Base bibliographique

Comparaison des anastomoses Bricker et Wallace dans les urétérostomies cutanées trans-iléales : étude rétrospective, multicentrique
Comparison Bricker's and Wallace's anastomoses in ileal conduit: Retrospective, multicenter study
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 58-64

But : Comparer les techniques d’anastomoses de Bricker et Wallace dans les urétérostomies cutanées trans-iléales (UCTI) et rechercher d’autres facteurs de risque à une urétéro-hydronéphrose (UH).
Matériel et méthodes : Étude rétrospective dans deux centres hospitalo-universitaires français aux pratiques chirurgicales différentes. Les UH sont divisées en deux catégories : les UH compliquées ayant nécessité une reprise chirurgicale et les UH non compliquées.
Résultats : Cent soixante patients ont été admis dans l’étude, soit 317 uretères réimplantés (141 dans le groupe Bricker, 176 dans le groupe Wallace). L’incidence des UH compliquées et non compliquées sont de respectivement 9,9 et 20,6 % dans le groupe Bricker contre 10,8 et 13,6 % dans le groupe Wallace, sans différence significative (p = 0,8 et 0,1). Parmi les autres facteurs de risque, seul un indice de masse corporelle supérieur à 25 kg/m2 augmente significativement le risque d’UH compliquée (p = 0,02, OR = 2,77 [1,15–6,67]). Le côté gauche et une UH préopératoire ne sont associés qu’à un risque d’UH non compliquée (p = 0,006 et 0,026 respectivement).
Conclusion : Nous ne retrouvons pas de différence entre ces deux principales techniques d’anastomose urétéro-iléale. L’indice de masse corporelle, en revanche, augmente le risque de reprise chirurgicale pour urétéro-hydronéphrose.
Niveau de preuve : 5.

Objectives: To compare Bricker and Wallace anastomosis in ileal conduit and search other risk factors of hydronephrosis.
Methods: Retrospective study in two French Hospitals with two different surgical practices. Hydronephrosis are separated in two groups: complicated hydronephrosis requiring reoperation and no complicated hydronephrosis.
Results: One hundred and sixty patients were included in the study and 317 renal units were explored (141 in Bricker's group and 176 in Wallace's group). The rate of complicated and non-complicated hydronephrosis are respectively 9.9 and 20.6% in Bricker's group against 10.8 and 13.6% in Wallace's group, without significant difference (P = 0.8 and 0.1). In the other risk factors, only body mass index over 25 kg/m2 was found as significant for complicated hydronephrosis. The left side and preoperative hydronephrosis are only associated to a risk of no complicated hydronephrosis (P = 0.006 and 0.026).
Conclusion: We found no difference between the two most common types of ureteroenteric anastomotic techniques. However, a high body mass index increases the rate of reoperation for hydronephrosis.
Level of evidence: 5.

Mots clés:
Urétérostomies cutanées trans-iléales / Bricker / Wallace / Sténose urétéro-iléale (SUI) / Urétéro-hydronéphrose (UH)
Mots-clés:
Ileal conduit / Bricker / Wallace / Uretero-ileal stricture (UIS) / Hydronephrosis
Complications urinaires fonctionnelles de la colpohystérectomie totale avec préservation nerveuse : revue systématique de la littérature
Lower urinary tract dysfunction following nerve sparing radical hysterectomy: A systematic review
2016
- Revue de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 1-9

Introduction : La colpohystérectomie totale est le traitement standard pour le cancer du col de l’utérus localisé. Malgré son efficacité oncologique connue, la colpohystérectomie totale peut amener à des troubles vésico-sphinctériens. La technique utilisée semble influencer la survenue de ces complications.
Objectif de l’étude : Au travers de cette revue de la littérature, nous réalisons une mise au point sur les complications urinaires fonctionnelles après hystérectomie totale avec préservation nerveuse.
Matériel et méthodes : Une recherche a été menée, en mai 2015, sur la base de données Pubmed, Embase et la librairie Cochrane en utilisant les mots clés suivants : « nerve sparing » ET « cervical cancer » ou « radical hysterectomy ». L’éligibilité des articles était définie en utilisant la méthode PICOS en accord avec les recommandations PRISMA. Un article était jugé pertinent s’il évaluait les complications urinaires fonctionnelles survenant après colpohystérectomie totale avec préservation nerveuse.
Résultats : Vingt-neuf études cliniques étaient incluses dans la synthèse finale. Les troubles vésico-sphinctériens et les altérations des paramètres urodynamiques après une colpohystérectomie totale avec préservation nerveuse sont moindres (0–32 %) que ceux rapportés chez les patientes opérées d’une colpohystérectomie totale classique (12–85 %). L’ablation de la sonde vésicale est plus précoce, le besoin de recours à un cathétérisme intermittent est moindre et les résidus post-mictionnels sont plus faibles chez les patientes opérées d’une colpohystérectomie totale avec préservation nerveuse.
Conclusion : L’application des techniques de préservation nerveuse est à la base de la diminution de l’incidence des complications urinaires fonctionnelles. Une standardisation de la technique adaptée au risque oncologique individuel est nécessaire pour une meilleure diffusion de la technique.

