Base bibliographique

Taux d’hospitalisations en rapport avec des complications sévères des biopsies de prostate transrectales : à propos de 2715 patients biopsiés
Hospitalization rate in relation to severe complications of transrectal prostate biopsy: About 2715 patients biopsied
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 628-634

Objectif principal : Recenser les hospitalisations directement liées à une complication survenant dans les 30 jours suivants une ponction biopsie de prostate par voie transrectale (PBP).
Objectifs secondaires : Définir le taux d’hospitalisation global, le taux de mortalité, les facteurs favorisants éventuels de complications.
Patients et méthodes : Étude monocentrique incluant tous les patients ayant eu une PBP entre janvier 2005 et janvier 2012. Toute hospitalisation survenant dans les 30 jours suivant la PBP pour un motif urgent était considérée comme potentiellement imputable à la biopsie. On identifiait dans le motif d’hospitalisation les complications directes (infection urinaire ou fièvre, rectorragies, caillotage vésical, rétention) ou indirectes (décompensation de comorbidités sous-jacentes) de la biopsie. Les facteurs favorisants recherchés étaient la prise d’anticoagulant ou d’antiagrégant ainsi que les facteurs de baisse de l’immunité.
Résultats : Sur 2715 hommes ayant eu une PBP 120 (4,4 %) hospitalisations dont 28 (1,03 %) étaient imputables à la biopsie. Vingt-cinq (0,92 %) étaient en rapport avec une complication directe de la biopsie : 14 (56 %) pour infection urinaire ou fièvre dont une hospitalisation en réanimation, 5 (20 %) pour rectorragies dont une a nécessité plusieurs transfusions, 10 (40 %) pour rétention urinaire et 3 (0,11 %) pour une complication indirecte (2 syndromes coronariens et 1 décompensation respiratoire). Plusieurs complications directes étaient associées dans 3 cas. Seules deux hospitalisations pour rectorragie étaient associées à la prise d’un antiagrégant ou d’un anticoagulant. Il n’existait pas d’association entre les hospitalisations pour infections urinaires et un statut immunologique diminué. Le premier décès constaté dans notre série est survenu à j31 par embolie pulmonaire (patient multi-métastatique d’un cancer de vessie). Vingt (60,6 %) patients hospitalisés en urgence n’avaient pas de cancer de prostate.
Conclusions : Dans ce large échantillon de patient, le taux global d’hospitalisation imputable à la réalisation d’une PBP était de 1 %. Il n’a pas été retrouvé de facteur prédictif de complications amenant à une hospitalisation.
Niveau de preuve : 4.

Main objective: To identify hospitalizations directly related to a complication occurring within 30 days following a transrectal prostate biopsy (PBP).
Secondary objectives: Overall hospitalization rates, mortality rates, potential predisposing factors for complications.
Patients and methods: Single-center study including all patients who underwent PBP between January 2005 and January 2012. Any hospitalization occurring within 30 days of the PBP for urgent motive was considered potentially attributable to biopsy. We identified the reason for hospitalization with direct complications (urinary infection or fever, rectal bleeding, bladder caillotage, retention) and indirect (underlying comorbidities decompensation) of the biopsy. The contributing factors were anticoagulant or antiplatelet treatment well as waning immunity factors (corticosteroid therapy, HIV, chemotherapy or immunodulateur).
Results: Among 2715 men who underwent PBP, there were 120 (4.4%) hospitalizations including 28 (1.03%) caused by the biopsy. Twenty-five (0.92%) were related to a direct complication of biopsy: 14 (56%) for urinary tract infection or fever including 1 hospitalization in intensive care, 5 (20%) for rectal bleeding which required several transfusions 1, 10 (40%) urinary retention and 3 (0.11%) for an indirect complication (2 coronary syndromes and 1 respiratory failure). Several direct complications were associated in 3 cases. Only two hospitalizations associated with rectal bleeding were taking an antiplatelet or anticoagulant. There was no association between hospitalization for urinary tract infections and a decreased immune status. The first death observed in our study occurred at D31 of pulmonary embolism (advanced metastatic patient with bladder cancer). Twenty (60.6%) patients urgently hospitalized did not have prostate cancer.
Conclusions: Within this large sample of patients the overall rate of hospitalization due to the realization of a PBP was 1%. It has not been found predictive of complications leading to hospitalization.
Level of evidence: 4.

