Base bibliographique

Cancer de la prostate chez les sujets âgés : comment faire le diagnostic, pourquoi et comment mettre en place une évaluation gériatrique
Prostate cancer in elderly subjects: how diagnosis should be made, why and how geriatric assessment should be implemented
2011
- Article
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, S55-S63, suppl. 2

Sans co-morbidité, un homme de 75 ans a une probabilité de vie voisine de 9 à 14 ans. Elle n’est que de 5 ans en cas de co-morbidités importantes. Pour un homme de 80 ans sans co-morbidité, la probabilité de vie est voisine de 11 ans. La prise en charge d’un malade âgé atteint d’un cancer de la prostate fait intervenir la notion de probabilité de survie avant toute décision diagnostique et thérapeutique. La stratégie diagnostique doit être précisée pour chaque patient en fonction de la présentation clinique afi n de déterminer l’indication des biopsies prostatiques dans cette population âgée. Afi n de pouvoir estimer la probabilité de survie, il est nécessaire de recourir aux techniques de l’évaluation gériatrique qui se composent de stratégies médicales allant du dépistage de la fragilité à l’évaluation gériatrique approfondie des patients les plus complexes. L’existence de nombreux outils d’estimation de la probabilité de survie nécessitait une lecture critique de leurs avantages et inconvénients en pratique clinique quotidienne.

Managing an elderly subject with prostate cancer brings into play the notion of likelihood of survival before any diagnostic or therapeutic decision can be made. The diagnostic strategy must be specifi ed for each patient in accordance with the clinical presentation so as to determine whether prostate biopsies are indicated in this elderly population. To estimate the likelihood of survival, one must make use of geriatric assessment techniques comprising medical strategies ranging from screening for frailty to detailed geriatric evaluation for the most complex patients. The many tools available for estimating the likelihood of survival requires a critical review of their advantages and disadvantages in daily clinical practice.

Mots clés:
Cancer de la prostate / Diagnostic / Évaluation gériatrique approfondie / Facteurs pronostiques
Mots-clés:
prostate / Prostatic neoplasms / Diagnosis / Geriatric assessment / Elderly
Éditorial
2011
- Éditorial
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, S29-S30, suppl. 2
Tant que les patients atteints de cancer prostatique métastatique symptomatique ont représenté le « coeur de cible » de la suppression androgénique, les effets secondaires de cette dernière (bouffées de chaleur, impuissance, gynécomastie, ...) sont restés au second plan du fait des bénéfices souvent spectaculaires du traitement ainsi que de sa relative brièveté dans le temps (18 à 36 mois avant la résistance à la castration).
Hormonothérapie et risque cardiaque dans le traitement des cancers prostatiques
Androgen deprivation and cardiovascular risk in prostate cancer treatment
2011
- Article
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, S48-S54, suppl. 2

La suppression androgénique augmente clairement la survenue de facteurs de risque cardiovasculaire : augmentation de la masse grasse, diminution de la masse maigre, dyslipidémie et diabète de type II. De ce fait, plusieurs études (mais pas la totalité), ont rapporté une augmentation des pathologies coronariennes mais aussi de la mort subite et des arythmies ventriculaires létales en rapport avec une suppression androgénique, même de courte durée. Ce risque est particulièrement important chez les patients ayant déjà des facteurs de risques cardiovasculaires ou des antécédents de pathologie cardiaque. Cet excès de risque cardiovasculaire est à mettre en balance par rapport au bénéfice de l’hormonothérapie en particulier sur la survie globale quand celle- ci est proposée en situation adjuvante à la radiothérapie, pour les tumeurs localement avancées de la prostate. En pratique, il est recommandé que les patients soient adressés à leur médecin traitant pour une évaluation avant le début du traitement, puis 3 à 6 mois après le début du traitement, puis une fois par an. L’évaluation initiale doit comprendre : un examen clinique (avec mesure de la tension artérielle et de l’indice corporel) et un examen biologique avec un bilan lipidique complet (Cholestérol total, HDL et LDL cholestérol, triglycérides) et glycémique. Il est également recommandé que les patients avec une pathologie cardiovasculaire bénéficient de conseils hygiéno- diététiques et de faibles doses d’aspirine (80 mg/j).