Introduction: Radical hysterectomy represents the cornerstone in the management of localized cervical cancer. Despite its oncologic efficacy, radical hysterectomy is associated with a significant amount of complications and a negative impact on quality of life. Surgical technique seems to influence the functional outcomes.
Aim of the study: A systematic review to provide an update on the lower urinary tract dysfunction following nerve sparing radical hysterectomy.
Methods: An initial search was carried out to identify articles for further review, using Cochrane reviews and PubMed and Embase databases. The search terms used were: “nerve sparing” and “cervical cancer” or “radical hysterectomy”. The Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses process for reporting included and excluded studies was followed, with the recommended flowchart showing the numbers of papers identified and included or excluded at each stage.
Results: Twenty-nine clinical studies were included. The absence of a standardized surgical technique for nerve sparing radical hysterectomy and the poor methodological quality of the studies assessing lower urinary tract dysfunction after such intervention limited clear conclusions. However, all studies reported lower incidence of urinary tract dysfunction, urodynamic abnormalities and clean intermittent catheterization following nerve sparing radical hysterectomy compared to conventional technique.
Conclusion: Nerve sparing radical hysterectomy is associated with reduced lower urinary tract dysfunction. A standardization of the surgical technique for nerve sparing radical hysterectomy, tailored to each individual is necessary to allow its wide spread diffusion.

Mots clés:
Hystérectomie totale / Complications urinaires / Symptômes du bas appareil urinaire
Mots-clés:
radical hysterectomy / Urinary complications / Lower urinary tract dysfunction
Détermination de la composition de 359 calculs du haut appareil urinaire collectés dans la région Est-algérien
Composition of 359 kidney stones from the East region of Algeria
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 41-49

But : Déterminer la composition des calculs du haut appareil urinaire dans la région Est-algérien.
Méthodes : L’étude porte sur 359 calculs rénaux ou urétéraux collectés entre janvier 2007 et décembre 2012 dans les centres hospitaliers de l’Est-algérien et analysés par spectrophotométrie infrarouge à transformée de Fourier.
Résultats : Le ratio hommes/femmes était de 1,32. La composition des calculs montre que l’oxalate de calcium était majoritaire dans 68,5 % des calculs et 49,3 % des noyaux, la whewellite étant prédominante (51,8 % des calculs et 37,9 % des noyaux versus 16,7 % et 11,4 % respectivement pour la weddellite). La carbapatite était majoritaire dans 15 % des calculs et 29,8 % des noyaux. La struvite, détectée dans 11,1 % des calculs, était majoritaire dans 3,9 % des calculs et 3,1 % des noyaux. Parmi les purines, l’acide urique était majoritaire dans 8,9 % des calculs et 7 % des noyaux et l’urate d’ammonium dans 0,3 % des calculs et 3,3 % des noyaux. Enfin, la cystine composait 3,6 % des calculs et des noyaux. La fréquence des calculs ombiliqués était de 26,2 %, la whewellite étant le composant principal des calculs initiés sur plaque de Randall.
Conclusion : Nos résultats montrent que la lithiase de l’arbre urinaire dans l’Est-algérien ressemble à celle des pays industrialisés. Certaines caractéristiques telles que la localisation des calculs, la prédominance de la whewellite, les fréquences des constituants majoritaires dans les calculs et les noyaux ainsi que la proportion des calculs formés sur plaque de Randall viennent confirmer cette tendance.
Niveau de preuve : 4.