Mots clés:
Biopsie / prostate / Cancer / hospitalisation / Causes
Mots-clés:
biopsy / prostate / Cancer / Hospitalization / Causes
Mise au point sur l’imagerie moléculaire dans le cancer de la prostate
Focus on molecular imaging in prostate cancer
2016
- Revue de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 619-627

Introduction : Le cancer prostatique est un problème de santé publique, il s’agit du cancer le plus fréquent chez l’homme en France. Ce cancer est très hétérogène. Une imagerie plus précise non invasive prenant en compte les caractéristiques biologiques tumorales permettrait de mieux le dépister, de mieux choisir sa thérapeutique et d’en évaluer son efficacité. Nous avons voulu présenter les performances des différents traceurs TEP ayant l’AMM ou en cours d’étude clinique dans le cancer prostatique.
Méthode : Une revue de la littérature récente a été réalisée, en utilisant la base de données PubMed/Medline, pour rechercher les publications en texte intégral relatives à l’imagerie TEP du cancer de la prostate en clinique.
Résultats : Depuis plusieurs années se développent de nouveaux traceurs TEP en cancérologie prostatique du fait des faibles performances du FDG dans cette indication. Pour le moment, en France seulement, 2 autres traceurs ont l’AMM : le FNa et la choline mais ces traceurs ont plusieurs limites. Le FNa n’explore que l’atteinte osseuse. La choline a modifié la prise en charge des récidives biologiques occultes mais est moins performante en cas de récidive avec faible valeur du PSA, de plus sa sensibilité est faible pour la détection initiale d’atteinte ganglionnaire secondaire de petite taille. Parmi les traceurs en cours d’étude, le 68Ga-PSMA semble prometteur.
Conclusion : Les nouvelles connaissances dans le domaine de la biologie moléculaire ont permis une ouverture sur l’imagerie métabolique. Plusieurs molécules sont en cours d’étude dans le cancer prostatique. La place de chacune reste à déterminer.

Introduction: Prostate cancer is the most frequent cancer in men in France and it is a public health issue. This cancer is heterogenous. There is a clinical need of an accurate non-invasive imaging method to improve diagnosis, guide the choice of therapy and evaluate its efficacy. We undertook to critically review the different molecular imaging probes, currently used or in clinical trial.
Method: A systematic review of the literature was performed in Pubmed/Medline database by searching for articles in French or English published on PET tracer in prostate cancer in clinical application.
Results: Several PET tracers are under investigation because of the low performance of the FDG in prostate cancer. In France, only two new PET tracers have the marketing authorization: the NaF and choline, but these tracers have several limitations. The NaF analyses only bone metastasis. The choline has changed the recurrence of prostate cancer but is not effective for recurrence with low PSA, furthermore its sensitivity is low for the detection of lymph nodes metastasis in initial disease. Several tracers in trial including the PSMA offer encouraging prospects in initial staging and for recurrences.
Conclusion: An accurate knowledge in molecular biology allowed to develop the metabolic imagery. Many new tracers are under evaluation in prostate cancer. The indication of each of them needs to be established.

Mots clés:
TEP/TDM / Cancer prostatique / Choline / PSMA
Mots-clés:
PET/CT / Prostate cancer / Choline / PSMA
Mise au point sur les classifications moléculaires et la nouvelle classification histologique du cancer de la vessie
Update on molecular classifications and new histological classification of bladder cancer
2016
- Revue de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 600-607

Objectif : Commenter la nouvelle classification histologique OMS 2016 des tumeurs de vessie et faire un état des lieux des connaissances sur la carcinogenèse urothéliale et les anomalies moléculaires dans le cancer de la vessie, en évoquant leurs implications dans le traitement.
Matériel et méthode : Une recherche bibliographique a été réalisée à partir de la base de données PubMed avec les mots clés suivants : « bladder cancer », « molecular », « subtypes ».
Résultats : La nouvelle classification OMS 2016 des tumeurs de vessie confirme l’importance de l’anatomopathologie pour décider de la prise en charge des patients, notamment du grade, du type histologique et du niveau d’infiltration, tout en précisant les difficultés rencontrées. En 2014, le Cancer Genome Atlas a répertorié les altérations génétiques du cancer de la vessie. Récemment, plusieurs études ont exploré les anomalies moléculaires du cancer de la vessie, élaboré des classifications moléculaires et analysé la valeur prédictive de ces classifications. Selon les équipes, des sous-groupes moléculaires ont été définis : Urobasal A, Urobasal B, génétiquement instables, infiltrés, CaU épidermoïde-like ou luminal p53-like. Ce dernier sous-groupe semble chimiorésistant.
Conclusions : La biologie moléculaire et l’établissement de classification moléculaire permettent de mieux comprendre le cancer de la vessie et pourra dans un avenir proche fournir en pratique clinique des données utiles pour la prise en charge des patients, en complément d’autres données notamment de l’histologie.