Androgen suppression clearly increases the occurrence of cardiovascular risk factors : increased body fat, dyslipidemia and type II diabetes. Thus, several studies (but not all), showed an increase in coronary artery disease but also of sudden death and ventricular arrhythmias in relation to androgen deprivation, even for a short duration. This risk is particularly important in patients with existing cardiovascular risk factors or a history of heart disease. Cardiovascular risk should be balanced with the benefit of androgen deprivation on overall survival, especially when it is proposed in adjuvant setting, combined with radiotherapy in locally advanced prostate tumors. In practice, it is recommended that patients be referred to their physician for an evaluation before starting treatment, then 3 to 6 months after starting treatment, then once a year. The initial assessment should include: a clinical examination (with measurement of blood pressure and body index) and laboratory test with full lipid profile (total cholesterol, HDL and LDL cholesterol, triglycerides) and glucose. It is also important that patients with heart disease, receive lifestyle advice and low- dose aspirin (80 mg/day).

Mots clés:
Cancer de la prostate / Suppression androgénique / Antagonistes / Agonistes / Risque cardiaque
Mots-clés:
Prostate cancer / Androgenic deprivation / Antagonists Agonists Cardiovascular risk
Impact métabolique de la suppression androgénique dans le cancer de la prostate
Metabolic impact of androgen deprivation therapy for prostate cancer
2011
- Article
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, S39-S47, suppl. 2

En raison de la faible mortalité imputable au cancer de la prostate, les effets secondaires à long terme des traitements représentent un facteur important de la prise en charge des patients. C’est le cas des désordres métaboliques liés aux traitements de suppression androgénique (SA) : augmentation du poids et de la masse graisseuse, résistance à l’insuline pouvant évoluer en diabète et dyslipidémie, d’autant que ces troubles sont déjà fréquents chez les hommes de plus de 60 ans. À ce jour, il n’y a pas de consensus publié concernant le dépistage et le traitement des troubles métaboliques chez les hommes atteints de cancer de la prostate. Il est d’autant plus important de détecter et prendre en charge ces troubles métaboliques qu’ils semblent associés à une plus grande agressivité du cancer. Nous rapportons ici le développement d’un nouveau questionnaire qui contribuera potentiellement à la prise en charge systématique voire au dépistage et au traitement ou à la prévention de ces troubles métaboliques chez les patients atteints d’un cancer de la prostate. En accord avec les revues récentes et sur la base de son expérience, notre panel d’experts français recommande également le suivi régulier du taux de glucose à jeun, du profil lipidique et de la pression sanguine chez tous les patients sous SA à long terme, ainsi que des changements d’hygiène de vie (pratique d’une activité physique, habitudes nutritionnelles).

Because of the low mortality rates associated with prostate cancer, treatments long-term adverse effects constitute an important parameter in the management of patients. In particular, androgen deprivation has been shown to be linked to several metabolic disorders which are already frequent in men after age 60, such as weight and fat gain, insulin resistance likely to evolve into diabetes, and dyslipidemia. So far no consensus guidelines have been published regarding the screening and treatment of metabolic disorders in men with prostate cancer. It is essential to detect and manage these metabolic disorders, all the more so as they seem to be associated with an increased aggressiveness of prostate cancer. Here we report the development of a new questionnaire, which might contribute to the systematic management, and potentially the screening and treatment or the prevention of these metabolic disorders in patients with prostate cancer. In accordance with recent reviews and on the basis of experience, our French board of experts also recommends systematic screening and selective treatment for diabetes, regular follow-up of fasting glucose rates, lipid profile and blood pressure in all patients under long-term androgen deprivation treatment, as well as lifestyle changes (practice of exercise, nutritional habits).