Purpose: Determine stones composition of the upper urinary tract in the eastern region of Algeria.
Methods: Our study focuses on a set of 359 stones of the upper urinary tract collected between January 2007 and December 2012 at hospitals in the eastern region of Algeria and analyzed by Fourier transform infrared spectroscopy.
Results: The male/female ratio was only 1.32. Calcium oxalate prevailed in 68.5% of stones and 49.3% of nuclei, mainly as whewellite (51.8% of stones and 37.9% of nuclei vs 16.7% and 11.4% respectively for weddellite). Carbapatite prevailed in 15% of stones and 29.8% of nuclei. The struvite, identified in 11.1% of calculi, prevailed in 3.9% of stones and 3.1% of nuclei. Among purines, uric acid prevailed with frequencies quite close to 8.9% and 7% respectively in the stone and in the nucleus while the ammonium urate prevailed in only 0.3% of stones and 3.3% of nuclei. The cystine frequency was 3.6% in both stone and nucleus. The frequency of stone with umbilication was 26.2%. Whewellite was the main component of umbilicated stones with Randall's plaque.
Conclusion: Our results suggest that stones of the urinary tract in the Algerian east region resemble those observed in industrialized countries. Some features such as stones location, the whewellite prevalence, the frequencies of main components in both the stone and the nucleus as well as the formation of stones on renal papilla confirm this trend.
Level of evidence: 4.

Mots clés:
Calculs urinaires / spectrophotométrie infrarouge / Oxalates de calcium / Purines / Plaques de Randall
Mots-clés:
Urinary calculi / infrared spectroscopy / calcium oxalate / Purines / Randall's plaques
Étude des facteurs pronostiques pour le carcinome rénal métastatique traité par une deuxième ligne de thérapies ciblées
Prognostic factors for metastatic renal cell carcinoma treated with second-line targeted therapies
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 16-23

Objectif : Évaluer l’intérêt pronostique des variables clinico-biologiques chez les patients traités en deuxième ligne de thérapie ciblée (TC) pour un cancer du rein métastatique (CRM).
Matériel et méthodes : Une étude rétrospective a été réalisée chez 60 patients traités en deuxième ligne de TC entre 2006 et 2013. Les variables clinico-biologiques ont été incluses, notamment la toxicité induite, le score de Heng, le MSKCC et la fonction rénale. La survie globale (SG) et la survie sans progression (SSP) ont été étudiées en analyses univariée et multivariée.
Résultats : L’âge médian était de 61 ans [39–81]. Les scores du MSKCC et de Heng étaient significativement pronostiques pour la SG et la SSP (p < 0,05). Une hypoalbuminémie, une anémie et la présence de métastases cérébrales étaient associées à une SG et une SSP inférieures (p < 0,05). Une toxicité sévère avait un impact pronostique avec une meilleure SG (26 mois vs 10 mois, p = 0,003) et une meilleure SSP (5 mois vs 4 mois, p = 0,047). De même, une fonction rénale altérée à l’initiation de la 2e ligne était associée à une meilleure survie (SG = 24 mois vs 9 mois, p = 0,035 et SSP = 7 mois vs 4 mois, p = 0,043). En analyse multivariée, la toxicité induite était retrouvée comme un facteur indépendant de bon pronostic pour la SG (HR = 0,36 ; p = 0,01).
Conclusion : Nos résultats suggéraient qu’une altération de la fonction rénale et une toxicité induite en 2e ligne de TC auraient un potentiel intérêt pronostique, comme cela a déjà été rapporté pour la première ligne de traitement.
Niveau de preuve : 5.

Objective: To assess the prognostic value of clinical and biological features in patients treated with second-line targeted therapies (TT) for a metastatic renal cell carcinoma (mRCC).
Material and methods: A retrospective study was performed including 60 patients treated with second-line TT from 2006 to 2013. Clinical and biological features were collected, including TT-induced toxicities, Heng and MSKCC prognostic scores, and renal function. Overall survival (OS) and progression-free survival (PFS) were assessed using univariate and multivariate analysis.
Results: The median age was 61 years [39–81]. MSKCC and Heng scores were significantly prognostic for OS and PFS (P < 0.05). Hypo-albuminemia, anemia and brain metastasis were associated with poorer OS and PFS (P < 0.05). Severe induced toxicities had a prognostic impact with higher OS (26 months vs 10 months, P = 0.003) and PFS (5 months vs 4 months, P = 0.047). Renal function impairment at the initiation of the second line was also associated with higher survival (OS = 24 months vs 9 months, P = 0.035 and PFS = 7 months vs 4 months, P = 0.043). On multivariate analysis, induced toxicity was found as an independent factor of good prognosis for OS (HR = 0.36; P = 0.01).
Conclusion: Our results suggested that renal function impairment and TT-induced toxicities in the second line of treatment for mRCC have a potential prognostic interest as it had previously been reported for the first line of TT.
Level of evidence: 5.