Objective: Comment the new WHO histological classification of tumors of the urinary system and male genital organs 2016 and expose the state of art about urothelial carcinogenesis and molecular modifications of bladder cancer, with the consequences on the treatments.
Material and method: A systematic review of the literature search was performed from the data base PubMed, focused on the following keywords: “bladder cancer”, “molecular”, “subtypes”.
Results: The new WHO histological classification of tumors of the urinary system 2016 confirm the importance of pathology in determining the care of patients, especially the grade, the histological type and the infiltration, while taking into account the difficulties. In 2014, the Cancer Genome Atlas reported genetic modifications of bladder cancer. Recently, several studies explored molecular anomalies of bladder cancer and elaborated molecular classifications, analyzing their predictive value. According to the groups, different molecular subtype had been defined: Urobasal A, Urobasal B, genomically unstable, infiltrated, squamous cell carcinoma-like and p53-like luminal bladder cancers. This latter subgroup seems to be chemoresistant.
Conclusions: The molecular biology and classifications allow a better understanding of bladder cancer and could complete in near future histological data to improve patient management.

Mots clés:
Cancer de vessie / classification / Histologie / Moléculaire / carcinogénèse
Mots-clés:
Bladder cancer / Classification / Pathology / Molecular / Carcinogenesis
L’application aux internes de chirurgie de la directive européenne sur le temps de travail : menace ou opportunité pour leur formation ?
Application of the working time European directive on surgical residents in France: Threat or benefit for the training?
2016
- Lettre à la rédaction
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 591
La réputation de la chirurgie française à travers le monde est en grande partie liée à son modèle de formation reposant sur le compagnonnage et la mise en pratique rapide. En effet, les internes de chirurgie en formation avaient la chance d’être confronté à de nombreux cas et la possibilité de pratiquer de nombreux gestes chirurgicaux. La face cachée de cette formation était le temps passé à l’hôpital. En 2003, l’Union européenne a adopté la directive 2003/88/CE sur l’organisation du temps de travail.
Mots clés:
Formation chirurgicale / Horaires de travail / Limitation du temps de travail
Mots-clés:
Surgical training / Working time / Duty-hour restriction
La place de la physicochimie en urologie et en néphrologie : le bilan de 10 ans de collaboration entre physiciens, chimistes et praticiens hospitaliers
The role of physicochemistry in urology and nephrology, selected results obtained during the last ten years
2016
- Revue de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 608-618

Introduction : Les calcifications pathologiques rénales qu’elles s’apparentent à des concrétions ou à des calcifications tissulaires impliquent de savoir déterminer correctement les composés chimiques qui les composent afin de porter un diagnostic menant à une prise en charge adéquate. Le but de cet article de revue est de dépeindre les techniques physicochimiques aptes à réaliser cette caractérisation structurale et chimique à l’échelle du micromètre et de montrer leur insertion au sein même de l’hôpital.
Méthode : Les résultats acquis ces dix dernières années utilisant des techniques de caractérisation de laboratoire ou spécifiques aux grands instruments comme le synchrotron Soleil ou le laboratoire Léon-Brillouin sont présentés. Leur pertinence dans l’activité du clinicien a été examinée.
Résultats : Le rôle des éléments traces dans la pathogenèse des calculs rénaux au travers de données acquises par fluorescence X est discuté. Si leurs propriétés catalytiques ne sont pas confirmées par les données expérimentales, l’analyse fine a dévoilé certaines particularités intéressantes concernant les teneurs en Zn des deux composés d’oxalate de calcium, i.e. whewellite et weddellite. En effet, les calculs de weddellite présentent des bipyramides aux angles et arêtes vifs susceptibles d’induire une inflammation tissulaire. L’analyse morphoconstitutionnelle des biopsies rénales dévoile une grande diversité chimique puisque 22 corps différents ont été identifiés. Cette diversité indique que les méthodes de coloration dont l’anatomopathologiste dispose sont insuffisantes pour caractériser ces corps. Enfin, nous énumérons différentes problématiques abordées par les grands instruments et définies par le clinicien.
Conclusion : La complexité structurale et la diversité chimique des calcifications pathologiques invitent à la mise en œuvre de techniques de caractérisation physicochimiques. Seule cette approche permet au clinicien la pose d’un diagnostic fiable et donc une prise en charge adéquate du patient.

