Base bibliographique

Stent Allium urétéral dans la prise en charge des sténoses urétérales. Étude rétrospective multicentrique
The Allium ureteral stent in the management of ureteral stenoses, a retrospective, multicenter study
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 1, 27, 26-32

Introduction : Les lésions urétérales post-traumatiques sont majoritairement traitées par sonde double J. Une minorité nécessite des prises en charges complémentaires. Les stents urétéraux présentent une alternative chirurgicale. Pour évaluer les résultats de la mise en place des prothèses Allium® urétérales dans la prise en charge des patients porteurs de sonde double J au long cours pour des sténoses urétérales.

Matériels et méthodes : Étude de cohorte rétrospective, multicentrique, de 36 patients ayant bénéficiés de la pose de 37 stents urétéraux Allium® (métallique 24 Ch) de septembre 2011 à janvier 2015 dans trois centres hospitalo-universitaire français. La moyenne d’âge des patients opérés était de 63,8 ans (33 à 88 ans). La majorité des patients étaient des femmes (70 %). Un pourcentage de 5,6 présentaient une fistule urétérale et 94,4 % une sténose. La longueur moyenne de la sténose était de 4,15cm (0,5 à 12cm). Toutes les analyses ont été réalisées en formulation bilatérale pour un risque d’erreur de première espèce de 5 %. Une différence a été considérée comme statistiquement significative quand le degré de signification (p) était inférieur à 0,05 (risque α=5 %). Les résultats sont exprimés en termes d’hasard-ratios (HR), intervalles de confiance à 95 % associés et p-values.

Resultats : Trente-sept pour cent des stents ont été retiré au décours du suivi pour des complications à type de migration (18,9 %), d’infection (10,8 %) et d’intolérance (8,1 %). Les autres stents ont été retirés au bout d’un an. L’efficacité de la mise en place du stent, définie comme l’absence de récidive de la sténose ou de la fistule, était de 52,8 % avec un suivi moyen de 7,1 mois.

Conclusions : La mise en place des stents Allium urétéraux offre une alternative chez les patients en sonde double J à demeure avec une efficacité de plus de 50 %.

Niveau de preuve : 4.

Objective : To evaluate the performance of the Allium ureteral stent in the management of patients initially treated with double J stents for the long-term treatment of stenoses.

Materials and methods : We performed a retrospective multicenter study involving 36 patients who received 37 Allium ureteral stents (metallic 24 Fr) between September 2011 and January 2015 in one of three French teaching hospital centers. The mean age of the patients was 63.8 years (min-max: 33–88 years) and most were women (70%). Of these patients, 5.6% had ureteral fistulae and 94.4% stenoses. Mean stenosis length was 4.15cm (min-max: 0.5–12cm). All analyses were two-tailed with an alpha risk of 0.05. Statistical significance was set at P<0.05. Results were expressed as hazard ratios (HR) with 95% confidence intervals and P-values.

Results : During the follow-up period, 37% of the stents were removed due to migration (complication occurring in 18.9% of the studied population), infection (10.8%) or intolerance (8.1%). The other stents were removed after 1 year. Clinical effectiveness, defined as a lack of stenosis or fistula recurrence, was 52.8% after a mean follow-up of 7.1 months.

Conclusion : Clinically effective in more than 50% of cases, the Allium ureteral stent appears to be an alternative to indwelling double J stents.

Level of evidence : 4.

Mots clés:
Uretère / sténose / Fistule / Stent urétéral
Résultats oncologiques de la surveillance active dans le cancer de la prostate : série rétrospective multicentrique
Oncological results of active surveillance in prostate cancer: A retrospective multicentric cohort
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 1, 27, 38-45

But : Rapporter les résultats oncologiques d’une cohorte de patients atteints d’un cancer de la prostate et placés en surveillance active (SA) selon les critères SURACAP.

Matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude multicentrique reprenant les patients inclus dans le protocole SURACAP et évaluant de façon rétrospective la durée de surveillance, les causes de sortie et le résultat anatomopathologique définitif lorsque le patient était opéré. Les facteurs prédictifs de sortie de SA ont été évalués à l’aide d’un modèle univarié de Cox. La valeur prédictive de l’IRM initiale a également été analysée chez les patients ayant réalisé cet examen.