Mots clés:
Facteurs pronostiques / Cancer du rein métastatique / Thérapies ciblées / Survie / Toxicité induite
Mots-clés:
Prognostic factors / Metastatic renal cell carcinoma / Targeted therapies / Survival / Induced toxicity
Facteurs favorisants les infections sévères après urétéroscopie souple : intérêt de l’ECBU systématique la veille de l’intervention
Prognostic factors for severe infection after flexible ureteroscopy: Clinical interest of urine culture the day before surgery?
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 65-71

But : Les objectifs de ce travail étaient de déterminer les facteurs pronostiques de pyélonéphrite aiguë (PNA) après urétéroscopie souple (URSS), d’évaluer la fréquence des réhospitalisations pour PNA et de valider l’intérêt de l’ECBU prélevé la veille de l’intervention.
Matériel : Les complications infectieuses et les réhospitalisations non programmées dans le mois suivant l’URSS ont été colligées et évaluées rétrospectivement. Les paramètres colligés étaient : âge, sexe, IMC, motif de l’URSS, nombre, taille et localisation des calculs, bilatéralité, anomalies anatomiques associées, durée d’intervention, JJ préopératoire, drainage postopératoire, durée opératoire, ECBU à j – 1 et prescription d’une antibiothérapie dans la semaine précédant l’URSS.
Résultats : Entre 2010 et 2013, 325 URSS ont été réalisées, nous avons observé 24 PNA postopératoires (7,3 ), 17 survenant avant la sortie d’hospitalisation et 7 nécessitant une réhospitalisation non programmée. En analyse univariée, les facteurs pronostiques de PNA postopératoire étaient la taille des calculs (plus de 14 mm) (p = 0,03) ; la durée de l’intervention (plus de 70 min) (p < 0,005) ; un ECBU positif prélevé la veille de l’hospitalisation (j – 1) malgré un ECBU négatif à j – 7 (p < 0,001) ; la prescription d’une antibiothérapie pour infection urinaire dans la semaine précédant l’URSS (p < 0,001). En analyse multivariée, seule la prescription d’une antibiothérapie dans la semaine précédant l’URSS était un facteur pronostique indépendant de PNA post-opératoire (p < 0,002 ; RR 5,8 [1,9–15]).
Conclusion : La prescription d’une antibiothérapie, pour infection urinaire, dans la semaine précédant l’URSS était un facteur pronostique indépendant de PNA postopératoire. La pratique systématique d’un ECBU j – 1 pourrait permettre une antibiothérapie précoce pour 63 % des patients et peut-être limiter les réhospitalisations pour PNA après URSS.
Niveau de preuve : 5.

Objectives: The objectives of this study have been to determine prognostic factors for acute pyelonephritis (AP) after flexible ureteroscopy (FU), to assess the frequency of readmission for AP and to study the usefulness of urinalysis the day before surgery.
Methods: Between 2010 and 2013, 266 patients have had at least one ureteroscopy (n = 325). All infectious complications and unplanned readmissions within the month after FU were retrospectively evaluated. Several data have been collected: age, sex, BMI, surgical indication (calculis or tumor), number of previous ureteroscopies, number of previous surgeries for calculis, stones number, size and location, bilateral interventions, operating time, preoperative ureteral stenting, postoperative stenting, hospitalization stay, urine culture the day before surgery (j – 1) and prescription of antibiotic therapy the week before FU. Correlation between these variables and acute pyelonephritis (AP) the month following the USSR was tested (StatView 4.5, SAS Institute) (P < 0.05 significant).
Results: We observed 24 postoperative APs (7.4%), 17 prior to hospital discharge and 7 requiring rehospitalization. In univariate analysis, the significant prognostic factors of postoperative AP have been: stone size (>14 mm) (P = 0.03); operating time (70 minutes) (P < 0.005); positive day – 1 urine culture (P < 0.001); antibiotics treatment the week before FU (P < 0.001). In multivariate analysis, antibiotics prescription during the week before USSR remained significant (P < 0.002; RR 5.8 [1.9–15]).
Conclusion: Acute pyelonephritis requiring unplanned admission after ureteroscopy is a rare complication (2.4%). Urinalysis one day before ureteroscopy could allow early antibiotic therapy and may reduce 63% of unplanned hospital admissions for acute pyelonephritis.
Level of evidence: 5.