Introduction: The presence of pathological calcifications, which can be either concretions or ectopic call for physicochemical characterisation techniques in order to define a significant diagnosis. The aim of this review is to present a set of characterisation techniques able to describe at the micrometer scale their structural and chemical characteristics and show their place at the hospital.
Method: Results already published in the last ten years based on characterisation techniques present in laboratories or specific to large-scale instruments are presented. Their usefulness for the clinician is discussed.
Results: The presence and role of heavy metals in urinary stones through data collected through μX-ray fluorescence is debated. If these data suggest a simple substitution process of calcium, recent data suggest that weddellite is associated to a Zn-rich environment, partly favoured by an inflammation process. Investigation on the chemistry and the structure of unusual deposits in kidney biopsies show a great chemical diversity of ectopic calcifications. Such diversity shows that staining procedures to characterize such deposits are obsolete. Finally, several diseases which can be assessed through techniques specific to large-scale instruments and defined by the clinician are presented.
Conclusion: The chemical and structural complexity of pathological calcifications call for a characterization through physicochemical techniques. Only such approach allows the clinician to define a significant diagnosis and to care the patient.

Mots clés:
Physicochimie / urologie / Néphrologie / Grands instruments / Rayonnement synchrotron
Mots-clés:
Physicochemistry / Urology / Nephrology / Large-scale instruments / Synchrotron radiation
La dérivation cutanée continente après cystectomie pour cancer, une alternative fiable ? Étude rétrospective monocentrique
Continent cutaneous urinary diversion after cystectomy for cancer: A reliable alternative? A monocentric retrospective study
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 642-650

Introduction : Parmi les dérivations urinaires disponibles après une cystectomie pour cancer, la dérivation cutanée continente (DCC) est une option peu proposée. L’objectif de cette série était de présenter les résultats oncologiques et fonctionnels d’une série de patients traités par cystectomie avec DCC pour pathologie néoplasique.
Matériel et méthode : Nous avons recueilli rétrospectivement les données périopératoires et de suivi des patients opérés d’une DCC de type Mitrofanoff ou équivalent après cystectomie pour cancer dans notre service entre juillet 2001 et septembre 2015. La qualité de vie était évaluée au moyen du questionnaire Bladder Cancer Index.
Résultats : Au total, 12 patients ont été inclus dans l’étude. Avec un recul médian de 32 mois, nous rapportons un seul décès lié à une récidive de la maladie néoplasique. Huit patients ont présenté une complication postopératoire précoce, dont une ayant nécessité une reprise chirurgicale. Notre taux de complications à moyen terme était de 66 % dont 4 sténoses cutanées stomiales (33 %). La satisfaction globale était évaluée à 8,9/10 en moyenne et l’image corporelle était pas ou peu altérée chez 75 % des patients. Cinq patients présentaient une continence totale diurne et nocturne. Sur le plan sexuel, cinq patients évaluaient leur fonction sexuelle comme mauvaise ou très mauvaise.
Conclusion : La DCC est une alternative valable aux autres dérivations urinaires avec des résultats oncologiques et un taux de complications similaires. Le bon taux de satisfaction est lié à la préservation de l’image corporelle et au fort taux de continence.
Niveau de preuve : 5.