Résultats : Entre 2007 et 2013, 80 patients ont été inclus pour un âge médian de 64 ans [47–74]. Le suivi médian était de 52,9 mois [24–108]. À 5 ans de suivi, 43,4 % des patients étaient toujours en SA. Parmi les patients opérés, 17,8 % avaient une extension extracapsulaire. Il n’y avait pas plus de risque de sortir de SA que l’on ait une taille tumorale de 2 ou 3mm versus 1mm (HR=0,9 [0,46–1,75], p=0,763), 2 carottes positives versus 1 (HR=0,98 [0,48–2,02], p=0,967), un stade T2a ou T1c (HR=2,18 [0,77–6,18], p=0,133), et quelle que soit la valeur du PSA initial (HR=1 [0,96–1,15], p=0,975) ou l’âge (HR=1 [0,93–1,16], p=0,966). Parmi les 50 patients ayant pratiqué une IRM initiale, le caractère normal ou anormal de cet examen n’était pas un facteur prédictif de sortie de SA (HR=1,49 [0,63–3,52], p=0,36).

Conclusion : Si cette étude met en évidence un taux de sortie très important à 5 ans, le taux de tumeurs extracapsulaires recensées chez les patients opérés fait partie des plus faibles de la littérature.

Niveau de preuve : 4.

Purpose : To report oncological outcomes of patients with prostate cancer undergoing active surveillance according to SURACAP criteria.

Methods : This multicentric study included patients who were initially treated with active surveillance for localized prostate cancer according to the SURACAP criteria. The duration of active surveillance as well as the causes of discontinuing the protocol and the definitive pathological results of patients who further underwent radical prostatectomy were retrospectively evaluated. The predictors of discontinuing active surveillance were assessed using a univariable Cox Model. In addition, the predictive value of initial MRI was assessed for patients who performed such imagery.

Results : Between 2007 and 2013, 80 patients were included, with a median age of 64 years [47–74]. Median follow-up was 52.9 months [24–108]. At 5 years follow-up, 43.4% patients were still under surveillance. Among patients that underwent surgery, 17.8% had an extra-capsular extension. The risk of discontinuing was not significantly greater for patients with tumor size of 2 or 3mm versus 1mm (HR=0.9 [0.46–1.75], P=0.763), 2 positives cores versus 1 (HR=0.98 [0.48–2.02], P=0.967), T2a vs. T1c stage (HR=2.18 [0.77–6.18], P=0.133), increased PSA level (HR=1 [0.96–1.15], P=0.975) or the patient's age (HR=1 [0.93–1.16], P=0.966). Among the 50 patients who performed initial MRI, the results of such imagery was not significantly associated to the risk of discontinuing active surveillance MRI (HR=1.49 [0.63–3.52], P=0.36).

Conclusion : Although this study reveals a high rate of release from active surveillance at 5 years, the rate of extra-capsular tumors reported in the group of patients that underwent surgery is among the lowest in literature.

Level of evidence : 4.

Mots clés:
cancer de prostate / Surveillance active / IRM prostatique / SURACAP
Oncocytome avec thrombus dans la veine rénale : à propos d’un cas
Oncocytoma with a thrombus into the renal vein: A case report
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 1, 27, 1-2
Mots clés:
oncocytome / Carcinome chromophobe / Rein
Facteurs pronostiques d’efficacite de l’oxygénothérapie hyperbare dans le cadre de la cystite radique hemorragique
Prognostic factors of hyperbaric oxygen therapy in hemorrhagic radiation cystitis
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 1, 27, 17-25

Objectif : Étudier les facteurs pronostiques d’efficacité de l’oxygénothérapie hyperbare (OHB) sur l’hématurie à 3 et 12mois dans la cystite radique hémorragique.

Matériel et méthodes : Une cohorte de 134 patients a été traitée de 2008 à 2013 dans le centre de médecine hyperbare du CHU de Toulouse. L’hématurie était gradée selon le score SOMA. L’OHB a été appliquée selon un protocole standardisé de 20 séances renouvelables avec de l’oxygène pur à 2,5 ATA. Le nombre médian de séances était de 50 à 12mois.

