRRP et en zone moyenne avec la PRRA.

Corrélation anatomo-clinique et détermination des facteurs prédictifs de continence après prostatectomie radicale : analyse rétrospective des vidéos et des données cliniques de 120 patients opérés de prostatectomie radicale laparoscopique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 797

Objectifs : Identifier les choix de la technique lors d’une prostatectomie radicale laparoscopique (PRL) qui ont une incidence sur la continence postopératoire précoce et tardive.
Méthodes : Entre janvier 2006 et mai 2013, ont été enregistrées 120 PRL. Nous avons analysé rétrospectivement les vidéos concernant les caractéristiques techniques suivantes : conservation du col vésical, conservation des bandelettes vasculonerveuses, conservation de l’urètre, étanchéité de l’anastomose uretro-vésicale, ainsi que les données suivantes : l’âge du patient, le volume prostatique, la continence préopératoire, la continence à 1 mois, 3 mois et 12 mois. Une analyse de régression logistique multivariée a été utilisée pour déterminer les facteurs prédicteurs de la continence.
Résultats : Les facteurs prédictifs de la récupération de la continence sont exposés dans le Tableau 1.
Conclusion : Les facteurs prédictifs de la continence à 1 mois sont : la conservation de l’urètre, et l’âge du patient ainsi que la conservation des bandelettes vasculonerveuses.

Utilisation d’un instrument robotisé tenu en main en association avec la vision laparoscopique 3D lors d’interventions de prostatectomie radicale, résultats après 18 mois d’utilisation
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 797-798

Objectifs : Évaluer l’apport conjoint d’instruments robotisés tenus en main et de la vision laparoscopique en trois dimensions lors du traitement du cancer localisé de la prostate : prostatectomie radicale, en particulier sur les résultats carcinologiques et la courbe d’apprentissage. Ces 2 technologies sont disponibles dans notre établissement depuis janvier 2014.
Méthodes : Étude rétrospective, mono-opérateur et mono-centrique portant sur 303 patients opérés par voie laparoscopique de janvier 2007 à mai 2015 pour un cancer localisé de la prostate. Groupe A : 251 patients ont été opérés en en laparoscopie classique sur la période 2007–2013. Groupe B : 52 patients opérés avec l’utilisation associée du bras robotisé et de la 3D. Il inclut le sous-groupe B1 des 20 derniers patients, tous opérés de janvier à mai 2015. Les stadifications (T2 ou T3) ont été relevés pour chaque patient et les taux de marges ont été collectés.
Résultats : Les résultats du groupe A (188 T2 et 63 T3) étaient de 14,8 % de marges positives en T2 et 44,7 % en T3, avec un taux constant sur la période. Les résultats du groupe B (30 T2 et 22 T3) étaient de 12 % de marges positives en T2 et 31 % en T3. Pour le sous-groupe B1 (20 derniers patients, 11 T2, 9 T3), il n’y que 2 marges positives, aucune T2 et deux en T3. L’aisance dans l’utilisation des deux technologies combinées étant atteinte lors de la 5e intervention, le groupe B1 est donc au-delà de la courbe d’apprentissage.
Conclusion : L’utilisation d’un instrument robotisé tenu en main en association avec la vision laparoscopique 3D permet d’obtenir des résultats carcinologiques au moins équivalent à ceux de la laparoscopie classique. Les résultats après la courbe d’apprentissage semblent améliorés avec un faible taux de marge positive. Cette étude sera poursuivie pour augmenter le nombre de patients et permettre une analyse statistique pertinente tout en évaluant les résultats fonctionnels à distance.

Faisabilité, sécurité, et efficacité de la prostatectomie totale de rattrapage après traitement focal pour cancer de la prostate localisé : étude monocentrique de 5 cas consécutifs
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 798

Objectifs : Étudier la faisabilité, la sécurité et l’efficacité de la prostatectomie totale laparoscopique (PT) de rattrapage de la récidive du cancer de prostate (CaP) après traitement focal par photothérapie dynamique (VTP) ou HIFU avec Focal One.
Méthodes : Cinq patients ont été opérés par PT pour récidive de cancer de prostate confirmé par biopsie après traitement focal (un VTP et 4 HIFU). La durée opératoire, les pertes sanguines, le taux de transfusion, la durée de sondage, les résultats fonctionnels, et les résultats oncologiques à court terme ont été rapportés.
Résultats : L’âge médian était de 61 ans. Le PSA médian avant traitement était de 2,7 ng/mL (0,65–5,85). Le délai médian entre le traitement focal et la PT était de 11 mois. Le temps opératoire médian était de 120 min. La durée médiane d’hospitalisation était de 9 jours, la durée médiane de sondage urinaire était de 11 jours. Après un suivi médian de 8 mois, Le PSA postopératoire était indétectable et le stade était pT2c pour tous les patients, le score de Gleason était 3 + 3 et 3 + 4 pour 1 et 4 patients, respectivement. Un patient présentait une marge positive focale et aucun n’a eu de traitement adjuvant. À 6 mois, tous les patients étaient continents, pour les deux patients avec IIEF > 17 en préopératoire, le score IIEF était supérieur à 17.
Conclusion : Dans notre expérience, la PT laparoscopique est faisable, sûre et efficace en traitement de rattrapage du traitement focal du cancer de prostate localisé. Les résultats oncologiques et fonctionnels à court terme sont prometteurs, des études complémentaires sont nécessaires.

Le cancer du rein sporadique du sujet jeune de moins de 40 ans : étude des particularités cliniques et anatomopathologiques d’une cohorte bicentrique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 798

Objectifs : L’épidémiologie du cancer du rein est en pleine évolution avec une augmentation nette de l’incidence des tumeurs rénales, de façon global, et chez les sujets jeunes en particulier. Nous avons souhaité nous intéresser à l’incidence et aux particularités cliniques et anatomopathologiques des tumeurs rénales sporadiques chez les sujets jeunes ainsi qu’à leurs facteurs de risque.
Méthodes : Nous nous sommes intéressés aux données épidémiologiques, cliniques et anatomopathologiques de 118 patients âgés de 18 à 40 pris en charge au sein de 2 centres hospitaliers universitaires parisiens entre 2003 et 2013 pour une tumeur du rein, en excluant les formes génétiques connues ou retrouvées, les tumeurs bénignes ainsi que les patients atteints de maladie rénale chronique de stade V et les patients receveurs d’une transplantation d’organe. Les données ont été comparées par le test statistique du Chi2 avec un risque α = 0,05 à l’aide du logiciel Microsoft® Excel® pour Mac 2011 version 14.4.4.
Résultats : Nous avons mis en évidence une augmentation très nettement significative de l’incidence du nombre de tumeurs rénales (p = 6×10−15). Le mode de découverte semble avoir évolué avec une majorité de tumeurs découvertes fortuitement (67 %), en rapport avec l’essor de l’imagerie médicale. Nous avons également mis en évidence une répartition anatomopathologique différente par rapport aux données de la littérature avec une augmentation significative des tumeurs papillaires (16,9 %) et des chromophobes (15,2 %), parallèlement à une diminution des carcinomes à cellules claires (43,2 %) ainsi que l’apparition d’une nouvelle entité anatomopathologique d’une particulière sévérité clinique : le carcinome rénal lié à la translocation Xp11.2 (15,3 %) (p < 10−5) sur représentée dans notre cohorte. Parmi les facteurs de risque retrouvés, l’hypertension artérielle semble être un facteur de risque certain alors que le tabac et l’obésité n’ont pas d’influence significative.
Conclusion : L’épidémiologie du cancer du rein sporadique semble être en pleine évolution avec de profondes mutations cliniques et anatomopathologiques, en particulier chez les sujets jeunes. Le rôle et l’importance de la prise en charge oncogénétique ainsi que l’étude des facteurs environnementaux pourraient permettre la mise en évidence de nouveaux facteurs de risque et de façon corolaire permettre leur prévention.

Tumeurs rénales du sujet jeune : expérience monocentrique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 798-799

Objectifs : Les tumeurs du rein du sujet jeune sont de plus en plus fréquemment rencontrées grâce aux moyens d’imagerie actuels et regroupent divers types histologiques. Leurs spécificités ont rarement été rapportées. L’objectif de cette étude était d’analyser les données cliniques, radiologiques et histologiques des patients jeunes traités dans notre centre pour une tumeur maligne du rein.
Méthodes : Les données médicales de tous les patients âgés de 15 à 35 ans traités pour une tumeur maligne du rein depuis 1990 dans notre centre ont été collectées. Les caractéristiques initiales des patients, le mode de révélation, les profils radiologiques, la procédure diagnostique, le traitement et les résultats ont été analysés. Au total, 105 patients ont été traités avec un suivi médian de 21,1 mois (IQR 5,53–47,2).
Résultats : Les histologies fréquemment retrouvées étaient le carcinome à cellules rénales (CCR) (n = 89, 84,7 %) avec 41,6 % de CCR à cellules claires (CCC) (n = 37), et le néphroblastome (n = 9). L’âge médian était de 28,7 ans (IQR 24–32). Seulement 24 % des patients avaient eu une biopsie rénale à visée diagnostique avant chirurgie d’exérèse. Parmi les 9 néphroblastomes, 2 avaient eu une biopsie première et avaient reçu une chimiothérapie néoadjuvante appropriée. Un patient sur les 9 est décédé de progression tumorale ; 7 étaient en réponse complète (n = 6) ou partielle (n = 1). Concernant les CCC, 87 % des patients étaient symptomatiques au diagnostic ; 76 % étaient métastatiques au diagnostic ou au cours du suivi. La survie médiane globale des CCC était de 21,5 mois (IQR 4,6–44,4) et la survie sans progression de 3,2 mois (IQR 1,8–7).
Conclusion : Cette cohorte de jeunes patients (15–35 ans) traités pour une tumeur rénale maligne souligne : – le pronostic péjoratif des carcinomes rénaux chez l’adulte jeune ; – la difficulté du diagnostic différentiel de néphroblastome. Cette étude suggère la nécessité de mise en place et de suivi de recommandations standardisées concernant la prise en charge des tumeurs rénales chez le jeune adulte.

Le sous-type histologique des carcinomes tubulo-papillaires ne modifie pas les résultats oncologiques après néphrectomie partielle
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 799

Objectifs : L’objectif de notre étude a été d’évaluer les résultats oncologiques de la néphrectomie partielle pour les carcinomes tubulo-papillaires (CTP) du rein et de déterminer si le sous-type histologique pouvait être un facteur de risque de récidive, de progression ou de décès par cancer.
Méthodes : Nous avons conduit une étude multicentrique internationale impliquant le réseau français de recherche sur les tumeurs du rein uroCCR et 5 équipes internationales. Les données de tous les patients traités par néphrectomie partielle entre 2004 et 2014 pour un CTP ont été analysées. Les patients présentant un CTP dont le sous-type n’était pas précisé ont été exclus de l’étude. Nous avons comparé les caractères clinico-pathologiques des deux groupes par des tests de Chi2 et de Student. Les survies ont été analysées par la méthode de Kaplan-Meier.
Résultats : Nous avons inclus 486 patients dont 369 (76 %) CTP de type 1 et 117 (24 %) CTP de type 2. La taille tumorale médiane était de 3,3 cm (0,6–15). Le stade tumoral était pT1, pT2 et pT3 dans respectivement 445 (91,6 %), 19 (3,9 %) et 22 (4,5 %) cas. Après un suivi moyen de 35 (1–120) mois, 12 (1,5 %) patients ont présenté une récidive locale, 8 (1,6 %) ont eu une progression métastatique et 7 (1,4 %) sont décédés de leur cancer. Les survies sans cancer et spécifique à 3 ans étaient respectivement de 96,5 % et 98,4 % pour les CTP de type 1 et de 95,1 % et 97,3 % pour les CTP de type 2 (p = 0,894). Seul le stade T supérieur à pT1 était un facteur de risque de récidive et/ou progression (HR : 3,5 ; p = 0,03).
Conclusion : Dans cette population sélectionnée de CTP localisés, le sous-type histologique n’a pas d’influence sur les résultats oncologiques après néphrectomie partielle.