Mots clés:
Urétéroscopie / Urétéroscopie souple / Réhospitalisation / pyélonéphrite
Mots-clés:
ureteroscopy / Flexible ureteroscopy / Readmission rate / Urinary tract infection (UTI)
Huit ans d’expérience dans le traitement du cancer de prostate par HIFU, résultats oncologiques et fonctionnels
Eight years of experience with HIFU for prostate cancer: Oncological and functional results
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 50-57

But : Étudier les résultats oncologiques et fonctionnels de l’HIFU en première intention dans le cancer de prostate localisé.
Matériel et méthodes : Inclusion des patients entre 2006 et 2011 traités en première intention d’un cancer de prostate localisé par HIFU (Imagerie Intégrée®, EDAP-TMS, Vaulx-en-Velin, France). La survie sans récidive biochimique a été calculée en utilisant le critère de Phœnix (PSA > nadir + 2 ng/mL). Les résultats fonctionnels ont été évalués par des questionnaires standardisés et cliniquement.
Résultats : Cent quatre-vingt-onze patients ont été évalués avec un suivi moyen de 55,5 ± 22,7 mois. Seuls 10,1 % des traitements ont connu un incident per procédure avec comme facteur de risque, le volume prostatique (p = 0,026). La survie globale, la survie spécifique et la survie sans métastase étaient de 89,5 %, 98,4 % et 97,4 %. La survie sans récidive biochimique à 5 ans en fonction des groupes à risque de d’Amico étaient de 87,5 %, 69 % et 39 % pour les faibles, intermédiaires et hauts risques. Quatre-vingt-six pour cent des patients avec un PSA nadir ≤ 0,3 ng/mL étaient sans récidive à 5 ans contre 48 % avec un nadir > 0,3 ng/mL. Parmi les patients, 17,8 % ont bénéficié d’un traitement de rattrapage avec un délai moyen de 31,1 mois. L’altération des fonctions urinaires et sexuelles était significative avec néanmoins 78,1 % de patients secs en fin d’étude. L’obstruction prostatique était la complication la plus retrouvée dans 18,3 % des cas.
Conclusion : Les résultats oncologiques et fonctionnels sont encourageants et semblent comparables aux résultats de la littérature pour les traitements de première intention. L’HIFU se présente donc comme une option pour le traitement du cancer de prostate chez l’homme de plus de 70 ans.
Niveau de preuve : 5.

Objective: To study the oncologic and functional results of HIFU as a first-line treatment for localized prostate cancer.
Material and method: Enrolment of patients between 2006 and 2011 for the first treatment against localized prostate cancer with HIFU (Integrated Imaging®, EDAP-TMS, Vaulx-en-Velin, France). The biochemical recurrence-free survival was calculated by using the Phoenix criterion (PSA > nadir + 2 ng/mL). The functional complications were assessed clinically and through standardised questionnaires.
Results: The condition of 191 patients was assessed at a mean follow-up of 55.5 ± 22.7 months. In 10,1% of the treatments, an incident during the medical procedure was observed with the volume of the prostate (P = 0.026) as risk factor. The overall survival, the survival and the metastatic free survival rate were respectively 89.5%, 98.4% and 97.4%. The biochemical free survival rate for 5 years was 87.5%, 69% and 39% respectively for the low, medium and high-risk groups of d’Amico classification. Eighty-six percent of the patients with a PSA nadir ≤ 0.3 ng/mL were relapse free at 5 years. Whereas only 48% of the patients with a nadir > 0.3 ng/mL did not. Only 17.8% of the patients had a rescue treatment with an average delay of 31.1 months. The urinary and sexual impairment was significant but 78.1% of the patients were dry at the end of the study. The most common complication found in 18.3% of the patients was the prostatic obstruction.
Conclusion: The oncologic and functional results of the HIFU seem similar to the other first-line treatments results and reveal that the HIFU is a therapeutic option for the treatment of prostate cancer in men over 70 years.
Level of evidence: 5.