Résultats : L’efficacité de l’OHB était de 83 % à 3 mois et 81 % à 12 mois. Vingt pour cent des patients ont eu des effets indésirables mineurs. Le nombre d’hospitalisation diminuait dans l’année suivant le traitement (75 % d’hospitalisations évitées). L’efficacité à 3 mois était prédictive de l’efficacité à 12 mois (p<0,0001). Il existait une corrélation inverse entre le grade initial et l’efficacité à 3 mois (p=0,026) et à 12 mois (p=0,001). Un statut OMS élevé diminuait l’efficacité de l’OHB à 3 et 12 mois (p=0,0014 and p<0,0001, respectivement). La prise d’anticoagulant paraissait diminuer l’efficacité à 12 mois (p=0,002). Les autres paramètres n’avaient pas d’effets sur les bénéfices du traitement.

Conclusion : L’efficacité à 3 mois semble prédictive de l’efficacité à 12 mois. Le grade initial d’hématurie est inversement corrélé avec l’efficacité à 3 et 12 mois. Il apparaît nécessaire de réaliser au moins 32 séances d’OHB. Un statut OMS élevé et la prise d’un traitement anticoagulant semblent de mauvais pronostic.

Niveau de preuve : 4.

Objective : To emphasize prognostic factors of hyperbaric oxygen therapy (HBOT) on hematuria at 3 and 12 months in the context of a radiation cystitis.

Material and methods : A cohort of 134 patients was treated from 2008 to 2013 in the hyperbaric medicine center of Toulouse University Hospital, France for radiation cystitis. Hematuria was ranked using the SOMA score. HBOT has been applied according to a standardized protocol of 20 renewable sessions, with pure oxygen to 2.5 ATA. The median number of sessions at 12 months was 50.

Results : HBOT had an efficacy of 83% at 3 months and 81% at 12 months. Twenty percent of patients had minor side effects. Compared to the pre-HBOT period, the number of hospitalizations decreased by 75% following treatment. The efficacy at 3 months was predictive of efficacy at 12 months (P<0.0001). There was an inverse correlation between the initial grade and efficacy at 3 months (P=0.026) and 12 months (P=0.001). A high WHO status diminished HBOT efficacy at 3 and 12 months (P=0.0014 and P<0.0001, respectively). An anticoagulant intake decreased the HBOT response at 12 months (P=0.002). Other parameters had no effects on efficacy.

Conclusion : The efficacy at 3 months seems to be predictive of efficacy at 12 months. The initial hematuria grade is inversely correlated with efficacy at 3 and 12 months. It appears necessary to achieve at least 32 HBOT sessions. Moreover, a high WHO status and an anticoagulant intake seem to have a negative prognostic value.

Level of evidence : 4.

Mots clés:
cystite radique / oxygénothérapie hyperbare / hématurie macroscopique / SOMA Score
Évaluation médico-économique des traitements urologiques chez les patients blessés médullaires : revue de la littérature
Medico-economic evaluation of urological cares of spinal cord injured patients: A review
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 1, 27, 3-9

Introduction : Évaluer les traitements urologiques accessibles aux patients blessés médullaires en s’appuyant sur des données médico-économiques.

Matériel et méthodes : Une revue de la littérature de janvier 1994 à décembre 2014 a été réalisée à partir des bases de données Medline et Embase en utilisant les mots clés suivants : cost-effectiveness ; cost-benefit ; cost-utility ; spinal cord injury ; neurogenic bladder ; intermittent catheterization ; antimuscarinics ; botulinum toxin ; sacral neuromodulation ; tibial nerve ; Brindley ; sphincterotomy. L’outils de comparaison utilisé était le QALY (« Quality Adjusted Life Years »), un indicateur synthétique d’utilité compris entre 0 et 1 permettant de comparer deux actions médicales sur une même pathologie.

Résultats : Parmi les traitements parasympatholytiques, la solifénacine (5 à 10mg) était le traitement le plus efficace du point de vue pharmaco-économique, avec un ratio incrémental coût-efficacité (ICER) de 19 893 €/QALY en comparaison au trospium 40mg, de 16 657 €/QALY au trospium 60mg, de 12 309 £/QALY à l’oxybutinine. Les injections de toxine botulique étaient également coûts-efficaces avec un ICER de 24 720 $/QALY comparativement au traitement médical.