Introduction: Among available urinary diversion, continent cutaneous urinary diversion (CCUD) is not frequently used after cystectomy for malignancy. The aim of our work was to assess mid-term oncological and functional outcomes of CCUD in case of malignancies.
Patients and methods: We retrospectively included all patients who underwent CCUD after radical cystectomy for cancer (according Mitrofanoff or Monti's principle) between July 2001 and November 2015 in our department. Perioperative data, oncological and functional outcomes were reported. To measure disease specific quality of life, we used the French version of Bladder Cancer Index.
Results: Overall 12 patients were involved in the study. With a median follow-up of 32 months, we noticed one death due to cancer recurrence. Early postoperative complications occurred in 8 patients, with one requiring reoperation. The late postoperative complication rate was 66%, whose 4 patients (33%) presented cutaneous stenosis. Overall satisfaction rate was scored 8.9/10 and body image was preserved for 75% of patients. At last follow-up, continence (no urinary leakage) was achieved for 62.5% of patient. Sexual impairment was significant for 5 patients.
Conclusion: The CCUD is a valid alternative to other urinary diversions with similar oncological results and with a similar rate of complications. The high satisfaction rate was related to the preservation of body image and the high rate of continence.
Level of evidence: 5.

Mots clés:
Dérivation urinaire cutanée continente / Cancer de vessie / Qualité de vie
Mots-clés:
Continent cutaneous urinary diversion / Bladder cancer / Quality of life
Introduction de la photovaporisation de prostate en ambulatoire : résultats sur les 100 premiers patients
Introduction of the photoselective vaporization of the prostate in an outpatient setting: Outcomes after the first 100 cases
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 662-667

Introduction et objectif : Notre objectif était de rapporter notre expérience d’introduction de la photovaporisation de la prostate (PVP) dans un service hospitalo-universitaire et d’analyser les limites à la chirurgie ambulatoire dans cette indication.
Patients et méthodes : Depuis le mois de mai 2014, la PVP au laser GreenLight XPS™ (Boston Scientific-AMS, États-Unis) a été introduite dans notre service. Un registre prospectif a été ouvert pour la collection des données démographiques, les caractéristiques de la maladie, les complications per- et postopératoires, et les résultats fonctionnels. Nous rapportons les résultats des 100 premiers patients ainsi que les freins à la prise en charge en chirurgie ambulatoire.
Résultats : La conversion à une résection monopolaire a été nécessaire dans 6 % des cas. Au total, 21 % des patients ont nécessité un sondage > 24 heures (6 % de conversion, 6 % hématurie, 1 % de fausse route, 8 % de rétention chronique). Après un suivi moyen de 6 mois, 3 patients ont eu une deuxième PVP (prostates de 50, 117 et 178 mL). Il a été rapportée 6 % de complications (3 rétentions d’urine, 1 transfusion, 1 prostatite et 1 sepsis sévère). Huit mois après l’introduction de la PVP, 80 % des interventions étaient réalisées en chirurgie ambulatoire. Les contre-indications anesthésiques représentaient la limite à l’ambulatoire dans 59 % des cas.
Conclusion : L’introduction progressive de la photovaporisation de la prostate a permis d’obtenir des résultats satisfaisants en moins de 100 interventions en moins d’un an. Après 8 mois, 80 % des interventions étaient réalisées en ambulatoire.
Niveau de preuve : 4.

Background and objectives: Our objective was to describe the progressive introduction of photoselective vaporization of the prostate (PVP) in an academic department of urology in an outpatient care setting and report our outcomes after the first 100 cases.
Patients and methods: Since May 2014, XPS GreenLight™ (Boston Scientific-AMS, USA) PVP in the treatment of benign prostatic hyperplasia was introduced in our department. A prospective local registry was opened to collect patients’ demographics, preoperative characteristics and surgical outcomes including operative time, length of stay, catheterization time, and postoperative complications as well as functional outcomes. We also assessed limitations to the outpatient care setting.
Results: Conversion to TURP was reported in 6 % for uncontrolled bleeding. Overall, 21 % patients needed more than 1-day catheterization. After 6 months of follow-up, 3 patients (prostate volume 50, 117, and 178 mL) had reintervention (second PVP). Ninety days’ complications were reported to be up to 6 % (3 urinary obstructions, 1 prostatitis, 1 transfusion and a severe sepsis). After 8 months, an 80 % plateau of outpatient care setting was achieved. Anesthesiologists counter-indicated outpatient care in 59 % of the cases.
Conclusions: A progressive introduction of the PVP in an outpatient care setting is associated with a low complication rate. A plateau was achieved in less than 100 procedures. The major limitation of the outpatient care setting was patients’ competitive comorbidities and not disease characteristics.
Level of evidence: 4.