Mots clés:
prostate / Néoplasies prostatiques / Antagonistes / Agonistes / Castration
Mots-clés:
prostate / Prostatic neoplasms / Androgen antagonists / Castration / Diabetes mellitus type 2
Sexualité et cancer de la prostate
Sexuality and prostate cancer
2011
- Article
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, S72-S92, suppl. 2

Tous les traitements du cancer de la prostate ont un impact négatif à la fois sur la sexualité et sur la fertilité masculine. Il existe un profil spécifique de modification des domaines de la qualité de vie sexuelle, urinaire, intestinale et de la vitalité en fonction des modalités thérapeutiques choisies. Conserver une sexualité satisfaisante est le principal souci d’une majorité d’hommes confrontés à un cancer de prostate et à ses traitements. Il est indispensable d’évaluer la sexualité du couple avant le traitement du cancer de la prostate afin de délivrer une information complète et d’envisager des solutions thérapeutiques précoces et adaptées à la demande du couple. Des formes de sexualité privilégiant les paramètres sexuels conservés (orgasme) peuvent, quand l’érection n’est pas encore récupérée, être une solution alternative permettant au couple de préserver intimité et complicité. Dans tous les cas, une prise en charge spécifique et un travail en réseau permettront le plus souvent de retrouver une sexualité satisfaisante. Les conséquences du traitement sur la fertilité doivent faire partie de l’information délivrée aux patients ayant un cancer de prostate et à leur partenaire. Le choix du traitement doit tenir compte du désir de paternité du couple. Un spermogramme avec cryoconservation éventuelle du sperme avant traitement doit être systématiquement proposé chez les hommes ayant un cancer de la prostate, notamment chez les hommes de moins de 55 ans, ayant une partenaire de moins de 43 ans ou n’ayant pas d’enfant. En cas de désir de paternité chez le couple, la cryoconservation avant traitement et le recours à l’assistance médicale à la procréation sont recommandés.

All treatments of prostate cancer have a negative effect on both sexuality and male fertility. There is a specific profile of changes in the fields of quality of life, sexual, urinary, bowel and vitality according to the treatment modalities chosen. Maintain a satisfying sex is the main concern of a majority of men facing prostate cancer and its treatment. It is essential to assess the couple's sexuality before diagnosis of prostate cancer in order to deliver complete information and to consider early and appropriate treatment options at the request of the couple. Forms of sexuality sexual preference settings stored (orgasm) may, when the erection is not yet recovered, be an alternative to the couple to maintain intimacy and complicity. In all cases, a specific management and networking will in many cases to find a satisfactory sexuality. Consequences of the treatment on male fertility should be part of the information of patients with prostate cancer and their partners. The choice of treatment must take into account the desire of paternity of the couple. A semen analysis with sperm cryopreservation before any therapy should be routinely offered in men with prostate cancer, particularly among men under 55, with a partner under 43 years old or without children. If the desire for parenthood among couples, sperm cryopreservation before treatment and medical assisted reproduction are recommended.

Mots clés:
prostate / Cancer / sexualité / fertilite / Couple
Mots-clés:
Prostate cancer / Sexuality / fertility / Erectile dysfunction / Androgen deprivation
Suppression androgénique dans le cancer de la prostate et risque ostéoporotique
Androgen deprivation therapy for prostate cancer and osteoporotic risk
2011
- Article
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, S31-S38, suppl. 2

Le traitement par suppression androgénique joue un rôle important dans la prise en charge du cancer de la prostate. Cependant, les données épidémiologiques ont indiqué qu’il constitue une cause bien établie d’ostéoporose et d’augmentation du risque de fracture. La Haute Autorité de Santé (HAS) et le groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses (GRIO) recommandent la réalisation d’une densitométrie osseuse chez les hommes atteints d’hypogonadisme, situation qui correspond aux hommes traités par agonistes ou antagonistes de la GnRH[1]. En revanche le traitement de l’ostéoporose chez les hommes atteints de cancer de la prostate, et traités par de telles molécules, n’a pas fait l’objet de recommandations spécifiques. Nous rapportons ici le développement d’un nouveau questionnaire, dérivé de l’outil FRAX® (Fracture Risk Assessment Tool), pour évaluer le risque de fractures chez ces patients. En accord avec les revues récemment publiées et sur la base de leur expérience, notre panel d’experts français recommande un dépistage systématique de l’ostéoporose par ostéodensitométrie, la pratique d’exercice, la supplémentation en calcium et vitamine D, ainsi que le traitement sélectif des hommes ayant le plus fort risque ostéoporotique par des bisphosphonates.