Particularités de la chirurgie pour tumeurs rénales chez les patients de moins de 40 ans
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 799

Objectifs : Analyser les caractéristiques clinico-pathologiques et périopératoires des patients de moins de 40 ans opérés d’une tumeur rénale.
Méthodes : À partir d’une base de données rétrospective monocentrique, nous avons comparé les caractéristiques démographiques, tumorales et périopératoires des patients opérés d’une tumeur rénale de moins de 40 ans, par rapport au reste de la cohorte.
Résultats : Entre 2000 et 2014, 1674 patients ont été opérés d’une tumeur du rein, dont 166 (9,9 %) avaient moins de 40 ans (âge médian : 34 ans, IQR = [28–37]). Dans le groupe des patients jeunes, la proportion de femmes était plus importante (53 % vs 34 %, p < 0,001), il y avait moins d’exposition aux facteurs de risque de carcinome à cellules rénales (CCR) (surpoids : 36 % vs 56 %, p < 0,001 ; HTA : 14 % vs 35 %, p < 0,001) et plus fréquemment un syndrome génétique connu (29 % vs 2 %, p < 0,001). Les tumeurs opérées étaient plus petites (taille médiane : 30 mm vs 40 mm ; p < 0,001) avec plus souvent recours à une chirurgie conservatrice (79 % vs 58 %, p < 0,001). Après un suivi médian de 28 mois, le taux de survie sans récidive était comparable entre les 2 groupes (p = 0,21).
Conclusion : Le CCR est rare chez les sujets de moins de 40 ans. Les caractéristiques de cette population suggèrent une physiopathologie différente qui doit faire rechercher systématiquement un syndrome génétique. Cependant l’âge ne semble pas être un facteur indépendant de mauvais pronostic.

Cancer du rein cliniquement localisé : quels sont les facteurs prédictifs du risque d’upstaging pathologique pT3a par invasion de la graisse ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 800

Objectifs : Le cancer du rein (CCR) de stade pT3a s’accompagne d’un moins bon pronostic que les stades localisés. Néanmoins, au moment de la décision thérapeutique, la majorité des cas sont initialement considérés comme localisés. L’objectif de notre étude était de définir des facteurs de risque d’upstaging pathologique T3a.
Méthodes : Une étude internationale multicentrique impliquant 17 centres et le réseau français de recherche sur le cancer du rein UroCCR a été conduite. Des cas de CCR ≤ cT2a opérés entre 2005 et 2014 ont été inclus. Les caractéristiques cliniques et tumorales ont été recueillies et comparées en fonction du stade pT (localisé vs pT3a) à l’aide des tests de Chi2, Fisher exact ou Wilcoxon. Les facteurs prédictifs d’upstaging ont été évalués en analyse uni- et multivariée (régression logistique).
Résultats : Un total de 3668 cas ≤ cT2a dont 472 (12,9 %) pT3a ont été inclus. Dans le groupe pT3a, les patients étaient plus âgés (64,7 vs.59,7, p ≤ 0,001), masculins (70,8 % vs.65,2 %, p = 0,0192), symptomatiques (40,5 % vs.24,7 %, p < 0,001). Les tumeurs étaient plus complexes (RS 7–12 : 67,9 % vs.44,7 %, p < 0,001), de taille médiane plus importante (5,5 cm vs.3,8 cm, p < 0,001), de localisation antérieure (60,2 % vs.47,1 %, p < 0,001) ou hilaire (29,1 % vs.15 %, p < 0,001), à cellules claires (78,2 % vs.68,8 %, p < 0,001), de Fuhrman III–IV (57 % vs.30 %, p < 0,001), et présentant une invasion microvasculaire (28,4 % vs.4,1 %, p < 0,001), de la nécrose microscopique (36,5 % vs.13,8 %, p < 0,001) et une composante sarcomatoïde (5,5 % vs.1,2 %, p < 0,001). En analyse multivariée, les caractéristiques suivantes étaient prédictives d’un risque d’upstaging : âge (p < 0,001), taille tumorale (p < 0,001), sexe (p = 0,009), symptômes généraux (p = 0,028), RENAL Score 7–9 (p = 0,003), situation tumorale antérieure (p < 0,001) ou hilaire (p = 0,001).
Conclusion : Dans notre cohorte de CCR ≤ cT2a, 12,9 % des cases étaient classés pT3a. Comparativement aux cas localisés, les stades pT3a étaient associés à des facteurs de mauvais pronostic. Huit facteurs préopératoires étaient prédictifs du risque d’upstaging pathologique. Leur définition pourrait aider à apprécier l’agressivité tumorale et guider le choix thérapeutique.

Les résultats de la néphrectomie partielle pour les carcinomes chromophobes du rein sont excellents. Étude rétrospective multicentrique à partir de 234 cas
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 800

Objectifs : Les carcinomes chromophobes (CCr) représentent 4 à 6 % des tumeurs du rein et une malignité réduite a été attribuée à ces tumeurs. L’objectif de cette étude a été d’évaluer les résultats oncologiques de la néphrectomie partielle pour les CCr.
Méthodes : Nous avons conduit une étude multicentrique internationale impliquant le réseau français de recherche sur les tumeurs du rein uroCCR et 5 équipes internationales. Les données de 808 patients traités par néphrectomie partielle entre 2004 et 2014 pour une tumeur rénale non à cellules claires ont été répertoriées. Nous avons analysé les données cliniques et tumorales des patients présentant un CCr.
Résultats : Nous avons répertorié 234 (28,7 %) patients traités pour un CCr dont 111 (47,4 %) femmes et 123 (52,5 %) hommes. L’âge moyen des patients était de 59,5 (23–88) ans. La taille tumorale moyenne était de 3,4 (1–11) cm. Les tumeurs étaient classées pT1, pT2 et pT3 dans respectivement 202 (86,3 %), 9 (3,8 %) et 23 (9,8 %) cas. Les tumeurs étaient de grade de Fuhrman I, II, III, IV et indéterminées dans respectivement 8 (3,4 %), 127 (54,2 %), 57 (24,3 %), 11 (4,7 %) et 31 (13,2 %) cas. Des marges chirurgicales positives étaient présentes chez 14 (11,6 %) patients. Après un suivi moyen de 33 (1–196) mois, un patient a présenté une récidive locale et un patient a présenté une tumeur sur le rein controlatéral. Aucun patient n’a présenté de progression métastatique ou de décès lié au cancer.
Conclusion : Les résultats oncologiques de la néphrectomie partielle pour un carcinome chromophobe localisé du rein sont excellents. Dans cette série, un seul patient a présenté une récidive locale et un patient a présenté une récidive controlatérale. La moindre agressivité tumorale des CCr pourrait justifier leur diagnostic préopératoire afin d’adapter le traitement et éventuellement proposer une thérapie ablative en première intention.

Inhibition de l’extravasation des cellules de carcinomes rénaux à cellules claires par la dysregulation de la formation des invadopodes, via l’inbihition de PAK1
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 801-802

Objectifs : Le remodelage du cystoquelette et la formation d’invadopodes (protrusions membranaires riches en protéases) permettent aux cellules tumorales une dégradation locale et un remodelage de la matrice extracellulaire facilitant leur extravasation et leur migration. Notre objectif était de montrer que l’inhibition de PAK 1 permettait d’inhiber la formation des invadopodes et par conséquence le processus d’extravasation in vivo.
Méthodes : Des cellules de carcinomes rénaux à cellules claires commercialisées (786-O) ainsi que des cellules dérivées de patients (XP 121 et 127) ont été placées pendant 6 à 12 heures sur gélatine (594) après traitement ou pas avec un inhibiteur de PAK1, puis une fixation était réalisée ainsi qu’un immunomarquage des protéines associées à la formation d’invadopodes. Les cellules porteuses d’un marquage par GFP ou visualisées par CellTracker étaient ensuite injectées dans une membrane chorioallantoique d’embryon de poulet. Le nombre de cellules présentes immédiatement après l’injection sur une aire d’observation prédéfinie était ensuite comparé à celui observé 24 heures après l’injection.
Résultats : L’inhibition de PAK1 a permis de diminuer de façon significative les taux d’extravasation in vivo (IPA-3, 1uM), sans impact sur la viabilité des cellules in vitro. In vitro, il n’y a pas eu de différences significatives dans le nombre de cellules formant des invadopodes avec ou sans inhibiteur de PAK1. Cependant, la dégradation de la gélatine par cellule était statistiquement plus importante pour les cellules traitées par inhibiteur de PAK1. In vivo, en revanche, les images de la formation des invadopodes montrent une diminution significative du nombre d’invadopodes après traitement par inhibiteur de PAK1 par rapport aux contrôles.
Conclusion : Notre travail montre que l’inhibition de PAK1 permet d’inhiber la formation d’invadopodes et le processus d’extravasation cellulaire des cellules de carcinome rénal à cellules claires.

Nouvelles technologies de biophotonique cellulaire appliquées à l’oncologie urologique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 801

Objectifs : Les techniques de spectroscopie vibrationnelle peuvent être utilisées pour la détection des changements qui se produisent au niveau cellulaire et moléculaire au cours de la carcinogenèse des tissus. Le potentiel de leur utilisation en oncologie urologique est encore à ses balbutiements et l’augmentation de l’utilité de cette nouvelle technologie va transformer le diagnostic et le pronostic tissulaire non invasifs.
Méthodes : Un état de l’art a été réalisé sur les applications de la biospectroscopie en cancérologie urologique notamment dans les tumeurs du rein mais également dans la prostate et la vessie. Une revue systématique de la littérature a été conduite dans Pubmed et dans la base Cochrane. L’expérience des deux seuls centres français de biophotonique a été également rapportée. Trente articles ont été sélectionnés.
Résultats : La spectroscopie Raman (Fig. 1–3) et la microspectroscopie infrarouge à transformée de Fourier sont utilisées pour interroger les tissus. Leur utilisation a donné des résultats encourageants dans le diagnostic in vitro des cancers du rein, vessie et prostate. Dans le carcinome rénal la fiabilité diagnostique peut atteindre 90 %. Ces techniques peuvent être effectuées sur des tissus en paraffine type tissue microarray (TMA) en utilisant un algorithme de déparaffinage numérique validé. Une empreinte spectrale spécifique est produite et peut aider à l’élaboration de nouveaux biomarqueurs moléculaires mais également à mesurer la réponse thérapeutique. Ces techniques peuvent également être utilisées in vivo pour identifier les marges peropératoires lors de la néphrectomie partielle ou la prostatectomie radicale. L’avenir verra le développement potentiel de sondes à fibres optiques pour les intégrer dans les endoscopes et laparoscopes.
Conclusion : Les applications potentielles de cette imagerie du vivant annoncent un nouvel avenir en chirurgie des cancers notamment dans la différenciation des pathologies malignes ou précancéreuses par rapport à des tumeurs bénignes ou en cas de doute opératoire concernant les marges. Ces nouvelles technologies ouvrent la voie à ce qu’on pourra appeler la biopsie optique et le code-barre spectral tumoral.