Conclusion : Dans notre revue, la solifénacine et la toxine botulique A étaient les traitements les plus coûts-utiles. L’amélioration de la collecte de données sur les coûts et les dépenses des soins urologiques est un enjeu médico-économique.

Introduction : To provide an overview of the urological management of spinal cord injured patients based on an economic analysis.

Materials and methods : A literature search from January 1994 to December 2014 was performed using Medline and Embase database using the following keywords: cost-effectiveness; cost-benefit; cost-utility; spinal cord injury; neurogenic bladder; intermittent catheterization; antimuscarinics; botulinum toxin; sacral neuromodulation; tibial nerve; Brindley; sphincterotomy. The tool used for comparison was the QALY (“quality adjusted life years”); an indicator between 0 and 1 allowing the comparison between two medical treatments using cost per QALY.

Results : Solifenacin (5 to 10mg) is the most cost-effective treatment with an incremental cost-effectiveness ratio (ICER) of 19,893 €/QALY compared to trospium 40mg, of 16,657 €/QALY compared to trospium 60mg, of 12,309 £/QALY compared to oxybutinin. Botulinum toxin A is also cost-effective with an ICER of 24,720 $/QALY compared to best supportive cares for anticholinergic-refractory neurogenic detrusor overactivity.

Conclusion : Solifenacin and botulinum toxin A appears to be the most cost-effective treatments for spinal injured urological cares. There is a pressing need to both increase and improve data collection and research on spinal cord injury.

Mots clés:
Coûts-efficacité / Coûts-utilité / Coûts-bénéfice / blessé médullaire
Évaluation fonctionnelle à distance d’une intervention chirurgicale pour courbure de verge : étude rétrospective d’une cohorte de 58 patients
Patient-reported long-term sexual outcomes following plication surgery for penile curvature: A retrospective 58-patient study
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 1, 27, 10-16

Objective : To evaluate long-term sexual function results following plication surgery for the correction of penile curvature using patient questionnaires.

Methods : We performed a single-center, retrospective study in a cohort of patients with Peyronie's disease or congenital penile curvature. All patients who underwent plication surgery on the convex aspect using the Nesbit, Yachia or diamond-shaped techniques were included. At a mean 34 months after the interventions, the patients were asked to respond to the IIEF5 questionnaire and a 19-item questionnaire.

Results : Forty-six patients operated for Peyronie's disease and 12 for congenital curvature (total: 58) were included in the study. The questionnaire response rate was 69% (40/58). The shortened penis bothered 47.5% of patients in their sexuality at least regularly. Involuntary exit from the vagina occurred for 35% of the patients in at least one out of two sexual intercourse sessions. Postoperative sexual life was as good as or better than preoperative sexual life for 35% of the patients and 95% stated that they could achieve erection at least sometimes, in coherence with the mean IIEF5 result of 19.3/25.

Conclusion : Our study suggests that even when successful, a relatively high rate of patients may be unsatisfied with the results of plication surgery, and there may be a relatively low rate of maintenance or improvement of postoperative sexual life. Furthermore, our in-house questionnaire, although not validated, shed light on how bothersome the loss of penis length is in postoperative sexuality, an aspect the IIEF5 and its sole evaluation of erectile quality cannot detect.

Level of evidence : 4.

Objectif : Évaluer les résultats fonctionnels sexuels à distance d’une chirurgie de la convexité pour maladie de Lapeyronie et courbure congénitale de verge, au moyen d’un questionnaire.

Matériel et méthodes : Il s’agissait d’une étude rétrospective, monocentrique, à partir d’une cohorte de 72 patients atteints de la maladie de Lapeyronie, ou d’une courbure congénitale de verge. Tous les patients ont été opérés par le même chirurgien, de mai 2008 à février 2013. Étaient inclus les patients opérés d’une chirurgie de la convexité par la technique de Nesbit, Yachia ou Diamond shape. Un questionnaire postopératoire a été soumis à tous les patients par téléphone ou par courrier, composé de 19 questions, ainsi que le questionnaire IIEF5.