Mots clés:
prostate / Cancer / Ultrasons focalisés de haute intensité / Thérapies mini-invasives / effets secondaires
Mots-clés:
prostate / Cancer / High intensity focused ultrasound / Minimally invasive surgical procedures / Adverse effects
La prostatectomie radicale robotique ambulatoire. Une chirurgie de l’avenir ? À propos d’un cas
Half-day case robotic radical prostatectomy. Surgery of the future? A case report
2016
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 10-13

Introduction : L’ambulatoire et la robotique sont des applications modernes de la chirurgie. Nous les réunissons dans l’étude d’un cas pour montrer la faisabilité de la prostatectomie radicale robotique en ambulatoire.
Méthode : Nous rapportons ici le cas clinique d’une première prostatectomie robotique réalisée en ambulatoire chez un patient de 57 ans, porteur d’un cancer localisé de prostate. Le patient volontaire a été sélectionné pour son excellent état général et des facteurs environnementaux favorables. La chirurgie a été réalisée par voie transpéritonéale avec préservation des bandelettes neurovasculaires. La sédation et l’analgésie peropératoires ont été réalisées au propofol en objectif de concentration cible. Les critères d’évaluation du postopératoire étaient l’échelle EVA pour la douleur, les pertes sanguines, le score de Chung et l’enquête de satisfaction du patient.
Résultats : Aucun incident per- ou postopératoire n’a été noté. Les pertes sanguines ont été mineures (75 mL). Le patient a séjourné moins de 12 heures dans l’unité de soins grâce à une réhabilitation adaptée avec score de Chung de 10 avant son retour à domicile. Il n’y a pas eu de réadmission. Les résultats sur le plan fonctionnel ; le retour du transit a été constaté à j1, la reprise du travail à j2, une continence urinaire normale à j8, des érections efficaces à j9. Sur le plan carcinologique, l’exérèse a été complète et le PSA postopératoire < 0,03 ng/mL.
Conclusion : La prostatectomie robotique ambulatoire est donc réalisable chez un patient volontaire et sélectionné sans compromettre la bonne qualité des suites opératoires urologiques.

Introduction: Robotics and ambulatory are modern applications of surgery. This case study proves the feasibility of robot-assisted radical prostatectomy as an outpatient procedure.
Method: This report highlights the first, half-day, robotic prostatectomy performed on a 57-year-old man with localized prostate cancer. This operation was proposed to the subject because of his excellent physical condition and favorable environmental factors. He chose to undergo the surgery voluntarily. He underwent a nerve sparing radical prostatectomy. Target-controlled infusion propofol was used in perioperative sedation and analgesia. Postoperative evaluation criteria was made with the Visual Analog Scale of Pain Intensity (VASPI), Chung score and a patient satisfaction survey.
Results: No perioperative or postoperative complications were reported. Blood loss was low (75 mL). The patient stayed less than 12 hours in the ambulatory unit thanks to a rapid recovery. The patient returned home after reporting a Chung score of 10. No hospital readmission was necessary. Functional results were: a bowel movement on day 1, back to work on day 2, normal urinary continence on day 8, a correct erectile function on day 9. Oncological results revealed negative surgical margins for cancer and PSA postoperative < 0.03 ng/mL.
Conclusion: Ambulatory robotic radical prostatectomies can be performed on voluntarily-selected patients without affecting the high quality of urological surgery outcomes.

Mots clés:
cancer de prostate / Prostatectomie robotique / Ambulatoire
Mots-clés:
Prostate cancer / Robot-assisted / radical prostatectomy / Ambulatory / Outpatient
L’ambulatoire est-il le futur de la prostatectomie radicale ? Probablement pas…
The ambulatory is it future of radical prostatectomy? Probably not…
2016
- Commentaire à…
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 14-15
Volonté affichée de nos instances, la chirurgie ambulatoire continue son développement en urologie. Concernant le cancer de la prostate, après la curiethérapie, les auteurs présentent une première au moins française de chirurgie ambulatoire de la prostate. Dans la littérature, les chiffres les plus courts rapportés sont plutôt autour de 3jours d’hospitalisation en moyenne [1,2]. La sélection des patients est la clé de la réussite : faible risque hémorragique, chirurgie de durée courte et patient en excellent état général et entouré.
Néphrectomie partielle pour cancer sur rein unique : évolution de la fonction rénale et facteurs prédictifs de son altération
Partial nephrectomy on solitary kidney: Renal function outcome and predictive factors of impairment
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 34-40