Carcinomes à cellules claires du rein métastatiques (ccRCC) synchrones et métachrones : un profil phénotypique et moléculaire distinct avec une survie spécifique différente
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 802

Objectifs : Comparer les ccRCC de patients métastatiques d’emblée (synchrones) ou lors du suivi (métachrones) ainsi que leur évolution clinique.
Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 98 ccRCC consécutifs diagnostiqués entre 2002 et 2005. Avec un recul de 10 ans, 50 patients étaient non métastatiques et 48 étaient métastatiques dont 28 synchrones et 20 métachrones. Pour chaque tumeur primitive, les facteurs pronostiques histologiques, l’expression en immunohistochimie de VEGFA, PAR-3, CAIX et PD-L1 ainsi que le statut VHL complet (mutation, méthylation du promoteur et délétion) étaient rapportés. Une analyse univariée était réalisée. Les courbes de survie de Kaplan-Meier étaient comparées selon le test du Log-Rank.
Résultats : Les ccRCC des patients métastatiques synchrones avaient un profil différent de celui des métachrones. Ils étaient associés de manière significative à une tumeur plus agressive localement (p = 0,038), à une composante sarcomatoïde (p = 0,01), à une expression cytoplasmique de PAR-3 (p < 0,01), à une surexpression de VEGFA (> 50 %) (p = 0,017), à une expression membranaire d’intensité modérée à forte de PD-L1 (p < 0,01) et à un statut VHL non inactivé (0 ou une altération) (p = 0,01). De plus, les patients avec des métastases synchrones avaient non seulement une survie spécifique plus péjorative à partir du diagnostic initial de ccRCC (médiane 16 mois versus (vs) 53 mois, p < 0,01) mais aussi à partir de la découverte des métastases (médiane 16 mois vs 46 mois, p = 0,01).
Conclusion : Il s’agit de la première étude s’intéressant aux différences entre ccRCC métastatiques synchrones et métachrones pouvant s’expliquer par l’acquisition d’évènements oncogéniques : transition épithélio-mésenchymateuse, angiogenèse, échappement au système immunitaire et/ou voies alternatives d’oncogenèse autres que la voie VHL/HIF/VEGF. Ces évènements pourraient être à l’origine d’une survie plus péjorative des patients métastatiques synchrones pouvant alors bénéficier de traitements plus adaptés.

Comment avons-nous obtenu des rémissions complètes chez les patients atteints d’un cancer du rein métastatique depuis l’utilisation des thérapies ciblées ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 802-803

Objectifs : La rémission complète (RC) est l’objectif recherché dans la prise en charge des cancers. Ces dernières années, la prise en charge du cancer du rein métastatique a été transformée par l’utilisation des thérapies ciblées, des thérapies ablatives et l’amélioration des techniques chirurgicales. L’objectif de cette étude a été d’identifier les stratégies thérapeutiques ayant permis l’obtention d’une RC et d’évaluer les survies des patients en RC.
Méthodes : Nous avons inclus dans une base de données prospective, tous les patients traités pour un cancer du rein métastatique dans un centre universitaire, entre 2007 et 2015. La RC était définie par l’absence de métastase sur le scanner thoracique, abdominal et pelvien. Les caractéristiques des patients, des tumeurs, les traitements réalisés et leurs effets secondaires ainsi que les survies sans récidive et globale ont été analysés.
Résultats : Nous avons traité 77 patients métastatiques et obtenu une RC chez 22 (28,6 %) d’entre eux. Parmi ces derniers, 9 (40,9 %) présentaient des métastases synchrones et 17 (77,3 %) des métastases multiples. Tous les patients ont été traités par néphrectomie cytoréductrice et 21 (95,5 %) ont eu un traitement physique de leur métastase. Après un suivi moyen de 28 (1–82) mois, 11 (50 %) patients ont présenté une récidive. La durée moyenne de RC avant récidive a été de 16,7 (1–46) mois. Après récidive, une nouvelle RC a pu être obtenue chez 6 (54,5 %) patients. La durée moyenne de RC cumulée a été de 23 mois (1–76). À la fin du suivi, 16 (72,7 %) patients sont toujours en RC, 5 (22,7 %) sont vivants sous traitement médical et un patient est décédé en postopératoire.
Conclusion : Tous les patients en RC ont eu une néphrectomie et la quasi-totalité d’entre eux ont eu des métastasectomies multiples. Les rémissions complètes ont été prolongées et confirment l’intérêt de la chirurgie dans ce contexte.

Impact de l’urétéroscopie diagnostique sur les résultats oncologiques de la néphro-uréterectomie
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 803

Objectifs : La nécessité de réaliser ou non une urétéroscopie pour confirmer le diagnostic de tumeur urothéliale du haut appareil avant de pratiquer une néphro-uréterectomie reste un sujet de controverse. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’impact de la réalisation d’une urétéroscopie diagnostique sur les résultats oncologiques après néphro-uréterectomie.
Méthodes : Tous les patients traités par néphro-uréterectomie entre 1995 et 2014 dans un centre ont été inclus rétrospectivement. Les patients ont été divisés en 2 groupes selon qu’ils avaient eu (groupe URS) ou non (groupe no-URS) une urétéroscopie diagnostique préopératoire. Les survies spécifique (CSS), sans récidive (RFS), globale (OS) et sans récidive vésicale (BRFS) ont été estimées selon la méthode de Kaplan-Meier. Les 2 groupes ont été comparés à l’aide du test du Chi2 pour les variables qualitatives et du test de Mann-Whitney pour les variables quantitatives. Les CSS, RFS, BRFS et OS des 2 groupes ont été comparés à l’aide du test de Log-rank.
Résultats : Cent-douze patients ont été inclus pour analyse. Aucun n’avait reçu de chimiothérapie néo-adjuvante. Cinquante et un avaient eu une urétéroscopie diagnostique avant la néphro-uréterectomie (45,5 %). Onze patients (9,8 %) au total était pT0 à l’examen histologique : 9 dans le groupe no-URS (14,8 %) et 2 dans le groupe URS (3,9 % ; p = 0,04). Les survies sans récidive vésicale (à 5 ans : 58,6 % contre 62,2 % ; p = 0,95), sans récidive (à 5 ans : 57,7 % contre 65,9 % ; p = 0,73) et spécifique (à 5 ans : 68,6 % contre 69,2 % ; p = 0,93) étaient similaires dans les 2 groupes.
Conclusion : Cette étude est la première à démontrer que l’urétéroscopie diagnostique avant néphro-uréterectomie diminue le risque de pT0 sans détériorer le pronostic oncologique (Fig. 1 et 2).

L’urétéroscopie diagnostique augmente le risque de récidive vésicale après néphro-urétérectomie totale
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 804-805

Objectifs : La récidive vésicale est un événement fréquent chez les patients traités par néphro-urétérectomie totale. Les recommandations de l’EAU suggèrent qu’une urétéroscopie diagnostique doit être effectuée dans l’évaluation de toute TVES. Nous avons cherché à évaluer l’impact de l’urétéroscopie diagnostique sur la survenue d’une récidive vésicale.
Méthodes : Nous avons inclus 237 patients consécutifs présentant une TVES non métastatique traités par néphro-urétérectomie. Les patients ont été divisés en deux groupes, l’un avec urétéroscopie diagnostique effectuée et un sans urétéroscopie avec la TVES diagnostiquée par la cytologie et l’imagerie. Des analyses univariées et multivariée de régression de Cox ont évalué l’association de l’urétéroscopie diagnostique et la survenue d’une récidive vésicale.
Résultats : Des 237 patients inclus, 74 patients (31,2 %) avaient eu une urétéroscopie diagnostique. Les patients sans urétéroscopie préopératoire présentaient des caractéristiques de maladie plus agressive telles que des taux plus élevés de stades pT3-pT4 (38 % vs 18,9 % ; p = 0,02) et des taux plus élevés de pN + (12,9 % vs 4,1 % ; p = 0,01). Avec un suivi moyen de 48 mois (EIQ : 25–84), 85 patients (36,9 %) ont eu une récidive vésicale. En analyses univariées, une urétéroscopie diagnostique était associée à la récidive vésicale (p = 0,01), mais pas à la mortalité spécifique (p = 0,33). En analyse multivariée, une urétéroscopie diagnostique était un facteur prédictif indépendant de récidive vésicale (RR : 2,1 ; IC 95 % : 1,31–3,37 ; p = 0,01).
Conclusion : L’urétéroscopie diagnostique était un facteur prédictif indépendant de récidive vésicale chez les patients traités par néphro-urétérectomie totale pour TVES. Dans le cas d’une imagerie explicite, l’urétéroscopie diagnostique pourrait être évitée afin de réduire le risque de récidive vésicale.

Second-look précoce par urétéroscopie souple après traitement endoscopique conservatif pour tumeur de la voie excrétrice urinaire supérieure : résultats préliminaires
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 804

Objectifs : Évaluer les résultats oncologiques du second-look précoce par urétéroscopie souple (URSS) chez les patients traités endoscopiquement pour tumeur urothéliale de la voie excrétrice supérieure (TVEUS). Étudier l’intérêt de ce second-look sur les résultats de l’évaluation endoscopique suivante et le risque de progression tumoral.
Méthodes : Étude rétrospective monocentrique incluant 41 patients suivis pour TVEUS et ayant eu un second-look dans les soixante jours suivants un traitement endoscopique thérapeutique. Le suivi était ensuite basé sur les recommandations européennes. Une néphro-urétérectomie totale (NUT) était proposée en cas de progression locale tumorale, définie par une récidive tumorale majeure. L’intérêt du second-look précoce sur l’évaluation endoscopique suivante a été analysé par statistiques descriptives. La survie sans progression (SSP) selon le grade tumoral à l’URSS initiale et la présence de récidive tumorale au second-look endoscopique était étudiée par la méthode de Kaplan-Meier. L’identification de facteurs prédictifs de SSP était réalisée selon le modèle de Cox.
Résultats : La récidive était de 51,2 % au second-look. Lors du contrôle endoscopique suivant le second-look, la récidive était de 81,3 % chez les patients avec second-look positif et 41,2 % si second-look négatif (p = 0,02). Neuf patients avaient une progression locale après une période moyenne de 18,4 mois et ont eu une NUT. Après un suivi moyen de 34,6 mois, nous avons identifié que le grade tumoral à l’URSS initiale et la récidive au second-look étaient associés à la SSP (79 % et 32 % en cas de bas et haut grade respectivement à la première URSS ; 88 % et 48 % chez les patients sans et avec récidive au second-look, p < 0,01). Ces deux paramètres étaient aussi identifiés comme facteurs prédictifs de SSP (HR = 6,1 [1,42-26,27] pour le grade tumoral, HR = 5,39 [1,18-24,66] pour la récidive au second-look, p < 0,03).
Conclusion : Ces données montrent que la récidive tumorale lors du second-look précoce était de 51,2 %. Les résultats du second-look influencent les résultats endoscopiques ultérieurs et le risque de NUT. Le second-look précoce pourrait aider à caractériser l’agressivité tumorale en cas d’absence d’histologie initiale mais ceci doit être évalué par d’autres études (Figs. 1 et 2).