Résultats : Cinquante-huit patients ont été opérés d’une correction de courbure de verge, 46 pour une maladie de Lapeyronie et 12 pour une courbure congénitale. L’âge moyen était de 52 ans et la courbure initiale moyenne est de 72,4° (45–120°). Le taux de réponse au questionnaire était de 69 % (40/58). Les patients se déclaraient satisfaits dans 75 % des cas. La courbure résiduelle était de 13,1° et le raccourcissement ressortait comme une cause fréquente d’insatisfaction dans 47,5 % des cas. Il occasionnait une sortie non volontaire du vagin dans 35 % des cas. La vie sexuelle des patients était identique ou améliorée pour 35 % des patients par rapport à avant et 95 % des patients décrivaient une érection permettant les rapports ce qui va dans le sens de l’IIEF5 moyen qui était de 19,3/25.

Conclusion : Le taux de satisfaction globale des chirurgies de la convexité pour courbure de verge s’élevait à 75 % et l’amélioration de leur vie sexuelle était de 35 %. Notre questionnaire permettait de mettre en évidence une gène dans la sexualité en postopératoire, due au raccourcissement, et qui était beaucoup plus fréquente que ne le laissait penser l’IIEF5 et la qualité de l’érection seule. L’IIEF étant insatisfaisant, il faut utiliser de nouveaux questionnaires prenant en compte la sexualité.

Niveau de preuve : 4.

Mots clés:
Maladie de Lapeyronie / Induration pénienne / questionnaire / Chirurgie de la convexité / Résultats fonctionnels
Analyse de la courbe d’apprentissage de la morcellation intravésicale réalisée avec le système Piranha<sup>©</sup> au cours de l’énucléation endoscopique
Assessment of the learning curves for intravesical adenoma morcellation using Piranha<sup>©</sup> device during endoscopic enucleation
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 1, 27, 33-37

Introduction : La morcellation intravésicale (MIV) est une étape importante de l’énucléation endoscopique. L’objectif de cette étude était d’évaluer la courbe d’apprentissage de la MIV au cours de l’énucléation endoscopique de la prostate.

Matériel : Étude prospective menée chez les 90 premiers patients traités par énucléation endoscopique de la prostate par un opérateur sans expérience préalable. La population était divisée en 3 groupes consécutifs de 30 patients. La MIV était effectuée avec le morcellateur Pinranha (Wolf) équipé de couteaux à usage unique (Vmax©). Les critères sélectionnés pour évaluer la progression de la MIV au cours du temps étaient : la durée de MIV (min), les complications peropératoires rencontrées au cours de la MIV et le poids de tissu morcellé. L’efficacité de la MIV était évaluée avec le rapport : poids des copeaux/durée de MIV (min/g) au cours du temps.

Résultats : Les 3 groupes étaient comparables en termes d’âge, de score ASA, de volume prostatique. Une diminution significative de la durée de MIV était retrouvée entre les groupes 1 et 2 (12 versus 5,5min, p<0,0001) pour atteindre un plateau dans le groupe 3 (3min). Une augmentation significative de l’efficacité de la MIV était retrouvée entre le groupe 1 et 2 (5,5 versus 11g/min, p<0,0001) pour atteindre un plateau dans le groupe 3 (20g/min). Les plaies vésicales rencontrées au cours de la MIV étaient peu nombreuses (7,7 %), superficielles et rencontrées en début d’apprentissage.

Conclusion : Dans notre expérience, la MIV a nécessité un apprentissage estimé entre 30 et 60 interventions.

Niveau de preuve : IV.

Introduction : Morcellation of intravesical adenoma (MIA) is an important part of the endoscopic enucleation procedure. The aim of this study was to analyse the learning curve of the MIA during endoscopic enucleation of the prostate.

Material : We conducted a prospective study of the first 90 patients treated by endoscopic enucleation of the prostate by a single surgeon without previous experience of MIA. The population was divided into 3 consecutive groups of 30 patients. MIA was performed with the morcellator Pinranha (Wolf) and disposable blades (Vmax©). The criteria selected to assess the progress of MIA over time were: duration of MIA (min), the intraoperative complications encountered during MIA and weight morcelleted tissue. The efficacy of MIA was assessed with the ratio weight specimen/MIA duration (min/g) over time.