Objectifs : Évaluer l’évolution de la fonction rénale après néphrectomie partielle (NP) sur rein unique et rechercher des facteurs prédictifs d’altération de celle-ci.
Matériel et méthodes : Quarante-cinq cas de néphrectomie partielle sur rein unique, opérés en monocentrique entre 1988 à 2014, ont été analysés rétrospectivement. Les données clinicopathologiques pré-, per- et postopératoires ont été recueillies au sein de la base de données UroCCR. Nous avons évalué l’évolution postopératoire précoce, à moyen et long terme du débit de filtration glomérulaire (DFG). Les facteurs prédictifs d’altération de la fonction rénale et de recours à l’hémodialyse ont été recherchés en analyse multivariée.
Résultats : L’âge moyen des patients était de 61 ans (± 10,8). Le DFG préopératoire et la taille tumorale moyens étaient respectivement de 59,6 mL/min (± 18,7) et 3,9 cm (± 2,6). Un clampage vasculaire d’une durée médiane de 20 min (2–60) a été réalisé dans 41 cas (91 %). Le suivi moyen était de 66 mois (± 47). Les DFG moyens étaient respectivement de 46,4 mL/min, 50,3 mL/min et 53,1 mL/min à j5, 1 mois postopératoire et à la date des dernières nouvelles (DDN). Une diminution du DFG ≥ 20 % a été constatée à j5 postopératoire chez 20 patients (44,4 %) puis, à la DDN, chez 16 patients (35,5 %). Cinq patients (11 %) ont été contraints à l’hémodialyse définitive (HD). La taille tumorale > 4 cm (p = 0,006) et la durée opératoire (p = 0,003) étaient les seuls facteurs prédictifs d’une diminution du DFG à j5 postopératoire. À 1 an de suivi, le RENAL ns ≥ 10 était le seul facteur prédictif de diminution du DFG (p = 0,0007). Le DFG moyen préopératoire était significativement corrélé à la mise en dialyse définitive (p = 0,023).
Conclusion : La NP permet de garantir l’autonomie rénale à long terme de la majorité des patients sur rein unique. La taille et la complexité tumorales mais aussi le DFG préopératoire apparaissent comme des facteurs déterminants de l’évolution postopératoire de la fonction rénale. La prise en considération de ces facteurs non modifiables devrait permettre une meilleure individualisation des patients à haut risque d’insuffisance rénale postopératoire.
Niveau de preuve : 5.

Objectives: To assess the postoperative functional outcome of PN in solitary kidney and define some predictive factors of renal change.
Material and methods: A monocentric series of 45 partial nephrectomies on solitary kidneys, performed between 1988 and 2014, was retrospectively analyzed. Pre-, per- and postoperative clinicopathological data were collected in the UroCCR database. The evolution of early, medium and long-term postoperative Glomerular Filtration Rate (GFR) was evaluated. Predictive factors of GFR decline and hemodialysis were assessed in multivariate analysis.
Results: Mean age was 61 years old (± 10.8). Mean preoperative GFR and tumor size were respectively 59.6 mL/min (± 18.7) and 3.9 cm (± 2.6). Vascular clamping was performed in 41 cases (91%). Median time of warm ischemia was 20 minutes (2–60). Mean follow-up was 66 months (± 47). Mean GFR at day 5, 1 month and last follow-up were respectively 46.4 mL/min, 50.3 mL/min and 53.1 mL/min. At day 5 and at last follow-up, a GFR decrease ≥ 20% was found in 20 patients (44.4%) and in 16 patients (35.5%), respectively. Five patients (11%) required definitive hemodialysis (HD) at last follow-up. At day 5, tumor size > 4 cm (0.006) and operative time (P = 0.003) were independent predictive factors of GFR decline. At 1 year, RENAL ns ≥ 10 was the only independent predictive factor of GFR alteration (P = 0.0007). Preoperative GFR was significantly associated with final hemodialysis (P = 0.023).
Conclusion: Partial nephrectomy allows most of the patients presenting with renal cell carcinoma on solitary kidney to be free of hemodialysis. Tumor complexity, tumor size and preoperative GFR seems to play a determinant role on postoperative functional outcome. These non-modifiable predictive factors should be recognized and taken into account to better select patients with high risk of postoperative renal failure.
Level of evidence: 5.