Endomicroscopie confocale laser dans la prise en charge des tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure : résultats préliminaires
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 805

Objectifs : Évaluer la faisabilité de l’utilisation de l’endomicroscopie confocale laser (ECL) lors de l’urétéroscopie souple (URSS) diagnostique réalisée pour suspicion de tumeur de la voie excrétrice urinaire supérieure (TVEUS). Étudier la concordance entre résultats obtenus par ECL et résultats histologiques.
Méthodes : Huit patients ayant une URSS diagnostique pour suspicion de TVEUS ont été inclus. Une biopsie de la lésion suspecte était réalisée en début de procédure pour analyse histologique. 5 mL de fluorescéine à 1 % étaient ensuite injectés dans les cavités pyélocalicielles par le canal opérateur de l’URSS. Puis l’ECL était réalisée au moyen d’une sonde flexible de 3-Fr permettant d’obtenir une image de résolution microscopique, un champ de vision de 325 um et une image de profondeur tissulaire de 40–70 um. La sonde était placée au contact de la lésion suspecte puis l’acquisition vidéo en temps réel débutée et comparée simultanément à la vue endoscopique.
Résultats : Le diagnostic histologique de carcinome urothélial papillaire non infiltrant de bas grade était porté chez deux patients. Dans les autres cas, il s’agissait de dysplasie (1), d’inflammation isolée (1), pas assez de tissu analysable (3), absence de biopsie réalisée du fait de la taille minimale de la lésion (1). L’ECL a pu être réalisée dans tous les cas. L’injection de fluorescéine n’avait pas altéré la qualité d’image pour permettre la photoablation tumorale. Concernant les deux patients avec carcinome urothélial confirmé histologiquement, l’ECL permettait de visualiser au niveau de la lésion suspectée la structure papillaire, le pléomorphisme nucléaire et l’axe fibrovasculaire. A contrario, au contact d’un urothélium sain, l’ECL permettait de visualiser la structure normale de l’urothélium : lamina propria avec vaisseaux et tissu conjonctif.
Conclusion : Ces données montrent que l’utilisation de l’ECL est possible lors d’une URSS diagnostique. Ce système fournit une qualité d’image permettant de distinguer l’urothélium sain du tumoral et obtient des résultats concordants à ceux obtenus en histologie mais ces données doivent être supportées par d’autres études.

Revue systématique de la littérature et méta-analyse des facteurs de risque de récidive vésicale après néphro-uréterectomie totale pour le traitement d’une tumeur de la voie excrétrice urinaire supérieure
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 805

Objectifs : Déterminer les facteurs de risque (FR) de récidive vésicale (RV) après néphro-urétérectomie totale (NUT) pour le traitement d’une tumeur de la voie excrétrice urinaire supérieure (TVEUS)
Méthodes : Une revue systématique de la littérature concernant les FR de RV après NUT pour le traitement d’une TVEUS a été réalisée dans Medline, Embase et Cochrane pour ensuite effectuer une méta-analyse des données publiées jusqu’en septembre 2014. Selon les recommandations PRISMA, 18 études rétrospectives présentant les Hazard Ratios (HRs) des analyses multivariées des FR de RV ont été sélectionnées pour constituer une population de 8275 patients avec ou sans antécédent de tumeur de vessie.
Résultats : La prévalence de la RV était de 29 % survenant dans un délai médian de 22,2 [6,7–56,5] mois. Les facteurs prédictifs liés aux caractéristiques des patients étaient le sexe masculin (p < 0,001), l’antécédent de tumeur de vessie (p < 0,001), et l’insuffisance rénale chronique (p = 0,002). Les facteurs prédictifs liés aux caractéristiques de la tumeur étaient la cytologie urinaire préopératoire positive (p < 0,001), la localisation urétérale (p < 0,001), la multifocalité (p = 0,002), le stade invasif (p < 0,001) et la nécrose (p = 0,024). Les facteurs prédictifs liés aux caractéristiques de la NUT étaient la voie d’abord laparoscopique (p = 0,003) avec une collerette vésicale par voie extravésicale (p = 0,019) et des marges chirurgicales positives (p = 0,004).
Conclusion : Cette méta-analyse a permis d’identifier les FR de RV après NUT pour le traitement d’une TVEUS afin de proposer une prise en charge adjuvante personnalisée en adaptant les indications d’instillations intravésicales postopératoires de chimiothérapie et le rythme de la surveillance par cystoscopie au potentiel évolutif de chaque patient.

Valeur pronostique de la sous-classification pT3 des tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure localisées dans les cavités pyélocalicielles
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 805-806

Objectifs : Évaluer la valeur pronostique de la sous-classification pT3 des tumeurs de la voie excrétrice supérieure (TVEUS) localisées dans les cavités pyélocalicielles.
Méthodes : Une relecture centralisée des lames anatomopathologiques de 89 patients diagnostiqués avec une TVEUS pT3 localisée dans les cavités pyélocalicielles a été réalisée afin de distinguer les tumeurs pT3a (infiltration microscopique du parenchyme rénal) et pT3b (infiltration macroscopique du parenchyme rénal et/ou infiltration de la graisse péri-pyélique). Les survies sans récidive spécifique et globale en fonction de la sous-classification pT3 des TVEUS ont été analysées en utilisant des courbes de Kaplan-Meier et le test du Log-rank. Des analyses uni- et multivariées ont été réalisées afin d’identifier les facteurs prédictifs de récidive, mortalité spécifique et mortalité globale.
Résultats : Au total, 48 (54 %) et 41 (46 %) tumeurs ont été classées pT3a et pT3b, respectivement. Les patients diagnostiqués avec une tumeur pT3b présentaient un risque plus important d’invasion lymphovasculaire (p = 0,002) ou de métastases ganglionnaires (p = 0,01). Les survies sans récidive (44 % vs 63 % ; p = 0,001) et spécifique (53 % vs 65 % ; p = 0,03) à 5 ans étaient significativement plus faibles chez patients présentant une tumeur pT3b. En analyse multivariée, le stade pT3b était un facteur prédictif indépendant de récidive tumorale (HR = 1,7 ; p = 0,001) et de décès spécifique (HR = 1,5 ; p = 0,003). Cependant, la sous-classification pT3 n’était pas significativement corrélée à la mortalité globale (HR = 1,1 ; p = 0,16)
Conclusion : Le pronostic des TVEUS pT3 localisées dans les cavités pyélocalicielles est corrélé à l’importance de l’infiltration du parenchyme rénal et de la graisse péri-pyélique. Cette sous-classification pourrait permettre d’identifier les patients présentant un risque plus important de récidive ou de décès spécifique afin d’adapter les indications de traitement adjuvant.

Évaluation du risque de récidive vésicale par la recherche de la mutation FGFR3 sur l’ADN urinaire prélevé avant néphro-uréterectomie pour le traitement d’une tumeur de la voie excrétrice supérieure
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 806

Objectifs : Évaluer l’intérêt de rechercher la mutation de FGFR3 sur l’ADN urinaire afin d’évaluer le risque de récidive vésicale (RIV) après néphro-urétérectomie (NUT).
Méthodes : Les urines de 61 patients ont été récupérées avant de réaliser une NUT pour le traitement d’une TVEUS. L’ADN a été extrait de chaque culot urinaire afin de réaliser le génotypage de FGFR3 selon la technique de taille de fragment qui permet de déceler les mutations R248C, S249C, G372C, Y375C. Les survies sans RIV des patients mutés et non mutés ont été comparées grâce à la méthode de Kaplan-Meier. Des analyses uni- et multivariées incluant les principales caractéristiques cliniques et anatomopathologiques ainsi que le statut mutationnel FGFR3 ont été réalisées afin de mettre en évidence les facteurs de risque de RIV.
Résultats : Au total, 29 (47 %) patients présentaient une mutation du gène FGFR3 sur l’ADN urinaire. Une RIV a été diagnostiquée chez 20 (33 %) patients après un délai médian de 21,2 [12–28] mois. Le taux de RIV était significativement plus élevé dans le groupe de patient présentant une mutation de FGFR3 (44 % vs 15 % ; p = 0,03). La probabilité de survie sans récidive à 5 ans après la NUT était de 54 % et 76 % dans le groupe des patients mutés et sauvages, respectivement (p = 0,07). En analyse multivariée, seuls le tabagisme actif (p = 0,002), l’antécédent de tumeur de vessie (p < 0,001), la cytologie positive (p < 0,001), la localisation urétérale (p = 0,03), la multifocalité (p < 0,001) et le stade infiltrant (p = 0,04) étaient des facteurs prédictifs indépendants de RIV. La mutation de FGFR3 n’était pas significativement corrélée à la RIV (p = 0,08).
Conclusion : Il semble exister une augmentation importante du risque de RIV chez les patients présentant une mutation de FGFR3 sur l’ADN urinaire bien que cette mutation ne soit pas un facteur prédictif indépendant de la survenue d’une tumeur de vessie secondaire.

Faut-il préserver la surrénale lors d’une néphro-uréterectomie pour tumeur urothéliale ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 806-807

Objectifs : Si les indications d’exérèse de la surrénale lors d’une néphrectomie pour cancer rénal sont à présent bien définies, l’impact de l’exérèse surrénalienne lors de la néphro-uréteréctomie pour tumeur urothélial du haut appareil n’a jamais été évalué. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’impact de l’exérèse surrénalienne lors d’une néphro-urétérectomie pour tumeur urothéliale.
Méthodes : Les dossiers de tous les patients ayant eu une néphro-uréterectomie pour carcinome urothélial du haut appareil dans un centre entre 1994 et 2014 ont été revus rétrospectivement. Les patients étaient divisés en 2 groupes : exérèse concomittante de la surrénale (ES) et pas d’exérèse concomittante de la surrénale (PES). Les résultats périopératoires (durée opératoire, complications, marges positives…) ont été comparés entre les 2 groupes à l’aide des tests du Chi2 et de Mann-Whitney. L’impact de la surrénalectomie concomittante sur les survies spécifiques et sans récidive a été évalué à l’aide du test de Log-Rank.
Résultats : Cent-quarante-cinq patients ont été inclus dans l’étude. Parmi eux 21 avaient eu une surrénalectomie concomittante mais seule une pièce d’exérèse surrénalienne était histologiquement envahie par la tumeur urothéliale (4,8 %). Cet envahissement avait été diagnostiqué sur l’imagerie préopératoire. La réalisation d’une surrénalectomie concomittante n’avait pas d’impact significatif sur la durée opératoire (265 vs 241 min ; p = 0,22), le taux de transfusions (20 % vs 18,4 % ; p = 0,87), le taux de complications (38,1 % vs 39,8 % ; p = 0,89) ou le taux de marges positives (9,6 % vs 13,2 % ; p = 0,64). Les survies spécifiques (79,6 % vs 62,8 % ; p = 0,18) et sans récidive (70 % vs 56,6 % ; p = 0,33) à 5 ans étaient comparables entre les groupes ES et PES (Fig. 1 et 2).
Conclusion : Dans cette série monocentrique, l’exérèse surrénalienne lors de la néphro-urétérectomie pour tumeur urothéliale du haut appareil n’augmentait pas la morbidité du geste mais n’apportait pas de bénéfice carcinologique. L’envahissement surrénalien par la tumeur urothélial était rare (4,8 %) et diagnosticable sur l’imagerie préopératoire. Aux vues de ces résultats, l’exérèse surrénalienne systématique lors d’une néphro-uréterectomie n’apparaît pas justifiée.