Results : The three groups were comparable in terms of age, ASA score of prostate volume. A significant decrease in the duration of MIA was found between groups 1 and 2 (12 versus 5.5min, P<0.0001), to reach a plateau in the group 3 (3min). A significant increase in the efficiency of MIA was found between group 1 and 2 (5.5 versus 11g/min, P<0.0001), to reach a plateau in the group 3 (20g/min). Bladder injuries were limited (7.7%), superficial and encountered in the early learning phase.

Conclusion : In our experience, the MIA required a learning curve estimated between 30 and 60 procedures.

Level of evidence : IV.

Mots clés:
prostate / Adénome / énucléation / Courbe d’apprentissage / Morcellation
Un kyste de Gartner simulant une cystocèle
A Gartner's duct cyst mimicking a cystocele
2016
- Réf : Prog Urol, 2016, 16, 26, 1150-1152
Mots clés:
kyste de Gartner / cystocèle / Dyspareunie / Tuméfaction vaginale
Troubles vésico-sphinctériens dans l’hydrocéphalie à pression normale : revue de la littérature
Lower urinary tract dysfunction in normal pressure hydrocephalus: Review of the literature
2016
- Réf : Prog Urol, 2016, 17, 26, 1191-1199

Contexte : Les troubles vésico-sphinctériens dans l’hydrocéphalie chronique de l’adulte ont jusqu’à ce jour été l’objet de peu de publications et n’ont jamais fait l’objet de recommandations. L’objectif de cet article de revue était de réaliser une mise au point sur le diagnostic et la prise en charge des troubles vésico-sphinctériens dans l’hydrocéphalie chronique de l’adulte.

Sources : Une étude de la littérature après une recherche PubMed jusqu’à mars 2016 a été réalisée. Les mots clés suivants ont été utilisés : « hydrocephalus, normal pressure » et « bladder dysfunction » ou « urinary incontinence » ou « overactive bladder » ou « urinary bladder, neurogenic ». La recherche s’est limitée aux articles publiés en français et en anglais. L’analyse des articles a porté tant sur des études prospectives que rétrospectives ou des revues de la littérature.

Résultats : Les troubles vésico-sphinctériens sont avant tout représentés par un syndrome d’hyperactivité vésicale (HAV) très handicapant pour les patients concernés, parfois associé à une incontinence urinaire. L’HAV sans incontinence est plus fréquente (64 %) qu’avec incontinence urinaire (57 %). Une hyperactivité détrusorienne est retrouvée chez 95,2 % des patients au bilan urodynamique. La chirurgie diminue les symptômes urinaires pour environ 61,5 % des patients. La récupération de la fonction vésicale après dérivation ventriculaire est associée à une augmentation de la perfusion du gyrus cingulaire, traduisant probablement une restauration de l’inhibition du réflexe mictionnel assurée par le gyrus cingulaire. Les traitements médicaux possibles, s’ajoutant ou pas à la chirurgie, comportent les anticholinergiques ne passant pas la barrière hémato-méningée, la stimulation tibiale postérieure et la neuro-modulation des chaînes sacrées.

Conclusion : Il existe actuellement un défaut de prise en compte suffisante des troubles urinaires dans l’évaluation du patient atteint d’HPN. Ce travail souligne l’importance d’une harmonisation des pratiques neuro-urologiques dans l’évaluation pré-thérapeutique des patients atteints d’hydrocéphalie chronique de l’adulte.

Introduction : Lower urinary tract dysfunction in normal pressure hydrocephalus has received little attention from the scientific community. The aim of this review article was to discuss diagnostic and therapeutic options for these patients.

Sources : A literature review of MedLine publications on urinary incontinence in normal pressure hydrocephalus was conducted. The following keywords were used: “hydrocephalus, normal pressure” and “bladder dysfunction” or “urinary incontinence” or “overactive bladder” or “urinary bladder, neurogenic”. Prospective and retrospective studies as well as previous reviews were analyzed.