Mots clés:
Photovaporisation / Laser / Hypertrophie de la prostate / Traitement / Chirurgie ambulatoire
Mots-clés:
Photovaporisation / Laser / Benign prostatic hyperplasia / Ambulatory care
Impact des sténoses anastomotiques sur le traitement de l’incontinence urinaire post-prostatectomie par sphincter artificiel
Impact of anastomotic strictures on treatment of post-prostatectomy stress incontinence by artificial urinary sphincter
2016
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 635-641

Introduction : L’incontinence urinaire d’effort (IUE) est un facteur de dégradation de la qualité de vie dans les suites d’une prostatectomie radicale. Le sphincter urinaire artificiel (SAU) est le traitement de référence. Le dépistage et le traitement préopératoire d’une sténose de l’anastomose urétrovésicale (SAUV) est une étape essentielle pour la réussite de l’intervention. L’objectif de l’étude était d’évaluer l’impact des SAUV sur les résultats du SAU.
Matériel et méthodes : Nous avons étudié rétrospectivement 147 implantations de SAU de 2005 à 2013 dans le service d’urologie du centre hospitalier Lyon par 3 opérateurs. Les caractéristiques démographiques, l’antécédent d’irradiation, la sévérité de l’incontinence, les complications ainsi que les taux de continence et de satisfaction postopératoire du SAU ont été recueillis. Des tests statistiques de Wilcoxon et Fischer et une courbe de Kaplan-Meier ont été utilisés pour comparer les 2 groupes témoin et SAUV. Une analyse en régression logistique a recherché des facteurs prédictifs de réintervention chirurgicale.
Résultats : Parmi les 147 patients inclus, 24 (16,3 %) présentaient un antécédent de SAUV. Parmi eux, 21 (87,5 %) avaient été traités par urétrotomie endoscopique. Les patients dans le groupe SAUV avaient une incontinence plus sévère (p < 0,05) que dans le groupe témoin. Les taux d’explantation, de récidive de l’incontinence et de réintervention chirurgicale ont été respectivement 12,5 %, 8,3 % et 33,3 % dans le groupe SAUV contre 4,9 %, 15,4 % et 27,6 % dans le groupe témoin. En régression logistique, l’antécédent de SAUV n’a pas été retrouvé comme facteur de risque de réintervention. Les taux de patients continents et satisfaits ont été respectivement 77,8 % et 76,5 dans le groupe SAUV contre 91,1 % et 81,1 % dans le groupe témoin.
Conclusion : L’antécédent de SAUV ne semble pas être prédictif de mauvaise évolution après mise en place d’un SAU. Des études sur de plus larges cohortes sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
Niveau de preuve : 4.

Introduction: Stress urinary incontinence (SUI) is a degradation of the quality of life factor in the consequences of radical prostatectomy. Artificial urinary sphincter (AUS) is the standard treatment. Screening and preoperative treatment of anastomotic strictures (AS) is an essential step for the success of the intervention. The objective of the study was to assess the impact of AS on the results of AUA.
Methods: We retrospectively studied 147 AUS settlements from 2005 to 2013 in the urology department of the Centre Hospitalier Lyon by three operators. The demographic characteristics, the irradiation history, the severity of incontinence, the complications of AUS, the continence rate and the postoperative satisfaction were collected. Wilcoxon statistical tests and Fischer and a Kaplan-Meier curve were used to compare the two control groups and AS. Logistic regression analysis looked for predictors of surgical reintervention.
Results: Of the 147 patients included, 24 (16.3%) had a history of AS. Of these, 21 (87.5%) were treated with endoscopic urethrotomy. Patients in the AS group had more severe incontinence (P < 0.05) than in the control group. Explantation rates, recurrence of incontinence and reoperation was 12.5%, 8.3% and 33.3% in the AS group against 4.9%, 15.4% and 27.6% in the control group. In logistic regression, history of AS has not been found as reoperation risk factor. Continents and satisfied patients rate were 77.8% and 76.5%, respectively in the AS group against 91.1% and 81.1% in the control group.
Conclusion: The history of AS does not appear to be predictive of poor outcome after implementation of a AUS. Larger cohort studies are needed to confirm these results.
Level of evidence: 4.