Résultats oncologiques du traitement des TVES ≤ pT2 de l’uretère pelvien par néphro-urétérectomie, résection segmentaire et chirurgie endoscopique : résultats d’une étude multicentrique européenne
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 807

Objectifs : Comparer les résultats oncologiques obtenus après nephro-urétérectomie totale (NUT), urétérectomie segmentaire (US) ou traitement endoscopique (ENDO) pour tumeur de la voie excrétrice supérieure (TVES) non localement avancée de l’uretère distal.
Méthodes : Nous avons identifié rétrospectivement entre 2004 et 2012, à partir d’une base de données multicentrique de collaboration européenne 292 patients traités pour TVES ≤ cT2 de l’uretère distal sur l’évaluation préopératoire (scanner et/ou IRM). Les types de chirurgie, stades pT-pN, grade, hydronéphrose, scores ASA et la présence de marges chirurgicales positives (R+) ont été évalués comme facteurs pronostiques de survie en utilisant une régression de Cox en analyse uni- et multivariée. Les survies globale (SG), spécifique (SSP), sans récidive locale (SSRL), sans récidive vésicale (SSRV) et sans métastase (SSM) à 5 ans ont été calculées en utilisant la méthode de Kaplan-Meier et comparées avec test du Log-Rank.
Résultats : 128 patients traités par NUT, 134/US et 30/ENDO. Âge et suivi médian : 70 ans (p = 0,3) et 30 mois (p = 0,002). Bas grades (25,8/52,9/83,3 %, p < 0,001), pTa (43,7/45,5/63,3 %, p < 0,001) et ASA3 (p = 0,016) plus représentés dans ENDO. 57 décès (19,5 %) dont 42,1 % liés à TVES. Les SG des groupes NUT, US et ENDO (78,5/80,4/74,4 %) étaient similaires (p > 0,05) avec tendance en faveur de NUT vs ENDO (p = 0,059). SSP (87,4/88,1/83,3 %) équivalentes (p = 0,50) comme les SSRV (46,7/53,4/58,9 %, p = 0,51) et SSM (89,1/89,6/94,1 %, p = 0,78). SSRL comparable entre NUT et US (95 %–85,5 %, p = 0,09), plus faible pour ENDO (35,7 %, p < 0,001). ASA associé à SG (p = 0,033), ENDO à SG (p = 0,021) et SSRL (p = 0,001). R+ et pT2 associés à SSP (p = 0,02, p < 0,01), SSRL (p = 0,02, p = 0,039) et SSM (p = 0,048, p = 0,002).
Conclusion : Les survies globales et spécifiques des patients traités pour une TVES ≤ cT2 de l’uretère pelvien semblent comparables après NUT, US ou ENDO. L’US pourrait être recommandée en première ligne comme alternative à la NUT. Le traitement endoscopique ne devrait être réservé qu’aux patients sélectionnés, porteurs de comorbidités importantes en raison d’un risque plus élevé de récidive locale.

Les facteurs pronostiques des gangrènes de Fournier
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 808

Objectifs : Décrire les aspects cliniques et thérapeutiques et d’essayer de dégager les facteurs pronostiques de mortalité à partir d’une analyse uni- et multivariée.
Méthodes : 110 patients souffrant de gangrène de Fournier ont été traités dans notre service de janvier 2000 à décembre 2014. Nous avons analysé l’évolution en fonction des différents paramètres (âge, tares, délais de prise en charge, données de l’examen clinique initial et bilan biologique).
Résultats : L’âge moyen des malades était de 47,76 ans (19–74 ans). Une tare a était notée chez 55 malades (50 %). L’étiologie a été déterminée dans 92 cas : cause ano-rectale 53 cas, pathologie uro-génitale 36 cas, causes cutanées 3 cas. Tous les malades ont été traités par triple antibiothérapie associée à une excision radicale des tissus nécrotiques avec mise à plat et drainage. Il y a eu 17 décès (15,45 %). Les facteurs de mauvais pronostic sont : âge, diabète, délais de prise en charge supérieur à 7 jours, le sepsis, extension sus-ombilicale de la nécrose. L’étude multivariée n’a pas dégagé de facteurs indépendants de mortalité.
Conclusion : Les lésions anatomiques initiales, les scores de gravité IGSII et FGSIS et les complications postopératoires constituent les principaux facteurs pronostiques de mortalité.

Résultats périopératoires et oncologiques de la néphro-urétérectomie totale par voie laparoscopique pure versus robot assistée pour le traitement des tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 808

Objectifs : Analyser les résultats périopératoires et oncologiques obtenus après le traitement des tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure (TVEUS) localisée par néphro-urétérectomie totale selon une technique laparoscopique pure (NUT-L) versus robot-assistée (NUT-R)
Méthodes : Les données périopératoires et de survie de 111 patients opérés d’une NUT -L (n = 85) ou NUT-R (n = 26) dans 4 centres en France entre 2004 et 2015 ont été rétrospectivement collectées. Le bilan préopératoire mettait en évidence chez chacun d’entre eux une TVEUS localisée sans métastase à distance. Les données périopératoires ont été comparées à l’aide du test du Chi2 pour les variables qualitatives et des tests de Student et de Mann-Whitney pour les variables quantitatives continues. Les survies sans récidive et spécifique ont été analysées en utilisant des courbes de Kaplan-Meier et le test du Log-Rank.
Résultats : Les durées opératoires moyennes dans le groupe NUT-L et NUT-R étaient de 221 (± 38) min et de 243 (± 47) min, respectivement (p = 0,14). Les taux de complications peropératoires étaient similaires entre les 2 groupes (p = 0,42). Les pertes sanguines moyennes étaient de 320 mL (± 80) et 296 (± 60) mL dans le groupe NUT-L et NUT-R, respectivement (p = 0,22). Les principales caractéristiques anatomopathologiques étaient similaires entre les 2 groupes. Il n’existait aucune différence en termes de complications postopératoire Clavien 1, 2 et 3. Aucune complication Clavien 4 n’a été rapportée. La durée moyenne d’hospitalisation était plus courte après NUT-R (6,1j vs 8,9j ; p = 0,02). Après un suivi moyen de 8 (± 4,5) mois et 58 (± 4,5) mois, les taux de survie sans récidive (p = 0,32) et spécifique (p = 0,28) étaient comparables entre les 2 groupes.
Conclusion : Les résultats périopératoires et oncologiques de la NUT par voie laparoscopique robot-assistée sont similaires à ceux obtenus par voie laparaoscopique pure. Il s’agit donc d’une intervention chirurgicale présentant un faible taux de complication avec un contrôle local satisfaisant.

Validation de l’index de sévérité de la gangrène de Fournier (ISGF) dans une série contemporaine
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 808-809

Objectifs : Le but de notre étude est de valider l’ISGF sur une série de patients admis pour gangrène de Fournier dans notre établissement. L’analyse statistique a été réalisée par le logiciel SPSS 10 pour Windows et le seuil de significativité était retenu pour un p < 0,05.
Méthodes : De 2002 a 2012, soixante cas de GF ont été colligés, sept cas de décès ont été observés soit une mortalité de 12 %. L’âge moyen de nos patients est 57 ans. Tous les cas observaient sont de sexe masculin. Nous avons établi l’ISGF pour chaque patient.
Résultats : Nous avons établi l’ISGF pour chaque patient, avec une différence significative entre la moyenne de l’ISGF dans la série de survie (6,23 ± 3,47) comparée à (10,14 ± 2,41) dans celle de mortalité (p = 0,006). En utilisant la valeur seuil de l’ISGF déterminée à 9 par Laor et al., on note que le taux de mortalité est significativement élevé dans le groupe des patients ayant un ISGF > à 9 (38,4 %), comparé à (4,3 %) dans le groupe des patients ayant ISGF ≤ à 9, avec une différence statistiquement significative (p = 0,004). Nous avons également démontré comme des facteurs de mauvais pronostic le diabète, les troubles hydroélectrolytiques, l’insuffisance rénale et l’extension locale avancée de l’infection.
Conclusion : L’ISGF calculé à partir des signes cliniques et métaboliques constitue un outil simple, fiable et valide dans l’évaluation de la gravité initiale de la maladie, permettant de mieux stratifier les patients pour une meilleure prise en charge.

Le kyste hydatique du rein fistulisé dans les voies excrétrices, prise en charge diagnostique et thérapeutique. À propos de 32 cas
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 809

Objectifs : La localisation rénale du kyste hydatique est rare. Les formes s’accompagnant de plus d’une fistulisation dans les voies excrétrices présentent des particularités diagnostiques et thérapeutiques qui seront décrites dans ce travail.
Méthodes : 32 patients présentant un kyste hydatique du rein fistulisé dans la voie excrétrice urinaire ont été inclus dans l’étude de 1999 à 2015. Les variables étudiées ont été : la symptomatologie clinique (l’hydaturie), l’imagerie, le traitement et l’évolution. L’hydaturie et la dilatation des cavités excrétrices ont été les principaux éléments orientant vers le diagnostic de kyste hydatique du rein fistulisé dans les voies urinaires. Les données ont été saisies et analysées au moyen du logiciel SPSS 17.0.
Résultats : L’hydaturie était retrouvée chez 53,1 % des patients. La dilatation des cavités excrétrices était observée dans 18,8 % des cas. La fistule était observée à l’uroscanner dans un cas et une image lacunaire dans le pyélon était observée dans un cas à l’UIV. Le traitement a consisté en une résection du dôme saillant ou une périkystectomie respectivement dans 75 et 25 % des cas avec fermeture de la fistule. Une descente de sonde JJ à travers la fistule ou une pyélotomie était réalisée dans 43,8 % des cas. Un patient était drainé par une sonde de néphrostomie intubante et 53,1 % n’étaient pas drainés. Les suites étaient marquées par 15,6 % de fistule urinaire et 6,3 % d’infection de la cavité résiduelle. 80 % des patients qui ont présenté une fistule urinaire ont eu un drainage peropératoire.
Conclusion : L’hydaturie et la dilatation des cavités excrétrices sont les principaux éléments orientant vers le diagnostic de kyste hydatique du rein fistulisé dans les voies urinaires. Un drainage par une sonde double J en peropératoire est nécessaire lorsque la fistule kysto-urinaire est large mais n’écarte pas le risque de survenue de fistule urinaire postopératoire (Fig. 1 et 2).

État des lieux de l’antibio-résistance des germes uropathogènes sur une décennie
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 810-811

Objectifs : La résistance aux médicaments antimicrobiens est un problème croissant d’ampleur mondiale. Au cours de ces deux dernières décennies et suite à l’utilisation intensive des antibiotiques, nous assistons à une sélection de souches multirésistantes aussi bien en milieu hospitalier qu’en milieu communautaire. Le but de notre travail est de déterminer la cinétique d’évolution de la résistance aux antibiotiques des principales souches bactériennes isolées en milieu urologique.
Méthodes : Il s’agit d’une étude monocentrique rétrospective réalisée sur dix ans allant du 1er janvier 2004 au 1er juin 2014 portant sur les examens cytobactériologiques des urines. Ont été inclus, tous les patients hospitalisés ayant eu un prélèvement des urines dans le service en pré- ou en postopératoire. L’analyse statistique des données collectées au moyen d’un bordereau de recueil a été faite à l’aide du logiciel SPSS v « 17.0 ».
Résultats : L’âge moyen est de 63,7 ans avec une prédominance masculine (sex-ratio de 3,5). Nous avons colligé 1141 prélèvements positifs sur 8898 pendant plus de dix ans. L’étude de résistance des entérobactéries (76,86 % des isolats) a objectivé une augmentation progressive de la résistance aux aminopénicillines et l’amoxicilline + acide clavulanique (AMC) passant de 80 % et 42,7 % en 2004 pour atteindre 100 % et 65 % en 2014, ainsi qu’aux fluoroquinolones (FQ) pour atteindre une moyenne de 54 % en 2014 pour la ciprofloxacine. La ceftriaxone et la gentamycine gardent leur efficacité dans la majorité des cas, mais avec des taux de résistance élevés respectivement de 37,5 % et 24,2 % en 2014. La résistance à la trimithoprime-sulfaméthoxazole (SXT) restait constamment élevée, 53,3 % en moyenne. Les germes produisant une BLSE sont en augmentation et représentaient 19,38 % des entérobactéries.
Conclusion : Les résistances importantes aux quinolones limitent leurs prescriptions dans la majorité des cas. Aucune entérobactérie n’est sensible aux aminopénicillines. Les céphalosporines, les aminosides, le trimithoprime-sulfaméthoxazole (SXT) et les pénèmes ont des niveaux de résistance élevée et croissante. La prévalence des BLSE est inquiétante.