Mots clés:
cancer du rein / Néphrectomie partielle / Résultats fonctionnels / Rein unique
Mots-clés:
Renal cell carcinoma / Partial nephrectomy / Functional outcomes / Solitary kidney
Sexualité après cure d’incontinence urinaire par bandelette sous-urétrale transobturatrice et satisfaction des patientes
Sexual function after transobturator tape procedure for stress urinary incontinence and overall patients’ satisfaction
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 1, 24-33

Objectif : Évaluer la sexualité après chirurgie de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) et analyser la satisfaction rapportée par les femmes.
Matériel et méthode : Étude rétrospective bicentrique, pour laquelle un questionnaire postopératoire a été envoyé aux opérées par bandelette sous-urétrale (BSU) transobturatrice, avec au moins un an de recul, sans autre chirurgie associée. L’amélioration globale des femmes et leur satisfaction était évaluée grâce au Patient Global Impression and Improvement (PGI-I). Les symptômes urinaires étaient reportés à l’aide de l’ICIQ-FLUTS. Leur sexualité était appréciée par le questionnaire de Lemack et Zimmern et l’ICIQ FLUTSsex. Une analyse en régression logistique a été utilisée pour analyser les facteurs associés à l’amélioration des patientes.
Résultats : Nous avons reçu 165 réponses (66,8 %). L’âge moyen était de 55 ans (±11) et le recul postopératoire moyen de 39 mois (±17,9). Après l’intervention, en réponse au PGI-I : 135 femmes (81,8 %) s’estimaient mieux, 22 (13,4 %) inchangées et 8 (4,8 %) moins bien. Parmi les 118 femmes sexuellement actives, 37 (31,4 %) rapportaient une amélioration de leur activité sexuelle, 11 (9,3 %) une détérioration et 70 (59,3 %) une activité sexuelle inchangée. Les 37 femmes sexuellement améliorées ont vu diminuer leur incontinence coïtale dans 54,0 % des cas. Les 11 femmes sexuellement moins bien rapportaient une dyspareunie. L’amélioration globale rapportée après l’intervention était fonction non seulement du score d’incontinence postopératoire (OR 0,83) mais aussi de la qualité de la sexualité postopératoire (OR 12,96).
Conclusion : Un tiers des femmes présentait une amélioration de leur sexualité après une cure d’incontinence urinaire par BSU. La qualité de la sexualité postopératoire, au même titre que la correction de l’IUE influençait l’amélioration globale rapportée par les patientes.
Niveau de preuve : 5.

Objective: To evaluate the quality of sexual activity after a transobturator tape procedure for urinary incontinence and to examine the global satisfaction reported by patients.
Materials and methods: This is a bicentric retrospective study, postoperative questionnaires were sent to 247 women operated for urinary incontinence by TOT/TVT-O surgery, after 1 year, prolaps were excluded. Patients’ overall improvement was assessed using the French version of Patient Global Impression and Improvement (PGI-I), urinary symptoms were assessed with the use of ICIQ-Fluts and quality of sexual function using Lemack and Zimmern questionnaire and ICIQ-Fluts-Sex. A logistic regression analysis was run to analyse the factors associated with women overall improvement.
Results: One hundred and sixty-five patients answered the questionnaire (66.8%). Average age was 55 (±11), and the average postoperative period was 39 months (±17.9). After surgery, according to the PGI-I: 135 women (81.8%) found an overall improvement, 22 (13.4%) found their condition unchanged and 8 (4.8%) women found it worse. Among the 165 women, 118 were sexually active, 37 (31.4%) reported improvement in intercourse satisfaction whereas 11 (9.3%) complained about sexual function deterioration and 70 (59.3%) felt unchanged. The 37 women who reported sexual improvement described decreased coital incontinence in 54% of the cases. Eleven women who felt sexually worse, reported dyspareunia. Results of the logistic regression analysis suggested that overall improvement after surgery depended not only on the incontinence score (OR 0.83) but also on the quality of the postoperative sexual activity (OR 12.96).
Conclusion: One third of the women reported improvement of their sexuality after transobturator tape procedure. In fact, global satisfaction after surgery was as related to the improvement of urinary symptoms as it was to the quality of the sexual activity.
Level of evidence: 5.

Mots clés:
Incontinence urinaire d’effort / Bandelette sous-urétrale / Sexualité postopératoire / Incontinence urinaire coïtale / Dyspareunie
Mots-clés:
Stress urinary incontinence / Transobturator tape procedure / Sexual function / Coital incontinence / Dyspareunia