Androgen deprivation therapy represents an important part of the management of prostate cancer. However, epidemiological data have shown that it is a well-established cause of osteoporosis and increased risk of fracture. So far no consensus guidelines have been published regarding the screening and treatment of osteoporosis in men with prostate cancer. Here we report the design of a new questionnaire, derived from the FRAX® (“Fracture Risk Assessment Tool”) algorithm, to evaluate the risk of fracture in those patients. In accordance with recent reviews and on the basis of their experience, our French board of experts recommends systematic screening for osteoporosis with dual energy x- ray absorptiometry scans, practice of exercise and calcium and vitamin D supplementation, and selective treatment with bisphosphonates in men at greatest osteoporotic risk.

Mots clés:
prostate / Néoplasies prostatiques / ostéoporose / Fractures / Antagonistes
Mots-clés:
prostate / Prostatic neoplasms / osteoporosis / Fractures / Androgenic deprivation
Troubles de l’humeur et cognitifs et suppression androgénique
Mood and cognitive disorders, and androgen deprivation
2011
- Article
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, S64-S71, suppl. 2

Le cancer de la prostate est devenu une pathologie chronique. Dans ce contexte, il est important de prendre en compte la qualité de vie des patients et de leur entourage dans l’approche thérapeutique. Des études récentes mettent en évidence l’importance de la dépression et du risque suicidaire chez les patients atteints du cancer de la prostate ainsi que le retentissement de la pathologie sur les conjoints et la vie de couple. L’implication du traitement hormonal dans l’augmentation du risque dépressif est difficile à affirmer. Les études sur le sujet sont encore peu nombreuses et présentent des biais méthodologiques. Certains auteurs rapportent un risque majoré de déclin cognitif chez les patients bénéficiant d’une suppression androgénique. Cependant, même si certaines hypothèses physiopathologiques ont été avancées, l’imputabilité du traitement sur l’altération des fonctions cognitives n’est pas clairement établie. Les urologues sont au premier plan au niveau du diagnostic et du traitement du cancer de la prostate survenant le plus souvent chez des sujets âgés. Ainsi, compte- tenu de la prévalence des syndromes dépressifs et/ou de l’altération des fonctions cognitives dans cette population, l’urologue doit être sensibilisé à ces différents facteurs, potentiellement aggravés par l’introduction d’une suppression androgénique. Les auteurs proposent, à partir d’une revue récente de la littérature, l’utilisation d’un outil simple de dépistage de la dépression: la confirmation du diagnostic puis une prise en charge qui est du ressort du médecin généraliste. Quant au risque de déclin cognitif, il paraît difficilement imaginable ni même pertinent de proposer de façon systématique, la réalisation d’une batterie de tests neuropsychométriques de dépistage. En revanche, la réalisation en pratique courante du test de dépistage onco- gériatrique G8, peut permettre à l’urologue d’évaluer la nécessité d’une consultation gériatrique.

Prostate cancer has become a chronic disease. In this context, it is important to take into account the quality of life of patients and their family in the therapeutic approach. Recent studies have demonstrated the importance of depression and the risk of suicide in patients with prostate cancer as well as the repercussions of the disease on the spouse and their relationship. The implication of hormonal treatment in the increase in risk of depression is difficult to affirm. Few studies have investigated this subject and they present methodological biases. Some authors report an increased risk of cognitive decline in patients on androgen deprivation. However, even if certain physiopathological hypotheses have been put forward, the imputability of the treatment on the alteration of cognitive functions has not been clearly established. Urologists are at the forefront of diagnosis and treatment of prostate cancer occurring most often in elderly subjects. Therefore, given the prevalence of depression syndromes and/or the alteration of cognitive functions in this population, the urologist must be aware of these different factors, which are potentially aggravated by the introduction of androgen deprivation. Based on a review of the recent literature, the authors suggest using a simple depression screening tool: confirmation of the diagnosis and management is within the competence of the general practitioner. As for the risk of cognitive decline, it seems difficult to imagine, and not necessarily relevant, to systematically propose a battery of neuropsychometric screening tests. On the other hand, giving the patient the G8 screening test can allow the urologist to assess whether the patient needs a geriatric consultation or not.

Mots clés:
prostate / Néoplasies prostatiques / Suppression androgénique / Castration / Dépression
Mots-clés:
prostate / Prostatic neoplasms / Androgen deprivation / Castration / Depression