La pyélonéphrite emphysémateuse : notre expérience de traitement conservateur chez 18 patients
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 810

Objectifs : La pyélonéphrite emphysémateuse (PNE) est une infection nécrotique du rein, rare et grave, survenant essentiellement chez le sujet diabétique. Son diagnostic positif repose sur la tomodensitométrie et son traitement est actuellement de plus en plus conservateur. L’objectif de ce travail est de discuter le traitement conservateur de cette affection à travers notre expérience chez 18 patients.
Méthodes : Entre 2010 et 2014, un traitement conservateur a été réalisé chez 18 parmi 24 patients hospitalisés pour PNE. Nous avons recueilli rétrospectivement les données épidémiologiques, cliniques, biologiques, radiologiques, thérapeutiques et évolutives chez tous les patients. La tomodensitométrie a été réalisée dans tous les cas pour confirmer le diagnostic et pour la classification de la PNE selon la classification de Huang et Tseng. Les données ont été saisies et analysées au moyen du logiciel SPSS 17.0.
Résultats : Une obstruction des voies excrétrices supérieure a été retrouvée dans 13 cas. Il s’agissait d’une lithiase urinaire dans 12 cas et une urétérocèle compliquée de lithiase. Tous les patients ont bénéficié des soins intensifs comportant outre le rétablissement de l’équilibre hydroélectrolytique et acido-basique, une double antibiothérapie. Un drainage de la voie excrétrice par une sonde JJ a été réalisé chez 12 patients, par sonde urétérale chez 5 patients. Un patient avait une distension urinaire sur un rétrécissement urétral avec pyélite emphysémateuse bilatérale, le drainage a consisté en la mise en place d’un cystocathéter sus-pubien seulement. L’évolution était favorable chez quinze patients et la TDM de contrôle a montré une régression voire une disparition complète du gaz des voies excrétrices et/ou du parenchyme rénal après un délai moyen de 10 jours.
Conclusion : La PNE demeure une infection grave mettant en jeu le pronostic vital. Il faut l’évoquer précocement en cas infection urinaire avec des signes cliniques de gravité, en particulier chez les diabétiques, pour permettre un traitement conservateur. Ce traitement conservateur est basé sur l’antibiothérapie, la réanimation et le drainage des urines et ne doit pas retarder une éventuelle néphrectomie de sauvetage (Fig. 1 et 2).

Entérobactéries productrices de BLSE : prévalence, co-résistance et facteurs de risque ; où sommes nous ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 811

Objectifs : Introduction. — Les infections urinaires à entérobactéries productrices de B-lactamases à spectre élargi constituent un risque infectieux croissant et peuvent même conduire dans de nombreux cas à des impasses thérapeutiques du fait de leur multirésistance aux antibiotiques. But. — Suivre l’évolution du profil épidémiologique des entérobactéries uropathogènes productrices de B-lactamases à spectre élargi (E-BLSE) au service d’urologie et décrire leur niveau de résistance.
Méthodes : C’est une étude rétrospective monocentrique réalisée au sein du service d’urologie d’un centre hospitalier universitaire sur une durée d’onze ans (janvier 2004–décembre 2014), sur 1141 prélèvements urinaires positifs.
Résultats : L’âge moyen des patients était de 63,7 ans (extrêmes : 16 à 100 ans). On a noté une prédominance masculine (sex-ratio de 3,5). Quant aux motifs d’hospitalisation, la pathologie prostatique présentait 37,22 % suivie de celle rénale avec 23,48 % puis vésicale avec 22,52 %. 878 isolats d’entérobactéries ont été colligés durant la période d’étude dont 19 % étaient productrices de BLSE (Fig. 1) L’étude de l’antibiorésistance des E-BLSE entre 2004 et 2014 a mis en évidence un taux de co-résistance globale à la ciprofloxacine (28 %), sulfaméthoxazole–triméthropime (24 %), l’amikacine (38 %), l’imipénème (75 %), la nitrofurantoine (13 %) et la fosfomycine (9 %). Parmi les facteurs de risque d’infection par ces germes, le cathétérisme urinaire était prédominant (prévalence de 70,5 %), le sexe masculin, l’âge extrême et l’immunodépression (diabète).
Conclusion : L’importante augmentation de la prévalence des E-BLSE est devenue préoccupante en milieu hospitalier. L’étude de la résistance des souches d’E-BLSE aux antibiotiques a mis en évidence des taux de co-résistance élevés aux antibiotiques, notamment aux molécules usuelles en urologie.

Le Staphylocoque aureus en urologie : quelle prévalence ? Quelle cinétique d’évolution et quel profil de résistance ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 811-812

Objectifs : Décrire la prévalence de S. aureus, sur une durée de onze ans, ainsi que la cinétique d’évolution de son profil de résistance en matière d’infection du tractus urinaire.
Méthodes : C’est une étude rétrospective monocentrique réalisée sur une durée de onze ans, de janvier 2004 au décembre 2014, dans un service universitaire d’urologie en colligeant tous les prélèvements d’ECBU isolant un S. aureus à partir des dossiers des malades y sont hospitalisés durant cette période. Les prélèvements isolant un deuxième germe associé au S. aureus ont été exclus. L’analyse statistique était basée sur SPSS .17.
Résultats : La prévalence globale de S. aureus dans notre étude était de 9,60 % dont 41 % ont été représentés par des ITU nosocomiales ; il était le troisième germe isolé après E. coli et K. pneumoniae. Un taux de 70,8 % d’isolats de S. aureus était enregistré sur sonde vésicale. Sa résistance à l’AMC restait stationnaire, alors qu’elle a baissé pour les céphalosporines de troisième génération, la SXT et augmenté pour les aminosides et la ciprofloxacine, l’acide fucidique, d’autre part, garde une excellente action sur ce germe in vitro mais il diffuse mal dans l’appareil urinaire ce qui limite son utilisation (Fig. 1).
Conclusion : Le S. aureus n’est pas un germe usuel d’ITU mais sa prévalence, de plus en plus élevée, durant ces dernières années impose une prise en considération par les urologues et une actualisation de son statut de résistance afin de rationaliser le traitement empirique des infections urinaires.

Évaluation des résultats de l’urétroplastie des 26 premières métaidoioplasties réalisées en France
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 812

Objectifs : La métaidoioplastie est une technique de réassignation chez les patients transsexuels « female to male » (FTM) dont la difficulté principale est l’urétroplastie. Objectif : évaluer les résultats de l’urétroplastie et la satisfaction des patients sur le plan urinaire et sexuel dans la métaidoioplastie.
Méthodes : Étude de cohorte rétrospective monocentrique incluant 26 patients consécutifs opérés d’une métaidoioplastie entre mars 2008 et avril 2013. Un allongement du clitoris associé à une urétroplastie était réalisé dans un premier temps, suivie 3 à 6 mois après d’une scrotoplastie par lambeau de Martius, plus ou moins complétée par la pose d’implants testiculaires à distance. Le recueil des données opératoires et des complications était réalisé à partir du dossier médical informatisé. Les patients étaient contactés par téléphone pour répondre au nouveau questionnaire développé dans le service portant sur l’évaluation de la fonction urinaire et sexuelle. L’évaluation mictionnelle était complétée par l’ICIQ-SF.
Résultats : La taille moyenne de la métaidoioplastie en traction était de 4,6 cm (2,5–7 cm), le suivi moyen de 30 mois (6–66) avec comme complications majeures 7,70 % (2/26) de désunions urétrales étendues. 46 % (12/26) de fistules mineures distales d’évolution spontanément résolutive ou opérées secondairement lors de la scrotoplastie. Le taux de réponse aux questionnaires était de 81 % (21/26). Sur le plan urinaire, 95 % (20/21) des patients étaient satisfaits de leur façon d’uriner, 76 % (16/21) urinaient debout. Aucun patient ne présentait d’incontinence urinaire. Seulement 2 patients étaient dysuriques. Sur le plan sexuel, sensibilité conservée dans 100 % des cas, 81 % (17/21) étaient satisfaits de l’apparence de la métaidoioplastie. 90 % avaient des érections.
Conclusion : La métaidoioplastie permet une réassignation rapide sans préjudice esthétique ni complication urinaire majeure. Le taux de satisfaction est bon sur le plan urinaire et sexuel. Elle ne contre-indique pas la réalisation ultérieure d’une autre technique (Fig. 1).

Ondes de choc de faible intensité pour le traitement de la dysfonction érectile : comment ça marche ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 812

Objectifs : Des études cliniques rapportent l’utilisation d’ondes de choc de faible intensité (Li-ESWT) appliquées sur la verge pour traiter la dysfonction érectile (DE). Le mécanisme d’action de cette thérapeutique innovante reste inconnu. Nous avons évalué l’efficacité des Li-ESWT dans le contexte expérimental de la DE associée au diabète utilisant le rat diabétique Goto-Kakizaki (GK) et son contrôle normoglycémique Wistar pour préciser le mécanisme d’action des Li-ESWT.
Méthodes : Certains rats GK (n = 24) ont reçu 2 séries de traitements bi-hebdomadaires par Li-ESWT (Omnispec ED1000, Medispec), séparées de 3 semaines sans traitement. Ce protocole de traitement par Li-ESWT reproduisait exactement le protocole humain. Parmi ces rats GK, certains ont également reçu 0,3 mg/kg iv de sildénafil au moment de l’évaluation de la fonction érectile, 4 semaines après la dernière séance par Li-ESWT, en mesurant la pression intracaverneuse lors de stimulations électriques du nerf caverneux. La réactivité en bain d’organes isolés des corps caverneux (CC) issus des mêmes rats a été également mesurée afin d’explorer le rôle éventuel de la voie NO/cGMP.
Résultats : La fonction érectile des rats diabétiques GK est significativement diminuée en comparaison des rats contrôles Wistar et associée à une diminution des relaxations endothélium-dépendantes, -indépendantes et nitrergiques des corps caverneux. Les Li-ESWT ont significativement amélioré la fonction érectile des rats diabétiques GK. De plus, le sildénafil a augmenté significativement l’effet pro-érectile du traitement par Li-ESWT. Cependant, la relaxation des CC n’a pas été améliorée par Li-ESWT, qu’elle soit endothélium-dépendante, -indépendante ou nitrergique.
Conclusion : Li-ESWT améliore la fonction érectile des rats diabétiques de type II GK. Le sildénafil associé aux Li-ESWT améliore encore ces réponses. L’effet thérapeutique des Li-ESWT est indépendant de la voie du NO/cGMP. D’autres études sont nécessaires pour comprendre le mécanisme d’action des Li-ESWT.

Dysfonction érectile par lésion du nerf pudendal après traitement chirurgical des fractures diaphysaires du fémur : état des lieux et conseils pratiques
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 813-814

Objectifs : Devant le nombre de troubles de l’érection observés chez les patients ayant été opérés d’une fracture de la diaphyse fémorale par ostéosynthèse sur table orthopédique, nous avons voulu, par un auto-questionnaire IIEF (index international de la fonction érectile), en faire une évaluation réelle.
Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective, incluant 86 hommes âgés de 18 à 52 ans, ayant subi une fracture isolée de la diaphyse fémorale ou tibiale entre 2010 et 2014. Ces patients ont été convoqués pour répondre au questionnaire IIEF. Aucun des patients ne souffrait de dysfonction érectile (DE) avant l’intervention chirurgicale. Le groupe de patients avec fracture tibiale constitue le groupe de contrôle.
Résultats : La fonction érectile est significativement plus altérée chez les patients opérés pour fracture du fémur (48,6 % versus 11,9 %, p = 0,01). Une dose totale de curare plus importante est significativement associée à une meilleure fonction érectile (10,6 mg versus 7,5 mg chez les patients avec ou sans DE respectivement, p = 0,03). Ceci peut être en rapport avec un meilleur relâchement musculaire. Une durée opératoire prolongée est significativement associée à un taux de DE plus important (120 min ± 25,5 versus 104 min ± 42,1 chez les patients avec ou sans DE, p = 0,02). La seule différence technique avec le groupe contrôle est représentée par le contre-appui périnéal. La cause potentielle de la DE est vraisemblablement la lésion du nerf pudendal.
Conclusion : Cette étude a objectivé une prévalence importante des DE après chirurgie d’une fracture diaphysaire de fémur, en rapport avec une lésion vraisemblable du nerf pudendal. Une bonne relaxation musculaire à l’aide d’une dose adéquate de curare permet de réduire ce risque.