Mots clés:
Sphincter urinaire artificiel / Incontinence d’effort / Sténose anastomotique / Prostatectomie
Mots-clés:
Artificial urinary sphincter / Stress incontinence / Anastomotic stricture / Prostatectomy
Efficacité et sécurité de la flibansérine « nouveau Viagra® féminin ? » : revue de la littérature
Efficacy and safety of flibanserin “new female Viagra<sup>®</sup>?”: Literature review
2016
- Revue de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 592-599

Introduction : En août 2015, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis autorise la mise sur le marché de la flibansérine, premier traitement du trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD) chez la femme non ménopausée. L’objectif de notre étude était de réaliser une revue de la littérature afin d’évaluer l’efficacité et la sécurité de la flibansérine.
Patients et méthodes : Une revue systématique de la littérature à partir de la base de recherche PubMed a été effectuée jusqu’en avril 2016 en utilisant les mots clés suivants : « HSDD », « Flibanserin », « sexual desire » et « ransomised controlled trial ».
Résultats : Nous avons retrouvé 4 études randomisées en double aveugle et deux méta-analyses et revues de la littérature. Les résultats étaient évalués en différence de moyenne standard de la flibansérine par rapport au placebo. Concernant le critère principal « evènement sexuel satisfaisant » (SSE), la différence moyenne standard (DMS) variait de 0,49 à 1 (p < 0,05) ; pour le score de désir sexuel, la DMS variait de 1,63 à 2,20 (p < 0,05). Pour l’Index de Fonction Sexuelle de la Femme (FSFI) dans le domaine du désir, la DMS variait de 0,03 à 0,4 (p < 0,05). Les effets indésirables étaient principalement mineurs de type fatigue, vertiges et somnolence.
Conclusion : La flibansérine a montré un bénéfice modéré en termes de fréquence de rapports sexuels et de satisfaction des patientes. La tolérance à long terme de la flibansérine reste encore mal définie et les données scientifiques concernant ce médicament sont encore peu nombreuses.

Introduction: In August 2015, the US Food and Drug Administration (FDA) has approved Addyi® (flibanserin) for treatment of acquired, generalized hypoactive sexual desire disorder (HSDD) in pre-menopausal women. We carried out a systematic review and meta-analysis to assess the efficacy and safety of the drug in women with HSDD.
Patients and methods: A systematic literature review from the PubMed database search was carried out until April 2016 using the following keywords: “HSDD”, “flibanserin”, “sexual desire” and “ransomised controlled trial”.
Results: We found four randomized double-blind control studies and two meta-analyzes and literature reviews. For the comparison of flibanserin with placebo, the results were reported in standardized mean difference (SMD). Regarding the main criterion “Satisfactory Sexual Event” (SSE), SMD was ranged from 0.49 to 1 (P < 0.05); “Desire Sexual Score” SMD was ranged from 1.63 to 2.20 (P < 0.05). For the Female Sexual Function Index (FSFI) desire domain score SMD was ranged from 0.03 to 0.4 (P < 0.05). Adverse effects were mostly minor: dizziness and drowsiness.
Conclusion: Flibanserin showed a moderate benefit in terms of frequency of sex and patient satisfaction. The long-term safety of flibanserin is still poorly defined and scientific data concerning this drug are still few.

Mots clés:
Flibansérine / Trouble du désir sexuel hypoactif / Dysfonction sexuelle féminine / Ménopause / Pré-ménopause
Mots-clés:
Flibanserin / Hypoactive sexual desire disorder / female sexual dysfunction / Menopausal / Low desire
Commentaire à « Introduction de la photovaporisation de prostate en ambulatoire : résultats sur les 100 premiers patients »
Comment on “Introduction of the photoselective vaporization of the prostate in an outpatient setting: Outcomes after the first 100 cases”
2016
- Commentaire à…
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 11, 668-669
Soulignons le beau travail prospectif d’évaluation effectué par les auteurs de cet article . L’équipe de Bichat, malgré assez peu d’expérience en chirurgie laser de l’HBP, s’est appropriée la technique en réalisant des cas en ambulatoire avec des résultats tout à fait satisfaisants. Pourtant, le recrutement de cette étude est typique de centres universitaires avec plus d’un malade sur 3 sondés en préopératoire. Les auteurs ont aussi inclus les malades sous anticoagulants, ce qui souligne l’innocuité de la technique de chirurgie laser.