Results : Urinary symptoms in normal pressure hydrocephalus are mainly represented by overactive bladder, which is a significant burden for the concerned patients. Isolated overactive bladder is more frequent (64%) than urinary incontinence (57%). Detrusor overactivity is seen in 95.2% of the cases. Neuro-surgery is efficient on urinary symptoms for 61.5% of the patients. Bladder recovery after surgery relates with increased mid-cingulate perfusion, probably linked with a functional restoration of the mid-cingulate that normally inhibits the micturition reflex. Medical options, added or not to surgery, include anticholinergic drugs unable to pass through the blood-brain barrier, Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation and sacral neuromodulation.

Conclusion : There is actually an insufficient concern about urinary symptoms in normal pressure hydrocephalus. This article highlights the importance of a harmonization of neuro-urological practices in the pre-therapeutic evaluation of patients suffering from normal pressure hydrocephalus.

Mots clés:
troubles vésico-sphinctériens / Hydrocéphalie chronique de l’adulte / Hydrocéphalie à pression normale / hyperactivité vésicale / incontinence urinaire
Sphinctérotomie laser chez le patient porteur d’une vessie neurologique : une expérience monocentrique
External sphincterotomy in neurological patients: A monocentric experience
2016
- Réf : Prog Urol, 2016, 17, 26, 1222-1228

But : Évaluer la faisabilité, l’efficacité et la tolérance de l’utilisation des lasers Greenlight™ et Holmium comme techniques d’incontinentation pour traiter une dyssynergie vésicosphinctérienne neurogène (DVS).

Méthodes : Une étude rétrospective monocentrique a été effectuée chez 24 patients ayant une dyssynergie vésicosphinctérienne neurogène et opérés au laser Greenlight™ ou Holmium entre mai 2012 et juin 2015. En préopératoire, étaient réalisés une mesure du résidu post-mictionnel (RPM), un bilan urodynamique, une urétrocystographie rétrograde et mictionnelle (UCRM). En postopératoire une évaluation du RPM était réalisée à l’ablation de la sonde urinaire, puis à un an, une UCRM était réalisée à 3 mois ainsi qu’un questionnaire semi-quantitatif de satisfaction téléphonique.

Résultats : Douze patients ont été opérés au laser Greenlight™ et 12 au laser Holmium. Onze patients ont eu un test par endoprothèse urétrale, au préalable. La médiane de RPM des deux lasers confondus était de 285mL en préopératoire et 137,5mL en postopératoire (p<0,001). Aucun patient n’a nécessité de transfusion. Le taux de satisfaction globale était de 75 %. Cinq sténoses (20,8 %) ont été constatées dans un délai médian de 4 mois.

Conclusions : Les lasers Greenlight™ et Holmium sont des techniques efficaces, peu morbides. La supériorité par rapport à l’incision monopolaire reste cependant à démontrer et nécessite la poursuite des études.

Niveau de preuve : 4.

Aim : The aim of this study was to assess the feasibility, efficacy and tolerance of Greenlight™ and Holmium sphincterotomy for treating detrusor-sphincter dyssynergia.

Methods : All men treated with this two techniques between may 2012 and june 2015 were analyzed. Preoperative evaluation included kidney ultrasound scan, urodynamic, retrograde and voiding urethrocystography. Postoperative assessment was composed of a post-void residual volume measurement when the urethral catheter was removed and 1 year after the procedure, a retrograde and voiding urethrocystography at 3 months and telephonic Likert scale questionnaire.

Results : Twelve patients were operated with Greenlight™ and 12 with Holmium. Eleven had a memocath urethral stent preoperatively. Post-void residual volume median for both techniques was 285 cc preoperatively vs 137.5 cc postoperatively (P<0.001). Likert scale global satisfaction was 75%. Five stenosis (20.8%) were observed within a median of 4 months.

Conclusion : Greenligth™ and Holmium procedures are efficient techniques with low morbidity. However, superiority toward monopolar incision remains to be demonstrated through complementary studies.

Level of evidence : 4.

Mots clés:
vessie neurologique / Incontinentation / Dyssynergie vésicosphinctérienne / Laser Holmium / Laser Greenlight