Évolution du nombre et du type de prothèses péniennes posées en France pour dysfonction érectile : analyse des données nationales de codage pour la période 2006–2013
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 813

Objectifs : Les patients ne répondant pas aux traitements pharmacologiques oraux, injectables ou au vacuum peuvent bénéficier de la pose d’une prothèse pénienne. Trois types de prothèses peuvent être proposés : les prothèses rigides ou semi-rigides, les prothèses gonflables 2 et 3 pièces. Les auteurs ont souhaité évaluer l’évolution de la prise en charge chirurgicale de la dysfonction érectile en France au moyen des données nationales du codage.
Méthodes : Analyse des données issues de la base de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) (2006–2013) en utilisant la classification commune des actes médicaux (CCAM) et après extraction des codes relatifs à cette chirurgie (JHLA002, JHLA003, JHLA004).
Résultats : Le nombre de prothèses péniennes posées en France a augmenté de 106 % (307 en 2006 contre 633 en 2013). Les prothèses péniennes gonflables avec composante extra-caverneuse demeuraient les prothèses les plus fréquemment posées (87 %) avec une progression de 142 % pendant cette période (228 en 2006 contre 552 en 2013). En deuxième position on retrouvait les prothèses rigides, même si la pose a diminué de 26,7 %. Enfin, la pose des prothèses péniennes gonflables sans composante extra-caverneuse restait anecdotique avec une vingtaine d’interventions annuelles. En 2013, plus de la moitié des prothèses péniennes françaises étaient posées dans trois régions (Île-de-France, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes). Entre 2006 et 2013 la répartition privée/publique des zones d’implantation s’est modifiée avec 65,8 % d’implantation en secteur privé en 2006 contre 56,9 % d’implantation en secteur publique en 2013.
Conclusion : Le nombre de prothèses péniennes posées entre 2006 et 2013 a doublé en France. Trois régions semblaient particulièrement actives pour cette chirurgie (Île-de-France, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes). La prise en charge de cette activité restait partagée entre les secteurs d’hospitalisation publics et privés.

Le profil hormonal sérique comme prédicteur du score au questionnaire « Androgen Deficiency in the Aging Male » (ADAM)
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 813

Objectifs : Déterminer si les profils hormonaux sériques en termes d’androgènes et d’œstrogènes peuvent prédire les scores obtenus au questionnaire ADAM.
Méthodes : Dans cette étude rétrospective ont été inclus tous les patients ayant une testostérone sérique (T) basse et qui avaient rempli le questionnaire ADAM. Les hormones mesurées chez ces patients (dans le même laboratoire) incluaient : TT, T libre (TL), œstradiol (E2), et LH. Une régression logistique a été réalisée pour définir des prédicteurs de (A) un score ADAM positif (dysfonction érectile ou baisse de libido, ou 3 autres symptômes présents) et (B) le nombre de symptômes présents (hors dysfonction érectile). Les variables entrées dans le modèle étaient : âge du patient, TT, FT, E2, ratio T/E, nombre de facteurs de risque cardiovasculaires, présence d’une varicocèle.
Résultats : Cent quatre-vingt-huit patients avec un âge moyen de 49 ± 26 (19–72) ans ont été inclus dans notre analyse. Le volume testiculaire moyen était de 16 ± 8 mL. Les taux moyens de TT étaient de 190 ± 82 ng/dL, FT 46 ± 16 pg/mL, E2 24 ± 16 pg/mL, LH 2,5 ± 2,0 IU/mL, et le ratio moyen T/E était de 7,9 ± 2 (1,7–26,9). Il n’y avait pas de corrélation statistiquement significative entre ces taux et notre objectif « A » bien que l’âge des patients et le nombre de FRCV y soient corrélés avec r = 0,29, p = 0,014, et r = 0,38, p < 0,01, respectivement. Cependant, une corrélation significative a été trouvée entre l’objectif « B » et TT, avec r = 0,12, p = 0,035, ainsi qu’avec le ratio T/E, avec r = 0,49, p < 0,001. Les résultats de l’analyse multivariée tentant de définir des facteurs prédictifs de notre objectif « B » sont listés dans le Tableau 1.
Conclusion : Les taux d’androgènes/œstrogènes sont peu corrélés à la présence d’un déficit androgénique lié à l’âge (DALA) tel que défini par le questionnaire ADAM. Exclure la dysfonction érectile de la définition permet d’augmenter la capacité de ces taux hormonaux à prédire la présence d’un DALA selon ce questionnaire.

Conséquences sexuelles de la chirurgie aortique : chirurgie ouverte versus endoprothèse. Étude prospective comparative
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 814-815

Objectifs : L’activité sexuelle chez les hommes de plus de 50 ans est un facteur important de qualité de vie. Le retentissement sexuel de la chirurgie de l’anévrisme de l’aorte abdominale (AAA) notamment pour les techniques endovasculaires est peu documenté. Notre objectif était d’évaluer l’impact de la chirurgie de l’AAA sur la fonction érectile (FE) en fonction de l’abord par laparotomie médiane ou endovasculaire.
Méthodes : Étude prospective comparative monocentrique incluant 80 patients traités consécutivement par chirurgie pour un AAA de novembre 2013 à janvier 2015. Pour chaque patient, outre les caractéristiques clinico-biologiques, la FE pré opératoire et à 3 mois post-opératoire a été mesurée par le questionnaire International Index of Erectile Function (IIEF-5), le score de rigidité : Erectile Quality Scale. L’incidence de l’éjaculation rétrograde a été également mesurée. La comparaison des résultats en fonction de l’abord chirurgical ou endovasculaire a été évaluée en analyses uni- et multi-variées.
Résultats : Vingt-sept patients ont été traités par endoprothèse aorto bi-iliaque, 53 par laparotomie médiane (34 prothèses aorto aortiques et 19 aorto bi-iliaques). En analyse univariée ajustée sur la FE pré opératoire, le score IIEF-5 était significativement plus altéré en post-opératoire après laparotomie médiane vs. abord endovasculaire (OR : 52, IC : [10,3 ; 264], p < 0,0001). Les patients de plus de 65 ans, les tabagiques actifs (> 50 paquets/années), les patients obèses (IMC > 30), ceux ayant une hypercholestérolémie étaient les plus à risque d’altérer leur FE (p < 0,05). En analyse multivariée, l’abord par laparotomie était un facteur indépendant d’altération de la FE (OR : 35,5, IC : [5,75 ; 218], p < 0,0001). Les 7 patients présentant des éjaculations rétrogrades post opératoires, ont été opérés par laparotomie médiane.
Conclusion : Ces résultats démontrent que le traitement chirurgical de l’AAA impacte sur la fonction éréctile. L’abord endovasculaire est moins délétère sur la FE. Ces données soulignent l’interêt d’une évaluation de la sexualité avant toute chirurgie vasculaire lourde dans le choix de la voie d’abord au sein d’une population particulierement à risque de dysfonction éréctile.

Évaluation standardisée d’un protocole d’injections intralésionnelles de vérapamil pour maladie de Lapeyronie
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 814

Objectifs : L’objectif était d’évaluer les résultats d’un protocole d’injections intra-lésionnelles de verapamil (IILV) dans le traitement de la maladie de Lapeyronie et de rechercher les facteurs prédictifs de réponse.
Méthodes : Les patients suivis pour maladie de Lapeyronie dans notre service ont été inclus prospectivement entre 2007 et 2013. Les données suivantes étaient recueillies : âge, degré de courbure du pénis, le score de Lue, la douleur évaluée par une échelle de Likert. Le protocole utilisé consistait en une injection unique de verapamil par séance dans le foyer index 15 mg/6 mL. Les injections étaient répétées une fois toutes les 3 semaines pour un minimum de 6 séances.
Résultats : Soixante hommes ont été inclus. Le nombre moyen d’injections par patient était de 12,6 (± 8,9). Les scores de Lue moyens avant et après les IILV étaient de 9,4 (± 2) et 4,5 (± 2) respectivement (p = 0,05). Les degrés de courbure moyens durant les érections étaient de 37,3° (± 13,3) avant les IILV et de 21° (± 13) après les IILV respectivement (p = 0,02). Aucun effet indésirable grave n’a été observé. À la fin de la période de surveillance, 47 patients (78 %) considéraient avoir été améliorés par le traitement. Le jeune âge était le seul facteur prédictif de réponse aux IILV que ce soit en analyse univariée (OR = 0,91 ; p = 0,04) ou multivariée (OR = 0,87 ; p = 0,03).
Conclusion : Les IILV diminuent les symptômes de maladie de Lapeyronie chez 78 % des patients. La plupart des patients ont eu besoin d’au moins 12 injections pour obtenir une amélioration optimale. Le jeune âge est le seul facteur prédictif de succès des IILV.

Les injections intracaverneuses peuvent-elles sauver les échecs des traitements oraux par inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 814

Objectifs : De nombreux patients ayant une dysfonction érectile (DE) ne répondent pas aux inhibiteurs de la phosphodiestérase type 5 (iPDE5), même après adaptation de la posologie et renouvellement de l’éducation thérapeutique. Notre objectif, dans cette étude prospective, était de savoir si les patients en échec thérapeutique initial face aux traitements oraux par iPDE5 pouvaient être sauvés par un traitement de courte durée par injections intra-caverneuses (ICI).
Méthodes : Des patients ayant une DE et en échec de traitement par sildenafil (pas de pénétration avec 100 mg, en ≥ 4 différentes occasions, en prenant le comprimé en préprandial et avec un score IIEF-EFD < 22) qui ont été traités par ICI ont constitué la population d’étude. Tous les patients ont rempli un questionnaire IIEF avant et pendant leur traitement par sildenafil et sous traitement par ICI. Les patients étaient ensuite encouragés à réessayer le sildenafil à partir de 3 mois après le début du traitement par ICI. Une régression logistique a été réalisée pour définir des prédicteurs d’un score IIEF-EFD > 22 après cette nouvelle tentative de traitement par sildenafil.
Résultats : Soixante-seize patients ont été inclus. L’âge moyen et la durée de la DE étaient de 52 ± 31 et de 2,6 ± 1 ans. Les scores IIEF-EFD moyens pré-et post-sildenafil étaient de 17 ± 6 et de 22 ± 4 (p < 0,05). La durée du traitement par ICI au moment du nouvel essai du sildenafil était de 6 ± 3 mois. Le score moyen IIEF-EFD sous ICI était de 28 ± 3,5. 68/76 (89 %) des échecs du traitement par sildenafil ont répondu aux ICI avec pénétration. Lors de la nouvelle tentative de traitement par sildenafil, 18/68 (24 %) ont pu avoir un rapport sexuel sous ce seul traitement oral. Le score IIEF-EFD était alors de 27 ± 2 (p < 0,05 vs traitement initial par sildenafil). Chez les hommes pour lesquels le traitement de sauvetage a réussi, le score IIEF-EFD a cru de 21 ± 3 à 27 ± 2.
Conclusion : Nos résultats montrent qu’environ ¼ des hommes qui sont en échec des iPDE5 peuvent être sauvés par un traitement de courte durée par ICI, et plus particulièrement les patients qui ne sont pas diabétiques, obèses, fumeurs et qui n’ont pas d’antécédent de prostatectomie radicale.

Arrêter un traitement par citrate de clomiphène pour commencer un traitement par testostérone transdermique : impact sur la symptomatologie de l’hypogonadisme
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 815-816

Objectifs : Évaluer l’impact sur le score obtenu au questionnaire « Androgen Deficiency in the Aging Male » (ADAM) d’un arrêt du traitement par citrate de clomiphène (CC) pour un traitement par testostérone transdermique (TTD) chez les patients non répondeurs au CC.
Méthodes : Les patients hypogonadiques en échec du traitement par CC (défini par la conversion d’une réponse « oui » avant traitement par un « non » en cours de traitement à ≤ 2 questions du questionnaire ADAM), malgré une bonne réponse sérique (testostérone [T] > 400 ng/dL ET augmentation > 200 ng/dL de la T sous traitement par CC), ont constitué la population d’étude. Les patients ont été traités par TTD, ont eu une mesure de leurs hormones 2 semaines après le début de la TTD puis tous les 6 mois après stabilisation de leur T totale et ont rempli le questionnaire ADAM ≥3 mois après avoir atteint une réponse sérique à la TTD.
Résultats : Cinquante-six patients avec un âge moyen de 56 ± 22 ans ont été inclus dans notre analyse. Les taux de T totale (ng/dL) avant traitement, sous CC et sous TTD étaient de 242 ± 161, 526 ± 164, et 612 ± 216, respectivement. Les taux de LH (IU/mL) étaient de 5,1 ± 5,0, 8,6 ± 4,1, 1,4 ± 2,4, respectivement. Trente-deux pour cent des patients ont ressenti une amélioration symptomatique sous TTD. Les changements en termes de réponse symptomatique (nombre de questions du questionnaire ADAM s’étant converties d’un « oui » vers un « non ») sont présentés dans le tableau. Aucun facteur prédictif de changement symptomatique en réponse à la TTD n’a été identifié.
Conclusion : Un tiers des patients qui ont une bonne réponse sérique mais une faible réponse symptomatique au CC voient leur symptomatologie s’améliorer sous TTD malgré des taux de T totale similaires (Tableau 1).

Sexualité de l’homme âgé en milieu africain
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 815

Objectifs : Analyser les activités sexuelles de l’homme âgé au Burkina Faso principalement dans la ville de Ouagadougou.
Méthodes : Il s’est agi d’une étude qui s’est déroulée du 1er juin au 31 août 2014 sur les données de la vie sexuelle de 131 hommes âgés de 60 ans et plus. 652 personnes ont reçu un questionnaire, 131 participants l’ont rempli répondu complètement.
Résultats : Cinquante-trois personnes (41,7 %) affirmaient que la sexualité était tabou. Environ 19,8 % (26 participants) avaient consulté un médecin pour leur problème sexuel. Trente-sept participants (28,2 %) affirmaient qu’il y avait un âge limite pour arrêter les rapports sexuels. Un pourcentage de 23,7 avaient une éjaculation précoce et 13,7 % une éjaculation retardée. Environ 51,2 % (67 personnes) avaient une angoisse de performance. L’érection conservait une meilleure qualité avec l’âge lorsque les rapports sexuels avaient commencé entre 18 et 25 ans. Devant leurs problèmes sexuels 24 participants (18,3 %) avaient eu recours au service d’un tradipraticien. Trente-trois participants (25,2 %) avaient eu recours à l’automédication. Quatre-vingt quatre pour cent (110 personnes) déclaraient n’avoir jamais été interrogés sur leur sexualité, par un médecin au cours d’une consultation. Quatre-vingt cinq participants (64,9 %) ont estimé que les médecins se désintéressaient de leur sexualité.
Conclusion : Les seniors ont une vie sexuelle au Burkina Faso. Cette sexualité est confrontée à plusieurs problèmes liés intrinsèquement à l’âge, à la société, et enfin à la psychologie des personnes âgées elles-mêmes.

Apport des auto-dilatations dans le traitement des sténoses de l’urètre
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 816-817

Objectifs : Étudier l’intérêt des auto-dilatations (AD) après urétrotomie interne.
Méthodes : Étude rétrospective chez des patients ayant reçu une urétrotomie interne (UOI) pour traiter une sténose de l’urètre (SU).
Résultats : Quatre-vingt-treize patients avec une SU traitée par UOI seule (50 patients) ou associée à des AD (43) était inclus. Les SU étaient d’origine iatrogène (75 %), courte < 10 mm (84 %), unique (74 %) et primitive (50,5 %). Le suivi moyen était de 99,3 ± 72,8 semaines. Dix-huit patients (19 %) présentaient une récidive symptomatique (p < 0,001). Les taux de récidives étaient comparables dans les 2 groupes (p = 0,46). Le délai de récidive moyen était de 81,1 ± 87 semaines et était différent dans les 2 groupes (p = 0,014). Une analyse des récidives pour des SU primitives montrait que le taux de récidives est statistiquement non différent. Une analyse des récidives pour des SU récidivantes était comparable dans les 2 groupes (p = 1).
Conclusion : Après UOI les SU récidivent chez 1 patient sur 5 après 18 mois surtout si elles sont compliquées (multiples, récidivantes, étendues). Les AD n’apportent pas de bénéfice en termes de récidive (pour la population générale et pour les SU primitives) par rapport aux UOI seules mais semblent prolonger le délai sans récidive (76,8 semaines vs 83,3 semaines).

Évaluation de l’efficacité de l’oxygénothérapie hyperbare dans le traitement de la cystite hémorragique post-radique
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 816

Objectifs : La radiothérapie pelvienne engendre de nombreuses complications, dont la cystite radique responsable d’hématuries parfois sévères. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la tolérance de l’oxygénothérapie hyperbare (OHB) dans le traitement des hématuries post-radiques (HPR).
Méthodes : Nous avons réalisé une étude rétrospective et inclus tous les patients traités de janvier 2003 à décembre 2013 par OHB pour HPR dans un centre universitaire. Nous avons étudié les caractéristiques cliniques des patients, l’indication de la radiothérapie ; les traitements précédant l’OHB, le grade de l’hématurie établi selon la classification CTCAE v4.0 et l’efficacité de l’OHB. Le succès de l’OHB était défini comme la résolution totale ou partielle de l’hématurie.
Résultats : Nous avons inclus 65 patients dont l’âge moyen était de 71,2 (39–87) ans. Les HPR étaient sévères (grade > 2) dans 45 (69 %) cas. L’indication de la radiothérapie était le traitement d’un cancer de la prostate chez 55 (86 %) patients. Le délai moyen entre l’hématurie et l’OHB était de 16 (1–132) mois. Avant OHB, 63 (96,9 %) patients avaient eu une électrocoagulation de la vessie. Les séances d’OHB se sont compliquées de deux otites barotraumatiques, de deux baisses d’acuité visuelle, d’un syndrome dépressif et d’un infarctus du myocarde. En moyenne 27 (4–50) séances ont été effectuées. Le traitement a été efficace chez 40 (61,5 %) patients dont 34 (52,3 %) résolutions complètes. La nécessité de plus de 30 séances d’OHB était associée à un échec du traitement (p = 0,03).
Conclusion : L’oxygénothérapie hyperbare permet la résolution complète des hématuries post-radiques dans 52,3 % des cas. Un suivi prolongé des patients sera nécessaire pour confirmer l’efficacité de ce traitement.

L’exstrophie vésicale de l’homme à l’âge adulte : quelles perspectives de fertilité et de sexualité ?
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 816

Objectifs : Décrire la fertilité et la sexualité des hommes exstrophiques à l’âge adulte.
Méthodes : Étude transversale descriptive chez des hommes exstrophiques pris en charge dans un centre hospitalier universitaire de juillet 2009 à mai 2015. La fertilité, la qualité des érections (questionnaire IIEF-5) et des éjaculations étaient évaluées par un questionnaire téléphonique et par un spermogramme. Dix-neuf sujets âgés de 20 à 62 ans ont été inclus : 4 ont bénéficié d’une dérivation urinaire, 15 d’une reconstruction (9 entérocystoplastie sus-trigonale d’agrandissement avec cystostomie continente, 2 entérocystoplastie sus-trigonale d’agrandissement sans stomie, 1 cystostomie seule, 3 vessie native). Sept ont bénéficié d’une chirurgie de verge à l’âge adulte : 3 phalloplastie antébrachiale, 2 implant pénien hydraulique et 2 implant souple unilatéral.
Résultats : Treize sujets ont répondu au questionnaire actuellement. Huit sujets ont tenté d’avoir un enfant. Cinq sont parents dont 2 ont bénéficié d’une assistance médicale à la procréation. Soixante-deux pour cent présentent une fonction érectile normale, 23 % une dysfonction érectile légère et 15 % une dysfonction érectile sévère. Cinquante-quatre pour cent des sujets ne sont pas satisfaits de leurs rapports sexuels. Les causes d’insatisfaction sont une verge courte (62 %), courbée (31 %). L’éjaculation est décrite comme forte dans 15 %, faible et baveuse dans 31 %, antéro- et rétrograde dans 31 %, rétrograde dans 15 %, et absente dans 8 % des cas. Onze sujets ont réalisés un spermogramme, dont 6 ont été retrouvés à ce jour : tous sont anormaux dont 1 azoospermie (Tableaux 1 et 2).
Conclusion : La fertilité des sujets exstrophiques semble être diminuée. La fonction érectile semble être altérée par une insatisfaction sexuelle liée à la longueur de la verge. La qualité éjaculatoire et du sperme sont altérées. Il semblerait utile d’évaluer la fertilité et la sexualité des hommes exstrophiques et de proposer une conservation de sperme précoce, et une reconstruction génitale à l’âge adulte.

Efficacité à long terme des uréthroplasties de substitution par greffon dorsal pour sténoses uréthrales bulbo-scrotales : suivi après 10 ans
2015
- Résumés, essentiel de congrès
- Réf : Prog Urol, 2015, 25, 13, 817

Objectifs : L’urétroplastie de substitution avec greffon dorsal est une chirurgie connue depuis plus de 15 ans. De nombreuses séries rapportent des taux de succès élevés sur des suivis à moyen terme. Le but de notre étude est d’évaluer l’efficacité de cette chirurgie à long terme sur 10 ans, et de comparer les résultats entre les greffons de peau préputiale (PP) et de muqueuse buccale (MB).
Méthodes : Soixante-quatre dossiers de patients opérés entre 1998 et 2007 d’une urétroplastie par greffon dorsal de PP ou de MB pour des sténoses bulbo-scrotales ont été revus. Tous ont été opérés par le dernier auteur. Toute intervention subséquente, y compris des dilatations, était considérée comme un échec. Les patients non contrôlés depuis > 1 an ont été convoqué pour évaluation, y compris débitmétrie. Les écarts sont exprimés en interquartiles sauf mention contraire.
Résultats : Quarante-deux dossiers sur 64 étaient complets, 22 exclus par manque de données (9 décès). L’âge médian était de 60 ans (écart 25–79) et la longueur médiane de la sténose de 4 cm (écart 2–8). Vingt-quatre ont bénéficié d’un greffon de PP et 18 de MB. Vingt-huit (67 %) avaient des antécédents de chirurgies urétrales. Après un suivi médian de 123 mois (75–156), l’urétroplastie par greffon dorsal a été un succès chez 33 patients (79 %) et la moyenne du débit maximum post-opératoire était de 16 mL/s (10–19)